Interviews de MM. Jack Lang, ministre de l'éducation nationale et de la culture, et Charles Millon, président du groupe parlementaire UDF à l'Assemblée nationale, dans "L'Express" le 28 janvier 1993, sur leur position respective concernant l'autonomie des lycées et collèges, et le rôle des proviseurs. | vie-publique.fr | Discours publics

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Interviews de MM. Jack Lang, ministre de l'éducation nationale et de la culture, et Charles Millon, président du groupe parlementaire UDF à l'Assemblée nationale, dans "L'Express" le 28 janvier 1993, sur leur position respective concernant l'autonomie des lycées et collèges, et le rôle des proviseurs.

Personnalité, fonction : LANG Jack, MILLON Charles.

FRANCE. Ministre de l'éducation nationale et de la culture; FRANCE. UDF, président du groupe parlementaire à l'Assemblée nationale

ti : Interview de M. Jack Lang


Jack Lang - Il serait absurde de répondre par oui ou par non ! Ma réponse ne peut être que nuancée. S'il s'agit de constituer des lycées et collèges " autonomes " qui sélectionneraient leurs élèves, délivreraient leurs propres diplômes, recruteraient leurs personnels, alors, cette conception de l'autonomie m'est totalement étrangère. Je le combattrai. Le résultat serait catastrophique pour le pays : établissements scolaires à plusieurs vitesses, démantèlement du service public, système ségrégatif. Nos concitoyens sont trop attachés à l'égalité des chances des élèves, aux diplômes nationaux (tel le bac), au statut des personnels, pour accepter de s'engager dans cette voie aventureuse et si manifestement contraire à nos traditions nationales.

Q - Vous parlez pourtant vous-même souvent d'autonomie !¿

Jack Lang - Donner à nos lycées et à nos collèges plus d'initiative et de responsabilité : telle est effectivement la direction empruntée depuis plusieurs années. C'est en 1985 (et non sous un gouvernement de droite) que les lycées et collèges ont été érigés en " établissements publics locaux d'enseignement " disposant de pouvoirs de décision sur leur organisation interne, la carte de leurs filières et de leurs options, la distribution de leur budget (dans le cadre de la dotation horaire globale), leur vie quotidienne, les relations avec collectivités locales et entreprises, les lycées et collèges se dotant d'un " projet d'établissement " qui mobilise toute la communauté éducative. Enfin, tout récemment, j'ai décidé d'associer les chefs d'établissement à certaines décisions relatives à l'avancement des enseignants. Parachèvement de tout cela : l'accord sans précédent signé le 24 janvier 1993 avec les chefs d'établissement. Il marque une nouvelle étape sur la voie de la reconnaissance des responsabilités originales des proviseurs et des principaux. Pour autant, les principes qui fondent le service public demeurent : accueil de tous les enfants sans distinction, égalité des chances, gratuité. Autonomie pour une meilleure réussite des élèves, oui ! Principautés indépendantes liquidant le service public, sûrement pas !

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