Allocution de M. Pierre Mauroy, Premier ministre, sur l'histoire et son enseignement, Montpellier le 19 janvier 1984. | vie-publique.fr | Discours publics

[ Publicité ]

Allocution de M. Pierre Mauroy, Premier ministre, sur l'histoire et son enseignement, Montpellier le 19 janvier 1984.

Personnalité, fonction : MAUROY Pierre.

FRANCE. Premier ministre; FRANCE. PS

Circonstances : Colloque national sur l'histoire et son enseignement à Montpellier du 18 au 21 janvier 1984

ti : Monsieur le président et cher ami,
Messieurs les ministres,
Monsieur le Commissaire de la République,
Mesdames et Messieurs les historiens,


Nous voici rassemblés dans une ville universitaire au riche passé et qui nous offre donc un cadre tout à fait approprié au sujet qui retient notre attention.

Je remercie le maire de son accueil et, avant que ne débutent vos travaux, je voudrais vous exposer comment se pose, à nos yeux, le problème de l'enseignement de l'histoire.

C'est pour le gouvernement un sujet de préoccupation déjà ancien. Le ministre de l'éducation nationale s'en était d'ailleurs saisi dès l'été 1982.

Le président de la République s'était personnellement ému de la situation de l'enseignement de l'histoire lors du Conseil des ministres du 31 août dernier. Il avait en particulier déploré que les jeunes diplômés actuels soient, le plus souvent, dépourvus de repères chronologiques.

Or, la mémoire est indispensable à toute collectivité. Elle en est même l'un des principaux éléments constitutifs. Un engourdissement progressif de notre mémoire serait un véritable danger national. Un tel risque est d'autant plus préoccupant que, dans le même temps, l'histoire est utilisée sous de multiples formes par nos contemporains.

La production littéraire, le cinéma, l'ensemble des médias lui font une large place, même si la rigueur scientifique n'y trouve pas toujours son compte. Les institutions publiques et privées aiment à s'interroger sur leur passé. Nous sommes tous, d'une manière ou d'une autre, de grands consommateurs d'histoire.

Cette prolifération même exige d'ailleurs que l'enseignement de l'histoire soit développé afin de limiter les risques de falsifications ou de contre-sens.

Car l'usage que les médias font de l'histoire n'est pas sans danger. Un magazine hebdomadaire nous en offre chaque semaine l'illustration en reproduisant, sans précaution particulière, des extraits de la presse paraissant, pendant l'occupation, sous le contrôle des envahisseurs.

Alors même que nous assistons à une invasion de l'histoire dans notre vie quotidienne, la connaissance historique réelle s'affadit.

Pourquoi ce décalage ? Pourquoi ce besoin de récits à caractère historique ? Pourquoi sommes-nous poussés à plonger dans l'histoire, à reconstituer sans cesse notre histoire, à la rêver peut-être ?

Cette question est fondamentale.

Il ne s'agit pas seulement d'une soif d'évasion, mais, me semble-t-il, d'un besoin plus profond.

Un monde, qui s'était peu modifié durant des siècles, change soudain de visage. L'ampleur et la rapidité de ce changement nous presse, nous assaille, bouscule toutes nos habitudes. Nous avons plus que jamais besoin de nous situer dans le temps et dans l'espace, de savoir d'où nous venons et où nous allons, d'avoir des repères.

Ces repères nous les demandons à l'histoire.

L'explosion urbaine, les migrations de populations qui depuis des siècles n'avaient souvent pas bougé de leur village natal, la multiplication de nouveaux Etats, la mondialisation de la communication, tous ces phénomènes ne peuvent être pleinement appréhendés que s'ils sont remis en perspective, c'est-à-dire situés par rapport à notre passé.

Qu'il s'agisse des formidables mutations technologiques que nous allons vivre d'ici la fin de ce siècle, que nous vivons déjà ; qu'il s'agisse des crises et des conflits qui agitent et déchirent le monde actuel ou qu'il s'agisse plus simplement de la transformation de notre environnement quotidien, nous avons besoin d'une mémoire pour comprendre ces mouvements, pour maîtriser ce changement.

Qui ne voit en effet, pour ne prendre que quelques exemples, que nos relations d'aujourd'hui avec les autres peuples ne peuvent être définies sans référence au passé et sans une conscience forte des liens qui nous ont, hier, rapprochés ou des conflits qui nous ont opposés à eux. La colonisation, par exemple, pèse encore lourdement sur nos relations internationales. En bien et en mal. D'ailleurs.

Certains peuples - et cela ne peut que nous honorer - sont fiers des liens qui, dans le passé, les ont unis à la France, ce qui ne les empêche pas, aujourd'hui, de témoigner de leur indépendance sur la scène mondiale. J'en ai encore eu le témoignage il y a quelques jours. J'étais, en effet, la semaine dernière, à Saint-Louis du Sénégal, ville qui fut française sous Henri II, c'est-à-dire avant même le traité des Flandres et le rattachement de Lille à la France.

La connaissance et l'analyse de ces liens et de ces conflits, leurs origines et leur évolution sont nécessaires à la conduite de notre vie collective actuelle.

Je prendrai un second exemple. Pouvons-nous aujourd'hui aménager la ville - en fait la reconquérir, la réinventer - sans avoir une conscience claire et une connaissance précise de la façon dont le passé a marqué notre paysage urbain ? Pouvons-nous ignorer les insuffisances, le cortège de misères, ou, dans d'autres cas, les richesses dont notre passé a laissé la trace ?

Il est donc capital pour construire l'avenir de notre société, que l'enseignement de l'histoire soit assuré.

Je me félicite donc des initiatives prises par le ministre de l'éducation nationale pour l'organisation de ce colloque. Déjà, une série de réflexions et de travaux sur l'enseignement de l'histoire et de la géographie, avaient abouti aux rapports dès professeurs GIRAULT et LE GOFF, ainsi qu'aux rapports établis pour la tenue de ce colloque. Je tiens à souligner l'exceptionnelle qualité de l'ensemble de ces travaux, qui vont permettre au ministre de l'éducation nationale de définir, avec vous, de nouvelles orientations pour les années à venir.

Votre participation à cette démarche est d'autant plus nécessaire que nombre d'entre vous pensent et écrivent que l'histoire et la géographie traversent une crise.

On parle en effet beaucoup d'une crise de l'enseignement de l'histoire. Elle est réelle puisqu'elle est vécue ainsi. Pour ma part, je m'interroge sur sa profondeur.

Certes, certains sondages, certaines études d'opinion, ont révélé les ignorances, parfois surprenantes, des jeunes ou des moins jeunes dans le domaine de l'histoire et de la géographie.

Encore faut-il noter que cette ignorance est toute relative. Il en a été ainsi à toutes les époques.

Faut-il, d'autre part, s'étonner que tous les jeunes Français n'aient pas la même acuité et la même précision dans leurs connaissances historiques ou géographiques ?

Ce qui, en revanche, est préoccupant, ce sont les erreurs qui ont été commises au cours des dernières décennies dans le domaine de l'enseignement. Des réformes hâtives ont eu parfois des effets néfastes. Nul ne peut prétendre, aujourd'hui, que la façon dont l'histoire est enseignée dans le primaire et le secondaire soit sans défauts et parfaitement satisfaisante.

Il est sûr que la situation actuelle doit être redressée. C'est le sens de vos efforts. Pour y parvenir, il convient d'avoir le courage de reconnaître que des erreurs ont été commises, que telle innovation dans les programmes, dans la conception des outils pédagogiques ou dans les méthodes, n'a pas produit les résultats attendus.

A cet égard, je sais que l'on peut compter sur la lucidité et la clairvoyance de ceux qui ont la charge d'enseigner l'histoire. Il leur appartient de procéder à ces évaluations. Et je me félicite de la capacité d'adaptation et d'évolution des historiens.

Depuis les grandes constructions du XIXe siècle, les historiens ont su à plusieurs reprises faire évoluer leur discipline, en même temps qu'évoluait la société.

Cette tradition n'est pas perdue et vos travaux en apportent la preuve.

La qualité de la recherche historique dans notre pays et ses brillants résultats, font que l'histoire est, parmi les sciences sociales, une discipline dans laquelle notre réputation internationale est la plus solidement établie.

Cette vitalité de notre recherche doit être le garant de la qualité de l'enseignement de l'histoire.

Et la qualité de cet enseignement est, pour une large part, fonction de l'engagement des enseignants eux-mêmes.

Ne vous démobilisez pas. Relevez le défi qui vous est lancé.

Car, si l'avenir de votre discipline n'est pas en péril, beaucoup de questions se posent néanmoins. Beaucoup de questions sont posées par les historiens eux-mêmes.

Pour ouvrir ce colloque, je voudrais vous livrer les quelques réflexions que m'inspirent vos travaux. Elles portent sur les finalités de l'enseignement de l'histoire et sur la façon de concevoir cet enseignement.


Quelles sont les finalités de l'enseignement de l'histoire ? Je dirai même, quelle est aujourd'hui l'utilité d'enseigner l'histoire aux jeunes générations ?

Beaucoup d'interrogations sont formulées à cet égard.

Il est clair que l'histoire dont nous avons besoin n'est plus celle qui a été enseignée depuis la fin du 19e siècle dans notre pays.

Il est clair que l'enseignement de l'histoire n'a pas à inculquer aux jeunes une doctrine qui servirait, comme en d'autres temps, à assurer la transmission de telle ou telle idéologie ou la légitimité de tel ou tel principe politique.

Il s'agit aujourd'hui de tout autre chose. L'histoire, à coté d'autres disciplines, doit contribuer à donner aux jeunes générations à la fois une autonomie et le sens de la solidarité. Elle doit contribuer à assurer leur épanouissement, leur équilibre personnel mais aussi leur capacité d'action et de participation à la vie des groupes et des collectivités auxquels ils appartiennent.

C'est vrai pour les jeunes individus comme pour les jeunes peuples. Nous avons une responsabilité toute particulière vis-à-vis des peuples qui ne possédaient qu'une tradition orale et auxquels nous avons imposé notre propre histoire.

Nous pouvons, par notre capacité de recherche notamment, les aider à retrouver leurs véritables racines.

C'est dans cette perspective que l'histoire est un instrument irremplaçable. Irremplaçable pour aider les peuples et les jeunes à se situer, à construire leur équilibre et leur personnalité.

Cette recherche d'une identité passe par la découverte puis la pratique des histoires locales et des histoires régionales. Elles doivent être prises en compte dans notre politique de l'éducation et dans notre politique culturelle. C'est d'autant plus nécessaire que le pays est engagé dans un effort de décentralisation qui rompt avec une tradition de plusieurs siècles.

Cette recherche d'une identité passe également par la découverte et une connaissance solide de l'histoire de France, mais aussi de l'histoire de l'Europe et de l'histoire mondiale.

Comment pourrions-nous espérer achever la construction européenne si les aléas du marché de la tomate ou le volume de la production des hauts-fourneaux devaient l'emporter sur nos solidarités historiques ? Comment ignorer la nécessité d'union qui est celle des peuples européens s'ils veulent redevenir des acteurs de l'histoire et non de simples sujets ?

Cette recherche d'une identité, ce repérage grâce à l'histoire et aux histoires, conduisent à repousser les frontières de l'histoire dans l'espace et dans le temps.

De ce point de vue, le peu que nous connaissons des vestiges de notre préhistoire, ce que nous avons découvert des civilisations méditerranéennes des 2e et 3e millénaires, ont pour nous et pour la formation des jeunes autant d'importance que les créations les plus récentes de l'esprit humain.

Recherche d'une identité, donc. Mais aussi compréhension des différences.

Là encore, l'histoire - et bien sûr la géographie - sont irremplaçables. Là encore ces disciplines ont évolué. Il ne s'agit plus de l'histoire centrée seulement sur l'émergence, la construction patiente d'une nation, ou de la géographie d'un empire. Il s'agit d'une ouverture sur le monde et d'une connaissance des autres, dans leur diversité et dans leurs richesses culturelles.

L'histoire doit également aider les jeunes à maîtriser l'évolution des sciences et des techniques. A cet égard, plusieurs d'entre vous dans leurs rapports soulignent la nécessité de développer l'enseignement de l'histoire dans l'enseignement technique.

C'est, en effet, un élément indispensable pour la revalorisation de ces enseignements. Il est, à l'inverse, tout aussi nécessaire de développer l'enseignement de l'histoire des sciences et des techniques dans l'enseignement général.

Enfin l'histoire demeure l'un des meilleurs moyens pour permettre aux jeunes de repérer et de comprendre les valeurs fondamentales.

Ce point est, à mes yeux, capital.

J'ai lu avec un réel intérêt le rapport de Madame Mona OZOUF sur l'histoire et l'instruction civique. Il est clair que nous sommes loin de la conception de "l'instruction morale et civique" du début du siècle. Nous n'avons plus à former des "soldats de la République" et aujourd'hui il convient en effet "d'élargir le civisme aux dimensions du monde".

Nous devons nous garder de tout dogmatisme ou de tout nationalisme. Toutefois, et pour ma part j'en suis convaincu, nous ne devons pas renoncer à transmettre aux jeunes les valeurs qui nous ont été léguées par nos prédécesseurs. Des valeurs qui donnent, encore aujourd'hui, un sens à notre vie et à notre action.

Comment, par exemple, susciter l'attachement aux institutions démocratiques et républicaines sans référence à l'histoire et à d'autres régimes ?

A cet égard les jeunes Français bénéficient d'un privilège. Ils trouvent en effet dans l'histoire de leur pays la possibilité de reconnaître des valeurs qui ont une portée universelle. La France se présente au monde, et elle est reconnue par lui, comme le pays des droits de l'Homme.

Il est d'ailleurs intéressant de relever cette vocation à l'universel que, dès les origines, les Français ont voulu se donner. Peut-être était-ce le fruit d'une nécessité à la fois historique et géographique.

Située à la charnière du monde latin et du monde des Angles et des Saxons, la France est née d'une volonté politique. Et pour éviter d'être écartelée entre ses principales cultures d'origines, il lui a fallu imposer des valeurs présentées comme supérieures car ayant vocation à l'universel.

La paix, la liberté, la démocratie, la justice sociale, le respect de la vie et de la personne humaine, le respect des différences, la solidarité entre les peuples, constituent ces principales valeurs. C'est toujours en leur nom que les Français agissent quotidiennement.

Je retiendrai quelques exemples.

La France, vous le savez, est un pays d'accueil et de fraternité pour les réfugiés politiques. Nous ne cessons d'intervenir en faveur de la démocratie. Nous sommes présents dans plusieurs régions du monde pour aider au retour de la paix et pour protéger des vies humaines. Enfin, avec d'autres pays, nous somme engagés dans une action considérable de coopération et de solidarité avec les pays en développement.

Notre attachement à ces valeurs, les actions que nous conduisons en leur nom, ne suscitent pas que des approbations. Nous avons, vous le savez, à subir la violence de ceux qui veulent imposer le règne de la force et de l'intolérance. Des Français sont tombés sous les coups de ceux qui combattent les valeurs qui sont les nôtres.

Ces valeurs, que beaucoup d'autres peuples partagent avec nous et qui nous semblent donc avoir une portée universelle, méritent d'être défendues et illustrées. Et les drames que nous avons parfois à connaître témoignent de la réalité et de la profondeur de notre attachement à ces conceptions.

Dans ces conditions, quel serait le sens de notre action, si nous renoncions à transmettre ces valeurs aux jeunes générations ? Quelle serait l'utilité de nos engagements, si les jeunes ne se retrouvaient pas en eux ?

C'est pourquoi je soutiens que nous ne devons pas "hésiter dans la transmission de ces valeurs".

Je ne sais si, pour autant, nous sommes en voie d'inventer "un nouvel humanisme". Sans doute, les jeunes générations recherchent et inventeront d'autres valeurs, d'autres références qui enrichiront notre vie collective. Ce n'est pas pour autant que celles qui nous animent doivent être rejetées ou abandonnées.

Je suis, pour ma part, convaincu que si nous présentons clairement ces objectifs, ils recueilleront l'adhésion des jeunes. Ce sont d'ailleurs souvent de jeunes Français qui conduisent les actions que nous menons pour la paix et pour la coopération internationale.

Je reste convaincu que les jeunes - Ils l'ont déjà prouvé - sont capables de se rassembler sur de tels projets.

En définitive, en, dépit de toutes les incertitudes, de toutes les menaces et de toutes les angoisses de notre temps, une des fonctions les plus importantes de l'enseignement de l'histoire est bien, aujourd'hui, de proposer aux jeunes des références, de leur permettre de comprendre la dimension universelle des valeurs sur lesquelles repose la cohésion de nos sociétés.


De ces quelques réflexions il découle que nous ne devons pas nous laisser envahir par le doute. La connaissance de l'histoire nous est plus que jamais nécessaire. Ce que nous y recherchons nous conduit à une nouvelle conception de l'enseignement de l'histoire.

L'histoire que nous transmettons aux jeunes ne peut plus être seulement celle d'une nation, d'un Etat construit à travers une longue marche vers le progrès. Ce dont nous avons besoin c'est d'une histoire qui donne aux individus les moyens de leur autonomie et développe leur liberté de jugement.

En fait, l'ampleur et la diversité des fonctions que nous entendons assigner à cet enseignement donnent à l'histoire de nouvelles dimensions.

La tâche est telle qu'il ne faudrait pas tout attendre de l'histoire. Cette discipline ne peut, à elle seule, nous apporter toutes les réponses escomptées. Vos travaux mettent en évidence les liens, de plus en plus étroits, qui s'établissent entre l'histoire et les autres disciplines, en particulier avec les autres sciences sociales.

Comme pour la recherche, il me parait important en matière d'éducation de conserver à l'histoire et à la géographie leur spécificité.

L'histoire doit retrouver une place éminente dans l'éducation. Elle doit intervenir avant les autres disciplines liées aux sciences sociales.

C'est elle qui, pour les jeunes, doit ouvrir à la recherche et à la réflexion sur les origines et le devenir de l'homme.

C'est elle qui doit apporter aux jeunes le cadre chronologique, le fil conducteur absolument indispensable pour leur permettre de progresser dans la compréhension du passé.

Cet apport de la chronologie est irremplaçable. Il doit intervenir dès l'école élémentaire. C'est pourquoi, sans négliger les acquis de la recherche pédagogique la plus récente, les méthodes traditionnelles fondées sur la mémorisation et l'acquisition de connaissances ne doivent pas être abandonnées.

En définitive, les orientations qui ressortent de vos travaux montrent que l'histoire et la géographie ne peuvent pas être de simples disciplines d'éveil. Elles doivent être des disciplines de base, des disciplines fondamentales dans tous les ordres d'enseignement.

Ces quelques réflexions sur les finalités et la conception que nous devons avoir de l'enseignement de l'histoire suffisent à mettre en lumière, Mesdames et Messieurs les historiens, l'ampleur de vos responsabilités dans notre système d'éducation et aussi la difficulté de votre tâche.

A coup sûr, votre tâche est plus complexe et plus difficile que celle qui incombait à vos prédécesseurs.

Ce qui vous est demandé aujourd'hui, ce que la collectivité attend de vous, ce n'est pas d'être les historiographes de notre temps. C'est d'être les promoteurs d'une nouvelle conception de l'histoire. Une conception adaptée à notre temps.

Cette mission est considérable. Vous en êtes conscients. Elle vous impose déjà, et vous imposera dans les années à venir, de grands efforts.

Pour faire face à ces nouvelles tâches, il est évident que devra être améliorée et intensifiée la formation des enseignants, qu'il s'agisse de la formation initiale ou de la formation continue.

Dans ce domaine, les universitaires ont une responsabilité certaine. C'est eux, grâce aux acquis de la recherche, qui peuvent apporter à tous les enseignants les outils dont ils ont besoin.

Il faut que, dans tous les ordres d'enseignement, les maîtres puissent disposer d'une culture qui couvre tous les domaines de l'histoire : l'histoire politique, l'histoire économique et sociale, l'histoire des arts, des sciences et des techniques et enfin l'histoire des idées.

Cet effort est déterminant. C'est lui qui conditionne la réussite de notre entreprise. Vos travaux le montrent clairement.

Mesdames et Messieurs les historiens, notre futur système d'éducation, la formation des jeunes, leur capacité à maîtriser le changement et à construire l'avenir reposent pour une large part sur les enseignants. Dans cette entreprise collective, vous avez à jouer l'un des premiers rôles.


Je vous souhaite bon courage.

Rechercher