Interview de M. Alain Juppé, Premier ministre, à France 3 le 28 juin 1995, sur la politique de l'emploi et les mesures gouvernementales pour lutter contre le chômage de longue durée. | vie-publique.fr | Discours publics

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Interview de M. Alain Juppé, Premier ministre, à France 3 le 28 juin 1995, sur la politique de l'emploi et les mesures gouvernementales pour lutter contre le chômage de longue durée.

Personnalité, fonction : JUPPE Alain, CAVADA Jean-marie.

FRANCE. Premier ministre

ti : - EXTRAITS -

Q - Je voudrais terminer cette émission Monsieur Juppé en parlant de l'Europe. Le sommet de Cannes vous a-t-il satisfait et est-ce que les Accords de Schengen qui prévoyaient qu'un système de contrôle à l'intérieur d'un nombre et d'un groupe de pays limités serait effectué vous satisfait, ou est-ce que vous allez demander à surseoir ?

R - Le sommet de Cannes a permis d'aboutir à de bons résultats dans un certain mombre de domaines. Je voudrais en citer un seul qui est important pour l'avenir et qui concerne les relations de l'Union européenne avec les pays qui l'entourent, l'Est, la Méditerranée, l'Afrique.

Notre intérêt - j'en reviens à ce que nous disions sur le Front national en commençant - notre intérêt, c'est que les pays pauvres deviennent moins pauvres et se développent pour garder leur population et pour cela il faut les aider.

Eh bien nous avons obtenu et c'est la France qui l'a obtenu avec beaucoup de ténacité - je peux vous dire que j'ai été obligé, à plusieurs reprises, de faire un clash dans mes fonctions de ministre des Affaires étrangères avant le mois de mai - nous avons obtenu que l'Europe maintienne son effort envers ces pays qui ont besoin de notre solidarité.

Voilà un succès important de Cannes.

En ce qui concerne Schengen dont vous parliez, là aussi les choses sont tout à fait claires. Moi je suis pour Schengen si Schengen améliore la sécurité à nos frontières et si Schengen permet de mieux lutter contre l'immigration clandestine.

Or, que constatons-nous au bout des trois premiers mois de fonctionnement de Schengen ?

C'est que ça ne marche pas comme ça devrait marcher. Les contrôles aux frontières externes de la Communauté ne sont pas bons. Sans entrer dans le détail, je peux vous dire que la façon dont les visas sont délivrés dans certains consulats à travers le monde, par nos partenaires, ne permettent pas de bien vérifier que nous n'accueillons pas en Europe des immigrés clandestins indésirables.

Alors, j'ai donné pour instruction aux ministres compétents, demain, lors de la réunion qui doit se tenir, de dire à nos partenaires que ça ne marche pas suffisamment bien pour que nous entrions dans la période finale. Nous demandons donc de poursuivre pendant six mois encore la période intermédiaire, de manière à perfectionner le système et à mieux le tester. Je crois que c'est une mesure de sagesse et de précaution.

(Source http://www.diplomatie.gouv.fr, le 11 octobre 2002)

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