Interview de M. François Mitterrand, Président de la République, accordée à la revue "Autrement" et intitulée "Les paroles et le silence", Paris, juin 1982. | vie-publique.fr | Discours publics

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Interview de M. François Mitterrand, Président de la République, accordée à la revue "Autrement" et intitulée "Les paroles et le silence", Paris, juin 1982.

Personnalité, fonction : MITTERRAND François, CHANCEL Jules, LACOUTURE Jean.

FRANCE. Président de la République

ti : QUESTION.- La province, la campagne sont-elles les foyers privilégiés de l'amitié ?
- LE PRESIDENT.- Pour fonder, pour créer l'amitié, il faut du temps. La campagne et la province donnent du temps. L'amitié peut aussi se créer par coup de foudre, dans de grandes circonstances ; des amitiés se nouent par une nuit d'orage ou quand il y a la guerre : elles échappent alors à ma première définition. Mais d'une façon générale, les amitiés mûrissent lentement, au travers du compagnonnage, du temps qu'on passe ensemble, des choses qu'on partage, des impressions qu'on vit en commun ; l'amitié, c'est toujours un ménage à trois : c'est les deux amis, plus quelque chose qui se passe : le train qui s'en va, un coucher de soleil, l'émotion partagée comme un amour.
- Je pense que la vie de province telle que l'ai connue, je l'ai déjà écrit, est plus proche du XVIIIème siècle que d'aujourd'hui parce que c'est une province à laquelle on accédait par le chemin de fer, où il y avait peu d'automobiles, qui servaient de moyens de transport et plus encore la marche à pied. Quand on met une heure pour aller dans une petite ville voisine, pour aller faire ses courses, ce genre de vie qu'on mène là, bâtit des amitiés, même sans les exprimer.
- Quand j'étais étudiant, j'habitais rue de Vaugirard 'à Paris'. J'allais de compagnie à la Sorbonne, en Droit, à Sciences Po. Nous étions 5 ou 6 amis (qui le sont toujours d'ailleurs ; nous nous réunissons plusieurs fois par an. La semaine dernière par exemple, nous étions 10 camarades des années 1937 - 1938. Quand arrivait le moment où l'on pouvait faire le trajet sans parler, chacun plongé dans ses pensées, c'est qu'on était vraiment devenus amis. Tant qu'on ne l'est pas, on est poli, on se croit obligé d'entretenir la conversation. C'est quand on n'a plus besoin de l'entretenir, je veux dire de façon vulgaire, que l'amitié vient.
- La province, son silence, sa lenteur, on peut même dire ses lenteurs interminables, sont très propices à l'amitié. J'ai des carnets de ma mère qui était une jeune fille en 1900. Il est extraordinaire de voir comment dans notre petite ville où elle est née et a vécu, au même endroit, dans la même chambre, la même maison, se créaient des amitiés, des amitiés déchirantes, quand ces jeunes filles de 19 ans se mariaient et allaient vivre autre part. Ce n'était pas si facile de communiquer avec Paris ou ailleurs : c'étaient de vraies ruptures. Alors on voyait des amitiés fiévreuses s'échanger, se créer à force de promenades le soir sous le ciel d'été, faites de chants d'ensemble, de beautés des choses partagées.
- La vie à la campagne facilite considérablement le mûrissement des vraies amitiés. Ce sont des amitiés qui généralement surmontent les épreuves de la vie car on s'aperçoit, à mesure qu'on fait ses thoix, qu'il est difficile d'avoir des amitiés hors de ces choix fondamentaux. Du point de vue politique, c'est vrai qu'il devient difficile d'avoir des amitiés hors du milieu politique qu'on a choisi. Seules les amitiés premières-nées dans ces circonstances dans la jeunesse peuvent résister à ces heurts, parce qu'elles sont d'une autre -nature que celles qui se fondent sur des choix idéologiques et politiques et traversent le temps.
QUESTION.- Les amitiés nées dans le silence et le temps résistent à la corrosion des mots, y compris des mots de la politique ?
- LE PRESIDENT.- L'amitié, c'est une façon de se pencher sur sa propre vie. L'ami est le témoin. On pleure sur les autres quand on pleure sur soi. Les amis qui meurent emportent une part de votre vie ; s'il est témoin de votre enfance, de votre adolescence, de votre âge mûr, alors cet ami vous confisque toute une part de votre vie, on est dépositaire. On y tient.
- QUESTION.- L'amitié a-t-elle besoin d'épreuves ?
- LE PRESIDENT.- Elle a besoin de preuves. Tant qu'on vit dans l'âge de l'innocence, on pense que les preuves seront toujours apportées. Tout au long de ma vie, je n'ai pas perdu d'amitiés. Les trahisons de l'amitié, je ne les ai pas connues, même pas dans la vie politique. Je n'ai jamais eu de déception de ce genre.
- QUESTION.- La politique n'est-elle pas le lieu maudit de toute forme d'amitié ?
- LE PRESIDENT.- Pour moi, ça n'a pas été le cas, peut-être parce que je suis prudent dans mes amitiés. J'ai peu d'amis, mais je n'ai pas du tout de souvenirs de trahisons. Il n'y a personne dont je puisse dire :"Comment a-t-il pu me faire cela et se séparer de moi ?" Ca n'est pas arrivé.
- QUESTION.- Définiriez-vous l'amitié par la rareté ?
- LE PRESIDENT.- L'amitié est rare, mais la notion de rareté qui intervient dans la notion de prix, de ce qui est précieux, ne saurait définir un sentiment, avoir force de loi | Je crois qu'on ne peut pas aimer très souvent. Les véritables amours, c'est 10 ans de notre vie. Certains vous diront qu'ils sont éternels... C'est 10 ans de notre vie ; le temps de les faire, de les vivre, de les défaire ; 10 ans de notre vie, même quand on a 30 ou 40 ans de vie active, c'est assez limité. En amitié, c'est pareil, disons avec une petite démultiplication... Il est vrai aussi que rares sont les amitiés, qui se forment après 30 ou 40 ans.
QUESTION.- Il y a les amitiés de bandes. Des garçons de 19 - 20 ans qui se lient.
- LE PRESIDENT.- C'est entre 15 - 16 ans et dix ans plus tard ; c'est à ce moment-là qu'arrivent les événements de votre vie qui impriment vos directions. Pour ma génération, c'était la guerre. La guerre classique, la guerre de résistance, c'est-à-dire la menace invisible et quotidienne, implique des rapports de confiance avec les autres, avec ceux avec qui l'on est, qui sont générateurs d'amitié. Ca ne veut pas dire qu'on ait pour amis tous ses compagnons de combat, loin de là...
- QUESTION.- Vous n'avez cité ni la captivité ni l'évasion qui semblent avoir été pour vous des foyers d'amitié exceptionnels ?
- LE PRESIDENT.- Mes meilleurs amis (je n'en ai pas 36, je suis comme tout le monde) sont ceux de la captivité, ceux que je vois toujours. Je peux vous citer 4 ou 5 noms.
- QUESTION.- Vous vous êtes évadé en même temps qu'eux ?
- LE PRESIDENT.- Non. Je me suis évadé une première fois avec un prêtre qui est mort vers la cinquantaine d'un infarctus. J'étais resté très ami avec lui. Ma deuxième évasion s'est faite avec deux amis. L'un s'est tué dans un accident de voiture, c'était un journaliste, l'autre est toujours là, on se voit, on est de bons camarades, sans plus : on ne se connaissait guère, avant l'évasion. La troisième fois, je suis parti tout seul. Donc l'évasion n'a pas été l'origine de création d'amitiés. La captivité, oui. Mes 4 ou 5 amis proches sont ceux de cette époque. Ce sont ceux que je vois, que je retrouve régulièrement, pour faire des choses ensemble.
QUESTION.- Pour revenir à aujourd'hui, le terme solidarité est un des termes centraux du projet socialiste. L'amitié peut-elle être considérée comme une des facettes de la solidarité ?
- LE PRESIDENT.- L'amitié, c'est individuel. Ca n'a rien à voir avec la solidarité, je le crois.
- QUESTION.- Saint-Just évoquait la possibilité de codifier l'amitié et de faire que chaque citoyen ait au moins deux amis. Sans aller jusque là, est-ce qu'on pourrait dire aujourd'hui que la solidarité devrait se nourrir de ces -rapports très forts entre citoyens ?
-LE PRESIDENT.- La solidarité est une vertu sociale. L'amitié est une vertu individuelle. Je ne fais pas de liens entre les deux choses. Il y a des gens très solidaires dans la vie sociale et qui n'aiment personne dans la vie personnelle.
- QUESTION.- Dans les -rapports entre les peuples, le mot d'amitié vous paraît une figure plutôt qu'une réalité ?
- LE PRESIDENT. Il y a quelques actes historiques qui évoquent plus que d'autres, mais enfin c'est une figure de rhétorique.
- QUESTION.- Il y a des cas de reconnaissance du style "La Fayette nous voilà".
- LE PRESIDENT.- Il y a des affinités, ce n'est pas la même chose.
QUESTION.- Si on reste dans le domaine de la vie politique, est-ce que l'exercice du pouvoir, surtout un pouvoir aussi considérable que celui que vous exercez, n'est-il pas générateur de séparation, d'isolement ?
- LE PRESIDENT.- L'exercice du pouvoir est certainement antinomique avec la création d'amitié, la naissance d'amitié. Ce n'est pas du tout antinomique avec la préservation d'amitiés préexistantes. L'amitié a besoin d'échanges. Ici, on ne voit plus personne.
- QUESTION.- Vous avez réussi tout de même à préserver une demeure, un logis ?
- LE PRESIDENT.- Oui, quand même. Supposez que je ne le fasse pas parce que je suis obligé de rester là parfois le soir, ça veut dire que je passerais tout ma vie ici. Il y a des appartements à côté ; ils sont spacieux, agréables, confortables, je peux emmener le chien. Quand je couche ici (ça m'arrive de temps en temps) je peux rester quatre jours de suite sans sortir d'ici ; c'est très malsain. Dans la vie politique, on ne se fait pas, on ne crée pas de véritables amitiés. On a quelques bons compagnons. A l'Assemblée nationale où je suis resté 35 ans, j'ai gardé de très bonnes relations des "amis politiques", plus même que des "amis politiques". Mais rares sont ceux qui sont des amis personnels ; comme s'il y avait deux modes de vie qui ne se recoupent pas.
QUESTION.- Les termes de compagnon ou camarade signifient-ils quelque chose dans le monde politique?
- LE PRESIDENT.- Oui. Quand on parle d'amitié, c'est une relation sentimentale, affective. En général, on le dit aussi de ses camarades et des ses compagnons. C'est ce que vous appeliez la bande. On est solidaire d'un groupe. C'est l'esprit de clan, l'esprit tribal. C'est quelque chose de très fort. Le monde d'aujourd'hui, y compris les nations les plus modernes sur-le-plan de l'évolution de la science et de la technique, continue d'être un conglomérat de tribus. Les partis politiques sont des tribus. Avec leurs mots de passe : amitié, solidarité, compagnonnage. Toute la société aujourd'hui continue d'être comme ça. Mais ce n'est pas de l'amitié. Cela veut dire simplement qu'on est du même clan, du mme sang.
- QUESTION.- Le monde politique serait un monde de tribus particulièrement typées ?
- LE PRESIDENT.- Oui. QUESTION.- L'idée du sang implique l'absence de choix. Quand on est du même sang, on est forcé d'aller ensemble. LE PRESIDENT.- Sans abuser de la comparaison, le même sang, ce sont les mêmes idées, les mêmes choix fondamentaux, les mêmes attitudes devant la société. Mais cela n'implique pas forcément les éléments affectifs.
QUESTION.- Ce mot affectif fait penser à une autre question : la possibilité de l'amitié entre femme et homme. Vous pensez que le mot d'amitié s'applique à des relations de ce type ?
- LE PRESIDENT.- Finalement oui. Au bout du compte. Mais avant d'aller au bout du compte, non (rires).
- QUESTION.- C'est entre ce "bout" et ce "compte" que se passent les choses ?
- LE PRESIDENT.- Finalement, ce qui reste dans le creuset, c'est l'amitié.
- QUESTION.- L'amitié est plus souvent une porte de sortie qu'une porte d'entrée de l'amour ?
- LE PRESIDENT.- C'est une belle expression, mais un peu fausse, me semble-t-il. Il s'agit d'autre chose. Je ne crois pas que l'amitié qui succède à l'amour soit une déperdition ou un accomodement parce que dans ce cas, l'amitié ne subsisterait pas. Si l'amitié succède à l'amour, c'est que l'amour était assez riche pour pouvoir devenir amitié.
- QUESTION.- Mais dans cette forgerie d'amitié avec une femme, pensez-vous qu'il y a inévitablement quelque chose qui est d'une autre -nature à un moment quelconque ? Pour aboutir à cette amitié, faut-il que quelque chose de passionnel ait été mis en jeu ?
- LE PRESIDENT.- Pas "il faut". Cela fait partie des choses de la vie, comme on dit. Une amitié à base passionnelle est d'une autre -nature que cette qu'on éprouve pour un homme qui est généralement dénuée de cet aspect.
QUESTION.- L'amitié est-elle possible avec des personnages de fiction ?
- LE PRESIDENT.- Avec les héros littéraires ? Vous avez dû ressentir cela. J'ai toujours éprouvé une aversion pour les livres illustrés parce que je ne voulais pas qu'on représente autrement que je les avais imaginés les héros de l'histoire. Je me souviens dans mon enfance, quand on m'offrait un livre illustré, j'avais horreur de cela parce que, tout d'un coup, de ces héros, le graveur ou le peintre avait fait autre chose que ce que moi j'avais vu. Pendant longtemps aussi, j'ai eu une sorte de méfiance à l'égard des films que je n'ai plus aujourd'hui. J'admets désormais que ça puisse être une forme d'art que de passer d'un genre à l'autre. A une époque, je détestais les transpositions cinématographiques des oeuvres romanesques. Il y quand même certains films que j'ai aimés qui m'ont réconcilié avec ce genre d'-entreprise. Je pense, en-particulier, à "La guerre et la paix". Mel Ferrer, Audrey Hepburn et leurs partenaires incarnaient bien la représentation de mes personnages. Je me suis apprivoisé, je me suis habitué. Mais Natacha, le Prince Pierre, c'étaient de tels héros, de tels amis que je n'avais pas envie que d'autres se substituent à moi pour apprécier leurs qualités.
- D'autres personnages auxquels je suis lié d'amitié ? Solal ; c'est un très grand roman, "Solal", dont je trouve le héros plus parfait que dans "Belle du Seigneur". C'est un grand personnage littéraire. Albert Cohen à créé aussi Mangeclou. Mangeclou est un drôle de personnage. C'est l'une des figures les plus comiques de notre littérature française depuis Rabelais.
QUESTION.- Pour Mauriac, avez-vous eu quelque chose qui s'appelle de l'amitié ?
- LE PRESIDENT.- Oui. Amitié difficile à cause de la différence d'âge, d'expériences, de mode de vie, mais tout de même, c'était un personnage familier. C'est-à-dire que c'était un de ceux qui allait directement, qui vous atteignait directement. Il ne s'intéressait pas aux garnitures. Même si on ne l'avait pas vu depuis six mois. Je me souviens d'un jour où allant chez Prunier, avenue Victor-Hugo, il était deux heures de l'après-midi, je n'avais pas déjeuné, je me dis : "je vais aller avaler quelques huîtres". J'entre sans avoir rien prévu. Il était là tout seul. Il commençait son repas. Je vais à côté de lui et on a déjeuné ensemble. C'étais imprévu et il n'a pas perdu trois minutes. Il y avait à côté de lui, un peu plus loin, un couple, un très beau couple d'un homme et d'une femme jeunes, très beaux et tout de suite il me dit : "J'ai été obligé d'écouter ce qu'ils disaient parce que je suis comme ça. Ca m'intéresse beaucoup. Ils sont si beaux. Mais je ne veux pas vous décevoir, leurs propos étaient d'une affligeante banalité. Ils ont parlé d'argent, d'achats à faire..." De là, il est passé à parler de ses filles, de Claude. Il était bouleversé parce que Claude ne communiait plus lorsqu'ils allaient à la messe le dimanche ensemble, et puis ensuite autre chose. Tout était intéressant. Il parlait comme un ami, il se débarrassait de tout ce qui était inutile pour dire des choses qui valaient réflexion, qui avaient une signification. Il n'y a pas beaucoup d'hommes comme ça | Il parlait de la mort aussi, de la sienne surtout.
QUESTION.- Vous disiez que ce qu'il y avait d'apaisant dans l'amitié, c'était d'avoir la possibilitéde se taire.
- LE PRESIDENT.- Naturellement. Ca, c'est ce que j'avais constaté dans les années 1934 - 1935 et j'identifie encore, au moment où je vous parle, un des amis auquel je pense. Cette espèce de besoin d'un petit provincial qui arrive à Paris, de voir des gens qui étaient déjà là avant lui, cette impression que si l'on se tait dans une conversation qui commence là, le silence va s'engouffrer dans la relation et vous séparer. C'est comme le chroniqueur sportif qui raconte le cyclisme ou le football...
- QUESTION.- S'il s'arrête une seconde, il a l'impression qu'il y a quatre millions de gens qui vont prendre le poste d'à côté.
- LE PRESIDENT.- C'est comme ça quand on est avec quelqu'un qui vous plaît et qu'on aspire à voir naître l'amitié. On se dit : "Si je ne tiens pas, si je m'arrête, pof, il passe sur l'autre poste |" Mais au moment où l'on ne craint plus qu'il passe sur l'autre poste, où on ne cherche pas à briller, à intéresser, où on n'en a pas le besoin, c'est le silence qui remplace la parole. Ca, c'est une expérience vécue plusieurs fois.
- QUESTION.- Pour en revenir à des personnages de l'art et de la fiction, êtes-vous attaché surtout à Fabrice, à Julien, à Lucien ?
- LE PRESIDENT.- Lucien Leuwen ?
- QUESTION.- Non, je pensais à Rubempré à cause de la Charente, de Jarnac, de votre pays.
- LE PRESIDENT.- A Jarnac, j'ai vécu dans une maison blanche, écartée du quartier où l'on fabrique de l'alcool qui noircit tout. C'est un pays un peu plat ; c'est là que j'ai passé mon enfance. C'est le pays de ma mère, là où elle est enterrée. La maison que nous habitions depuis 150 ans, c'est une de mes soeurs qui l'habite aujourd'hui. Je suis donc incorporé à ce pays, mais il ne fait plus partie de mon univers intellectuel.
- QUESTION.- Qui se situe plutôt du côté de Stendhal que du côté de Balzac ?
- LE PRESIDENT.- J'aime énormément Balzac mais pas ses personnages ; ceux de Stendhal sont beaucoup plus frais, aériens. J'ai lu Lucien Leuwen sur une plage en 1939 quand la guerre a éclaté et je suis parti avec ce roman qui m'avait enchanté, ébloui. Lucien reste mon ami.

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