Allocution de M. François Mitterrand, Président de la République, lors de la réception de la communauté française, Varsovie, jeudi 15 juin 1989. | vie-publique.fr | Discours publics

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Allocution de M. François Mitterrand, Président de la République, lors de la réception de la communauté française, Varsovie, jeudi 15 juin 1989.

Personnalité, fonction : MITTERRAND François.

FRANCE. Président de la République

Circonstances : Voyage officiel en Pologne du 14 au 16 juin 1989 ; réception des Français de Pologne

ti : Mesdames et messieurs,
- Mes chers compatriotes,
- J'ai souhaité vous rencontrer à Varsovie comme je le fais dans tous ces voyages hors de France. C'est pour moi une heureuse occasion de rencontrer les Français installés pour une raison ou pour une autre dans tel ou tel pays. Ici, c'est la Pologne. Bien entendu, j'imagine l'expérience particulière qui est la vôtre. Vous êtes sans doute très différents : ceux qui sont là depuis longtemps ou ceux qui sont là temporairement pour seulement quelques années mais vous représentez une collectivité qui par elle-même représente la France, dans ce pays auxquels nous unissent tant de liens historiquement fort anciens et dont les heureux hasards de l'histoire ont toujours fait les relations excellentes ; même dans les périodes difficiles ce fond-là est resté. La Pologne et la France ne se sont jamais affrontées. Rares sont les peuples d'Europe dont je peux dire la même chose ; je pense qu'il n'y a que les Danois qui soient dans cette situation, ce qui veut dire que la France a porté ses armes un peu partout quand ce ne sont pas les armes extérieures qui sont venues chez nous. Eh bien, entre la Pologne et la France, les relations ont été naturellement confiantes à travers les siècles et le voyage que j'ai vécu en compagnie de ma femme et de plusieurs membres du gouvernement qui sont ici, doit se comprendre de cette manière. Bien marquer notre volonté de rétablir un climat qui permette à nos deux pays de développer leur compréhension mutuelle et de travailler en commun en dépit des divisions de l'Europe, des systèmes différents. Mais au total l'Europe est à l'ordre du jour et nous y travaillons. Vos problèmes, c'est vous qui les connaissez. Bien entendu j'en ai été informé. Les questions qui se posent à toute famille vivant loin de son pays d'origine, l'éducation des enfants, le statut des uns, des autres, etc... Nous avons quelques brefs quarts d'heures qui nous permettrons d'échanger quelques propos lorsque j'en aurais terminé avec cette brève allocution. J'ai dit tout-à-l'heure que vous étiez une part de la France. Loin de notre territoire - pas tellement par les kilomètres, mais en raison des événements qui se sont déroulés depuis un demi siècle, l'éloignement s'est produit - vous êtes là indépendamment de votre profession ou de votre raison d'être afin de faciliter ce rapprochement. J'imagine aussi qu'il y a parmi vous un certain nombre de Français franco-polonais ou de foyers fondés entre Polonais et Français, ce qui donne une diversité, une richesse d'expériences exceptionnelles aux Français de Pologne.
Je resterai pratiquement trois jours dans ce pays où l'accueil est excellent. Je suis arrivé, nous sommes arrivés hier et nous repartirons demain soir, non sans avoir fait tout un itinéraire assez complexe de l'est à l'ouest de la Pologne, et cela me permettra en même temps de rencontrer les familles politiques, spirituelles, multiples de Pologne et d'entendre leurs opinions ou leurs avis sur l'évolution visible à l'oeil nu qui se produit depuis quelques temps. Nous sommes venus dans un climat de confiance. Nous n'avons pas à nous préoccuper des problèmes internes de la Pologne, sinon quand on veut bien nous en saisir. Mais il est normal que nous soyons aussi passionnément intéressés par tout ce qui permettra à l'Europe de retrouver son unité au travers de quelques idéaux très simples, très faciles à exprimer, pas facile à mettre en oeuvre. On appelle tout simplement cela la démocratie ou la liberté.
- Mesdames et messieurs, je crois pouvoir dire que les Françaises ou les Français qui sont ici pendant les quelques moments où ils se rassemblent, dans ce coin de terre de France, doivent et dépassent certainement leurs clivages traditionnels qui sont légitimes. On pourrait même dire qu'ils sont nécessaires, car la vie démocratique suppose une dialectique permanente entre les idées et les intérêts, mais à quelques moments de notre vie, il est bon de se rassembler au-delà de ces séparations, et de savoir que nous représentons tous ensemble, un peuple en mouvement, un peuple en marche, le nôtre, dont l'histoire est également fort riche et qui n'en a pas fini avec l'histoire.
- Je vous remercie, mesdames et messieurs, de votre présence. Je vous en remercie et je dirais très simplement pour terminer avant que la Marseillaise ne retentisse dans cette salle,
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