Discours de M. François Mitterrand, Président de la République, à l'occasion du concert de la Légion d'Honneur à Saint-Denis le 5 février 1993. | vie-publique.fr | Discours publics

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Discours de M. François Mitterrand, Président de la République, à l'occasion du concert de la Légion d'Honneur à Saint-Denis le 5 février 1993.

Personnalité, fonction : MITTERRAND François.

FRANCE. Président de la République

Circonstances : Concert annuel des écoles de la Légion d'honneur à Saint-Denis le 5 février 1993

ti : Monsieur le Grand Chancelier,
- C'est la première fois, je crois, que vous participez à ce concert que j'ai l'avantage d'avoir fréquenté plus souvent que vous. L'avantage ? Certainement pour mon profit artistique et musical en même temps que le plaisir de constater le travail accompli, le progrès de ces maisons, et la façon dont les enseignants et les élèves d'année en d'année, de classe en classe, de génération en génération s'attachent à ce qu'ils font.
- Vous n'avez pas mis longtemps à prendre la mesure de ce que pouvaient représenter les maisons de Saint-Denis et des Loges et vous êtes venu, il y a peu de jours, me soumettre diverses propositions car à peine étiez-vous désigné, vous entendiez poursuivre l'oeuvre de votre prédécesseur, le Général Biard dont je salue le souvenir, la présence morale et spirituelle et dont je garde un si grand souvenir. Qu'il se repose aujourd'hui, ce qui est bien normal après tant de travaux, de peines et de blessures, tant de services rendus, ainsi chacun fait-il ce qu'il doit jusqu'au moment où il convient de regarder derrière soi.
- Je souhaite que dans votre tâche, monsieur le Grand Chancelier, vous puissiez à votre tour, accomplir la grande besogne qui m'a permis de constater, depuis 1981, les transformations profondes tant sur le plan matériel qu'éducatif effectuées pour mettre à la disposition des éducateurs la meilleure façon d'aider les élèves.
- Je vous remercie, une fois de plus, mesdames et messieurs, pour ce concert et pour sa qualité. Je retrouve chaque fois avec plaisir Maître Lavagne, madame Charron, madame Siran et bien d'autres encore. On me pardonnera de ne pas les citer. C'est un ensemble de talents et de dévouement véritablement exceptionnels. Je crois qu'il faut le dire de temps à autre. Je me garde d'oublier celles et ceux qui enseignent, les professeurs chargés dans ces écoles de mener à bien la tâche qui leur a été confiée qui continuent d'année en année, en s'améliorant, ce qui devient difficile. Les pourcentages finiraient par rappeler de mauvais souvenirs, mais tel n'est pas le cas ici, puisque sans rechercher à tout prix la sélection, on veille surtout à accroître la qualité moyenne afin de donner à la Nation des cadres qui pourront à leur tour la servir. Cette qualité, j'y suis sensible, quiconque a cette charge, la vôtre ou la mienne, doit se réjouir de voir que la France persévère dans sa recherche de l'excellence, c'est vrai des sciences, c'est vrai des techniques, c'est vrai des travaux de l'esprit, c'est vrai de l'éducation, c'est vrai de beaucoup d'autres choses. On ne s'en rend pas assez compte mais vous savez bien que vous vivez une expérience de grande qualité.
Bien entendu, quand on arrive ici, on regarde d'abord les murs, ce vaste ensemble, qui est beau, qui parfois paraît "vieillot", vétuste, je connais les projets que M. le Grand Chancelier m'a communiqués, je sais comment il prévoit, dans un bref délai, une transformation des dortoirs, ou de certains d'entre eux, qui rappellent en effet les belles heures du XIXème siècle, plus que les splendeurs du XXIème, à ceux qui comme moi ont été huit ans pensionnaires dans un collège de province et dans des dortoirs ou dans des salles d'études qui ressemblent à celles que vous aviez autrefois, et que vous n'avez déjà plus. Je me réjouis de voir que les conditions de vie, ajoutées aux conditions de travail donneront tout de même un peu plus de joie de vivre car il en faut. Il ne faut pas non plus que ces écoles apparaissent sous l'aspect grisâtre d'une sévérité militaire qui présente certainement des charmes. Bien que je ne les ai pas goûtés, je les imagines, ils pourraient le cas échéant, présenter quelques inconvénients. Il faut que votre jeunesse s'épanouisse dans l'équilibre de ses facultés. Je suis très heureux de savoir que vous voulez faire poursuivre les études, sur place, avec des classes supérieures de qualité afin que votre enseignement représente un cycle complet. On ne peut pas s'arrêter à mi-chemin, sans quoi, ce ne serait pas très intéressant pour les élèves et pour leurs parents qui seraient tentés d'aller ailleurs.
- Voilà bien des projets, il en est d'autres. Mais aujourd'hui, c'est un concert qui nous accueillait, qui a mobilisé beaucoup de personnes, de tout âge, surtout des élèves des deux maisons d'éducation, je les observais et voyais qu'ils y mettaient beaucoup de coeur, c'est un bon rendez-vous que celui auquel vous me conviez, et j'en garderai toujours un grand souvenir, enfin je n'en suis pas encore tout à fait au souvenir | Je pense - on ne sait jamais... - Je pense donc qu'il nous sera donné encore de travailler ensemble dans ce cadre.=
- Je vous remercie.

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