Allocution de M. François Mitterrand, Président de la République, sur les inégalités sociales et la solidarité, le développement de la région du Mans et la nécessité d'étendre le réseau de communications en vue de la construction de l'Europe, Le Mans, le 17 mai 1989. | vie-publique.fr | Discours publics

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Allocution de M. François Mitterrand, Président de la République, sur les inégalités sociales et la solidarité, le développement de la région du Mans et la nécessité d'étendre le réseau de communications en vue de la construction de l'Europe, Le Mans, le 17 mai 1989.

Personnalité, fonction : MITTERRAND François.

FRANCE. Président de la République

Circonstances : Déplacement dans la Sarthe à l'occasion de l'inauguration du TGV atlantique, Le Mans, le 17 mai 1989

ti : Monsieur le maire,
- Je vous remercierai très simplement de vos propos, de la présentation de la ville du Mans, de ses perspectives. Il suffisait de vous entendre pour apercevoir à quel point vous étiez attaché à votre travail, à quel point vous aimiez votre ville. Et je pense que c'est un des éléments qui ont fait qu'autour de vous se sont rassemblés celles et ceux qui comme vous ressentaient le besoin profond de servir Le Mans et sa région. De servir votre ville en élargissant votre vision aux dimensions du pays, où Le Mans a son rôle à remplir, et de l'Europe car votre situation géographique, l'activité de vos habitants, le potentiel, l'héritage reçu et l'activité moderne de vos entreprises, de vos travailleurs, permettent beaucoup d'espoir.
- Vous disiez tout à l'heure qu'aucun Président de la République n'était venu depuis 1972. Je me sentais un peu embarrassé en vous entendant parce qu'après tout entre 1981 et 1988 je n'étais pas venu au Mans. C'était même une des rares villes de France, un des rares départements que je n'avais pas visités - du moins officiellement - car il m'est arrivé plusieurs fois d'y revenir à titre personnel. Dans ce cas-là, je me dispense de musique, de troupes armées, je ne dérange pas le maire, je n'insiste pas auprès des parlementaires, et je pense comme cela que chacun est beaucoup plus à l'aise de vaquer à ses travaux. Mais enfin là, il faut ce qu'il faut. Et, de nouveau Président de la République, je devais bien réparation à la ville du Mans. Je le fais de grand coeur, avec un vrai plaisir.
Celles et ceux que j'ai rencontrés le long de vos rues, celles et ceux qui sont dans cette salle, dans cet hôtel de ville, doivent savoir que je n'éprouve qu'attraction, intérêt, goût de connaître, lorsque je les rencontre, pour essayer de mieux comprendre leurs besoins, vos besoins, ce dont souffrent tant de gens en France, qui vivent difficilement, à commencer par ceux qui n'ont pas d'emploi, et tant d'autres qui connaissent chagrins et peines dans la conduite de leur travail, mais aussi chagrins et peines dans la conduite de leur vie personnelle. Oh certes, les pouvoirs publics ne peuvent pas agir en toutes choses, loin de là. Mais ils peuvent - et ils doivent - contribuer à fournir à la population française l'instrument même du redressement national et les chances qui dépendent d'une bonne solidarité entre les Français. Alors on a essayé de commencer par le commencement. Nous avons fait des progrès, il en reste beaucoup à faire. Je ne suis pas de ceux qui prétendent qu'au moment où nous voyons s'éloigner les menaces de la crise dont nous souffrons depuis bientôt quinze ans, je ne suis pas de ceux qui prétendent que le début de prospérité - le mot des déjà trop fort - que les résultats de l'expansion et de la croissance de notre économie aillent toujours là où ils devraient aller. C'est-à-dire aller vers ceux qui souffrent le plus, ceux qui en ont le plus besoin, auxquels nous devons toujours songer, auxquels nous devons appliquer notre esprit et nos travaux, comme je le sais bien vous le faites ici même.
- Tout cela est oeuvre de longue haleine. Et la manifestation qui m'a conduit chez vous 'inauguration du TGV atlantique', que j'ai acceptée d'autant plus que je savais que mon point terminal serait Le Mans, occasion pour moi idéale de venir officiellement dans votre ville, est très intéressante en ce sens qu'elle marque bien le caractère des habitants du Mans, qui ont la réputation de ne pas être les derniers à comprendre les besoins du futur, qui se dépêchent de prendre position, qui n'aiment pas - pardonnez l'expression, on l'emploie dans les sports - être doublés par leurs concurrents, qui aiment être les premiers, ou du moins, selon leur taille et leurs moyens, participer - la comparaison sportive continue - au peloton de ceux qui conduisent la France vers une concurrence à gagner dans le cadre de l'Europe qui s'ouvre.
J'ai bien noté dans le texte que j'ai là dans les mains, et vous l'avez déjà vous-même évoqué, que, si 1972 était la dernière visite d'un chef d'Etat, il faut remonter beaucoup plus loin pour observer une cérémonie de ce genre autour de votre chemin de fer. J'ai là la note, il s'agit de 1854, pour l'ouverture de la liaison ferroviaire Paris - Le Mans, après que la ville eut assez lutté pour obtenir le passage précisément dans cette ville de la ligne vers la Bretagne. Qui dit concurrence dit que celui qui a gagné a supplanté celui qui a perdu. Je ne sais pas en l'occurence qui a perdu, et je ne veux pas le savoir. Je suppose que depuis 135 ans, ils ont eu le temps de se rattraper sur d'autres plans et je leur souhaite bonne chance. Mais enfin je ne peux faire le moindre reproche à ceux qui vont vite, qui vont fort, qui travaillent et qui réussissent car j'en appelle à la réussite de la France, partout où je vais. J'en appelle à la richesse de la France parce que je crois que c'est possible. Je ne demande, le gouvernement ne demande pas, que l'on aille au-delà des forces normales d'un peuple qui a mis longtemps à se relever du drame de deux guerres mondiales. Mais c'est possible parce que c'est la France et que les Français, à travers l'histoire, ont montré qu'ils étaient capables de tous les sursauts, et finalement de maintenir leur pays à un rang, on dit que c'était le premier en Europe, au 17ème siècle, cela peut se discuter. On dit qu'après les guerres napoléoniennes, et c'est vrai, en raison de l'hémorragie subie, nous avons perdu du terrain, et puis les deux guerres que j'évoquais tout à l'heure. Mais la France est toujours dans les quatre premiers pays du monde sur le plan de la valeur de son économie. C'est encore l'un des quatre premiers pays du monde, qui exportent leurs marchandises et donc qui les fabriquent. Et quand on pense aux évolutions de la démographie, au fait que la France avec ses 56 millions d'habitants, piétine, au regard des pays à plus forte natalité et encore sommes-nous l'un des deux premiers d'Europe à avoir préservé un taux de natalité que je n'appellerai pas raisonnable, mais enfin suffisant pour renouveler les générations, ce qui est loin d'être un idéal.
- Nous sommes toujours parmi les premiers, comme nous sommes parmi les cinq membres permanents du Conseil de sécurité, c'est-à-dire l'un des cinq pays qui disent leur mot sur toutes les affaires du monde. Bref, je crois qu'il y a beaucoup de raisons pour les Français de croire en leur pays comme vous croyez dans votre ville et au-delà de votre ville dans la France, votre patrie.
J'ai là aussi toute une énumération, mais vous la connaissez par coeur alors je vous l'épargnerai, de tout ce que fait Le Mans, ce en quoi vous réussissez. Je vois bien les produits agro-alimentaires ; je vois bien l'usine Renault déjà cinquantenaire ; je vois l'unité SNCF puisque je viens de la visiter, la réputation mondiale - vous n'avez pas pu résister monsieur le maire - des 24 heures du Mans mais pourquoi résister, tout le monde sait de quoi il s'agit et c'est un des sommets de l'année dans un domaine sportif et industriel de premier plan. Je vais visiter dans un moment une usine, l'usine Radiotechnique-Portenseigne, qui sougline bien la place occupée dans votre ville par l'industrie électronique par la télématique ou la réception de satellite et l'on pourrait allonger la liste.
J'ai pu regarder la ville au cours d'une marche lente, que nous avons ralentie car les automobiles se croyant précisément aux 24 heures du Mans cherchaient à aller un peu vite. Alors on leur a dit : "écoutez on veut voir" et nous avons trainé le long de la route et des rues pour observer. Qu'avons-nous vu monsieur le maire ? Vous m'avez fait remarquer la médiathèque. Vous étiez modeste et pourtant, je percevais dans votre ton un peu de fierté. Vous me disiez que vous étiez passé d'un nombre d'abonnés modeste, peut-être 7000 à beaucoup plus, il me semble avoir retenu 18000 ce qui montre qu'en une année la population du Mans et des environs est tout à fait disponible, disposée à se former davantage pour peu que la puissance publique, les pouvoirs publics et les collectivités locales, aient l'esprit et le courage de mettre en oeuvre l'instrument à partir duquel la France préservera sa capacité culturelle hors de laquelle elle ne réussira dans aucun autre domaine soyez-en sûrs. Tout commence avec l'instruction, tout commence à l'école, tout se développe encore à l'école primaire, secondaire, supérieure, écoles spéciales, grandes écoles. Partout où nous pouvons étoffer notre réseau universitaire, et vous l'avez fait ici-même, partout nous marquerons de nouveaux avantages.
- Vous savez fort bien que si la jeunesse est formée aux disciplines scientifiques, comme l'on dit les plus pointues ou les plus sophistiquées, alors nous serons en mesure de doter notre appareil industriel d'intelligence et de capacités qui continueront de faire de notre pays un grand pays comme c'est le cas, mais qui plus encore nous permettront dans l'Europe d'après 1992 de supporter les combats de la paix, qui n'en sont pas moins des combats fort rudes, ceux qui doivent permettre à la France dans le maximum de secteurs possibles de continuer de progresser, de vendre plus que l'on achète et de vendre des produits à valeur ajoutée, ce qui vaut le plus cher parce que c'est là qu'il y a plus d'intelligence et de technique.
Lorsque je vais dans les pays étrangers, cela m'est donné pour accomplir ma tâche, j'éprouve souvent de la fierté à constater que la France est beaucoup plus souvent présente que ne l'imaginent la plupart des Français. J'ai naturellement tendance - comme vous-mêmes sans doute - à voir ce qui ne va pas. Je me désole lorsque j'apprends qu'un grand contrat a été arraché par un pays concurrent alors que nous présentions des produits supérieurs. Je m'étais inquiété pour les contrats sur le TGV lorsque le débat s'est ouvert en Espagne et finalement nous nous en sommes bien tirés en compagnie de l'Allemagne. Il faut bien se rendre compte que c'est la loi de la vie et je suis de ceux qui croient à l'intime collaboration, coopération nécessaire entre ce que l'on appelle le public et ce que l'on appelle le privé, à l'impulsion de l'Etat, des collectivités publiques, ajoutée à l'initiative, au sens de la liberté, à l'imagination, à l'improvisation de citoyens eux-mêmes animateurs d'entreprises. Si je crois que demain sera enrichissant pour la France c'est parce que nous nous efforcerons de réussir l'alliage intime de l'ensemble de ces énergies.
- Pourquoi se lancer dans l'éternelle polémique en pensant que l'Etat est dangereux ? Mais on ne vivrait pas sans l'Etat encore ai-je voulu dès le début de mon premier mandat que l'Etat centralisé de France fut équilibré par plus de pouvoirs et plus de compétences donnés à l'ensemble des collectivités, votre département, votre région, tandis que l'on sait bien que le réseau français du travail, de l'initiative et de la réussite tient encore et tient toujours à la vitalité des communes.
- Nous avons transféré les pouvoirs vers ces collectivités, nous avons décentralisé pensant que la responsabilité c'était le fleuron de la liberté et qu'il était absolument inutile de tout concentrer sur une capitale, la ville que nous aimons, Paris, qu'il ne fallait pas tout concentrer sur une seule ville, sur quelques administrations, sur un pouvoir central qui bientôt serait parfois tenté de dépasser et ses moyens et ses pouvoirs. Voilà ce à quoi nous nous sommes attachés. Bref, je voudrais qu'un grand air de liberté s'emparât de la France sans que cette liberté fût nuisible bien entendu aux libertés au pluriel c'est-à-dire aux libertés de chacun qui ne peuvent s'affirmer en ignorant les autres.
Monsieur le maire, mesdames et messieurs je sais que ce que nous disons est diffusé en dehors de cette salle de l'hôtel de ville et je voudrais que les Manceaux, les habitants de cette ville qui sont dans les rues, sur les places, qui ont accompagné notre cortège entendent ma voix qui leur dit : "il faut que vous croyez en vous. Vous souffrez souvent de modestes salaires quand vous en avez, vous souffrez souvent d'inégalités sociales, elles existent. Il faudra et il faut, nous avons commencé à le faire depuis des années, les réduire. Il faut que nul en France ne soit acculé à la détresse, abandonné dans la pauvreté, le dénuement, la maladie. Il faut que les personnes âgées, je l'ai déjà entrepris, se sentent entourées de considération et d'estime, qu'elles ne soient pas arrachées à leur environnement naturel, à leur voisinage, à leur village, à leur quartier. Travail immense, travail immense si l'on pense en même temps à l'état souvent de délabrement des logements les plus pauvres".
- Voilà l'effort à faire, difficile, très difficile pourquoi ? Parce que le jeu des forces en présence fait que tout est contradiction et que le rôle du Président de la République, du gouvernement et des responsables élus partout où ils sont, est de réaliser au maximum possible la synthèse des intérêts et des besoins sans que nul, ni classes sociales, ni groupes sociaux professionnels, ni fortunes personnelles, ne soient en situation de dominer les autres ou bien de prendre hypothèque sur la collectivité nationale. C'est bien l'idéal, monsieur le maire, de celles et de ceux qui, élus de cette ville ont su s'unir 'alliance communiste-rénovateurs et socialistes aux municipales 1989' afin précisément de proposer ces objectifs humains, des objectifs sociaux, ces objectifs culturels au travers de la mise en place de tous les éléments possibles, matériels, permettant le développement économique et social.
Alors je vais répéter ici ce que j'ai dit ailleurs mais pourquoi ne pas le répéter partout ? Il faut avoir confiance en soi, il ne faut pas avoir de prétention, d'orgueil, nous ne sommes pas toujours les meilleurs. Il y en a d'autres sur la terre, ils nous le font parfois sentir. Nous ne sommes pas les plus nombreux, loin de là, pas assez nombreux. Quelle réflexion devons-nous porter aujourd'hui sur le devenir de la famille indispensable à notre société | Mais cependant, nous avons le droit de dire que nous pouvons avoir confiance en nous et que l'ouverture de l'Europe c'est un risque parce que c'est une chance. Il n'y a pas de chance sans risque et nous courons cette chance en en prenant les risques, étant entendu que nous pensons que ce risque est à la mesure des volontés et des efforts et que cela dépend de vous. Alors, ayez confiance en vous | Nous sommes capables dans l'Europe de demain de jouer un rôle qui nous vaudra la perpétuation d'une grande histoire. Nous continuerons d'être au sommet de la recherche humaine dans tous les domaines qui comptent et nous seront en mesure de profiter, de bénéficier de l'apport étranger qu'il faut toujours considérer avec humilité, car de l'extérieur aussi nous viennent, des hommes, des femmes et des biens qui viennent heureusement compléter la civilisation qui est la nôtre.
C'est pour moi une joie que d'être au Mans, bien tard mais l'heure est venue si naturellement. Il faudrait toujours se faire réélire pour pouvoir aller partout. Ce serait une incitation qui risquerait d'être contagieuse et dangereuse mais puisque cela se trouve comme cela usons-en. Je vais pouvoir compléter ma connaissance de la France. Je n'aurai vraiment plus d'excuses si aucune de nos petites capitales - petites ou grandes - a échappé à mon attention et puis je reviendrai vous voir, à l'occasion, sur le mode que j'indiquai il y a un moment, très simplement, sans déranger personne, pour voir, pour entendre, pour admirer, pour déplorer et pour en tirer motif à réflexion, ce qui me permettra par la suite de dire aux Français : "Voilà comment je vois le chemin qui s'ouvre devant nous, voilà la direction que j'ai précisément pour mission de tracer en souhaitant que vous les Français vous vous y engagiez".
- Et si j'ai choisi, je ne suis pas le seul, loin de là, la voie de l'Europe c'est tout naturellement après 35 ans d'efforts continus de la France, ou presque continus, en tous cas la ligne générale a été tracée dès le point de départ. Si je vous dis cela et si j'ai pris les engagements européens qui doivent nous conduire à la disparition des frontières entre douze pays représentant une population de 320 millions d'habitants aujourd'hui, première puissance commerciale du monde, c'est pour être pourquoi pas demain première puissance industrielle, pourquoi pas déjà première puissance dans le domaine agro-alimentaire ? Pourquoi pas ? Qu'est-ce qui nous est interdit ? Quelle ligne d'horizon serions-nous incapables d'atteindre dès lors que nous nous trouvons au coeur d'une des plus vieilles civilisations et que toutes les qualités de ceux qui vivent sur ce sol de l'Europe s'ajoutent. Cet horizon s'ouvrira, nous y travaillons avec la même foi, à l'autre Europe, à l'Europe - dite faussement sur le plan géographique - de l'Est. Ce n'est pas pour rien qu'il y a peu de temps, j'étais en Bulgarie, en Tchécoslovaquie, que je serai dans moins d'un mois en Pologne, que j'irai avant la fin de l'année en Allemagne de l'Est, avant de poursuivre ce périple à travers les pays trop longtemps éloignés de nous car s'exerce l'attraction de l'Europe des Douze, celle que nous avons constituée, celle à laquelle nous donnons de plus en plus de structures solides et pas facilement puisque la résistance vient de l'intérieur même de cette Europe. Il faut que cet appel-là soit entendu et compris par les autres qui nous apporteront beaucoup aussi, tout ne se traduit pas en richesse, tout se traduit en culture. Il y a l'Europe de la réalité géographique à travers son histoire et j'aspire à ce que ces frontières-là aussi s'abolissent, non que j'ignore l'importance de nos nations, leur histoire particulière, non que je ne l'aime comme j'aime l'histoire de mon petit pays à moi comme vous aimez le vôtre, ce n'est pas le même que le vôtre et pourtant nous nous sentons également patriotes. Mais c'est en allant vers les grands ensembles, les rassemblements, les efforts collectifs à l'intérieur du pays et à l'extérieur que nous réussirons dans l'entreprise qui nous engage.
Alors voilà, il faut que vous-même vous persévériez. Vous avez montré à travers ces dernières années beaucoup de capacités, vous avez repris le fil de ce que fut Le Mans dans certains grands moments du siècle précédent, vous disposez d'une jeunesse active. Ca bouge Le Mans, on le sait en dehors des limites de votre ville et je veux vous dire, après vous avoir demandé d'avoir confiance en la France, moi je vous dis la confiance que j'ai en vous. On ne peut pas avoir confiance aveuglément mais vous avez fait vos preuves.
- Alors, quel autre mot pourrai-je vous dire que celui-ci : "continuons, dominons les inévitables contradictions, les querelles internes, les rivalités, choisissons la fraternité contre les cris de haine, recherchons une réponse utile à chaque cas individuel ou collectif où visiblement le malheur est là et la souffrance aussi. Mais nous ne vaincrons l'ensemble de ces difficultés que dans un grand élan national. Le TGV c'est une volonté nationale. Il faut que la France tout entière et puis l'Europe bientôt soient innervées par l'ensemble de ces chemins de fer qui réuniront Paris à Bordeaux en 3 heures, Paris à Rennes ou Nantes en 2 heures, Paris au Mans en moins d'une heure et puis on va commencer aussitôt après le TGV du Nord. On ira vers Lille et par là vers Amsterdam, vers Bruxelles et vers Liège, vers Cologne et puis nous passerons par le tunnel sous la Manche dont j'ai décidé la création avec le Premier ministre britannique, Mme Thatcher, avec laquelle j'ai signé le contrat, l'accord, le pacte, lorsque nous étions à Lille, il y a quelques années, en fixant le terme dans les années 90. Et un peu plus tard, le TGV, que nous célébrons aujourd'hui, le train à grande vitesse, rejoindra également l'Angleterre, tandis que nous lançons déjà les travaux, les études, pour aller vers Strasbourg, avec un embranchement qui filera vers Sarrebrück et cela ira plus loin vers les pays d'Europe centrale, tandis que l'on songe déjà à relier Mulhouse au TGV existant que nous étendrons au-delà de la vallée du Rhône afin de rejoindre à la fois la frontière de l'Italie et la frontière de l'Espagne par le Roussillon, c'est-à-dire en direction de Perpignan. Et puis je pourrais continuer longtemps. La France doit être partout marquée par ces structures. Je vous donne cela en exemple puisque c'est la fête du jour. Mais ces initiatives qui exigent la présence assidue, la réflexion, l'imagiNation, d'ingénieurs, de techniciens, d'experts, de travailleurs de toutes sortes, d'ouvriers, d'employés, avec une grande entreprise centrale qui s'appelle Société Nationale des Chemins de Fer Français, c'est l'exemple même de ce que l'on peut faire et de ce que l'on fera.
Bon, j'aurai d'autres occasions de m'adresser à vous. Le cas échéant,j'emploie d'autres moyens qui sont apparemment plus simples, bien qu'ils ne le soient pas tellement, le petit écran, des choses comme cela. Nous n'avons pas fini notre conversation, puisque vous avez bien voulu faire que pendant les années qui viennent, si Dieu me prête vie, je sois chargé par vous précisément, d'entretenir le pays, avec vous, de ces réussites et de ces espérances et de parer au plus pressé, en tentant de soigner ses maux, de le guérir de ses plaies, il en est, il y a trop de pauvres en France, il y a trop de pauvres gens qui n'ont rien. Nous avons mis en place un revenu minimum afin de les réinsérer dans notre société, avec à la base, un revenu, oui il s'appelle minimum, ce n'est pas beaucoup, cela permet de vivre du moins. Mais ce n'est pas suffisant, nous ne réussirons que par un vaste programme social, qui reposera sur quoi ? C'est le troisième terme de la trilogie que nous célébrons en 1989, deux siècles après, la fraternité qui n'est possible que dans la recherche de l'égalité et dans le maintien et l'exaltation constante des libertés. Merci monsieur le maire, et vous, mesdames et messieurs, de m'avoir donné l'occasion de le dire.
- Vive Le Mans, Vive le département de la Sarthe,
- Vive la République,
- Vive la France |.

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