Allocution de M. Jacques Chirac, Président de la République, sur les relations bilatérales franco tchèques et sur l'élargissement de l'Union européenne et de l'OTAN à la République Tchèque, Prague le 2 avril 1997. | vie-publique.fr | Discours publics

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Allocution de M. Jacques Chirac, Président de la République, sur les relations bilatérales franco tchèques et sur l'élargissement de l'Union européenne et de l'OTAN à la République Tchèque, Prague le 2 avril 1997.

Personnalité, fonction : CHIRAC Jacques.

FRANCE. Président de la République

Circonstances : Voyage officiel en République Tchèque les 2 et 3 avril 1997 ; allocution devant la communauté française au Rudolfinum à Prague le 2

ti : Mes Chers Compatriotes,
- Je suis heureux d'être à Prague, particulièremement de vous voir si nombreux. Je suis très sensible au fait que toutes et tous vous ayez pris la peine, malgré une heure qui n'est pas forcément la meilleure, de vous déplacer et je vous en remercie.
- Et en saluant chacune et chacun d'entre vous et notamment nos trois délégués au Conseil supérieur des Français de l'étranger. Je voudrais remercier notre Ambassadeur et son épouse qui a organisé ce voyage et notamment cette réception.
- Je voudrais remercier ceux qui m'ont accompagné, les ministres qui notamment pour ce qui concerne la Justice et l'Intérieur, ont signé des accords importants qui sont un lien de plus entre nos deux pays. Ils l'ont fait tout à l'heure en présence du Président Havel ; nos parlementaires qui sont ici, en particulier nos Présidents des groupes d'amitiés, très actifs et qui devraient l'être encore plus à leur retour, du Sénat et de l'Assemblée nationale, le Président de la région Bourgogne, M. Bazin, dont la région sous son impulsion est extrêmement active dans ses relations avec la République Tchèque, nos parlementaires européens aussi.
- Je suis heureux que mon épouse ait pu m'accompagner, dans la mesure ou elle est très attachée à Prague. Dès le lendemain, à peine la "Révolution de velours" était-elle terminée qu'elle avait créé ici une Fondation qui s'appelle le "Pont Neuf" et qui pratique des échanges importants entre lycéens, étudiants, médecins et chercheurs tchèques et français, qui est une Association extrêmement active. Je remercie Marie-Thérèse Hermange et Stanislas Pierret du rôle qu'ils ont eu dans cette association, ce qui permet à ma femme de venir ici beaucoup plus souvent que moi, je crois que c'est son sixième ou septième voyage et au fond elle a bien de la chance car Prague est une superbe ville, ce n'est pas à vous naturellement que j'ai besoin de le mentionner.
- Nous venons d'avoir de longs entretiens avec le Présient Havel, dont chacun sait l'estime dont il jouit en Europe en général, et en France en particulier. Et ceci m'a permis de mieux apprécier la nature des liens qui sont et surtout qui doivent être les nôtres.
- La République Tchèque et la France ont eu une très longue tradition d'amitié, de confiance, de culture commune, une vision identique de l'homme de sa place dans la société. L'histoire les avait un peu partagés, à la suite du honteux accord de Munich, à la suite des événements de 1948, de 1968, nous avons été un peu séparés. Depuis 1989, depuis le retour ici de la démocratie sous l'impulsion notamment du Président de la République Tchèque, ces racines qui étaient les nôtres retrouvent leur force et leur vigueur. Et c'est ce qui s'est passé sous l'impulsion de mon prédécesseur, M. Mitterrand, puis sous la mienne maintenant et celle du gouvernement, avec la volonté de resserrer très sensiblement ces liens.
Au fond, je suis venu ici avec un double message, le premier concerne nos relations bilatérales que je souhaite renforcer sur le plan politique. Elles sont déjà excellentes, rien ne nous sépare, aucun contentieux particulier, ni idéologique, ni matériel. Renforcement aussi de nos relations économiques bien entendu. Nous avons de bonnes relations, le Président Havel me faisait remarquer tout à l'heure qu'elles n'étaient pas suffisantes, c'est vrai que la France doit être le cinquième fournisseur, et le sixième investisseur en République Tchèque, ce qui n'est pas à la hauteur de nos ambitions.
- Alors, je sais bien qu'il y a un problème qui est celui du décalage à l'intérieur de notre balance des échanges au bénéfice de la France, et je souhaite, demain, lorsque j'aurai le privilège de rencontrer les hommes d'affaires tchèques et français, encourager vivement les Français à investir et à vendre dans cette République Tchèque, et encourager les responsables économiques, les entrepreneurs tchèques à vendre et à investir dans cette République Tchèque, et encourager les responsables économiques, les entrepreneurs tchèques à vendre et à investir dans notre pays. J'ai compris que c''était un voeu fortement exprimé par les autorités, par le gouvernement de ce pays.
- Puis enfin, nos relations culturelles également avec la création de l'Institut Tchèque à Paris, de la Fondation Tchèco-Française, bref un renforcement constant de nos liens. Et, je voudrais dire à celles et ceux qui ont fait ici le choix de cette République Tchèque qu'ils ont, je le pense, fait le bon choix.
- Je voudrais d'abord vous remercier toutes et tous qui êtes présents ou représentés ici, vous assurer que la volonté commune de nos deux pays est bien de renforcer ces liens et donc de permettre à vous toutes, à vous tous et à d'autres encore de trouver dans les affaires de toutes natures, une satisfaction et un épanouissement que vous méritez par votre action.
Mon deuxième message était naturellement celui qui concerne la vocation européenne de la République Tchèque. J'ai eu l'occasion de confirmer au Président Havel, je le ferai demain au Premier ministre Klaus, que la France soutenait activement l'entrée, chronologiquement, de la République Tchèque dans l'Organisation du Traité de l'Atlantique Nord - l'OTAN - qui devrait être décidée le 8 juillet prochain, lors du sommet de l'Organisation à Madrid ; les autorités tchèques tiennent beaucoup à cette intégration dans l'OTAN. Ce devrait être chose faite à ce moment-là pour une entrée effective dans deux ans, en 1999.
- J'ai également indiqué que la France apporterait un soutien sans réserve à la candidature de la République Tchèque dans l'Union européenne puisque vous savez qu'à partir du 1er janvier prochain, et dans la mesure où, nous le souhaitons tous, la Conférence Intergouvernementale, qui réformera les Institutions de l'Union européenne, pourra conclure au prochain Sommet d'Amsterdam au mois de juin. Alors, à partir du 1er janvier prochain, les procédures d'élargissement de l'Union européenne commenceront et je pense que la République Tchèque, si elle le désire et si son peuple le ratifie, pourrait être membre de l'Union européenne à partir de l'an 2000, comme d'ailleurs la Hongrie et la Pologne.
- Voilà les deux messages que j'ai voulu porter ici. Naturellement ces messages supposent d'être relayés sur le plan politique, économique, culturel. Ils ne peuvent l'être que par les Français qui ont le goût et la vocation d'être les traits d'union entre nos deux nations. Alors c'est à vous que je m'adresse et c'est par conséquent un sentiment de reconnaissance, d'estime, que je voudrais vous transmettre aujourd'hui au nom de notre pays, au nom de ses autorités, un sentiment d'estime et de reconnaissance pour le travail que vous faites et sans lequel naturellement tout le reste ne serait que propos en l'air.
- Je souhaite à chacun et à chacune d'entre vous, et à beaucoup d'autres encore, une réussite et un épanouissement dans le cadre de relations entre la République Tchèque et la France, sereins et renforcés.

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