Allocution de M. François Mitterrand, Président de la République, à l'occasion du colloque "Création et développement" à la Sorbonne, notamment sur le rôle de l'innovation face à la crise internationale, Paris, dimanche 13 février 1983. | vie-publique.fr | Discours publics

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Allocution de M. François Mitterrand, Président de la République, à l'occasion du colloque "Création et développement" à la Sorbonne, notamment sur le rôle de l'innovation face à la crise internationale, Paris, dimanche 13 février 1983.

Personnalité, fonction : MITTERRAND François.

FRANCE. Président de la République

Circonstances : Rencontres internationales de la Sorbonne, sur la création et le développement les 12 et 13 février 1983

ti : Mesdames,
- Messieurs,
- Permettez-moi, pour votre présence et pour vos débats, de vous dire ma gratitude. La présence à Paris de femmes et d'hommes de culture et de pensée, originaires des cinq continents, va droit à notre coeur. Signe de votre confiance envers notre nation, elle est en même temps invitation à rester fidèle à nous-mêmes et à croire contre vents et marées en la puissance des forces de l'esprit.
- Une telle assemblée, en ces lieux, a déjà valeur de symbole. D'abord par sa composition : se trouvent ici réunies les disciplines intellectuelles les plus différentes : économistes, syndicalistes, industriels, artistes, écrivains, savants, techniciens, philosophes, chacun à sa façon, créateur. Certains ont pu regretter, au-cours de ces journées, son caractère composite. J'y vois, au contraire, un signe de richesse, une promesse pour l'avenir. Finie l'époque où le savant et l'artiste, campant chacun sur son territoire s'ignoraient l'un l'autre, comme appartenant à deux mondes étrangers.
- Saint-John Perse observait à propos du savant que "toute création de l'esprit est d'abord poétique" et ajoutait : "de cette nuit originelle où tâtonnent deux aveugles-nés, l'un équipé de l'outillage scientifique, l'autre assisté des seules fulgurations, de l'intuition, qui donc plus tôt remonte et plus chargé de phosphorence ? La réponse n'importe. Le mystère est commun et la grande aventure de l'esprit poètique ne le cède en rien aux aventures de la science moderne".
- Même remarque dans l'oeuvre de Prigogine, Prix Nobel ici présent, et d'Isabelle Stengers, lorsqu'ils convient le savant à "une écoute poétique du monde".
- A l'inverse, l'art contemporain ne doit-il pas beaucoup à la technologie ? Je pense à Pierre Boulez, à Xenakis, à Berio, à Nono. Je pense au cinéma et aux nouvelles techniques de production de l'image électronique. Alliance féconde, au demeurant, qui répète celle de la Renaissance et de l'Encyclopédie qui surent déjà sceller le mariage de l'art et de la science.
- On m'objectera peut-être l'éternelle obscurité où se perdent les routes de l'avenir. Je répondrai en citant tout à tour un philosphe et un poète. "Ce n'est pas avec des idées claires" écrivait Feyerabend, "qu'on invente un sens nouveau : c'est un sens nouveau qui clarifie les intuitions absurdes des innovateurs". Et Henri Michaux : "Tous ceux qui ont fait de grandes choses les ont faites pour sortir d'une difficulté, d'un cul-de-sac". Même si le dialogue s'établit avec peine et se dénoue non sans orage, un mouvement est en marche. Pour avoir choisi d'inscrire tout à la fois la recherche scientifique et la culture au -titre des priorités de mon action, je ne puis que me réjouir de les voir ainsi appuyées par une assemblée aussi brillante et prestigieuse.
Les lieux-mêmes où nous nous trouvons ce matin suscitent une deuxième observation. Il y a 700 ans, en 1283, disparaissait Siger de Brabant, l'un des plus curieux maîtres de notre Sorbonne, phare intellectuel de l'Occident.
- Si j'évoque ici cette figure, ce n'est pas seulement parce que nous sommes réunis là où il enseigna. C'est aussi parce qu'il existe quelque parenté entre la crise que nous vivons et celle de la fin du XIIIème siècle. Parlant de celle-ci, Georges Duby écrivait : "Alors s'établit un désordre, mais qui fut rajeunissement et pour une part délivrance. Tourmentés, les hommes de ce temps le furent certainement plus que leurs ancêtres, mais par les tensions et les luttes d'une libération novatrice. Tous ceux d'entre eux capables de réflexion eurent en tout cas le sentiment, et parfois jusqu'au vertige, de la modernité de leur époque. Ils avaient conscience d'ouvrir les voies, de les frayer. Ils se sentaient des hommes nouveaux...".
- Celui que Duby appelle "le plus grand des philosophes parisiens", offre le bel exemple d'une culture nourrie des autres cultures du monde. Aristote dont Siger et ses disciples se réclament pour affirmer les droits de la raison, avaient été traduit et commenté par les grands philosophes arabes, Avicenne et surtout Averroès. Et "l'averrorisme" latin, ô combien symbolique, marquera en Occident une véritable pré-renaissance.
- C'est ce rajeunissement du monde qu'il nous faut préparer, à l'échelle cette fois de la planète. Aujourd'hui comme hier, du désordre doit naître un ordre supérieur. De l'absence de sens doit surgir un nouveau dessein. Et si le déséquilibre actuel résulte de la rupture d'un ressort culturel, s'il décourage les dynamismes et les initiatives, si l'environnement reste trop souvent étranger à ceux qui y vivent et y travaillent, notre tâche, votre tâche est alors d'inventer d'autres finalités, une civilisation du travail qui ne la sépare plus de la vie ni de l'esprit mais qui réunifie l'homme, jusque dans son quotidien.
- Les philosophes de la Sorbonne se fixaient un idéal de magnanimité, vertu d'initiative, passion d'espérance, enthousiasme pour les tâches humaines, confiance dans les techniques. Cet idéal, en notre époque d'apparente morosité, je souhaite que chacun d'entre nous le fasse sien.
"Création et développement" tel est le thème de vos échanges de vues. Mais prenons y garde.
- Le mot "crise" est lui-même impropre à qualifier les orages d'aujourd'hui. Il pourrait donner à penser qu'après la tourmente, notre société reviendra à son -état antérieur. Or, nous savons que ce n'est ni possible, ni souhaitable. D'où l'erreur des théories économiques qui reposent sur l'espoir d'un retour à la croissance sous ses formes anciennes, alors que le plein emploi sera fondé sur des données nouvelles : sur le partage du savoir, et du travail, sur la mise en valeur de l'intelligence de chacun, sur la ressource humaine au-sein de chaque peuple.
- Les doctrinaires de l'économie nous proposent des recettes qui ne réussissent nulle part. Le libéralisme mené à son terme logique conduit à la faillite du système qu'il prétend protéger. On en connaît les effets : chômage accru, disparitions d'entreprises, souffrances du plus grand nombre et soumission de tous à quelques uns réputés les plus forts parce que les plus riches. Et le dirigisme d'Etat, la bureaucratie appliquée n'ont abouti à rien non plus. Ce sont là des systèmes engourdis qui répètent sans fin les notions fanées du siècle précédent.
- Tirons-en la leçon. A la veille du troisième millénaire de notre ère, une attente angoissée habite à la fois les pays industrialisés, les pays du tiers monde, les peuples riches et les peuples pauvres, les vieilles nations et les nations jeunes. Après les saisons du dogme et de la répétition revient une fois encore le temps de l'invention. Quand les faits ne répondent plus aux schémas, quand les réponses reçues ne rendent compte de rien, le réalisme le plus vrai se place auprès de l'utopie.
- Là réside l'ambition du projet français. Il étonnera peut-être parce qu'il est différent. La mauvaise foi voudra le travestir alors qu'il constitue une tentative originale d'une application prudente dans un monde difficile qu'il faut cependant changer.
- Je citerai de Lewis Caroll ce conte minuscule : "Il était une fois une coincidence qui était partie en promenade avec un tout petit accident : ils rencontrèrent une explication, une très vieille explication, si vieille qu'elle était courbée en deux et ratatinée et qu'elle ressemblait plutôt à une devinette".
Après deux siècles d'asservissement d'abord des travailleurs puis d'approximations pour les en libérer, nous apprenons qu'il est possible et nécessaire de travailler et de produire différemment. Cela ne se fera pas d'un coup. Face aux inquiétudes immédiates, les gouvernements devront apprivoiser les facilités nouvelles. La robotisation, l'automatisation et, dans certains cas, une autre répartition du travail menacent de faire apparaître le chômage comme la brutale conséquence du progrès technologique. Les métiers de démodent vite. Des régions sont contraintes à la reconversion. Or, voici que se trace pour l'homme, jusqu'ici entravé, la perspective - et on lui en montre l'exigence - du renouvellement et de la mobilité.
- Il ne dépendra que de nous d'utiliser pour le meilleur, les forces redoutables que les sciences mettent à notre disposition, car de quoi s'agit-il ? D'abord des hommes, et plus précisément de la relation entre leur vie et leur travail. Non seulement le plein emploi en nombre - que chacun ait un travail - mais encore le plein emploi des facultés. Or, on sait que ce plein emploi-là ne sera pas réalisé par le système de production que nous connaissons aujourd'hui.
- L'innovation est devenue un devoir. A ce -titre, la culture et l'enseignement ont pour mission de préparer l'esprit à la naissance des possibles et, pour cela, d'assurer une éducation perpétuelle de la disponibilité.
- Une formation plus adaptée réhabilitera la fonction même de l'enseignement, laissera le champs libre aux évolutions, sans jamais rien figer d'irréductible, et préservera la capacité continue d'apprendre. Plus qu'un autre, un peuple de haut niveau culturel conquiert lui-même ses chances. On méditera l'exemple des pays qui résistent le mieux aux bourrasques de notre époque : le pourcentage élevé de l'éducation supérieure, l'importance de moyens de communication, l'ouverture internationale, le développement de la lecture, l'apprentissage, dès l'école, de la culture technique informatique expliquent, dans tous les cas, les réussites industrielles et commerciales.
Ainsi la création devient facteur de développement et les activités culturelles s'affirment parmi les secteurs en expansion autour desquels s'organise l'avenir. Une meilleure répartition du travail, le renouvellement de la formation professionnelle, le temps libre ou choisi leur ouvrent des espaces neufs.
- Mais la création change aussi par elle-même la -nature du développement, comme l'électronique bouleverse les systèmes de traitement, de diffusion de l'information et de la communication. Précisément l'industrialisation de produits tels que les micro-ordinateurs, les magnétoscopes, les vidéo-disques rend accessible aux individus, aux groupes, aux organismes de tous ordres des outils de traitement et de stockage de l'information jusqu'ici réservées aux grandes organisations centralisées.
- Au moment où les techniques de télécommunication multiplient les connexions entre ces outils et donc les échanges entre leurs détenteurs, la France s'est donnée des objectifs ambitieux afin de disposer des compétences et des savoir-faire. Mais ces outils seraient sans réelle utilité et les efforts consentis pour maîtriser les technologies correspondantes risqueraient d'avoir été consentis en vain, si nous n'étions pas en mesure de produire les programmes, de fournir les services et de disposer des femmes et des hommes capables de s'en servir. Céder au mirage de la technologie serait suicidaire, si ne se maintenait l'aptitude à alimenter ces réseaux de communication.
- L'originalité du projet français se situe à cette intersection : investir dans la formation technologique et, d'un même mouvement, investir dans la création artistique et intellectuelle.
- C'est pourquoi, malgré les contraintes qui pèsent sur nos finances publiques, nous avons prioritairement accru en 1982 et 1983 le budget de la culture et le budget de la recherche.
Le jour où il décidait, en novembre dernier, de s'engager sur la voie du câblage en fibre optique, notre gouvernement arrêtait un plan pour l'industrie des programmes. D'où une série de mesures destinées à irriguer l'ensemble du pays : fondation de la première Ecole nationale de création industrielle ; réforme du cinéma ; préparation d'une loi sur l'éducation artistique des jeunes ; impulsion donnée aux activités musicales, théâtrales, picturales ; restauration active de notre patrimoine national qui à lui seul, représente un prodigieux gisement d'images ; reconnaissance d'arts et techniques trop longtemps laissés en marge, comme les musiques populaires, le rock, le jazz, la bande dessinée, la photographie, la mode, le verre, le jouet, le meuble. Partout nous essayons, dans les régions, les départements les communes de corriger les effets des siècles de centralisation et d'éveiller les capacités créatrices éparses dans les profondeurs de notre peuple.
- Il convient pour cela de joindre les deux bouts de la chaîne : d'un côté les investissements industriels les plus modernes, de l'autre l'imprégnation par l'esprit de création de toutes les fibres de notre société. Notre projet résulte d'une conviction : les industries de la culture sont les industries de l'avenir. Industries de la communication ou industries du savoir, industries de programme ou industries de loisir, nous pensons, j'y insiste, qu'investir dans la culture, c'est investir dans l'économie, que c'est du même coup dégager l'avenir et contribuer de la sorte à rendre à la vie tout son sens.
- C'est pourquoi je veux associer les chercheurs et les créateurs, premiers artisans du changement, à notre oeuvre de redressement national. Ils sont de plus en plus présents à tous les échelons de l'Etat : les uns participant à des commissions de travail, d'autres assurant des tâches dans l'administration, certains appelés à de hautes fonctions. J'estime qu'aucune disposition nouvelle ne doit être décidée sans qu'elle ait été précédée de l'appel à leur contribution imaginative et critique. Ainsi pour l'élaboration de notre politique de la recherche ont eu lieu des Etats généraux qui dans toute la France, ont réuni des hommes de sciences. De même pour notre politique culturelle dont les actes sont précédés de multiples consultations et doivent l'être encore davantage.
Il va de soi que cette réflexion prend inévitablement une dimension internationale. Nombreux sont et seront nos amis étrangers qui, comme ils le font aujourd'hui, prendront part à ce mouvement de renaissance artistique dans le cinéma comme dans la peinture, dans le théâtre comme dans l'architecture, dans la musique comme dans la recherche scientifique.
- Une vraie culture est fécondée par les apports extérieurs. Même si votre conférence n'aboutit pas à des conclusions immédiatement opérationnelles, elle marque, croyez-moi, une étape. D'autres rencontres suivront. L'année prochaine se tiendra un deuxième rassemblement à l'instigation de la France. L'Unesco accueillera, à Paris, en 1984, les Etats généraux des cultures du monde.
- Elie Wiesel m'a proposé aussi d'organiser bientôt dans cette ville une conférence internationale contre l'antisémitisme, le racisme et la haine, qui associerait trois cents personnalités du monde entier et plusieurs chefs d'Etat. J'accepte volontiers de lui offrir l'hospitalité et le patronage de la France.
- Je souhaite également que l'Exposition universelle qui aura lieu chez nous en 1989 annonce avec force l'événement d'une société de création et de communication où chacun aura retrouvé vigueur et appétit de vivre.
- L'enrichissement individuel par le déploiement de la culture, le transfert du savoir, doit devenir un mouvement perpétuel entre nos pays et au-sein de nos peuples. De vos débats, nous constaterons plus vite que vous l'imaginez les retombées permanentes dans notre propre travail.
J'ai rendu publique, le mois dernier, l'intention manifestée par les élèves des 110 grandes écoles de France - ils sont 12000 - de se mettre à la disposition de la formation technique des jeunes chômeurs. Pour organiser ce projet exemplaire de solidarité, un colloque comme le vôtre, que je présiderai, réunira bientôt les directeurs de ces grandes écoles. Et j'inviterai à y travailler, avec eux, de grands universitaires de vos pays spécialisés avec succès dans la formation et le transfert des connaissances, lesquels attirent les investissements et créent les nouveaux emplois.
- Réapparaît ainsi - il nous appartient d'en prendre conscience - une notion capitale, trop longtemps oubliée : celle de l'évolution sociale qui doit accompagner les grandes mutations techniques et qui en est la condition même de survie. L'informatisation de la société provoquera une explosion de nouveaux besoins d'échanges, de communications, de connaissances qui ouvriront d'autres carrières et susciteront d'autres vocations. Sortant ainsi du domaine des industries liées à l'information et à la connaissance, on aboutira à une société qui les dépassera, qui se déploiera à partir d'elles, qui s'en servira comme d'un instrument pour ouvrir à l'activité des hommes de larges horizons comme le fit le passage de l'agriculture à l'industrie. Mais cette fois davantage, car si l'industrialisation a accéléré le progrès sous forme "linéaire", ce nouveau développement et ses effets seront exponentiels.
- N'oublions pas que cette démarche en avant reste inséparable de la dimension mondiale sans laquelle les progrès qu'elle permet, les capacités qu'elle accroît, les activités qu'elle engendre seraient comme mutilés. Le coût financier considérable, l'effort interne de solidarité sociale et l'interdépendance externe sont liés dans la nouvelle équation planétaire. Ce qui suppose de la part des sociétés "riches" mais minées de l'intérieur et de la part du tiers monde d'épouser en commun les formes du développement. Il est inconcevable que s'élargisse encore, comme c'est le cas aujourd'hui, le fossé qui sépare les pays industriels des autres. Ils se sauveront tous ensemble ou pas du tout. La remise en -état d'un ordre monétaire, le soutien des cours des matières premières, l'autosuffisance alimentaire, la production de ressources énergétiques diversifiées demeurent des objectifs impérieux et urgents. La France, à ce propos, prendra avant l'été des initiatives utiles.
Au nom de la France, je lance un appel solennel à tous les créateurs, à tous les chercheurs, à tous ceux qui, dans les entreprises, exercent leur part de création. Il ne peut y avoir de développement sans invention, sans risque, sans intelligence. L'homme ne pourra plus, dans une société de savoir généralisé, accepter de travailler sans créer ni participer aux décisions. Mais l'Etat ne peut ni ne doit régenter les forces de l'imagination. Il appartient aux créateurs de reprendre dans le développement de nos sociétés leur rôle d'initiation et d'interpellation.
- J'invite les hommes, les femmes de culture à venir partager leur savoir, à s'associer plus que jamais à la vie de la communauté. La cité toute entière en sera changée et peut-être même le sens profond de la politique.
- J'invite les chercheurs à participer davantage aux responsabilités de la vie quotidienne, à tisser des liens nouveaux avec l'entreprise et à promouvoir le goût croissant de connaître.
- J'invite les entrepreneurs et les travailleurs à affirmer leurs propres dimensions et à proclamer fièrement leur utilité sociale et leur rôle moteur. Produire et consommer, travailler et fabriquer, innover dans les techniques et les relations, c'est participer à la mise en place d'une société de création.
- J'invite tous les citoyens par delà cette salle à prendre en charge leur propre culture, à ne jamais accepter la culture comme un modèle imposé, contraire aux aspirations de la vie.
- Mais, je demande qu'on me comprenne bien. Je n'invite personne à fermer les yeux sur le monde qui nous est donné aujourd'hui. Nous avons à le transformer, pas à le fuir, moins encore à le nier. Sachons, face à lui, conserver la force de notre étonnement. Pour reprendre la parole de René Char : "Nous ne serons jamais assez attentifs aux attitudes, à la cruauté, aux convulsions, aux inventions, aux blessures, à la beauté, aux jeux de cet enfant vivant près de nous avec ses trois mains, et qui se nomme le présent".
- En ces deux journées, vous aurez, chers amis donné corps et âme à un message neuf. Ecoutons encore René Char et sachons regarder en face le soleil levant.

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