Communiqué de M. Michel Rocard, Premier ministre, sur l'accord sur la Nouvelle-Calédonie, dit "accord de Matignon", signé le 26 juin 1988, par les représentants du FLNKS et du RPCR. | vie-publique.fr | Discours publics

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Communiqué de M. Michel Rocard, Premier ministre, sur l'accord sur la Nouvelle-Calédonie, dit "accord de Matignon", signé le 26 juin 1988, par les représentants du FLNKS et du RPCR.

ti : Texte intégral du communiqué du Premier ministre sur l'accord qui est intervenu le 26 juin à propos de l'avenir de la Nouvelle-Calédonie.
- "Depuis six semaines, pour la Nouvelle-Calédonie, je n'ai pas eu d'autre préoccupation que de tenter de renouer les fils du dialogue que l'on pouvait croire rompus par des décennies d'incompréhension et d'épreuves, par trop de morts dans toutes les communautés.
- J'ai envoyé sur place une mission du dialogue : elle a permis aux uns et aux autres de reconnaître que le retour à la paix civile était la seule condition pour que les populations de Nouvelle-Calédonie puissent maîtriser leur avenir.
- Depuis quinze jours, au terme de longues heures de négociations, les délégations de Nouvelle-Calédonie, conduites par MM. Lafleur et Tjibaou, ont ensemble donné leur accord à ce que l'Etat reprenne, pendant les douze prochains mois, l'autorité administrative sur le territoire.
- L'impartialité de l'Etat doit être garantie, la sécurité et la protection de tous doit être assurée, des actions de développement économique et social et de formation des hommes seront mises en oeuvre, notamment pour les régions défavorisées.
- Les délégations se sont ensemble engagées à présenter ces discussions à leurs instances respectives et à requérir leur accord sur des propositions que je leur ai faites pour définir de nouvelles institutions permettant une évolution harmonieuse de la Nouvelle-Calédonie.
- A l'automne, je proposerai à M. Le Président de la République, qui a suivi avec attention l'ensemble de ces conversations, que le peuple français soit consulté par référendum sur ces institutions nouvelles, afin qu'il apporte sa garantie la plus haute.
- Dans dix ans, par un nouveau scrutin d'autodétermination, c'est à nos compatriotes de Nouvelle-Calédonie eux-mêmes qu'il appartiendra de choisir les voies et les moyens de leur destin.
- Je veux m'adresser à eux, si loin, et depuis quarante-cinq jours si présents à mon esprit et à mon coeur. Je veux leur dire : reprenez espoir, un page nouvelle va pouvoir s'inscrire, non par les armes, mais par le dialogue et la tolérance, par le travail et la volonté.
- Ceux qui, à Paris, ont parlé en votre nom, ont fait preuve de courage et de responsabilité.
- Sans rien abandonner, ils ont su donner et pardonner. Je veux vous aider à réussir votre destin par la réconciliation, la solidarité et la construction de l'avenir. Je suis sûr que les Français, tous les Français, nous y aideront".

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