Conseil des ministres du 26 Août 1992 L'Europe de la recherche. | vie-publique.fr | Discours publics

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Conseil des ministres du 26 Août 1992 L'Europe de la recherche.

Personnalité, fonction : CURIEN Hubert.

FRANCE. Ministre de la recherche et de l'espace

ti : Le ministre de la recherche et de l'espace a présenté une communication sur l'Europe de la recherche.
- La situation actuelle de la recherche européenne est relativement favorable. Par l'effort financier qui y est consacré, la Communauté est la deuxième puissance scientifique et technologique du monde, derrière les Etats-Unis et très loin devant le Japon. Mais, en nombre de chercheurs par rapport à la population active ou en pourcentage du produit intérieur brut consacré à la recherche, l'Europe est distancée par le Japon. L'effort doit donc être maintenu et amplifié. En même temps les objectifs doivent être réorientés pour favoriser plus encore la compétitivité industrielle et satisfaire les besoins de la société.
- I - L'Europe de la recherche a ouvert la voie à la construction européenne durant les années 1950-1980 avec la réalisation du centre d'études et de recherches nucléaires (CERN), qui est le premier équipement du monde pour la physique des particules, les succès de l'agence spatiale européenne avec notamment le lanceur Ariane, et le développement en commun de produits à fort contenu technologique destinés aux marchés civils et militaires, par exemple de l'aéronautique.
- L'action communautaire proprement dite a commencé dès 1958 et a permis de grands succès dans le domaine de la fusion nucléaire, avec le JET (Joint European Torus), qui est la machine la plus performante du monde.
- A partir des années 1980, les programmes communautaires de recherche se sont développés. L'Acte Unique a tiré les conséquences de ce développement en consacrant un titre à la recherche. Dans le même temps on a vu le succès de l'initiative Eurêka, lancée par la France, et les programmes multinationaux non communautaires ont connu un fort développement.
- Mais c'est le traité de Maastricht qui donne à la coopération scientifique et technologique toute sa place dans l'Union Européenne. Les procédures de décision sont démocratisées, les objectifs rendus plus ambitieux, notamment avec le rassemblement en un seul programme-cadre de l'effort de recherche de la Communauté dans tous les domaines. La notion même de politique industrielle y est consacrée pour la première fois.
- II - Pour l'avenir, les thèmes de recherche devront être diversifiés, pour satisfaire les priorités actuelles de notre société comme l'environnement, les transports, la ville et la santé. La mobilité des chercheurs sera favorisée. La décentralisation des responsabilités et les procédures d'évaluation seront développées. On cherchera à améliorer la compétitivité de l'industrie en organisant des synergies entre l'action communautaire et Eurêka.
- Toutes les potentialités du grand marché créé par l'espace économique européen - les douze plus les six de l'AELE - doivent être utilisées dans le domaine de la recherche. De même, l'ouverture des pays de l'Europe centrale et orientale permet de les associer davantage au développement scientifique et technologique de l'Europe. La France a proposé la création d'une fondation pour l'aide aux scientifiques de l'ancienne Union Soviétique.
- Enfin, l'Europe doit continuer à s'ouvrir sur le monde et participer aux grands programmes mondiaux sur le SIDA, sur le génôme humain, les énergies de demain, les systèmes de production automatisés (usine du futur) et l'environnement ; sur ce dernier sujet, lors de la Conférence de Rio, les scientifiques européens, en particulier les français, ont joué un rôle de premier plan.

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