Communiqué conjoint du ministère des relations extérieures et du ministère de l'économie des finances et du budget en date du 1er fevrier 1985 sur la création du Fonds spécial pour l'Afrique. | vie-publique.fr | Discours publics

[ Publicité ]

Communiqué conjoint du ministère des relations extérieures et du ministère de l'économie des finances et du budget en date du 1er fevrier 1985 sur la création du Fonds spécial pour l'Afrique.

Circonstances : Réunion internationale pour la création d'un Fonds spécial pour l'Afrique à Paris le 31 janvier et le 1er février 1985

ti : Fonds spécial pour l'Afrique : communiqué conjoint du ministère de l'économie des finances et du budget et du ministère des relations extérieures le 1er février 1985.
- La création d'un fonds spécial pour l'Afrique a été décidée au cours de la réunion des pays donateurs tenue à Paris les 31 janvier et 1er février 1985. Ainsi est mise en oeuvre la principale recommandation du rapport de la Banque mondiale concernant l'Afrique au sud du Sahara présenté lors de la dernière assemblée annuelle.
- La France a pris une part très importante dans la recherche de l'accord qui vient d'intervenir. C'est en effet à l'initiative du Président de la République, monsieur François Mitterrand, en mai 1983 que les premières discussions ont été engagées. Devant l'assemblée générale du FIDA puis lors du sommet franco-africain de Bujumbura, le Président de la République avait confirmé la volonté de la France de voir aboutir au plus vite ce projet afin de venir en aide aux pays africains.
- Au dernier comité du développement à Washington messieurs Pierre Bérégovoy et Christian Nucci avaient précisé le contenu de la contribution française.
- L'objectif d'un milliard de dollars sur 3 ans (1985-1987) fixé pour ce fonds est dès maintenant pratiquement atteint. Des contributions directes de près de 700 millions de dollars ont en effet été apportées dès la réunion de Paris. La France et l'Italie y seront à égalité les deux premiers contributeurs. D'autres pays (notamment le Canada et l'Arabie saoudite), ayant pris une décision de principe favorable, compléteront cette base dans les prochains jours. Enfin, plusieurs pays qui n'étaient pas en mesure, au moins pour le moment, de verser des contributions directes, ont décidé de participer à cette opération par la voie de cofinancements associant une part de leur aide bilatérale aux programmes financéspar le Fonds. Ces concours bilatéraux atteindront ainsi plusieurs centaines de millions de dollars en 3 ans.
- Ce fonds vise, parallèlement aux aides d'urgence mises en place pour lutter contre la famine, à répondre aux graves problèmes de financement que connait l'Afrique au Sud du Sahara et à consolider les bases d'un développement équilibré et autonome. Il complétera les actions menées par ailleurs par la Banque Mondiale et dans les différentes institutions intervenant en Afrique. Il sera géré par la Banque Mondiale - qui apportera au Fonds 150 millions de dollars - en consultation permanente avec un comité représentant les pays donateurs.
- Le Fonds centrera son action sur le soutien à des programmes de réorientation en profondeur des économies africaines décidées et mises en oeuvre par les pays concernés. Il financera en particulier :
- des importations indispensables pour l'agriculture et les industries de base.
- La réhabilitation des infrastructures de transport et de communication.
- La restructuration d'entreprises publiques.
- Le fonctionnement courant d'installations productives dans le cadre de programmes sectoriels.
- Des programmes de lutte contre la désertification.
- Pierre Bérégovoy, Roland Dumas et Christian Nucci tiennent à souligner que la création du Fonds spécial pour l'Afrique marque une nouvelle étape dans la mobilisation de la solidarité internationale pour l'Afrique. Ainsi se trouve exprimée la confiance attachée par un grand nombre de pays à l'approche multilatérale.

Rechercher