Déclaration de M. Pierre Moscovici, ministre délégué aux affaires européennes, sur la coopération culturelle, linguistique et scientifique entre la france et la Moldavie, et sur la prochaine admission de la Moldavie au groupe des pays ayant le français en partage, Paris le 8 septembre 1997 | vie-publique.fr | Discours publics

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Déclaration de M. Pierre Moscovici, ministre délégué aux affaires européennes, sur la coopération culturelle, linguistique et scientifique entre la france et la Moldavie, et sur la prochaine admission de la Moldavie au groupe des pays ayant le français en partage, Paris le 8 septembre 1997

Personnalité, fonction : MOSCOVICI Pierre.

FRANCE. Ministre délégué aux affaires européennes

Circonstances : Visite officielle de M. Petru Lucinschi, président de la république de Moldavie ; dîner offert en son honneur au quai d'Orsay à Paris le 8 septembre 1997

ti : C'est un honneur pour moi, et ausi je l'avoue, une première, d'accueillir aujourd'hui au Palais des Affaires étrangères le chef de l'Etat d'un pays ami de la France. Et je ne crois pas travestir la réalité en affirmant que la France est chère au coeur de beaucoup de Moldaves.

C'est un honneur, mais aussi un plaisir tout particulier que de vous recevoir ici pour votre première visite officielle en France et je me réjouis de la présence de Mme Lucinschi à cette occasion.

J'ajoute que c'est un honneur plus particulier car je suis moi-même d'origine roumaine et j'ai découvert ce matin que j'étais un peu moldave.

Votre venue à Paris est le signe, Monsieur le Président, de notre volonté commune de renforcer nos relations bilatérales. Je note qu'elle correspond, à quelques semaines près, avec l'ouverture à Paris d'une ambassade de Moldavie, dont nous nous réjouissons.

Tout comme nous ne pouvons que nous féliciter que celle-ci soit dirigée par un ambassadeur qui assumait jusqu'à une date récente les fonctions de ministre des Affaires étrangères de votre pays et dont la maîtrise de notre langue et la francophilie nous sont bien connues. Je salue sa présence parmi nous ce soir. Elle augure d'un développement encore plus important des relations entre la France et la Moldavie.

Nos relations politiques s'étoffent rapidement. Un membre du précédent gouvernement français, Mme Margie Sudre, secrétaire d'Etat à la Francophonie, s'est rendue à Chisinau en décembre 1995. M. Popov, en qualité de ministre des Affaires étrangères, a été reçu à Paris au mois de juin 1996 ; vous-même, Monsieur le Président, avez séjourné deux fois en France lorsque vous exerciez les fonctions de président du Parlement moldave, vous voilà de nouveau à Paris, à présent, en tant que chef d'Etat. Ce cours des choses est naturel car il existe entre nos pays de très fortes affinités. Celles-ci s'expliquent notamment par nos origines latines communes. L'un de vos grands écrivains, Vasilu Alexandri soulignait déjà, au milieu du siècle dernier, " la conformité de caractère, de goût et d'idées entre Français et Moldaves ". La poétesse Julia Hasdeu voyait en la France sa seconde patrie. Malgré les divisions qui ont marqué l'Histoire de l'Europe, vous avez su garder un lien tout particulier avec la France, sa culture et sa langue. Cette relation spéciale crée l'étonnement et suscite l'admiration de tous ceux qui découvrent votre pays et son peuple si communicatif et si accueillant.

La coopération culturelle, linguistique, scientifique et technique, a, c'est une évidence, un rôle essentiel à jouer dans l'approfondissement de notre connaissance mutuelle. Au Sommet de Hanoï en novembre prochain, la Moldavie sera admise en tant que membre plein dans le groupe des pays ayant le français en partage et nous nous en réjouissons

Une coopération importante avec les organismes de la Francophonie se met en place. Tour à tour, les responsables de l'Association des universités partiellement ou entièrement de langue française (AUPELF), de l'Association de coopération culturelle et technique (ACCT), des représentants de l'Association des maires francophones se sont rendus à Chisinau. Nous espérons que cette action, jointe à celle que nous menons bilatéralement permettra à la langue française de conserver des positions suffisamment fortes pour contribuer à l'avenir au développement de nos liens d'amitié et de notre coopération

La France souhaite mettre à profit cet atout linguistique pour participer activement à la formation des cadres d'entreprise et des responsables de l'administration.

S'agissant enfin de nos échanges économiques, notre coopération est très ancienne puisque c'est à la fin du siècle dernier que Gustave Eiffel dressait les plans du pont métallique qui, de nos jours encore, relie les rives moldave et roumaine du Prut, près de Unghen. Il nous appartient de donner un nouvel élan à cette coopération, qui n'est pas à la hauteur de nos relations culturelles, linguistiques et scientifiques, et je crois que nous sommes sur la bonne voie.

Après un départ modeste, je constate en effet avec satisfaction que nos échanges commerciaux se densifient. France Télécom vient de remporter, dans le cadre d'un consortium, un appel d'offres pour la création d'un réseau GSM de téléphones mobiles ; des perspectives intéressantes s'ouvrent dans le domaine de l'énergie. Dans celui de l'agriculture, un potentiel de coopération important existe. Il mériterait d'être davantage exploité. Vous avez parlé à plusieurs reprises des vins français, choix économiquement pertinent et oenologiquement impératif !

Je relève avec plaisir que la Moldavie se fait plus présente sur nos marchés. Après la participation remarquée de vos industriels au Salon du Bourget, c'est, cet automne, à la foire de Marseille que votre pays sera représenté

Votre volonté de préserver votre indépendance et votre identité fait naturellement l'admiration de la France. Nous en avons parlé et vous avez évoqué cette question avec le président de la République et le Premier ministre. Vous pouvez compter sur le soutien de la France dès lors qu'il s'agit d'affirmer votre souveraineté et de conforter votre intégrité territoriale. Nos représentants ne manquent pas de l'exprimer dans les organisations internationales et en particulier à Vienne, dans le cadre de l'OSCE. De même, ne pouvons-nous que vous encourager à persévérer dans la mise en oeuvre des réformes que vous avez courageusement entreprises pour édifier dans votre pays un Etat de droit, créer une économie ouverte et moderne, en vue d'accélérer l'intégration de la Moldavie dans la communauté internationale et, au premier chef, au coeur de l'ensemble européen.

Je suis persuadé que votre visite marquera une étape très importante dans les relations entre nos deux pays.

Permettez-moi, Monsieur le Président, de lever mon verre en votre honneur, en l'honneur de Mme Lucinschi, au bonheur du peuple moldave et à l'avenir de l'amitié franco-moldave.

(source http://www.diplomatie.gouv.fr, le 25 octobre 2001)

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