Dialogue de M. François Mitterrand, Président de la République, avec des élèves d'une école de Belleville, Paris, Lundi 29 février 1988. | vie-publique.fr | Discours publics

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Dialogue de M. François Mitterrand, Président de la République, avec des élèves d'une école de Belleville, Paris, Lundi 29 février 1988.

Personnalité, fonction : MITTERRAND François.

FRANCE. Président de la République

Circonstances : Visite dans une école à Belleville le 29 février 1988

ti : LE PRESIDENT.- Naturellement, j'ai lu déjà un certain nombre de notes sur la marche de votre école et de votre classe ; je vois qu'il y a des enfants dont les parents sont venus de très nombreux pays, extérieurs à la France. Vous tous, vous avez commencé à bien parler français, à le lire, à l'écrire. Vous, de votre côté, vous qui leur enseignez, cela vous a demandé combien de temps, combien d'années cela ?
- L'ENSEIGNANTE.- Pour qu'ils sachent lire et écrire ?
- LE PRESIDENT.- Oui, en partant d'un point un peu plus éloigné que des enfants qui auraient été élevés dans un autre milieu.
- L'ENSEIGNANT.- On travaille justement beaucoup au niveau du théâtre ; on les amène à travailler beaucoup les articulations parce qu'il y a des enfants qui ont des difficultés de prononciation alors le théâtre les amène à articuler ; mais lorsque l'on travaille qu'avec des textes comme cela, que l'on prend dans des livres, c'est assez rébarbatif. Alors que de cette façon, cela leur permet de travailler tout en ayant l'impression de s'amuser.
- LE PRESIDENT.- J'avais vu le film à La Sorbonne qui a été fait par une classe formée par vous.
- L'ENSEIGNANT.- Cette année-là, on avait pris comme thème le superbe livre de ..., on avait essayé d'inventer une histoire où les enfants rentraient dans les livres avec un personnage.
- LE PRESIDENT.- Et cela a créé un mouvement collectif, un enthousiasme aussi au travers du théâtre, de la chanson, des jeux ? Cela vous intéresse de faire comme cela ?
- LES ENFANTS.- Oui.
- LE PRESIDENT.- Et alors vous faites aussi une autre chanson qui doit être éditée bientôt ? Qui veut m'en parler ?
- UN ENFANT.- Ce sont des enfant qui expliquent....
- L'ENSEIGNANT.- Par exemple, peux-tu me lire le premier paragraphe de la chanson qui est affiché là-bas.
- UN ENFANT.- (Lecture).
LE PRESIDENT.- Et toi, tes parents d'où viennent-ils ?
- UN ENFANT.- D'Alger.
- LE PRESIDENT.- De l'Algérie.
- Et toi ? Je m'adresse à ceux qui ont parlé et je vois que cela marche à travers la langue française. Le chant, et puis il y a aussi l'étude, alors est-ce que vous aimez travailler les choses qui sont un petit peu difficiles ou un peu ennuyeuses ? Les classes, cela vous intéresse ?
- LES ENFANTS.- Oui.
- LE PRESIDENT.- Vous avez envie de continuer longtemps ?
- LES ENFANTS.- Oui.
- LE PRESIDENT.- D'avoir des diplômes ; cela exigera beaucoup de travail, vous avez envie ? Que voulez-vous faire ? Vous avez des idées sur ce que vous voulez faire ? Toi tu as une idée ?
- UN ENFANT.- Moi, je serai archéologue.
- LE PRESIDENT.- Tu sera archéologue ? C'est un beau métier. Tu iras chercher dans la terre tous les souvenirs des temps anciens, des constructions qui ont disparu et que l'on retrouve comme cela. C'est un beau métier. Et toi qu'est-ce que tu as envie de faire ?
- UN ENFANT.- Pilote de chasse.
- LE PRESIDENT.- Il faut être aviateur pour cela. Il faut passer par pas mal d'études. Il faut atteindre un bon niveau. Mais tu en as l'ambition, tu en as le désir. Tu as envie de réussir cela. Et toi, que veux-tu faire ?
- UN ENFANT.- Médecin.
- LE PRESIDENT.- Et toi ?
- UN ENFANT.- Archéologue.
- LE PRESIDENT.- Toi aussi | Ah, mais c'est une table d'archéologues devant |
- Et toi ?
- UN ENFANT.- Styliste.
- UN AUTRE ENFANT.- Infirmière.
- LE PRESIDENT.- Et toi ?
- UN ENFANT.- Pompier.
- UN AUTRE ENFANT.- Dessinatrice.
- LE PRESIDENT.- Mais c'est intéressant d'entendre tout cela.
- Et toi ?
- UN ENFANT.- Docteur.
- LE PRESIDENT.- Et toi ?
- UN ENFANT.- Informaticien.
- LE PRESIDENT.- Et toi ?
- UN ENFANT.- Journaliste.
- LE PRESIDENT.- Et toi ?
- UN ENFANT.- Instituteur.
- LE PRESIDENT.- C'est le lieu pour dire cela. C'est bien. Il faut qu'il y en ait aussi qui continuent d'enseigner aux autres. Tu as raison, il faut apprendre aux autres. Et si possible, apprendre ce que tu as appris toi-même et même tout ce que l'on aura appris de plus dans le monde entre le moment où tu...
- Tu as quel âge ?
- UN ENFANT.- 10 ans.
- LE PRESIDENT.- Entre 10 ans et 30 ans, en 20 ans, il se passera beaucoup de choses ; la science, la littérature, la médecine, la biologie, l'aviation, cela va évoluer très rapidement d'ici 20 ans, d'ici que vous soyez grands mais également que vous ayez un métier que vous exerciez. Vous sentez, Mademoiselle, l'envie vraiment d'atteindre des métiers responsables ?
- L'ENSEIGNANTE.- Ils ont une envie de travailler, une énergie...
- LE PRESIDENT.- C'est intéressant quand on sait les difficultés qu'il y a ; nous sommes à Belleville, mais il y a beaucoup d'autres endroits comme cela dans les grandes villes où il est évidemment très délicat de rassembler des enfants dont la formation et la culture familiale est tout à fait différente. Mais je vois qu'on y arrive : cela devrait servir d'exemple, peut-être pour créer un entraînement un peu partout en France. Je pense qu'il y a beaucoup d'instituteurs qui désirent faire comme cela. Encore faut-il qu'ils se rendent bien compte que l'on peut réussir.
- L'ENSEIGNANT.- Dans cette classe, il y a seize nationalités différentes représentées.
- LE PRESIDENT.- Seize nationalités |.
L'ENSEIGNANT.- Et nous avons quand même des projets communs. Nous avons un projet par -rapport à un disque. Il y en a peut-être qui pourraient expliquer pourquoi on a fait ce disque ?
- UN ENFANT.- On a fait ce disque et on espère que cela va se vendre et si jamais cela se vend bien, eh bien on essaiera de donner l'argent de ce disque à plusieurs personnes qui n'ont pas la chance d'aller à l'école.
- LE PRESIDENT.- Tu veux pratiquer la solidarité.
- UN ENFANT.- Oui.
- LE PRESIDENT.- Tu as raison.
- Et toi, qu'est-ce que tu veux faire si vous réussissez ce disque, si cela se vend bien ?
- UN ENFANT.- Normalement, si le disque marche bien....
- L'ENSEIGNANT.- Les associations que nous avons choisies c'est ... Il y a ATD-Quart-Monde.
- LE PRESIDENT.- Là derrière, tu lèves la main.
- UN ENFANT.- S.O.S. Racisme.
- LE PRESIDENT.- Et toi ?
- LE PRESIDENT.- Les restaurants du coeur | C'est bien. Il y a justement pour l'instant une grande campagne pour les restaurants du coeur parce qu'ils n'ont pas tout à fait assez d'argent pour tenir tout l'hiver. Je suis allé l'autre jour à une pièce de théâtre donnée par Robert Hossein au bénéfice des restaurants du coeur. Il y a beaucoup à faire. Il y a beaucoup de choses à faire pour rendre service aux autres. Alors naturellement votre vie vous conduit à essayer de faire partager aux autres ce que vous avez.
LE PRESIDENT.- Enfin pour l'instant ce que vous avez, c'est surtout une bonne instruction. Il faut commencer par cela. Si vous ne savez pas bien vous débrouiller avec la langue française, si vous ne savez pas bien écrire, si vous ne savez pas bien vous exprimer, eh bien vous serez malheureusement un peu obligés de ne pas faire le métier que vous aviez envie de faire. Cette méthode éducative me paraît très heureuse.
- L'ENSEIGNANT.- Cette année, on a un projet où justement les enfants partent sur une île et ils apprennent le français avec un personnage qui s'appelle l'Amiral des mots et l'Amiral va les emmener en voyage à travers le monde et va justement leur expliquer que le Français est une langue qui a été faite avec des ...
- LE PRESIDENT.- Alors, où est cette île ?
- UN ENFANT.- Je l'imagine.
- LE PRESIDENT.- Je comprends : c'est une image. C'est un rêve aussi. Vous ne l'avez pas bien située sur la carte, sur l'atlas. Elle est dans le Pacifique ou dans l'Atlantique ? Elle est dans votre tête ?
- UN ENFANT.- (Lecture).
- LE PRESIDENT.- Ne sois pas trop intimidé |
- UN ENFANT.- (Lecture).
- LE PRESIDENT.- Alors, le troisième prend le relai ?
- UN ENFANT.- (Lecture).
- LE PRESIDENT.- Très bien.
- C'est déjà une belle moisson. C'était très intéressant. Voilà, il ne faut pas peut-être par trop s'attarder. Je vais vous empêcher de faire votre leçon de français.
- L'ENSEIGNANT.- (inaudible).
- LE PRESIDENT.- Dites-moi, cela vous intéresse de venir à l'école ?
- LES ENFANTS.- Oui.
- LE PRESIDENT.- Vous avez tous à peu près 10 ans ? Quel est le plus jeune ?
- UN ENFANT.- 8 ans.
- LE PRESIDENT.- Et quel est le plus âgé ?
- L'ENSEIGNANT.- 11 ans. Elle est arrivée du Mali il y a deux ans et ne parlait pas un mot de français.
- LE PRESIDENT.- Elle a bien travaillé.
- A cet âge-là, vous avez quand même le temps d'apprendre beaucoup de choses. Vous verrez que plus vous saurez de choses, plus vous aurez l'impression de ne pas en savoir parce qu'il y aura tout le reste à apprendre et en même temps, plus vous serez fiers de vous. Vous aurez envie de continuer. C'est passionnant.
UN ENFANT.- Si vous redevenez le Président de la France, qu'est-ce que vous allez faire ?
- LE PRESIDENT.- Alors là, c'est une question un peu prématurée. On entre dans un autre domaine. De toutes manières, quel que soit le Président de la France, il aura beaucoup de choses à faire parce qu'il y a dans le pays beaucoup de gens qui vivent difficilement. Tout à l'heure vous parliez du quart-monde, vous parliez des plus pauvres. Au fond, nous n'en avons pas parlé mais en arrière de notre pensée, il y a le problème des immigrés. Comment faire pour que les gens qui ont le plus de difficultés pour vivre soient aidés par les autres d'abord et ensuite qu'ils s'aident eux-mêmes pour avoir les mêmes chances. Le Président doit s'occuper de cela. Il doit veiller à ce qu'il y ait de plus en plus de libertés, d'égalité...
- UN ENFANT.- C'est la chose principale en étant Président de la République.
- LE PRESIDENT.- Ce sont des choses très importantes, mais il a d'autres choses à faire aussi parce que notre pays a besoin d'être défendu : le Président de la République est chargé de décider ce qui peut assurer la sécurité de la France.
- Alors, si on veut assurer la sécurité, il faut essayer d'avoir des amis dans le monde. Des amis, des alliés. Il faut essayer de ne pas avoir d'ennemis. Il faut donc discuter avec tout le monde. Ce n'est pas facile non plus, car il y a des intérêts qui se contredisent. Il y a des ambitions. C'est d'abord le Président de la République qui va s'occuper de cela. Depuis que l'on est en République ; il y a une République, qui a des institutions. Il y a des règles, des règles de vie en commun. Et, ces règles de vie en commun, il faut que quelqu'un puisse les garantir. Quelqu'un qui soit écouté. En somme, un Président de la République qui doit décider dans certains domaines, et puis, il doit arbitrer, concilier, arranger les gens quand on peut les arranger. Ce n'est pas toujours facile, mais tu me poses la question comme cela, et moi je te réponds le Président de la République, je n'ai pas dit moi. C'est le devoir du Président de la République, quel qu'il soit. Pendant sept ans, c'est ce que je me suis efforcé de faire. Et ne faisons pas de projet, autrement. Pas pour l'instant, pas aujourd'hui. Voilà, je crois que l'on va pouvoir.
LE PRESIDENT.- Qu'est-ce que tu veux me dire ?
- QUESTION.- Dehors, il y a des policiers ?
- LE PRESIDENT.- Des policiers ; je ne sais pas, je ne les ai pas vus. Mais, c'est possible. Dans tous les quartiers, les policiers sont là pour veiller à ce qu'il n'y ait pas trop de cambriolages en particulier, pour essayer d'assurer la sécurité des gens. C'est çà leur devoir.
- QUESTION.- Pour éviter les incendies...
- LE PRESIDENT.- Oui, aussi pour éviter les incendies, tu as raison. Il y en a eu beaucoup trop dans ces quartiers.
- QUESTION.- Si ce n'est pas vous le Président de la République, qui ce sera ?
- LE PRESIDENT.- Je ne peux pas te le dire. Et aucun de ceux qui le souhaitent ne pourrait te dire quoi que ce soit, à ce sujet. Tu poses la question qu'ils se posent eux-mêmes. Ils ne savent pas qui sera Président. C'est comme cela, dans certains milieux.
- QUESTION.- Vous voterez pour qui ?
- LE PRESIDENT.- Je voterai pour qui ? Je voterai pour celui qui me paraîtra le plus proche de mes idées. Je ne veux pas discuter politique à l'école, pour développer mes idées, je le ferai ailleurs qu'ici. Ici, on doit apprendre certainement, ce que c'est que la République, ce que c'est que la France, le minimum d'éducation civique. Et quand je dis un minimum, il faut que ce soit quand même très bien appris. Mais votre préoccupation de futur citoyen, vous aurez le temps de la préciser, à mesure que vous aurez vécu, vous aurez de l'expérience. Et puis, quand vous aurez l'âge - dans pas très longtemps - eh bien, vous voterez vous aussi. Et, à ce moment-là, si on se rencontre, je te dirais : pour qui est-ce que tu vas voter toi ? Tu ne le sais pas aujourd'hui, naturellement.
LE PRESIDENT.- Comment s'organise votre emploi du temps ? Vous avez récréation à dix heures ?
- QUESTION.- Là, on va vous chanter notre chanson.
- LE PRESIDENT.- C'est çà. Moi, je désirais venir, d'abord parce que je vous ai connus, où plutôt, j'ai connu la classe à travers un petit film très intéressant, montrant diverses activités éducatives, artistiques, qui prouvaient à mon avis que c'était une expérience très utile. Je suis venu parce que je vous connaissais, de loin naturellement.
- Deuxièmement, je suis venu parce que l'on m'a invité. Un jour, j'ai reçu une invitation des éducateurs, des institueurs qui m'ont dit : çà nous intéresserait si vous vouliez bien venir ; vous pourriez voir vous-mêmes comment, avec une classe où il y a un très grand nombre d'enfants qui viennent de familles immigrées, qui ne parlaient pas la même langue, qui n'ont pas été élevés dans les mêmes conditions, pas le même environnement culturel, quelquefois pas d'environnement culturel du tout, comment ils peuvent tous devenir des jeunes connaissant aussi bien les uns que les autres la langue française, apprenant ce que doit apprendre tout petit écolier de France. Non seulement avec les mêmes moyens que les autres, mais même, j'ai l'impression que vous avez un peu plus d'élan que les autres. C'est parce que vous avez plus de difficultés à vaincre. Il faut bien le comprendre, il faut former sa volonté. Il n'y a pas que l'intelligence qui compte, il y a la volonté. Tu veux être pilote de chasse ? Tu ne le seras pas si tu n'a pas la volonté de l'être. Il faut être volontaire pour réussir dans tes études. Tu veux être archéologue ? Tu ne le seras pas si tu n'a pas la volonté de savoir dans ce domaine-là. Mais tu auras la volonté. En plus, naturellement l'intelligence. On n'a pas besoin d'être "super intelligent", pour savoir beaucoup de choses, mais il faut vouloir travailler. Donc, vous ne réussirez que si vous avez la volonté de réussir.
- QUESTION.- ... je pourrais le faire.
- LE PRESIDENT.- Et bien voilà, le problème maintenant pour la société - et la société elle commence avec vous, elle commence avec vos instituteurs - c'est qu'elle doit vous donner le moyen d'apprendre, et de devenir capable de faire le métier qui vous intéresse. C'est ce que j'appelais tout à l'heure l'égalité des chances. La chance ensuite, c'est toi qui la fera, c'est çà la volonté.
LE PRESIDENT.- Qu'est-ce que tu veux me dire toi ? QUESTION.- Depuis que vous étiez petit, vous aviez l'intention de devenir Président de la République ?
- LE PRESIDENT.- Non, pas exactement. Tu sais, ce n'est pas le rêve, mais quand j'étais petit, moi j'avais aussi beaucoup de frères et soeurs, j'en avais sept. Et on n'était pas une famille riche; ni pauvre, ni riche. Donc, il fallait que je compte sur moi. Mais, j'avais des parents, et j'en avais même qui vraiment ont fait beaucoup pour nous, beaucoup. A partir de là, j'ai essayé d'appliquer pour moi, ce que je vous ai tout-à-l'heure recommandé. C'est-à-dire, de vouloir ce que l'on veut, tout en sachant beaucoup de choses. Donc, j'ai été assez travailleur. Voilà, c'est tout. Mais Président de la République, vous savez, quand j'avais dix ans, cela ne me disait pas grand chose. Je ne savais même pas qui était le Président de la République. Voyons, j'avais dix ans en 1926, c'était au moment de Millerand, Poincaré ; non, j'avais des choses qui m'intéressaient plus. Et voilà, c'est arrivé.
- QUESTION.- (inaudible).
- LE PRESIDENT.- Pas tout-à-fait, parce qu'à partir du moment ou j'ai été adulte, je m'en suis occupé.
- QUESTION.- On a voté aussi pour vous.
- LE PRESIDENT.- Il y a beaucoup de gens qui ont voté pour moi. Oui, c'est sûr. Une majorité, je ne me souviens plus du chiffre, ce doit être de l'ordre de 17, 18 millions de Français peut-être. Quelque chose comme cela. Voilà, mais vous étiez tout petits, à ce moment là, vous ne vous en souvenez pas. Il y a sept ans de cela. De toutes manières, ne vous préoccupez pas trop pour l'instant du Président de la République.
- Pour l'instant, c'est plutôt vos parents qui vont s'en occuper. Et puis, vos instituteurs, vos maîtres eux, ils ont une idée à longue échéance. Ils ne travaillent pas que pour sept ans, comme un Président de la République. Ils travaillent pour le jour où vous serez très grands. Pas simplement pendant le temps que vous serez des élèves de leurs classes, mais pour plus tard. Pour que vous soyez, comme on voudrait que vous soyez. C'est-à-dire des hommes et des femmes bien, qui se sentent bien en France, qui se sentent bien Français, qui ont envie de l'être. Car, un pays comme la France, c'est un pays que l'on peut aimer. Et si on l'aime, il faut le servir, il faut l'aider. Et si vous faites des métiers que vous avez envie de faire, vous serez drôlement utiles à la France. Très utiles. Ce sont de beaux métiers que vous voulez faire.
- Allez, je vais vous dire bonne chance. Travaillez bien. Et, on va encore écouter la chanson, et puis je vous quitterai.
- CHANSON.
- LE PRESIDENT.- Merci. Je ne reviendrai pas vous voir sans doute d'ici longtemps, mais je vous souhaite un bon travail, une bonne chance dans la vie. Je souhaite que vous vous entendiez bien entre vous, et que vous soyez heureux, autant que l'on peut l'être en tout cas, dans notre pays. Pour l'instant nous sommes en 1988, et je vous souhaite de bien réussir votre année, avec vos instituteurs qui s'occupent bien de vous. Au revoir.

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