Allocution de M. François Mitterrand, Président de la République, en remerciement au Groupe d'intervention de la gendarmerie nationale, pour son intervention dans la prise d'otages d'un avion d'Air France en provenance d'Alger, Paris le 27 décembre 1994. | vie-publique.fr | Discours publics

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Allocution de M. François Mitterrand, Président de la République, en remerciement au Groupe d'intervention de la gendarmerie nationale, pour son intervention dans la prise d'otages d'un avion d'Air France en provenance d'Alger, Paris le 27 décembre 1994.

Personnalité, fonction : MITTERRAND François.

FRANCE. Président de la République

Circonstances : Réception du Groupe d'intervention de la gendarmerie nationale (GIGN) après la libération le 27 décembre 1994 des passagers d'un avion d'Air France pris en otage à Alger le 24

ti : Messieurs,
- Je tenais, en présence de M. le ministre de la défense, à vous recevoir dès ce matin pour bien marquer la gratitude que doit la Nation à son armée et particulièrement aux troupes de la Gendarmerie et au GIGN qui ont été au coeur de l'action.
- Vous imaginez combien vous étiez porteurs d'espoir, combien dépendaient de vous les conclusions qu'en aurait tiré la France. Il vous a fallu beaucoup de courage. Cela ne m'a pas étonné : je vous connais depuis longtemps et j'ai fait appel au GIGN à tout moment et les conditions particulièrement périlleuses, l'extraordinaire difficulté de la tâche par l'obligation où vous vous êtes trouvés d'agir rapidement, en ayant tout juste le temps d'examiner les conditions de votre action, ont montré une détermination qui ne m'a pas étonné et qui devait être soulignée comme je le fais ce matin.
- La Nation vous doit beaucoup. Vous êtes le plus souvent à la peine. Laissez-moi vous dire la joie que j'ai de vous dire que vraiement vous êtes aujourd'hui à l'honneur ; non sans mal, sans peine et sans douleur : plusieurs de vos camarades ont été blessés, certains grièvement. Deux des blessés sont parmi nous, les autres n'ont pu venir. Vous leur direz, vous qui les commandez, ma reconnaissance. Nous avons eu là l'exemple type de ce que peut une troupe d'élite dès lors qu'elle est formée à cet effet, qu'elle se soumet d'elle-même à une stricte discipline, qu'elle s'oblige à un entraînement de tous instants. Vous êtes à la disposition du pays au risque de vos propres vies. Je peux dire que ce qui s'est passé hier a illustré mes propos plus que je ne saurais l'imaginer et j'éprouve un sentiment particulier d'émotion et de reconnaissance à l'égard d'un groupe qui se trouve presque toujours au coeur de l'action, et qui à cause de cela se trouve parfois contesté, discuté, alors que la preuve est faite que les méthodes et l'esprit qui l'animent sont au plus haut niveau de la Nation.
- Je remercierai naturellement les chefs mais je remercierai de la même façon chaque homme, chacun d'entre vous, chacun de ceux qui prennent part à cette action difficile et dangereuse, non seulement hier mais encore les jours obscurs, les jours ou il ne se passe rien, ou l'on doit s'entretenir l'âme et l'énergie, dans l'espoir d'être utile le jour venu. C'est pour tous ces jours d'attente, de préparation et de patience, que je tiens à vous remercier.
- Monsieur le ministre, vous voudrez bien, vous l'avez déjà fait à votre manière, transmettre au commandement des armées, particulièrement à la Gendarmerie, ce que le pays, par ma voix, veut exprimer aux soldats qui se sont mis à sa disposition avec tant de générosité, de détermination et, il faut le dire, d'efficacité. Voilà pourquoi, dès ce matin, j'ai tenu à vous rassembler. Vos journées prochaines seront vite reprises par le service, mais la joie d'avoir délivré tant de "passagers-otages" avec le minimum de pertes par rapport à ce que nous pouvions imaginer et craindre, n'ôte rien à la douleur ressentie par les familles des passagers qui ont été assassinés et par ceux-là mêmes qui ont été blessés. Notre pensée ira vers eux.
- Ici, au Palais de l'Elysée, Palais de la République, là où se trouve le symbole de l'Etat, je vous dis merci, messieurs | Vous venez de justifier, s'il le fallait, vingt ans d'action d'un corps d'élite dans lequel la France se reconnaît. Tout cela vous est dû. Je vous en remercie.

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