Discours de M. Jacques Chirac, Président de la République. après le décès de deux casques bleus français lors d'un affrontement avec les milices serbes en Bosnie Herzégovine, Vannes le 1er juin 1995. | vie-publique.fr | Discours publics

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Discours de M. Jacques Chirac, Président de la République. après le décès de deux casques bleus français lors d'un affrontement avec les milices serbes en Bosnie Herzégovine, Vannes le 1er juin 1995.

Personnalité, fonction : CHIRAC Jacques.

FRANCE. Président de la République

Circonstances : Cérémonie en hommage solennel aux deux Casques bleus tués en Bosnie le 27 mai 1995, à Vannes le 1er juin

ti : C'est la nation tout entière, qui rend aujourd'hui un hommage solennel et fort à ses soldats morts au combat, morts pour l'honneur de la France et celui de ses armées. Partis pour une mission de paix sur cette terre de Bosnie qui a, depuis plus de trois ans, connu trop de morts, trop de souffrances, ils sont tombés victimes de la haine et de la violence. Leur héroïsme et celui de leurs chefs et de leurs camarades du 3ème Régiment d'Infanterie de Marine et du Régiment d'Infanterie de Chars de Marine qui, le 27 mai à l'aube, au prix de lourdes pertes, ont repris d'assaut la position qui leur avait été enlevée par des manoeuvres déshonorantes, a permis d'afficher aux yeux du monde une détermination et un courage qui leur valent notre respect, le respect de tous. La reprise du pont de Verbania restera dans la mémoire de nos armées comme un symbole, celui de la dignité retrouvée, du refus de toutes les humiliations.
- Marsouins Amaru et Humblot, nous sommes réunis autour de vous pour vous exprimer le respect et la reconnaissance de la nation. A vos familles et à vos camarades, j'exprime mon émotion profonde et la part que je prends au malheur qui les frappe. Je sais ce qu'ils ressentent. Et je leur dis simplement : soyez fiers d'eux, comme je le suis, comme les Français le sont.
- En cet instant si douloureux, je pense aussi à nos quatorze blessés, à nos soldats retenus en otage et à leurs proches. Je partage leur épreuve et je leur dis aussi ma détermination. La France ne tolérera plus que ses soldats soient humiliés, blessés ou tués impunément par ceux qui ont choisi de s'opposer à leur mission de paix et de protection des populations.
- Notre présence militaire en Bosnie est fondée sur une idée simple et forte : la sécurité de l'Europe se joue aujourd'hui dans cette région. Nous n'accepterons pas non plus le retour de la haine ethnique et de la barbarie sur le continent. Les Marsouins Amaru et Humblot, réunis devant nous dans les plis de notre drapeau, sont morts pour une certaine idée de la France, une France debout dans l'épreuve, une France qui refuse de s'abandonner à la fatalité ou à l'irresponsabilité. Associant aujourd'hui dans leurs personnes la France d'outre-mer et la province métropolitaine, ces deux soldats sont le symbole de ce que la jeunesse française est capable de donner pour la liberté et la paix.
- Au moment où je m'incline devant leurs parents et leurs amis, j'exprime à ceux qui poursuivent leur mission, ma totale confiance et mon affection. Ils sauront être dignes de leurs camarades. Marsouins Amaru et Humblot, votre souvenir ne nous quittera pas. Vous méritez la reconnaissance de la communauté internationale tout entière. Je suis ici pour vous dire l'admiration et la fidélité du peuple français.

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