Allocution de M. François Mitterrand, Président de la République, à l'occasion de la réception de la Communauté française du Bangladesh, à Dacca, vendredi 23 février 1990. | vie-publique.fr | Discours publics

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Allocution de M. François Mitterrand, Président de la République, à l'occasion de la réception de la Communauté française du Bangladesh, à Dacca, vendredi 23 février 1990.

Personnalité, fonction : MITTERRAND François.

FRANCE. Président de la République

Circonstances : Voyage officiel au Bangladesh du 22 au 24 février 1990

ti : Mesdames et messieurs, mes chers compatriotes,
- Ce sera pratiquement la dernière réunion que je tiendrai au cours de ce bref séjour à Dacca. Il était normal qu'il eut lieu entre nous, je tenais essentiellement à ce que l'occasion me fût donnée de rencontrer les Français du Bangladesh, du moins ceux des Français qui pouvaient venir jusqu'ici et à cette heure.
- Je ne vais pas faire de discours, dans quelques instants je vais descendre de cette tribune, et puis on va pouvoir bavarder de façon plus directe. Je me suis informé des quelques problèmes qui étaient les vôtres, vous êtes dans un pays très lointain de notre patrie, dans des situations très différentes, selon votre profession, avec quelques anciens ou anciennes qui vivent là par leur choix depuis des décennies, et puis ceux qui sont là au cours d'un contrat pour un séjour de quelques années seulement. J'imagine que la confrontation de vos expériences doit être très enrichissante pour ceux qui en écoutent le récit. Moi, je ne connais du Bangladesh que ce que les livres m'en disent, et quelques images accumulées en 48 heures. Cependant, j'ai eu l'occasion à diverses reprises de rencontrer le Président Ershad à Paris et plusieurs des dirigeants, notamment M. le Vice-Président, et là, j'ai été gâté, puisqu'en l'espace de quelques heures, j'ai rencontré des multitudes de gens, mais ce n'est pas suffisant pour connaître un pays, c'est donc votre expérience à vous qui complétera la mienne, très largement insuffisante, je m'en rends bien compte.
Vous savez que nous avons créé des liens particuliers à la suite d'une initiative qui a été prise pour tenter de guérir une plaie permanente de ce pays, je veux dire les inondations, et qu'à partir de là, a commencé un début de coopération qui donne déjà des effets remarquables puisque nous avons réussi à mobiliser la société internationale. La Banque mondiale assume la direction d'une tentative extrêmement intéressante qui devrait voir en quelques années le problème des crues dominé, et commençant là, on a continué ailleurs, et sept ou huit accords importants ont été décidés dans les deux journées d'hier et d'aujourd'hui pour le traitement des eaux, pour des lignes téléphoniques et pour la coopération économique...
- Vous-mêmes qui êtes Français ou qui avez des familles franco-bangladeshies, vous avez une connaissance de ce pays qui ne me permet pas de vous donner des conseils ; gardez le contact avec votre patrie lointaine, c'est certainement l'un de vos soucis principaux, avec votre famille laissée là-bas ; il est important qu'une communauté française se serre un peu les coudes dans cet éloignement ; j'espère que tel est bien le cas. Moi, je suis très heureux de vous recevoir quelle que soit votre préférence, votre tendance. En France, il n'y en a pas autant qu'ici, puisqu'on m'a dit qu'il y avait 102 partis au Bangladesh, on en a un peu moins, mais c'est aussi divisé. C'est la vie de la démocratie, d'une démocratie qui a déjà derrière elle un long passé.
- Enfin, je vous souhaite tout ce que l'on peut souhaiter à des compatriotes : qu'ils réussissent dans leur travail, dans la tâche à laquelle ils se consacrent, tâche spirituelle, tâche matérielle, tâche technique, tâche de solidarité car je dois souligner la qualité des efforts accomplis par de nombreuses organisations non gouvernementales dans des buts humanitaires dans cette région du monde, et particulièrement au Bangladesh, comme je pouvais le constater, il y a 48 heures, au Pakistan.
- Voilà tout ce que je puis vous dire, mesdames et messieurs. J'en terminerai en vous souhaitant bonne chance ; que votre vie soit la meilleure possible, comme toute vie faite de joies et de peines, de chagrins et d'espoir, mais vous les vivrez d'autant mieux que vous vous sentirez solidaires ; encore un moment parmi vous, et puis nous nous séparerons puisque je pars demain matin pour rentrer en France après une absence de cinq jours ; il est difficile pour moi de faire davantage car, à Paris, il y a aussi des choses à faire. Nous allons entendre maintenant la Marseillaise, après quoi, nous resterons ensemble quelques instants.
- Voyez, mes chers compatriotes, j'étais accompagné de sept membres du gouvernement, ce qui veut dire que nous avons désiré, en venant ici, aborder un très grand nombre de problèmes qui ont été discutés avec les homologues de nos ministres ; deux sont déjà repartis cet après-midi, les autres sont parmi vous et ainsi que ma femme, qui a dû regagner la France en début d'après-midi. J'aurais été très heureux de pouvoir me trouver devant vous en compagnie d'un certain nombre d'invités, de parlementaires, d'industriels, de hauts fonctionnaires qui sont ici, et avec qui vous pouvez parler librement. Merci.

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