Communiqué du ministère des relations extérieures, en date du 12 mars 1986, sur l'action en faveur de la langue française à l'étranger. | vie-publique.fr | Discours publics

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Communiqué du ministère des relations extérieures, en date du 12 mars 1986, sur l'action en faveur de la langue française à l'étranger.

ti : Défense et promotion de la langue française
- Dans les pays d'Afrique où le français est langue d'enseignement, son sort est intimement lié à la qualité du système scolaire et universitaire.
- Devant le péril grave de détérioration de ce dernier, notre politique de coopération s'est donné pour objectif son appui dans toutes les disciplines notamment par une redéfinition des programmes officiels et des méthodes en usage, ainsi qu'une aide systématique à la formation initiale et continue des enseignants nationaux. Dans le cadre de cette action de caractère général, priorité est donné à l'enseignement primaire dont la qualité conditionne à l'évidence le reste du système éducatif.
- En Europe, où le français ne jouit plus comme avant la deuxième guerre mondiale d'une position dominante, notre action préconise une diversification dans l'apprentissage des langues à l'intérieur des systèmes éducatifs de nos partenaires. En effet, après l'anglais dans les pays de l'ouest et le russe dans les pays de l'est, le français peut toujours attirer nombre d'élèves, d'étudiants et de techniciens désireux de posséder un outil de communication universelle. Dans cette perspective, des crédits importants sont consacrés à l'entretien auprès de chaque Etat d'un réseau dense de lecteurs, d'attachés linguistiques et de professeurs entièrement au service des responsables de l'enseignement de la langue française, à tous les niveaux. Par ailleurs, nos bureaux d'action linguistique et les services culturels de nos ambassades peuvent partout fournir aux étudiants qui se destinent au professorat de français ainsi qu'aux jeunes enseignants en activité toutes informations utiles à la poursuite de leur mission et plus spécialement celles relatives aux divers stages de formation pédagogique organisés localement ou en France. Des actions ponctuelles concourent également à la promotion de la langue française : aide au programme d'enseignement précoce du français dans les écoles primaires en Allemagne, échanges de professeurs avec la Grande-Bretagne et les Pays-Bas visant à introduire le français dans l'enseignement technique et professionnel là où il n'existe pas.
A l'égard des différentes régions d'expression française, s'il s'avère que l'usage traditionnel de notre langue se réduit ou se détériore, l'action menée conjointement avec l'Etat concerné se concentre alors sur le perfectionnement des maîtres de l'enseignement primaire. C'est notamment le cas avec l'Italie pour le Val d'Aoste où nous collaborons à leur formation et à l'élaboration de nouvelles méthodes. Ces maîtres qui sont les défenseurs naturels du français dans ces régions, bénéficient de facilités pour venir en France se perfectionner auprès d'organismes pédagogiques spécialisés. C'est aussi le cas en Belgique où notre concours est systématiquement accordé aux programmes d'échanges et de perfectionnement de professeurs conformément à l'accord culturel qui nous lie à ce pays.
- En ce qui concerne les pays d'Amérique du Nord, notre action vise tout particulièrement à apporter notre appui aux populations francophones dans le cadre d'accords spécifiques. C'est ainsi qu'au Québec, conformément aux décisions prises lors des commissions mixtes annuelles, sont organisés, à un rythme relativement intense, des échanges de professeurs et de spécialistes. En Louisiane, sur la base d'un accord qui nous lie au CODOFIL (Comité pour le développement de la langue française en Louisiane) un certain nombre d'instituteurs est mis en place dans les écoles de l'Etat en même temps qu'une animation pédagogique y est assurée.
- Enfin, et d'une manière générale, les besoins spécifiques du développement nous incitent à renforcer notre action dans les domaines des sciences et des techniques. C'est principalement le cas au Maghreb et dans les pays de l'Asie du Sud Est. Cette coopération s'attache essentiellement à la formation de chercheurs de haut niveau et à la multiplication des échanges notamment dans les domaines de la biotechnologie, de l'électronique, de l'informatique et de la gestion des entreprises.

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