Communiqué commun des ministres des affaires étrangères et de la défense des sept pays membres de l'UEO, en date du 28 avril 1987, sur la sécurité européenne et les négociations pour le désarmement. | vie-publique.fr | Discours publics

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Communiqué commun des ministres des affaires étrangères et de la défense des sept pays membres de l'UEO, en date du 28 avril 1987, sur la sécurité européenne et les négociations pour le désarmement.

Circonstances : Session ministérielle de l'UEO à Luxembourg les 27 et 28 avril 1987

ti : 1) Les ministres des affaires étrangères et de la défense de l'UEO se sont réunis à Luxembourg le 28 avril 1987. Leurs discussions ont été le prolongement du processus de réflexion commune sur les questions de sécurité entrepris en 1984. Ils ont rappelé l'importance de la Déclaration de Rome et des communiqués de Bonn en 1985 et de Venise en 1986.
- 2) Les ministres ont souligné l'importance du role que peut jouer l'UEO dans le développement d'une Union européenne, dont une étape importante a été la signature de l'Acte Unique européen. Ils ont fait valoir l'importance de la poursuite du renforcement de la composante européenne de l'Alliance atlantique. Celle-ci a besoin d'une Europe forte et unie, dont les pays analysent et définissent plus clairement en commun leurs intérêts en matière de sécurité. A cette fin, ils se proposent d'accroître le role de l'UEO en tant qu'instance compétente en la matière. Une telle évolution sera également conforme aux intérêts de tous les alliés. La défense de l'Amérique du Nord passe par la défense d'une Europe libre.
- 3) Les ministres ont rappelé que leur objectif primordial demeure de renforcer la paix dans la liberté et de prévenir toute forme de conflit ou d'intimidation par des moyens militaires. Ils ont réaffirmé que la doctrine occidentale de prévention d'un conflit gardait, pour un avenir prévisible, toute sa valeur avec une combinaison appropriée de forces nucléaires et conventionnelles qui offrent un moyen crédible de dissuader toute forme d'agression. Ils ont souligné la nécessité de maintenir l'efficacité de cette stratégie par le couplage entre la sécurité de l'Europe et celle de l'Amérique du Nord. Rappelant le caractère indivisible de la sécurité dans la zone du Traité de l'Atlantique Nord, les ministres ont a nouveau fait valoir le caractère indispensable de l'engagement des Etats-Unis et du Canada en faveur de la défense de l'Europe. La présence de leurs forces nucléaires et celle de leurs troupes sur le continent européen restent indispensables pour assurer la sécurité de l'Alliance dans son ensemble.
4) Les ministres ont rappelé dans ce contexte l'importance de la contribution des sept pays membres de l'UEO aux capacités de défense de l'Alliance. Ils ont souligné qu'une capacité conventionnelle forte est une condition fondamentale de la défense efficace du territoire ouest-européen.
- Ils ont rappelé que cinq des Etats membres fournissent des systèmes de lancement et des infrastructures pour l'armement nucléaire placés sous controle américain. Ils ont salué la contribution des forces nucléaires indépendantes françaises et britanniques à la dissuasion occidentale dans le mesure où elles accroissent l'incertitude pour l'agresseur potentiel.
- 5) Les orientations rappelées ci-dessus demeurent pleinement valables dans le contexte de l'évolution actuelle des relations Est-Ouest.
- Tous les aspects du dialogue Est-Ouest affectent les intérêts de sécurité de l'Europe. Les ministres de l'UEO ont rappelé leur volonté de voir l'Europe occidentale continuer à participer activement au développement de ce dialogue et assumer pleinement ses responsabilités.
- Tout en marquant leur attachement au maintien d'une forte capacité de défense, les gouvernements membres de l'UEO continueront de faire les efforts nécessaires en vue de développer la coopération et le dialogue avec les pays de l'Europe de l'Est.
- 6) Les ministres ont manifesté leur ferme intention de mettre pleinement à profit la réunion sur les suites de la CSCE qui se tient à Vienne pour effectuer des progrès dans tous les domaines. Dans ce contexte, ils ont réaffirmé leur engagement à l'égard de toutes les dispositions de l'Acte Final d'Helsinki et du document de clôture de Madrid. L'application équilibrée de celles-ci est la condition même d'une évolution plus constructive des relations Est-Ouest sur tous les plans - politique et militaire autant qu'économique et technologique, ainsi que dans le domaine des Droits de l'homme et des relations humaines. Chaque progrès vers la libre circulation des personnes et des idées permet d'avancer vers le dépassement de la division qui continue d'affecter l'Europe, en contribuant à établir un cadre stable pour la paix et la sécurité en Europe.
- 7) Les efforts en faveur du contrôle des armements et du désarmement ayant pour objectif des accords réellement vérifiables menant à un équilibre des forces stable à des niveaux réduits font partie intégrante de la politique de sécurité occidentale. Le succès des négociations Est-Ouest en cours continue de dépendre de la solidarité entre l'Europe et les Etats-Unis.
- Les ministres ont noté avec satisfaction que les conditions et les perspectives du dialogue entre l'Est et l'Ouest concernant le contrôle des armements se sont améliorées. Cette amélioration s'est traduite récemment par l'intensification des négociations à Genève entre les Etats-Unis et l'Union soviétique, marquée par la visite du secrétaire d'Etat Shultz à Moscou. Les ministres ont exprimé l'espoir que les perspectives de progrès se confirmeront et se concrétiseront en accords qui finiront par réduire la menace jusqu'ici constante que représente les capacités militaires soviétiques.
8) Les ministres ont tenu à rappeler que la proposition fondamentale dans le domaine des missiles nucléaires à portée intermédiaire basés à terre a été officiellement présentée par les Etats-Unis dès 1981. Si la conclusion d'un tel accord s'avère possible, elle sera le résultat de la démarche constructive et de la ténacité des pays occidentaux concernés. Ils ont souligné que tout accord sur le contrôle des armements devrait répondre aux besoins fondamentaux de sécurité de l'Occident.
- Les ministres ont examiné avec intérêt la possibilité, de plus en plus réelle, d'un accord effectivement vérifiable visant à l'élimination complète des forces nucléaires intermédiaires à longue portée américaines et soviétiques basées à terre. Ils ont appuient pleinement les efforts déployés par les Etats-Unis pour y parvenir.
- Les ministres ont rappelé leur grave préoccupation devant la supériorité soviétique existante en matière de missiles nucléaires intermédiaires à plus courte portée et la nécessité de ne pas la négliger dans tout accord sur les forces nucléaires intermédiaires. Dans ce contexte, ils ont noté qu'en réponse à des propositions antérieures déposées par les Etats-Unis, l'Union soviétique a récemment fait des déclarations quant à ces missiles, dont le contenu devra être soigneusement examiné dès qu'il sera précisé par écrit dans le but de renforcer la stabilité en Europe. Ils se sont félicités des consultations menées actuellement au sein de l'Alliance.
- 9) Les ministres, soulignant la grande importance qu'ils attachent à ce que des progrès soient également accomplis dans le domaine des armements stratégiques, ont réaffirmé leur soutien à la proposition des Etats-Unis, qu'ils estiment prioritaire, de réduire de moitié les forces offensives stratégiques soviétiques et américaines. En ce qui concerne les négociations sur l'espace et les systèmes défensifs, aucun effort ne doit être épargné à Genève pour parvenir à un accord sur la relation entre les armes stratégiques offensives et les systèmes défensifs des Etats-Unis et de l'Union soviétique, avec pour objectif le renforcement de la stabilité stratégique.
10) Les ministres ont rappelé que des réductions des armes nucléaires rendraient plus importantes la suppression de la supériorité conventionnelle du Pacte de Varsovie et l'élimination des armes chimiques, étant donné la nécessité d'assurer un équilibre stable en toutes circonstances.
- Ils ont souligné la nécessité de se concentrer sur les problèmes découlant de l'asymétrie géostratégique et des capacités dont dispose le Pacte de Varsovie pour lancer une attaque-surprise ou une action offensive de grande envergure.
- 11) Les ministres ont souligné leur détermination d'intensifier leurs efforts pour renforcer la stabilité et la sécurité dans toute l'Europe au moyen d'une plus grande transparence et pour obtenir un équilibre global et stable des forces conventionnelles qui se situe à des niveaux moins élevés et qui soit vérifiable. Ils ont rappelé la Déclaration de Bruxelles du 11 décembre 1986. Ils ont exprimé leur espoir que les discussions informelles entamées à Vienne dans une atmosphère constructive aboutissent dans des délais raisonnables à un accord permettant l'ouverture de nouvelles négociations sur le contrôle des armements conventionnels en Europe, visant à éliminer les déséquilibres existants.
- Ils ont en même temps rappelé leur détermination de tout faire pour que la Conférence sur les mesures de confiance et de sécurité en Europe continue ses travaux.
- Seul un équilibre des forces stable entre l'Est et l'Ouest à chaque étape du processus de contrôle des armements peut garantir la sécurité en Europe occidentale.
- 12) Les ministres ont en outre insisté sur leur volonté de conclure un accord global réellement vérifiable visant à l'élimination totale des armes chimiques.
- 13) Les ministres se sont déclarés résolus à poursuivre leurs efforts pour maintenir en Europe la base technologique et industrielle nécessaire pour assurer le développement d'une industrie d'armement européenne forte et compétitive qui constitue un aspect important de la contribution de l'Europe à la défense. A cet égard, ils ont réaffirmé l'importance qu'ils attachent à une collaboration plus intense et plus systèmatique dans le domaine des armements conventionnels.
14) Les ministres ont pris note d'un rapport intérimaire sur les intérêts européens en matière de sécurité dans le contexte stratégique actuel. Ce rapport a été préparé en exécution du mandat donné par le Conseil ministériel lors de sa session informelle qui s'est déroulée à Luxembourg les 13 et 14 novembre 1986.
- Ils ont donné mandat au Conseil permanent de mettre au point ce rapport et d'élaborer sur cette base une plateforme commune qui identifie les principes de la sécurité européenne en vue de son examen et de son adoption et publication éventuelle lors de la prochaine session ministérielle de La Haye.
- 15) Les ministres ont pris note du rapport préparé par le Groupe de travail spécial où sont analysées les implications politico-stratégiques des programmes de recherche en cours sur les systèmes stratégiques défensifs. Ils ont chargé le groupe de travail spécial de poursuivre l'examen des implications de la défense antimissiles balistiques dans le cadre de sa réflexion sur l'ensemble des problèmes affectant les intérêts de sécurité en Europe occidentale.
- 16) En ce qui concerne les problèmes de sécurité en Méditerranée, les ministres ont pris note du projet de plan d'étude préparé conjointement par la France et l'Italie qui, conformément à leur décision de novembre 1986, devrait servir de base aux réflexions d'un groupe d'experts sous l'autorité du COnseil.
- 17) Les ministres ont noté avec satisfaction que la relance de l'Organisation, qui permet d'assurer une association étroite des ministères des affaires étrangères et de la défense est entrée dans les faits. Ils ont entendu un rapport de la présidence sur la réorganisation des structures intergouvernementales de l'UEO.
- Ils ont rappelé que les dispositions restant à prendre devraient être précisées pour le 31 décembre 1987, en envisageant également un regroupement éventuel des organes ministériels dans une seule capitale. Ils ont instruit en conséquence le Conseil permanent pour que des propositions définitives puissent leur être présentées lors de la session d'automne

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