Déclaration commune des ministres des affaires étrangères de la CEE, en date du 16 septembre 1986, sur l'Afrique du Sud, la Pologne et le Chili. | vie-publique.fr | Discours publics

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Déclaration commune des ministres des affaires étrangères de la CEE, en date du 16 septembre 1986, sur l'Afrique du Sud, la Pologne et le Chili.

Circonstances : Réunion ministérielle de coopération politique à Bruxelles les 15 et 16 septembre 1986

ti : Déclaration des douze sur l'Afrique du Sud.
- 1) Les ministres des affaires étrangères des Douze ont passé en revue leur politique à l'égard de l'Afrique du Sud à la lumière des décisions adoptées les 26 et 27 juin 1986, au Conseil européen de La Haye. Ils ont entendu un compte rendu de Sir Geoffrey Howe sur la mission qu'il avait entreprise dans la région à la demande des chefs d'Etat et de Gouvernement.
- 2) Les ministres ont exprimé leur profonde inquiétude sur le fait que la situation en Afrique du Sud semblait être entrée dans une nouvelle phase de tension accrue en vertu de l'état d'urgence. Ils ont fait part de leur anxiété très répandue au sein des Etats membres quant aux conditions dans lesquelles certains détenus seraient emprisonnés. Ils ont de nouveau condamné la pratique de la détention sans jugement. Ils ont demandé la remise en liberté de toute personne ainsi détenue en vertu de l'état d'urgence, et que ce dernier soit levé.
- 3) Les ministres ont souligné l'importance qu'ils attachent au renforcement et à la coordination plus efficace des mesures positives entreprises pour aider les victimes de l'apartheid tant par les Etats membres que par la Communauté. Ils ont noté qu'une provision augmentée pour le programme communautaire, donnant une importance particulière à l'enseignement, figure au projet du budget communautaire pour 1987 envoyé au Parlement européen par le Conseil le 10 septembre.
- 4) Les ministres ont réaffirmé la nécessité d'entamer un dialogue national authentique, par delà les lignes de couleur, de politique et de religion. Ils ont déploré le fait que le gouvernement sud-africain ne fut pas encore disposé à prendre les mesures nécessaires pour rendre cela possible. Deux mesures, notamment, furent identifiées à La Haye.
- La remise en liberté sans condition de Nelson Mandela et d'autres prisonniers politiques.
- La levée de l'interdiction du congrès national africain, du congrès panafricain d'Azanie et d'autres partis politiques.
- 5) Etant donné le manque de réponse du gouvernement sud-africain et suite à leurs consultations avec d'autres pays industrialisés, les ministres ont décidé que les Douze devraient à présent adopter un ensemble de mesures restrictives selon les lignes envisagées à La Haye. Ceci comprend l'interdiction des nouveaux investissements et des importations de fer, d'acier et de pièces d'or en provenance d'Afrique du Sud. En ce qui concerne la mise en oeuvre, ils ont décidé de suspendre l'importation de fer et d'acier dans le cadre du Conseil de la CECA à partir du 27 septembre prochain. Les ministres ont également pris la décision d'interdire l'importation des monnaies d'or originaire d'Afrique du Sud et tous les nouveaux investissements dans ce pays sans préjudice des modalités d'application de ces mesures qui feront l'objet d'un nouvel examen par le comité des représentants permanents et le comité politique.
- 6) La plupart des partenaires étaient prêts à mettre en oeuvre une interdiction sur l'importation de charbon en provenance d'Afrique du Sud si un consensus devait se réaliser sur cette question. La présidence continuera à chercher un consensus. A ce sujet sur la base de la déclaration adoptée à La Haye par le Conseil européen.
Déclaration des Douze sur la Pologne.
- Les Douze se félicitent de la décision du gouvernement polonais, annoncée le 11 septembre, en ce qui concerne la remise en liberté de prisonniers politiques. Rappelant la déclaration qu'ils avaient faite à l'occasion de l'amnistie annoncée en juillet 1984, ils expriment l'espoir que la mesure prise par le gouvernement polonais à cette occasion constituera effectivement un pas important sur la voie de la réconciliation nationale et qu'elle sera suivie d'autres mesures destinées à promouvoir le dialogue et la réforme démocratique.
- Déclaration des Douze sur le Chili.
- Les Douze sont profondément préoccupés par la remise en vigueur de l'état de siège et par les mesures de répression qui ont suivi la tentative d'assassinat sur la personne du général Pinochet. Ils déplorent tous actes de violence d'où qu'ils viennent. Les Douze expriment la plus profonde préoccupation face à la perte de vie humaines qui s'est produite et demandent la levée immédiate de l'état de siège.
- Les Douze appellent le gouvernement chilien à reprendre au plus vite et à accélérer le processus de retour à la démocratie sans lequel une solution durable des problèmes du Chili n'est pas possible. Ils demandent la libération immédiate des chefs de l'opposition, des syndicalistes, des journalistes emprisonnés et des autres personnes détenues sommairement et l'arrêt des activités des groupes armés au Chili. Ils demandent qu'il soit mis fin aux restrictions imposées aux médias. Ils réitèrent leur souhait qu'un dialogue puisse rapidement être entamé entre le gouvernement et l'opposition démocratique.
- Les Douze protestent de la manière la plus énergique contre l'incident déplorable survenu à Santiago le 8 septembre impliquant le chargé d'Affaires des Pays-Bas. Cet incident constitue une violation grave de la convention de Vienne sur les relations diplomatiques et les Douze demandent la libération immédiate des étudiants arrêtés à cette occasion.

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