Allocution de M. François Mitterrand, Président de la République, au Conseil général de Vendée à Mouilleron-en-Pareds, mercredi 11 novembre 1987. | vie-publique.fr | Discours publics

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Allocution de M. François Mitterrand, Président de la République, au Conseil général de Vendée à Mouilleron-en-Pareds, mercredi 11 novembre 1987.

Personnalité, fonction : MITTERRAND François.

FRANCE. Président de la République

Circonstances : Déplacement officiel en Vendée pour un hommage à Georges Clemenceau et Jean de Lattre de Tassigny le 11 novembre 1987

ti : Mesdames et messieurs,
- Il n'était pas prévu d'allocution. Celle-ci, que je commence, n'était pas fixée par le protocole et l'organisation de cet après-midi.
- Je suis venu pour entendre M. le Président du Conseil général et M. le maire de Mouilleron-en-Pareds. Je vais cependant prendre congé de vous, en vous remerciant pour votre accueil, en vous disant l'intérêt qu'a présenté pour moi cette visite en Vendée. Tandis que j'écoutais s'exprimer divers orateurs, j'évoquais Clémenceau, sa naissance dans cette maison devant laquelle je suis passé avec vous tout à l'heure, né en Vendée, qui repose dans la terre de Vendée et j'ai pu ainsi me recueillir sur sa tombe et celle de son père. Entre temps, après avoir quitté le tumulte de la vie publique, il a vécu souvent à Saint-Vincent-sur-Jard, dans cette maison que j'ai plusieurs fois visitée, si belle dans sa simplicité, devant l'Océan. Tout ainsi marque bien que le patriote, le père la victoire, le Français type, Georges Clémenceau, était resté, était d'abord un Vendéen.
- J'avais la même pensée en me remémorant diverses phases de la vie du maréchal de Lattre de Tassigny. Je visitais ce cimetière à l'instant, et je voyais la tradition de diverses familles qui s'étaient succédées à la mairie, - quatre générations - jusqu'à Mme de Lattre de Tassigny.
- Ici, dans cette commune, nous avons retrouvé à travers ces souvenirs, - on l'a déjà - deux traditions particulièrement typées, non seulement de la France mais aussi de la Vendée. Ces hommes qui furent les pères, inspirèrent les fils, avec un grand respect, une grande vénération, cherchant la leçon traditionnelle reçue dans la famille. Pensez au père du maréchal de Lattre, comment dirais-je, vieux légitimiste, au père de Georges Clemenceau, vieux et pur républicain. Je disais tout à l'heure, sur la place, devant le monument aux morts, c'est cela la France. Il faut la faire avec ce qu'elle est et avec ce qu'elle a. Il est une tradition à laquelle je me reporte moi-même avec plus de dilection. Chacun doit s'inspirer de ses propres leçons, de ce à quoi il soit et même de ce qu'il peux devoir être la société française, mais c'est tout cela la France.
- Je veux vous remercier monsieur le maire et monsieur le président du Conseil général, remercier aussi la Vendée. En aimant la Vendée, on a appris à aimer la France. C'est en aimant la France que l'on a peut-être réappris à aimer la Vendée. J'ai simplement dit ce mot tout à l'heure. J'ai vécu dans une province voisine qui ressemble un peu à celle-ci, même ciel, la même -nature de sol ou à peu près, qui a vécu les mêmes combats. Je suis sûr que vous partagez ce sentiment que j'exprime maintenant : en restant fidèle à son sol et au souvenir des générations qui nous ont précédés, qui nous ont fabriqués, on assurera la permanence de la France, ce qui n'interdit pas d'avoir les yeux tournés vers les générations futures au contraire. Ca c'est la France à faire. J'espère que l'on peut compter encore sur Mouilleron-en-Pareds, pour y contribuer.
- Merci, mesdames et messieurs. Nous venons de vivre un beau moment, 11 novembre 1987. Nous aurons vécu l'histoire autour de nos illustres et les plus jeunes d'entre nous, maintenant, c'est eux qui feront l'histoire. Bonne chance.

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