Déclaration de M. Jean-Marie Le Pen, président du Front national et candidat à l'élection présidentielle de 1995, sur la campagne de l'élection présidentielle, les résultats du premier tour et sur l'absence de consigne de vote pour le second tour, à Paris le 1er mai et parue dans "Présent" des 3 et 4 mai 1995. | vie-publique.fr | Discours publics

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Déclaration de M. Jean-Marie Le Pen, président du Front national et candidat à l'élection présidentielle de 1995, sur la campagne de l'élection présidentielle, les résultats du premier tour et sur l'absence de consigne de vote pour le second tour, à Paris le 1er mai et parue dans "Présent" des 3 et 4 mai 1995.

Personnalité, fonction : LE PEN Jean-Marie.

FRANCE. Front national, président; FRANCE. Candidat à l'élection présidentielle de 1995

Circonstances : Manifestation du Front national à l'occasion de l'anniversaire de la naissance de Jeanne d'Arc, à Paris le 1er mai 1995

ti : Discours de Jean-Marie Le Pen, président du Front national, à Paris le 1er Mai 1995


Chers compatriotes.

Vous êtres venus aujourd'hui Premier Mai 1995 de tous les pays de France, comme chaque année pour honorer Jeanne d'Arc, notre héroïne nationale, la sainte de la Patrie, le symbole le plus pur du patriotisme et du sacrifice pour 1a survie de la Nation et du Peuple, mais aussi pour célébrer la fête nationale du travail et des travailleurs.

Mais nous sommes d'autant plus fondés à le faire cette année que l'élection a révélé à beaucoup que le candidat du Front national était celui qui avait recueilli le plus grand nombre de suffrages dans le monde ouvrier ainsi que chez les chômeurs. Les uns et les autres ont compris que notre message de justice et de solidarité nationale s'adressait en priorité à ceux de nos compatriotes qui sont sans travail ou qui vivent dans l'angoisse de le perdre. Cela veut dire aussi qu'ils ont compris que la Nation était leur meilleure défense contre le chômage.

C'est vrai que c'est d'eux que nous nous sentons les plus proches. C'est vrai que c'est parce qu'elles sont les premières victimes de cette injustice criante qu'est la politique de préférence étrangère que nous entendons les défendre en priorité.

Est-il normal qu'il y ait des millions de chômeurs en France alors que nos gouvernements de droite comme de gauche continuent d'encourager l'immigration étrangère et les naturalisations massives ?

Disons que le travail doit être honoré non seulement comme un droit préférentiel du citoyen dans sa Patrie non seulement comme le moyen d'indépendance économique et sociale de la famille et de l'individu., mais comme un moyen privilégié de réalisation de son destin terrestre, d'acquisition de la dignité personnelle, de contribution solidaire à la prospérité de la communauté nationale et à la pérennité de la Patrie.

En ces temps, de grands dangers, j'aurai garde de minimiser l'hommage dû à Jeanne, à son illustr et prestigieux destin. à son message spirituel et patriotique, au tragique émouvant: de son destin de martyre, à la leçon permanente de courage et de volonté qu'elle continue de donner d'au-delà des siècles et des cieux..

Au moment où Isabeau de Bavière prend les mille visages d'une classe politique décadente, résignée ou complice de la domination étrangère, souvenons-nous d'elle, de sa foi, ce sa charité, de son espérance. Souvenons-nous aussi qu'elle ne se contenta pas de prier le Ciel, elle se lança dans l'action sur terre.

Au moment où les politiciens impuissants capitulent devant les lobbies économiques, financièrs, politiques ou philosophiques, où ils s'apprêtent à mettre en service 1'ignoble Traité de Maastricht, c'est-à-dire à diviser la République, à démanteler la Nation, à réduire la France à la dimension de quelque province euro-mondialiste, le message de Jeanne est plus que jamais d'actualité.

Je sais que vous avez lutté de toutes vos forces pour faire triompher ma candidature, celle d'une politique nationale de renaissance et de renouveau, alternative des solutions de décadence ou de résignation incarnées par mes concurrents.

Certains sont peut-être déçus que nos efforts n'aient pu, cette fois, aboutir. Dans des conditions normales de démocratie, il ne fait pas de doute que nous aurions en tout cas figuré au second tour pour offrir aux Français un véritable choix.

La présence d'une autre liste qui se réclamait, à quelques nuances près, du même programme que nous et dont l'objectif évident était de ramener au bercail RPR-UDF les brebis rétives, mais aussi et surtout la manipulation concertée des sondages a contribué à nous exclure du groupe des principaux candidats alors que les résultats ont prouvé que nous en faisions partie.

Le résultat de cette magouille a été que pendant trois mois les moyens médiatiques ont été monopolisés par les trois candidats de l'Etablissement, Balladur, Chirac et Jospin, non sans que les sondages continuent de fausser le jeu entre eux.

Nos adversaires espéraient bien, après nous avoir imposé des années d'apartheid, nous décourager ou lasser des électeurs qui n'avaient guère l'occasion de nous voir mais qui nous restaient pourtant inlassablement fidèles puisqu'en 1993 nous obtenions 13,80 % des voix aux législatives où rappelez-vous le RPR-UDF faisait voter pour les communistes contre nos candidats arrivés en tête et Gaudin à Marseille faisait élire le communiste Hermier contre Marie-Claude Roussel arrivée en tête et battre Marie-France Stirbois et beaucoup de nos amis de quelques dizaines de voix.

Ce sont eux qui, en exerçant leur chantage sur les maires qui m'avaient donné leur signature, ont essayé de m'empêcher sournoisement et par traîtrise d'être candidat à la présidentielle.

Ce sont eux qui, tandis qu'à gauche le gouvernement socialiste organisait sous le nom de harcèlement démocratique l'agression de tous nos meetings, les élus de droite se faisaient contre nous les procureurs des lobbies étrangers, au nom des Droits de l'Homme, en essayant de nous priver de nos droits de citoyens, en refusant les salles publiques de leurs villes.

Ils sont aujourd'hui en prison ou mis en examen ou sur le point d'y être : les Noir, Carignon. Longuet, Mouillot, Tapie, etc., qui nous désignaient à la vindicte publique. A moins que les candidats leur aient secrètement promis l'amnistie, ils Vont être rejoints par beaucoup d'autres de droite et de gauche.

N'est-i1 pas réconfortant que, malgré toutes ces embûches, je sois arrivé en tête de tous les candidats â Carpentras où fut ourdi l'un des glus ignobles complots, l'une des plus abjectes provocations contre le Front national, à Marseille où la désinformation a tenté, et continue de tenter en bloquant scandaleusement la procédure, de transformer un triste accident de campagne électorale en assassinat raciste pour nous déconsidérer aux yeux de l'opinion ?

Mais n'est-il pas prometteur aussi que je sois arrivé en tête de tous les candidats dans tant de villes françaises qui méritent d'être citées.
(¿)
Certes nous n'avons bas gagné la bataille présidentielle mais nous avons gagné une bataille essentielle. Vous l'avez gagnée. Nous l'avons gagnée ensemble. Avec le sacrifice des uns et des autres. Et parfois même le sacrifice de la vie. Ainsi pour nos trois militants morts pendant la campagne. C'est la victoire de nos jeune de la caravane qui ont sillonné pendant six semaines la France. De nos colleurs d'affiches, de notre équipe du chapiteau qui chaque soir a organisé nos meetings. La victoire des plus modestes de nos militants qui n'ont compté ni leur temps ni leur argent, pour que partout, dans chaque village, chaque chemin, nos cassettes, nos tracts, nos affiches, notre message, notre combat, notre foi soient présents.

A tous merci! Merci aux 5 millions de Françaises et de Français qui ne s'en sont pas laissé conter. Qui ont su résister au matraquage des faux sondages, de la manipulation médiatique, de l'intimidation, des man¿uvres. Non, Messieurs les candidats " principaux ", vous n'avez pas réussi à étouffer la voix de la France, 1a voix du. bon sens, la voix de la vérité, la voix de la Patrie.

C'étaient déjà les voix qu'avait entendues et suivies Jeanne d'Arc. Quelle fantastique permanence dans notre pays. Les siècles peuvent passer, les Ganelon se multiplier, les évêques Cauchon se déplacer de Rouen à Evreux, de place de bûcher en rue du Dragon, rien n'y fait, le souffle de la France est plus fort avec son génie, son courage, son enracinement, sa volonté, sa lucidité.

Je vous en remercie tous. Ils nous donnaient disparus, nous sommes là. Et pour longtemps. Et demain encore plus nombreux parce qu'arriveront, parce que vont arriver ceux que l'on a égarés, peut-être même de bonne foi, dans les chemins creeux des bocages de Vendée et dans les culs-de-sac des partis impuissants et corrompus. Je leur tends la main, nous leur tendons la main à ces Français du combat national, à ceux aussi qui demain seront amèrement déçus de s'être encore trompés.

Mais, mes amis, ne nous le cachons pas. Si le Premier-Mai est notre rendez-vous habituel, le rendez-vous de Jeanne, le rendez-vous du travail, des ouvriers, des artisans, des commerçants, des employés, des paysans des terres de France qui font notre levée en masse, ce Premier-Mai est exceptionnel. Exceptionnel par la victoire. Exceptionnel parce que nous allons parler. Et on l'attend, 1a parole du Front national. Le verbe qui était au commencement et qui va être la condition de toute chose.

On attend. Les caméras, les radios attendent.

Vous le savez, mes amis, les Pharisiens, c'était cette secte en Palestine. Ils voulaient tendre un piège à Jésus. L'enfermer dans un choix qu'ils pensaient impossible. Au fond, il y a deux mille ans, Jésus était déjà sommé de choisir. Fallait-il payer l'impôt à César ? Si Jésus répondait oui, dans la Palestine occupée par les armées
romaines, alors il était collabo. Et quelque Rabbin Lau le faisait condamner. Si Jésus répondait non, il refusait d'acquitter l'impôt à Rome. Il était alors résistant et, dans cc cas Ponce Pilate ne s'en lavait plus les mains.

Les Pharisiens croyaient ainsi avoir coincé Jésus. Comme quinze siècles plus tard, Cauchon pensait avoir coincé Jeanne sur le point de savoir si Dieu aime ou non les Anglais.

Vous connaissez l'admirable réponse de Jeanne : J'aime les Anglais... en Angleterre.

Vous connaissez la parabole de Jésus, et ce faisant la réponse. Jésus demanda aux Pharisiens de lui tendre la pièce de monnaie qu'il fallait ou non donner à César, et il interrogea :

" Qu'y a-til sur la pièce ? "

Réponse : "Sur la pièce, i1 y a César. "

Alors jésus conclut : " Il faut rendre à César ce qui est à César. "

Les Pharisiens d'aujourd'hui nous somment de choisir entre Chirac et Jospin.

Je leur dis : Tendez-moi Jacques Chirac. Laissez-moi le regarder. Qu'il 'y a-t-il au recto ? Qu'y a-t-il au verso ?

Au recto, je vois le oui à Maastricht. Avec une campagne de plusieurs semaines pour obliger la France à se faire violence, à voter contre ses intérêts. Au recto, je vois Schengen. Je vois l'Europe fédérale, je vois la monnaie unique, je vois l'oligarchie de la banque centrale européenne de Francfort, je vois l'abandon de la souveraineté de la France.

Au verso de la monnaie chiraquienne, je vois le GATT. l'abandon de nos paysans, la destruction de nos industries, l'effondrement de notre économie, la misère de nos chômeurs, les déchirements de notre société entre la caste des privilégiés et le peuple au SMIC, le peuple au chômage. le peuple dans l'insécurité, le peuple oublié, la France abandonnée.

Eh bien, puisque au recto, c'est le parti de l'Europe fédérale, puisque au verso; c'est le parti du mondialisme, il faut rendre à l'Europe fédérale ce qui appartient à l'Europe fédérale, il faut rendre au mondialisme ce qui appartient au mondialisme. Il faut rendre Jacques Chirac à sa famille, il faut rendre Jacques Chirac au parti de l'étranger.

Même si nous pouvions ne pas avoir oublié les calomnies dont cet homme et son entourage nous ont abreuvés, le mépris qui nous a été opposé, les mensonges blessants, les méchancetés sans nom, le harcèlement, les sous-entendus perfides, les insinuations permanentes, quand ce n 'étaient pas les accusations ouvertes, 1'insolence des petits marquis et celle des éléphants RPR et surtout le mépris témoigné à nos électeurs décrits comme des débiles ou comme des minus, quand on ne les comparait pas à des nazis.

Tout cela, mes amis, vous l'avez enduré, nous l'avons enduré chacun à son niveau, dans les conseils municipaux, les conseils régionaux, à l'Assemblée nationale, de 1986 à 1988, où l'on avait dressé contre nous le " cordon sanitaire ", au Parlement européen, sur les plateaux de télévision. En tous temps, depuis dix ans, en tous lieux, jamais Jacques Chirac et pire encore ses adjudants n'ont eu de mots assez durs contre nous, contre les nationaux, contre les patriotes, contre les soldats de la France.

Nous pourrions ne pas avoir oublié, nous pourrions ne pas pardonner. Mais notre mansuétude est immense. Nous n'utiliserons pas la formule récente du Rabbin Lau opposé à un autre Jean-Marie, Lustiger, qui pourtant irait si bien à Jacques Chirac. Je vous rappelle cette formule qui était il. y a une semaine dans
tous les journaux : il a trahi son peuple, sa nation et sa foi.

Jacques Chirac n'a-t-il pas en effet trahi son peuple ?

Et d'abord le peuple des paysans de Corrèze; du Limousin, les paysans de France à qui il avait promis que jamais l'Espagne ne rentrerait dans 1'Union européenne. Et c'est lui qui l'a fait rentrer en 1986 lorsqu'il était premier ministre. A qui il avait promis que pas un seul hectare ne serait mis en jachère, pas un seul cep de vigne ne serait arraché. Et c'est lui qui vote avec sa majorité RPR, en décembre 1994, l'autorisation de ratification du GATT destructeur, du GATT de l'anéantissement du monde paysan.

N'a-t-il pas trahi le peuple des commerçants, des artisans et des chefs d'entreprise. en leur imposant la taxe professionnelle, car c'est lui qui l'a créée en 1975, lorsqu'il était, il y a déjà 20 ans, premier ministre.

N'a-t-il pas trahi le peuple des plus humbles, le peuple des plus pauvres, le peuple des chômeurs lorsqu'en acceptant la suppression. des frontières, la délocalisation des emplois et la surfiscalité qui étouffe l'initiative et les entreprises, il a créé les conditions du chômage, et ce faisant celles de la misère.

Est-il l'homme du social ? Dis-moi qui t'a rallié, et je te dirai qui tu es.

Qui a rallié Jacques Chirac : Pierre Bergé, le PDG de Saint-Laurent, la maison de couture où vont s'habiller qui ? En tout cas pas les 800 000 femmes françaises au SMIC. Qui l'a rallié, sinon Frédéric Mitterrand, Pascal Sevran, André Glucksman, les symboles de la gauche caviar, celle précisément qui pleurniche sur le malheur du monde dans le foulard griffé Yves Saint-Laurent.

Parce que c'est ainsi que Jacques Chirac a toujours traité le peuple de France, lui préférant toujours le peuple des étrangers avec par exemple la loi sur le regroupement familial de 1975, la carte de séjour de dix ans renouvelable, la naturalisation automatique et tous les avantages sociaux.

C'est vrai aussi que la formule du Rabbin Lau : " il a trahi sa nation " lui irait si bien, lui, soit-disant héritier du général de Gaulle, lui qui, avec Maastricht et le GATT, est allé déposer notre souveraineté aux pieds de 1'Allemagne, des Etats-Unis, du Japon, des multinationales, des grands financiers transnationaux, aux pieds des Templiers des temps modernes.

Parce que dans ce grand combat de la France commencé il y a 1 500 ans et symbolisé notamment par le roi de marbre, Philippe le Bel, Jacques Chirac a choisi son camp. celui du Saint Empire Européen Maléfique.

Mais pire, après son peu le, le peuple de France, après sa nation, la nation française, n'a-t-il pas trahi sa foi ?

Jacques Chirac, même le Saint, Père est venu vous rappeler à la veille du premier tour, avec l'Evangile de la vie, qu'une majorité politique, fût-elle RPR, ne peut transgresser la loi naturelle, vous qui avez été le chef du gouvernement qui avez imposé la loi Veil sur l'avortement légalisé. Si l'on peut tout pardonner, même les offenses, et aucune au Front national ne nous a été épargnée, un croyant ne peut pas donner son accord, ne peut pas apporter son soutien à cette négation de l'éthique, à cette monnaie politique dont le métal n'est pas franc.

En va-t-il différemment pour Lionel Jospin ? Que l'on nous tende aussi la pièce.

Au recto comme au verso, c'est toujours, là encore, Maastricht, c'est toujours le GATT, toujours le renoncement, c'est toujours le parti de l'étranger. Mais il est vrai que de ce camp on n'attendait pas mieux. Pour un ancien trotskiste; pour un ancien internationaliste, la suppression des frontières allait de soi. Ce camp-là n'a jamais aimé réellement le peuple, n'a jamais aimé la nation et n'a jamais eu la foi. Ce camp-là est celui du matérialisme et de l'internationale.

Il faut rendre à l'internationalisme mondialiste ce qui appartient au mondialisme. Il faut rendre Lionel Jospin à son camp, il faut rendre Lionel Jospin à Delors, à son parti. marxiste, eurofédéraliste, là aussi le parti de l'étranger.

Qu'il le veuille ou non et même s'il l'a accepté sans bénéfice d'inventaire, l'héritage de 14 ans de socialisme mitterrandien s'attache â lui comme une tunique de Nessus. Lui aussi, comme Chirac, est un travailliste à la française; un social-démocrate, haut fonctionnaire, issu du même moule bureaucratique de l'ENA.

Alors même que les résultats du premier tour constituaient une énorme déception pour Chirac et qu'il ne représentait qu'un électeur sur six, c'étaient de véritables déclarations de guerre qui étaient lancées sur les ondes par Chirac et ses lieutenants. Celui-ci nous avait déjà dénoncés naguère comme " un ramassis de pétainistes, de nazillons et d'OAS ". Alain Juppé futur premier ministre, dont les propos ont révolté le soir du premier tour, a déclaré : " La question d'une discussion avec le Front national est tranchée depuis longtemps. " Depuis longtemps ? Probablement depuis le jour où Chirac s'était engagé auprès d'une organisation étrangère à toujours combattre le Front national.

François Baroin, porte parole : " Il n'y aura pas de clin d'¿il en direction du FN et pas d'accord avec Jean-Marie Le Pen. "

Pierre Lellouche, conseiller diplomatique : " Il est totalement inacceptable d'échanger les faveurs d'un quarteron de xénophobes racistes et nostalgiques de Vichy contre un retour à la proportionnelle. "

L'avocat Arno Klarsfeld appelle à voter pour Chirac. " Qui, dit-il, jusqu'à preuve du contraire est le seul candidat à s'être opposé au Front national non seulement par des mots mais par des actes politiques significatifs. "

Toutes positions qu'éclaire le mot d'ordre du CRIF aux deux candidats le 26 avril, " de renoncer clairement à introduire la proportionnelle dans le cadre d'élections législatives ".

Séguin déclarait : " Pourquoi voulez-vous que Le Pen laisse élire Chirac qui représente pour lui la fin du Front national ?" Et c'est vrai que les Chiraquiens n'ont pas caché leur intention de supprimer 1a proportionnelle aux régionales et aux municipales. Sur Radio Shalom : " Les Chiraquiens sont en désaccord fondamental sur les solutions et sur les approches du pays avec le Front national.

Pour toutes ces raisons, mais aussi parce que les millions d'électeurs du Front national n'en peuvent plus d'être méprisés, insultés et exclus par les Tartuffe, les Basile du sang contaminé, des fausses factures, du racket, du trafic d'influence, par les pseudo-moralistes assis sur leur argent sale, par les eunuques du sérail.

Qu'il soit bien clair et je suis sûr à cette minute d'interpréter très le sentiment très fort non seulement des quatre millions et demi d'électeurs et d'électrices du Front national, mais de millions d'autres. Nous entendons, nous exigeons d'être respectés comme des nationaux dans la Patrie dans laquelle nous sommes fiers d'être des indigènes, comme des citoyens dans la République et dans la démocratie.
(¿)
J'attends donc des deux candidats lors de leur débat qu'ils répondent clairement à cette question : Considèrent-ils les électeurs du Front national, les candidats et le mouvement auquel ils font confiance comme des Français à part entière ?

Puisqu'ils sont en désaccord total avec nous sur les politiques à mener pour régler le problème du chômage, de l'immigration, de l'insécurité, du fiscalisme, de la corruption, sont-ils prêts au moins à ce que ce débat d'adversaires se déroule démocratiquement et donc à s'engager à lui garantir les mêmes droits relativement à la représentation politique à tous les niveaux, au financement public des partis, à la présence dans les médias ?

Le chois qui s'offre à nous est détestable. Il ne comporte aucune issue favorable pour la Francs.

Le peuple français est acculé à choisir entre deux hommes de gauche, tous deux du parti de l'étranger.

Pour l'un d'eux, c'est clair, il est de gauche et s'en réclame. S'il échoue -et il échouera- l'échec sera imputé à la gauche.

Pour l'autre, c'est trouble car c'est aussi un homme de gauche, qui a fait et fera une politique de gauche sous un masque de droite. S'il échoue -et il échouera- l'échec sera imputé à la droite.

Ni l'un ni l'autre n'ont infléchi leurs discours et leur programme après le premier tour. Pour nous, disons-le clairement, Chirac, c'est Jospin en pire.

Dans ces conditions, je ne peux ni ne veux vous recommander de voter pour l'un on l'autre des deux candidats résiduels.

Alors je laisse à chacun sa liberté et sa responsabilité de vote en fonction de ses origines, de ses sympathies ou de ses antipathies.

Pour ma part, et pour laisser une ultime chance aux candidats, je ferai connaître mon vote personnel au lendemain du débat du 2 mai.

Parce que ce débat est truqué, qu'il ne constitue qu'un épisode que l'histoire jugera secondaire, parce que, quel que soit l'élu du deuxième tour, on sait à l'avance qu'il ne résoudra aucun des problèmes dramatiques qui se posent à la France : ni le chômage, ni l'immigration, ni l'insécurité, ni le fiscalisme, ni la dénatalité, ni la corruption, ni le naufrage moral, parce que l'un et l'autre ont trempé dans l'immonde scandale du sang contaminé, l'un comme chef du gouvernement, l'autre comme député de la majorité socialiste. Parce que l'un et l'autre sont d'accord pour mettre fin à l'Histoire de France, à la Nation française, à la République française et qu'ils sont donc de ce fait, comme le fut Isabeau de Bavière, des tenants de Maastricht, du parti de l'étranger.

Parce qu'ils sont l'un le chef, l'autre un des lieutenants des partis les plus corrompus de France.

Parce qu'il s'agit d'un combat de nains, non pas de nains de jardin comme Hue coco mais nains de cour, qui n'ont à eux deux que 44 % des suffrages du ler tour, alors qu'il y eut 49 % des Français pour voter contre Maastricht.
(¿)
Nous n'avons aucune responsabilité dans la situation dramatique du pays. Nous nous sommes battus avec détermination pour avertir le peuple des dangers. Mais les candidats de l'Etablissement, en monopolisant les médias grâce aux trucages des sondages,. ont étouffé la voix de la vérité.

Mais les problèmes demeurent, ils s'aggravent jour après jour, et quel que soit le candidat élu il sera impuissant à en résoudre un seul. Comme il s'agit de la France, de son peuple, de leur avenir et de leur survie, nous ne pouvons évidemment pas nous contenter de regarder passivement ce désastre annoncé.

Les élections municipales vont avoir lieu dans un mois et peut-être, si monsieur Jospin est élu, les élections législatives , puisqu'il a annoncé son intention de dissoudre l'Assemblée " introuvable ".

Nous serons présents dans 600 villes et dans toutes les circonscriptions législatives.

D'ores et déjà, nous appelons au rassemblement de ceux qui n'acceptent pas la logique de mort des candidats de la décadence.

L'heure n'est pas à la démobilisation mais à la mobilisation. Comme l'on dit au rugby, il faut maintenant transformer l'essai du 23 avril.

Nous le disons à tous les Français de cette France que sauva Jeanne d'Arc, à tous ces travailleurs de France, de la terre et de la mer, des champs, des villages et des villes, que nous allons leur redonner dans la vie, dans les cités, dans les métiers, dans la République, la place qui doit être la leur, la première.

L'avenir commence demain, dans le grand rassemblement des Français pour la France : vous en êtes les premiers militants, d'autres, beaucoup d'autres vont venir. Je leur tends la main, je leur montre la voie, c'est celle de Jeanne.

Le Front national n'est pas le parti de la droite, il est le parti de la France.

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