Extraits d'un communiqué de M. Alain Lamassoure, ministre délégué aux affaires européennes, sur les enfants abandonnés de Roumanie et les enfants handicapés d'Albanie, Paris le 10 novembre 1993. | vie-publique.fr | Discours publics

[ Publicité ]

Extraits d'un communiqué de M. Alain Lamassoure, ministre délégué aux affaires européennes, sur les enfants abandonnés de Roumanie et les enfants handicapés d'Albanie, Paris le 10 novembre 1993.

Personnalité, fonction : LAMASSOURE Alain.

FRANCE. Ministre délégué aux affaires européennes

ti : Roumanie
- M. Alain Lamassoure, ministre délégué aux affaires européennes, et Mme Lucette Michaux-Chevry, ministre délégué à l'action humanitaire et aux droits de l'homme, ont décidé d'engager 6 millions de francs, pour améliorer la situation des enfants abandonnés de Roumanie (environ 90000 enfants sont dans des institutions) qui restent encore en grande détresse. L'état des orphelins roumains avait ému l'opinion publique internationale il y a 3 ans.
- M. Lamassoure s'est rendu en Roumanie les 12 et 13 septembre afin de se rendre compte sur place des résultats obtenus 3 ans après le lancement d'un important programme communautaire et bilatéral en faveur des enfants roumains et abandonnés (environ 90 millions de francs). Pour faire le point sur la situation, le ministre délégué a rencontré l'ensemble des intervenants concernés : autorités roumaines, y compris au plus haut niveau (Président Iliescu) ; représentants de la Commission européenne ; experts qualifiés. Il a également visité deux institutions dans la banlieue de Bucarest. Il a tiré de ces différents contacts les conclusions suivantes :
- Sur la situation des orphelinats roumains :
- Beaucoup de progrès ont été faits : sur 530 maisons en Roumanie, 500 sont dans un état acceptable. Un effort considérable a donc été accompli, tant par les autorités roumaines que par la Communauté, la France, et les nombreuses ONG qui interviennent en Roumanie.
- Il reste, de l'avis de tous, une trentaine d'établissements qui se trouvent toujours dans un état lamentable. Cette situation est totalement inacceptable et il convient d'y remedier sans tarder. M. Lamassoure l'a dit tant aux autorités roumaines qu'aux représentants de la Commission européenne.
- De retour à Paris, le ministre délégué a donc souhaité, que la France prenne sa part du fardeau. 6 Millions de francs sont débloqués à cet effet, dont 3 prélevés sur le budget du ministère des affaires européennes et 3 sur le budget "Action humanitaire" du quai d'Orsay, géré par Mme Michaux-Chevry, ministre délégué à l'action humanitaire et aux droits de l'homme. Voici comment les 2 ministres ont décidé d'utiliser cet argent.
- Une aide d'urgence de 600000F sera débloquée pour procéder à des achats en mobilier et équipements divers.
- 5,4 MF permettront de financer la réhabilitation de 18 institutions figurant dans la liste des 31 "points noirs" recensés par les experts.
- Quatre ONG seront chargées de conduire à bien les travaux.
- Association "société humanitaire"
- Association "Solidarité"
- Association "Equilibre"
- Association "Enfants de Roumanie".
- Toutes ces ONG ont une grande expérience de la Roumanie et conduisent déjà des actions de remise à niveau d'institutions pour enfants.
- Un coordonnateur sera chargé, au sein de l'ambassade de France à Bucarest, de suivre l'évolution des travaux.
- En concertation avec Mme Michaux-Chevry, M. Lamassoure a souhaité suivre personnellement ce dossier. Il sera donc informé régulièrement de son évolution. L'ensemble des travaux devra être achevé avant la fin du premier semestre de 1994.
- La formation du personnel sera un élément essentiel de l'action conduite par la France. La réhabilitation des bâtiments sans une approche pédagogique nouvelle n'a pas de sens.
- Par ailleurs, la Roumanie a récemment adopté une législation sur l'abandon d'enfants proche de notre législation. Elle devrait permettre de développer le placement des enfants dans des familles roumaines. Mme Simone Veil a demandé au ministère français des affaires sociales de développer une assistance technique pour faire partager l'expérience française en la matière et permettre ainsi une application rapide et efficace de la nouvelle réglementation. Ce sera un autre volet de notre coopération.
La situation des enfants handicapés en Albanie est également préoccupante. A la différence de la Roumanie, l'origine de cette situation n'est pas spécifiquement liée à la politique du précédent régime mais plutôt à l'extrême pauvreté du pays (PNB par tête estimé entre 100 $ et 350 $) et au délabrement avancé des structures administratives du pays.
- Plusieurs reportages ont montré le dénuement dans lequel se trouve ces enfants handicapés. Ce sont des exclus parmi les exclus.
- C'est pourquoi M. Lamassoure a souhaité, à l'occasion de son déplacement à Tirana le 2 novembre dernier, le lancement de nouvelles actions pour un montant d'un million de francs. Trois sites ont été choisis :
- orphelinat de Korca : il s'agirait, par l'intermédiaire de l'association "Terre des Hommes" déjà présente sur le terrain, de contribuer à la réhabilitation de cette maison d'enfants.
- La réfection du centre pour enfants handicapés de Bérat, dans le sud, nécessite des travaux d'une durée de huit mois. L'association "Action Nord Sud" y travaille déjà. L'action française financerait une part des travaux, la Communauté européenne étant sollicitée pour le complément.
- Centre de Shkodra, aux confins septentrionaux de l'Albanie. L'association "Action Nord Sud" a déjà effectué, sur ses fonds propres, une première tranche de travaux en 1992.

Rechercher