Allocution de M. François Mitterrand, Président de la République, lors de la réception de la communauté française, Islamabad, mardi 20 février 1990. | vie-publique.fr | Discours publics

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Allocution de M. François Mitterrand, Président de la République, lors de la réception de la communauté française, Islamabad, mardi 20 février 1990.

Personnalité, fonction : MITTERRAND François.

FRANCE. Président de la République

Circonstances : Voyage officiel au Pakistan du 19 au 22 février 1990 ; réception de la Communauté française le 20 février 1990 à Islamabad

ti : Mesdames et messieurs,
- Nous sommes au terme du deuxième jour de notre présence au Pakistan et nous continuerons ce voyage jusqu'à samedi.
- Selon une tradition bien établie, chaque fois qu'il m'est donné d'aller dans un pays étranger, je rencontre les Françaises et les Français du lieu, qui veulent prendre part à cette rencontre.
- Ici, à vrai dire, je ne pensais pas que vous seriez aussi nombreux sachant que dans cette ville qui est une ville en construction, bien peu de Français autres que des ingénieurs, des professeurs, peut-être des représentants de grandes sociétés, avaient quelques chances de se trouver ici. Ce sont les grandes villes comme Karachi qui réunissent beaucoup plus de représentants de notre pays.
- C'est pour nous très agréable. Je suis accompagné de ma femme, de plusieurs membres du gouvernement. C'est très agréable de pouvoir passer quelques quarts d'heure avec vous. Dans un moment, nous allons circuler parmi vous et, au hasard des conversations, je serai très intéressé par ce que vous voudrez bien me dire.
- Les relations entre le Pakistan et la France sont assez actives. Elles sont bonnes, avec comme il arrive souvent, des restes de contentieux qui traînent ici ou là. Des voyages comme celui-ci permettent souvent de faire avancer les choses. De toute manière, il est important pour la France de pouvoir entretenir des relations suivies avec la plupart des pays du monde moderne et en particulier ceux qui sont très représentatifs du monde moderne, du monde actuel. Ce pays, avec ses chances d'éclosion et de développement, est l'un deux.
Quels sont vos problèmes ? Ils sont, m'a-t-on dit, de l'ordre habituel, peut-être moins aigüs que dans d'autres endroits : l'éducation des enfants et l'instruction.
- D'autres problèmes se sont posés et qui paraissent à peu près résolus. Enfin il reste celui de l'éloignement : celui-là, on n'y peut rien ; mais si vous êtes là ce n'est pas par hasard, c'est généralement parce que cela vous plaît. Je pense que certaines ou certains d'entre vous sont au Pakistan depuis longtemps ou très longtemps, d'autres sont de passage quelques mois, quelques années ; mais vous y êtes depuis assez de temps pour avoir pénétré, avoir acquis une connaissance de ce pays, de ses moeurs, de ses traditions, de ses ressources réelles et virtuelles, de son caractère, de ses ambitions. C'est un enrichissement pour vous et pour nous tous car lorsque vous revenez en France, vous nous rapportez cette expérience dont nous avons le plus grand besoin. On dit, ce qui n'est pas tout à fait inexact, que les Français n'aiment pas ou ne connaissent pas la géographie et n'ont pas tellement le goût des voyages. Alors le choc des idées, des images, des expériences, c'est une bonne chose pour notre pays dans un monde qui se rétrécit, où les communications prennent une allure désordonnée et où rien ne se passe sur la terre qui ne soit finalement débattu dans quelques enceintes.
- Voilà. Je n'ai rien d'autre à vous dire pour l'instant, sinon que je crois que c'est important pour des Françaises et des Français, au-delà de leurs origines et de leurs préférences, de se retrouver dans des occasions comme celles-ci ou quelques autres et de savoir qu'ils représentent, tous ensemble, une communauté plus cohérente, plus homogène qu'on ne le croit généralement lorsque l'on se trouve en France même.
- Nous y avons là-bas beaucoup de travail, vous le savez. Il y a toujours ce qui ne va pas à côté de ce qui va mieux mais on remarque surtout ce qui ne va pas : c'est d'ailleurs une bonne chose. S'il n'y avait pas cet aiguillon, quel gouvernement ne s'endormirait pas ? On essaye comme cela de susciter, d'éveiller et de montrer ce qui se passe. Dans un instant vous allez entendre quelques accents de la Marseillaise. Après quoi nous resterons là, un temps raisonnable et si vous voulez vous me direz ce qui vous intéresse, ce qui vous tracasse. N'hésitez pas. Je suis venu à cette fin.
- Indépendamment des Français d'origine qui se trouvent ici, il en est d'autres qui sont Pakistanais et même des familles pakistano-françaises. Ils sont les bienvenus de la même façon qu'il est très bon, très important que ceux de nos compatriotes qui sont venus dans ce pays parce qu'ils y servent et parce qu'ils l'aiment, puissent approcher plus encore à l'intérieur même de leur famille la réalité d'un grand pays.

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