Allocution de M. François Mitterrand, Président de la République, sur le syndicalisme des cadres et l'action de la CFE CGC, Paris le 30 septembre 1994. | vie-publique.fr | Discours publics

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Allocution de M. François Mitterrand, Président de la République, sur le syndicalisme des cadres et l'action de la CFE CGC, Paris le 30 septembre 1994.

Personnalité, fonction : MITTERRAND François.

FRANCE. Président de la République

Circonstances : Cinquantenaire de la CFE-CGC à Paris le 30 septembre 1994

ti : Monsieur le Président,
- Mesdames et messieurs,
- Je suis désolé de ne pas me trouver parmi vous aujourd'hui. Ce message vous dira mes regrets et mes voeux. J'ai, en effet, le privilège d'avoir vu naître la Confédération Générale des Cadres. J'ai connu ses progrès. Il a fallu beaucoup d'audace à Jean Ducros et à Jean Malterre pour imaginer, pour imposer l'idée que les cadres puissent comme les autres travailleurs s'organiser pour défendre leurs intérêts et surtout faire admettre qu'ils puissent être distincts de ceux des entreprises.
- Il a fallu beaucoup d'audace à Jean Menu et à Paul Marchelli pour la maintenir et l'ouvrir à l'ensemble du personnel d'encadrement. Maintenant les résultats sont là : une organisation à l'égal des grands syndicats représentatifs, des droits reconnus dans les conventions collectives, des représentants dans toutes les institutions sociales.
- Ces droits, vous les avez conquis, vous les avez acquis peu à peu au prix payé par des générations de militants. L'audace avait besoin de leur courage, de leur abnégation. Vous savez bien que sans eux, rien n'eut été possible.
- Vous tous qui êtes ici réunis, vous portez en vous la mémoire des femmes et des hommes qui ont parlé depuis cinquante ans au nom de l'encadrement. La mémoire de tous ceux qui ont donné le meilleur d'eux-mêmes pour défendre leur idéal au prix parfois d'immenses sacrifices.
- En ce jour, je tiens à leur rendre hommage et à vous-mêmes, au nom de la République dont les constitutions n'ont cessé de dire qu'elle devait être une République sociale.
- Cette journée n'est qu'une étape, votre combat n'est pas achevé, il faudra sans doute encore plus d'audace, encore plus de courage, encore plus d'imagination pour préparer les changements qui se dessinent. Je citerai notamment :
- une organisation du travail qui donne un emploi à chacun et laisse sa place à la vie personnelle et à la vie familiale,
- 10 % du temps d'activité consacré à la formation tout au long de la vie,
- des emplois de proximité pour répondre aux besoins nouveaux,
- des entreprises qui redonnent la priorité aux reclassements sur les licenciements, au développement sur la gestion du court terme, à l'innovation économique et sociale, à la responsabilité, au respect de l'expérience.
- Je sais, pour en avoir parlé avec votre Président, M. Marc Vilbenoit, que nous sommes proches sur ces idées. Je sais que nous souhaitons ensemble que s'engage la négociation d'un nouveau contrat social pour l'emploi et que vous vous proposez de rencontrer les autres confédérations avec cet objectif. Je suis prêt à aider les organisations qui ont la volonté d'avancer sur cette voie.
- Mesdames et messieurs, n'abandonnez pas le chemin où vous êtes, restez fidèles à vos valeurs, dans l'union avec tous les autres salariés. Pour tout ce que vous avez fait, ce que nous avons quand même fait ensemble en ce jour de cinquantenaire, au nom de la République et au nom de la France, soyez tous remerciés.

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