Déclarations de Mme Dominique Voynet, ministre de l'aménagement du territoire et de l'environnement, sur le développement des régions de Brest et Lorient, la protection de la rade de Brest et le futur parc national marin de la mer d'Iroise, Lorient et Brest le 12 février 1998. | vie-publique.fr | Discours publics

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Déclarations de Mme Dominique Voynet, ministre de l'aménagement du territoire et de l'environnement, sur le développement des régions de Brest et Lorient, la protection de la rade de Brest et le futur parc national marin de la mer d'Iroise, Lorient et Brest le 12 février 1998.

Personnalité, fonction : VOYNET Dominique.

FRANCE. Ministre de l'aménagement du territoire et de l'environnement

Circonstances : Déplacement à Lorient et Brest (visite d'Océanopolis et signature du contrat de baie de la rade de Brest), le 12 février 1998

ti : Mesdames et Messieurs les Parlementaires,
Monsieur le Président du conseil général,
Monsieur le Maire et Président du district de Lorient,
Mesdames et Messieurs.

J'étais ce matin à Brest, avec mon collègue Alain RICHARD, pour présenter l'ensemble des dispositions arrêtées par le Gouvernement en faveur du site de Brest, lors du CIADT du 15 décembre dernier.

Ce n'est pas un hasard si le Gouvernement a retenu Lorient, conjointement à Brest, comme site prioritaire de la politique d'aménagement du territoire. Le fait que ces deux ports aient été, et soient encore, confrontés aux impacts des restructurations de la Défense justifie avant tout ce choix, et explique l'analogie qui existe entre plusieurs mesures qui concernent les deux villes.

Cette visite se poursuit donc naturellement à Lorient, au c¿ur de l'Arc atlantique, afin de faire le point, avec vous, acteurs et partenaires du pays de Lorient, sur la mise en ¿uvre des décisions du CIADT qui vous concernent.

Troisième agglomération de Bretagne, fortement structurée, le pays de Lorient a été vivement touché par la réduction des effectifs de la marine nationale, la fermeture de la base de sous-marins de Keroman, et la restructuration interne de la DCN Lorient. Restructuration qui a provoqué une très forte diminution du plan de charge de la sous-traitance.

Parallèlement, le deuxième grande activité de Lorient, la pêche, a traversé une crise très grave en 1993 et en 1994, dont on ressent encore les effets. Mais Lorient demeure le premier port de pêche de France en quantité de poissons transformés et le premier port de commerce de Bretagne. La visite, que je viens d'effectuer au port de pêche m'a fortement impressionnée : la qualité de ses équipements donne la mesure de son potentiel.

Je connais aussi le dynamisme du pays de Lorient. Je tiens à saluer la forte mobilisation des partenaires de ce pays qui ont su, dans ce contexte difficile, mettre en ¿uvre des stratégies de diversification et de reconversion.

Ce dynamisme est illustré par la stratégie de développement que l'ensemble des acteurs locaux ont élaboré ensemble et qui s'ordonne autour de trois axes :

- assurer le maintien et la modernisation des activités traditionnelles que sont la construction et la réparation navale et la filière halieutique ;
- renforcer la diversification des activités économiques ;
- et améliorer l'attractivité du pays de Lorient ;
Avant de revenir avec vous sur le soutien apporté par le Gouvernement à ces orientations, je voudrais aborder ce qui relève de la reconversion des industries de défense.

Reconvertir les industries de défense

Le CIADT a décidé de valoriser la complémentarité entre les industries navales militaires et civiles. Un protocole d'accord sera signé, dans ce sens, le 31 mars prochain, permettant de mettre à disposition de la réparation navale civile les infrastructures militaires du bassin n° 1, des quais attenants et du site retenu pour le ponton. Ce protocole devrait conforter notablement la filière de la construction navale.

Pour accompagner le processus de reconversion, le Gouvernement a décidé le financement de mesures sociales dérogatoires au bénéfice des salariés de la sous-traitance interne de la DCN à Lorient. Comme en 1997, l'Etat mobilisera cette année les crédits nécessaires que recevra aussi Brest.

Dans le souci de renforcer le tissu économique local, nous avons décidé de délocaliser le service de DCN Ingénierie à Lorient.

L'Etat se propose d'accompagner la reconversion de la base de sous-marin de Keroman. En arrivant à Lorient, j'ai installé la mission de préfiguration de la reconversion du site qui a été confiée par Alain Richard à Monsieur LEBAS. Cette mission, pilotée par l'Etat et les collectivités locales, devra formuler les propositions susceptibles de tirer le meilleur partie de ce patrimoine militaire.

Enfin, la mission offshore que j'ai lancée avec Alain RICHARD et Christian PIERRET, concerne aussi Lorient. En effet, l'examen des conditions de création d'un pôle offshore pérenne, certes basé à Brest, pourrait avoir un impact sur le plan de charge des sous traitants l'orientais, comme ce fut le cas pour le contrat SEDCO 707, ou ceux de AMETHYST IV et SFX I. qui ne sont pas encore terminés.

Maintenir et moderniser les activités traditionnelles

Cela concerne bien évidemment la réparation et la construction navale, mais aussi la pêche.

Dans le domaine de la pêche, il est indispensable de poursuivre et d'améliorer l'entretien des installations et des outils de ce secteur. L'objectif est clair : il s'agit de permettre le développement des infrastructures portuaires, en réalisant les travaux de mise aux normes et d'adaptation aux nouveaux besoins des installations existantes (slipway, quai du Pourquoi Pas, élévateur à bateaux). L'Etat apportera sa contribution à hauteur du tiers des besoins estimés, soit environ 10 MF.

Le préfet a été mandaté pour négocier avec les administrations, les collectivités, les acteurs économiques et financiers, les conditions de l'accompagnement du redressement de la société d'économie mixte de Lorient-Keroman. Dans le cadre de cette mission, les modalités optimales d'acquisition de la gare de marée du port de pêche seront notamment étudiées.

Vous vous êtes rassemblés pour élaborer un projet de charte portuaire. reconnu et pris en considération par l'Etat. Je fais miennes les orientations de cette charte et les mesures que le Gouvernement a arrêtées en CIADT, qui sont toutes orientées vers le développement de l'emploi, vont dans ce sens. M. le Préfet a été mandaté pour signer, avant l'été, cette charte et mettre en ¿uvre, avec les collectivités et les organismes économiques et consulaires, les orientations retenues.

La poursuite de la politique de délocalisation devrait venir conforter certains pôles existants. Ainsi, le CIADT a confié à Jean-Claude GAYSSOT le soin de déterminer, d'ici le 31 mars, les conditions de poursuite de la délocalisation à Lorient des services de l'ENIM (Etablissement National des Invalides de la Marine).

A ce propos, je voudrais rendre hommage à l'Institut maritime de prévention qui réalise, à Lorient, un travail formidable pour réduire les accidents du travail. La pêche connaît l'un des taux d'accidents du travail les plus élevés de France (1 accident par an pour 6 travailleurs dans la pêche, versus 1/8 dans le bâtiment ou 1/20 dans le régime général).

Enfin, je ne serais clore ce propos sur l'activité traditionnelle du port de Lorient sans dire toute l'importance que j'attache à la préservation de la ressource halieutique. La protection de la ressource est le garant de la pérennité de tout le secteur économique et des emplois qui y sont attachés. On ne le dira jamais assez. Le cadre réglementaire européen est inspiré de ce souci d'équilibre entre prélèvement et protection de la ressource. Il est de notre intérêt à tous de s'y conformer, et je souhaite que les pouvoirs publics y contribuent par un travail de surveillance adapté.

La diversification des activités

Je connais votre attachement au développement de l'enseignement supérieur et de la recherche : la création de l'université de Bretagne sud est là pour en témoigner et nous avons déjà soutenu financièrement la création d'un bâtiment de recherche pour cette université. Très dépendant de l'emploi public, Lorient doit cependant poursuivre la recherche de diversification de ses activités. L'Etat, là aussi, y contribuera de façon substantielle.

Il s'agit, en premier lieu, de former davantage, de former mieux et dans des champs plus larges. Le projet de construction d'un centre de formations sanitaires et sociales, sur le Campus universitaire l'orientais, constitue une opération prioritaire, en ayant pour objectif, notamment, l'établissement de passerelles entre l'Université de Bretagne Sud et des organismes de formations supérieures du secteur sanitaire et social. L'Etat participera au financement de ce projet.

Cette action sur l'environnement économique et social est susceptible d'influer sur les conditions d'attractivité pour les entreprises du pays de Lorient. Si le Morbihan a bénéficié de l'accompagnement de la prime d'aménagement du territoire pour la création de 520 emplois en 1997, Lorient n'a pas recueilli un seul de ces projets. Les emplois créés se sont concentrés dans une large mesure sur la filière agro-alimentaire. Un effort tout particulier de la DATAR sera mené en liaison avec le Commissariat Ouest Atlantique pour essayer de drainer de manière prioritaire de nouveaux projets vers le Pays de Lorient. Mais, au-delà de cette action incitative, les mesures d'accompagnement engagées en faveur de la diversification semblent fondamentales.

L'attrait d'un territoire, c'est aussi son image. Il est donc essentiel de poursuivre la valorisation touristique du pays lorientais. En décidant de s'associer aux projets "Thalassa et Haras d'Hennebont", l'Etat entend manifester tout son intérêt à la transformation et au développement d'espaces muséologiques permettant de mettre en valeur tant le patrimoine maritime que le patrimoine rural et agricole.

Voilà, Mesdames et Messieurs, les quelques points que je voulais évoquer avec vous. Grâce à la mobilisation de tous, et je sais que vous êtes mobilisés, le pays de Lorient pourra poursuivre sa modernisation, sa diversification, au service de l'emploi de ses habitants. L'Etat vous y aidera, soyez-en assurés.

Je vous remercie.
Monsieur le Ministre et cher collègue,
Mesdames et Messieurs les Parlementaires,
Monsieur le Président du Conseil Général,
Monsieur le Maire et Président de la Communauté Urbaine de Brest,
Mesdames et Messieurs

Lors du Comité interministériel d'aménagement et de développement du territoire (CIADT), qui s'est tenu sous l'égide du Premier ministre, le 15 décembre dernier, le Gouvernement a décidé de retenir Brest et Lorient comme relevant des priorités de la politique d'aménagement du territoire.

Cette décision s'inscrit dans un contexte de restructuration des industries de défense dont le coût, économique et social, est élevé : la diminution du plan de charge de la Direction des constructions navales (DCN) a touché plus de 1000 emplois de la sous-traitance. Une situation difficile qui exigeait des mesures ambitieuses permettant de valoriser les atouts et les ressources d'une ville comme la vôtre.
Premier atout de Brest, son positionnement géographique. Brest est au carrefour de routes maritimes très fréquentées. Sa rade, la deuxième au monde par son étendue, voit se succéder la technopole Brest-Iroise, le port maritime et l'arsenal, les activités portuaires qui reposent sur le commerce, la pêche, mais aussi la plaisance ; enfin, elle abrite le complexe de réparation navale et Océanopolis, le centre culturel scientifique.

Deuxième atout, les emplois très qualifiés dont dispose la région du fait de son positionnement dans les secteurs de haute technologie. Au delà des grands donneurs d'ordre que sont la DCN ou Thomson, c'est tout le réseau étoffé des sous-traitants qui a intégré la démarche qualité, avec un taux de certification très fort. La Technopole Brest-Iroise est une illustration de l'agrégation des capacités du site en matière de d'enseignement, d'innovation, de recherche et de création d'entreprises.

Troisième atout : la forte mobilisation de tous les acteurs. La dynamique locale s'est traduite, depuis plusieurs années, par un engagement des acteurs économiques locaux, des collectivités locales, et des structures déconcentrées de l'Etat, dans une démarche volontariste et partenariale de diversification et de densification industrielle.

Cette démarche concertée a conduit à :
1 - la signature par l'Etat, dès 1988, de la charte de développement de la région brestoise ;
2 - l'éligibilité de la zone aux fonds européens (objectif 2 et programme Konver) ;
3 - la signature, en 1995, d'une charte d'objectifs, entre l'Etat et les collectivités, destinée à conforter les fonctions métropolitaines de Brest ;
4 - la convention de 1996 entre l'Etat et le conseil régional de Bretagne définissant les grands axes d'accompagnement, de redéploiement industriel et de restructuration de défense.
5 - Enfin, un ensemble de propositions de réindustrialisation et de diversification a été arrêté, lors du CIADT, après une concertation locale active. L'Etat a décidé d'accompagner les grands projets qui font l'avenir de Brest et de Lorient. Cet effort représente, pour le court terme, une aide exceptionnelle de 120 MF.

Les mesures décidées visent tant à la reconversion industrielle qu'à la réhabilitation et la valorisation du port et de la ville. Nous sommes venus, Alain RICHARD et moi-même, faire le point sur ces projets, et examiner avec vous leur mise en ¿uvre.

1 - Le renforcement du potentiel économique brestois.
Avec 1/3 des emplois locaux, le secteur de la défense constitue l'un des fondements de l'économie brestoise. C'est pourquoi, le Gouvernement a décidé de réaffirmer la place essentielle de Brest dans le dispositif de défense nationale. Ce dont Alain Richard vous parlera plus amplement.

Développer l'offshore

L'accompagnement du processus de reconversion entamé dans ce secteur s'est traduite par des mesures sociales spécifiques destinées aux salariés de la sous-traitance interne touchés par la réduction d'activité de la DCN. De plus, pour soutenir le plan de charge de la DCN, nous avons trouvé une voie de diversification : il s'agit de l'offshore.

Ces contrats mobilisent la DCN mais également plusieurs entreprises civiles locales comme Bastide, Sobrena, Snef Flux et Mors. Les efforts déployés tant par l'Etat que par les collectivités locales ont été couronnés de succès. Trois marchés successifs ont été remportés : la SEDCO 707, Amethyst IV et SFX I.

Afin de consolider ces résultats et aider à la constitution d'un pôle de compétence off-shore pérenne et compétitif à Brest, l'Etat a décidé la mise en place d'une mission d'expertise, confiée à un industriel, Henri Vincent (ici présent), chargée de formuler les orientations à suivre.

Cette mission devra :
1 - étudier, avant toute chose, si un positionnement durable de Brest sur ce marché est possible ;
2 - proposer la mise en place, d'ici septembre, d'une structure mixte regroupant la DCN et les industriels locaux, afin d'optimiser la gestion des contrats en cours et à venir ;
3 - explorer les perspectives de partenariats industriels plus large, dans une logique d'intégration verticale ;
4 - faire le lien avec la formation et la recherche sur lesquelles cette diversification pourra s'appuyer.

- Coopérer entre civils et militaires
Relancer l'activité portuaire sous-tend aussi une coopération étroite entre le civil et le militaire. C'est pourquoi le CIADT a décidé de mettre à la disposition des industriels locaux les moyens dont dispose la DCN dans le domaine de la réparation et de la construction navale. Un protocole d'accord est en cours d'élaboration sur ce sujet.

- Miser sur la formation
Le renforcement du potentiel économique brestois passe aussi par la formation et l'affirmation des compétences scientifiques et techniques de la région. C'est ainsi que le CIADT a décidé le lancement, dès 1998, d'un centre européen de documentation de la mer, et de créer, à Brest, un pôle sur l'aménagement du littoral, l'environnement côtier et l'océanographie côtière autour de l'IFREMER, en liaison avec l'université de Bretagne occidentale et le nouvel institut universitaire européen de la mer.

En outre, le Gouvernement a décidé la création de deux nouveaux IUP "Ingénierie et Informatique" et "Electronique, Réseaux et Télécoms"), d'une nouvelle filière de formation en ingénierie mécanique au sein de l'Ecole nationale d'ingénieurs de Brest, de centres de ressources en conception assistée par ordinateur (CAO) et en gestion et commerce pour la formation continue et la reconversion des personnels de la DCN. Enfin, un institut d'ingénierie et de sciences de la mer sera créé. Il regroupera les formation post-diplôme d'ingénieur, de la recherche, et des activités de transfert de technologie. Le pôle technologique devrait se trouver renforcé par la poursuite de la délocalisation du centre d'études techniques, maritimes et fluviales, et par les résultats de l'expertise que le CIADT a commandé sur les conditions d'une délocalisation de l'ENSTA à Brest. Une mission a été confiée dans ce sens à Madame BOUTIN, Conseiller Maître à la Cour des comptes, et à M. LEVY, directeur de l'Ecole des mines et président de l'Association des grandes écoles.

J'ai demandé au Préfet du Finistère, en liaison avec les administrations centrales, et au Recteur d'Académie, d'assurer le suivi de la mise en ¿uvre de toutes ses mesures, dans le cadre de la Commission enseignement supérieur innovation recherche du Technopole.

- Aider les PME
Le programme lancé par les chambres de commerce et d'industrie (CCI) pour favoriser la diversification des PME liées à la défense, continuera d'être soutenu par l'Etat. L'accompagnement des projets portés par les entreprises locales bénéficiera de l'appui des sociétés de conversion missionnées par le ministère de la Défense mais également de la SODIE dont le CIADT a décidé d'élargir la zone d'intervention à l'arrondissement de Chateaulin. Enfin, je note que la prime d'aménagement du territoire (PAT) a accompagné la création de 1220 emplois, en 1997, dans les départements du Finistère et du Morbihan.

Je sais que c'est encore trop peu. Mais vous pouvez compter sur nous : mon ministère, avec la Datar et le Commissariat Ouest Atlantique, seront à vos côtés pour attirer sur les sites de Brest et de Lorient les grands investissements. La qualité des filières industrielles que sont, notamment, la mécanique, l'électronique (qui représente plus de 5 000 emplois dans le Finistère) et l'informatique, le permet.
2 - Les aménagements portuaires et urbains
La dynamique économique et sociale de Brest passe également par une revalorisation significative de sa zone portuaire et urbaine. C'est le deuxième volet de mesures adoptées lors du CIADT. Je n'oublie pas que Brest a été gravement détruite au cours de la seconde guerre mondiale et qu'elle a dû reconquérir, progressivement, l'espace urbain et renouer ses liens avec la mer.

- Valoriser l'espace portuaire et urbain
Historiquement, l'activité économique était concentrée sur le port militaire. Il s'agit aujourd'hui d'aménager la zone portuaire pour mettre en valeur l'attrait du site. L'enjeu est double : développer le potentiel touristique tout en reliant, de manière optimale, le port à la ville.

Dans cet esprit, le CIADT a pris une série de mesures pour renforcer les activités portuaires et urbaines. Ainsi, les échanges fonciers, entre le domaine public maritime et la Communauté urbaine de Brest, seront favorisés grâce à une diminution du coût de transfert. Le Gouvernement s'est par ailleurs engagé à ce que le produit de cette transaction soit réinvesti dans des travaux d'aménagement du port et d'entretien du domaine maritime.

Pour valoriser l'espace portuaire, le CIADT a décidé de soutenir le projet de développement du pôle de plaisance et de loisir de Brest inscrit dans le schéma de référence du port. Ce projet se traduit par un programme d'investissements qui permettra de stabiliser une zone de 6 hectares dédiée à l'extension de la zone de plaisance.

Dans le même souci de valorisation de l'espace urbain, nous procéderons, tout à l'heure, avec Alain Richard, à l'installation de la commission Penfeld, présidée par M. le Préfet. Cette commission aura pour vocation d'organiser les échanges d'informations entre l'ensemble des partenaires concernés par l'évolution de cette emprise foncière. La Commission Penfeld étudiera les évolutions prévisibles en termes de constructions et d'activités, de même que les modalités de gestion de cet espace, si cher au c¿ur des Brestois. Un état des lieux devra être remis au Gouvernement au cours du 1er semestre.

- Développer les transports
D'abord, un constat : Brest et le Finistère se sentent loin de Paris. Mais il est au moins un domaine où vous occupez le centre de la carte : les routes maritimes. Le commerce maritime a fait votre richesse, au 16ème siècle, à l'époque de la Duchesse Anne. Aujourd'hui encore, c'est un atout de la Bretagne. Le transport par mer est moderne et écologique, quand il est sérieusement organisé.

Je m'attacherai à ce que, dans les prochains contrats de plan, les efforts de ceux qui proposent des projets à dimension maritime soient récompensés. Dans l'immédiat, le CIADT a décidé de soutenir un projet de plate-forme logistique multimodale afin d'attirer de nouveaux chargeurs. Cette plate-forme nécessite le déplacement de la gare de marchandise au plus près du terminal roulier (rampe permettant le chargement directement dans les bateaux), de manière à offrir un service intégré.

A ce propos, je voudrais souligner toute l'importance que j'attache à la valorisation économique de la façade atlantique : le développement du cabotage côtier est un moyen de renforcer l'intermodalité des modes de transport de marchandise. De manière plus globale, l'Etat a manifesté son soutien aux orientations de la Charte Portuaire de Brest et je mandate M. le Préfet pour la signer avant l'été.

Mais le fret des marchandises n'est pas tout. Il faut aussi améliorer la desserte des transports collectifs. C'est pourquoi, nous avons décidé d'aider, par une subvention d'environ 30 MF, le développement des transports en commun en site propre sur l'axe nord-sud, entre le port, le centre ville et l'hôpital.

- Développer les équipements touristiques de haut niveau
Après son engagement sur la première tranche du projet d'Océanopolis, l'Etat apportera un concours de 13 MF sur 2 ans, à son extension aux milieux polaire et tropical. Je tiens à saluer cet équipement, que je dois visiter tout à l'heure, et qui met en valeur la vie dans les océans et les activités liées à la mer. Avec plus de 300 000 visiteurs chaque année, il s'agit d'un élément structurant de la politique touristique de la région.

Océanopolis est aussi un équipement de culture scientifique et technique. Il donne à voir les spécificités des paysages marins, décrit les écosystèmes, et participe, ce faisant, à la protection des espèces. Je suis très sensible à la qualité d'outils pédagogiques qui donnent la possibilité de découvrir le monde marin, trop souvent inaccessible au plus grand nombre. C'est pourquoi, je vous propose, officiellement, qu'Océnaopolis soit la vitrine du futur parc national d'Iroise qui sera créé d'ici l'an 2000. Je demande au préfet d'élargir le comité de pilotage du parc pour tenir compte de cette complémentarité tout en veillant à ce que les territoires les plus concernés, essentiellement insulaires, conservent une place incontournable dans cette structure.

Enfin, dans le domaine culturel, l'Etat améliorera son apport au fonctionnement du Quartz, un centre culturel dont la double mission locale et nationale présente un grand intérêt pour Brest.

Conclusion
Voilà, mesdames et messieurs, les grandes lignes de notre projet pour Brest. Vous l'aurez compris, ce moment est pour nous historique. Pour la première fois, dans l'esprit des Brestois comme dans celui de l'Etat, le temps est venu d'établir une autre relation entre nous. La monoculture militaire, qui a fait ce qu'est Brest aujourd'hui, cède la place à une diversification des activités, à un enrichissement du partenariat. Beaucoup reste à faire. J'en ai conscience. Mais je suis néanmoins optimiste pour Brest, convaincue de notre approche partenariale et volontariste. Elle a présidé à l'émergence de l'ensemble des projets que je viens d'énumérer. Elle sera précieusement relayée dans les futurs contrats de plan Etat-Région que nous définirons ensemble.

Ne doutez pas, en tous cas, de la volonté de l'Etat de donner à Brest, avec votre appui, la place éminente qu'elle occupa jadis et qui lui revient dans l'Europe demain.
Je vous remercie de votre attention.

Monsieur le Préfet,
Mesdames et Messieurs les Elus,
Mesdames et Messieurs,

Je voudrais vous dire tout le plaisir que j'ai de découvrir Océanopolis. Un centre de culture scientifique et technique de la mer qui se veut aussi espace de loisir ! Pour moi, qui pratique la mer palmes aux pieds - maintenant, bien rarement, il est vrai ! -, c'est un vrai bonheur.

Ce centre symbolise à mes yeux le lien qui doit unir les deux départements de mon ministère : la protection de l'environnement et l'aménagement du territoire.

Océanopolis est un outil d'aménagement important, un phare qui éclaire, pour le grand public, la vocation maritime du Finistère. Et vous savez combien l'océan est porteur d'images, de sens, et de développement, comme on a pu le constater avec les grandes fêtes maritimes, Brest 92 et Brest 96.

Mais c'est aussi une vitrine de l'environnement marin, qui illustre sa richesse comme sa vulnérabilité, et le respect qu'on lui doit. Vous comprendrez que l'extension d'Océanopolis, à laquelle l'Etat contribue actuellement pour 12 MF, ne peut me sembler que très prometteuse.

Attirer le plus grand nombre à la connaissance des richesses de la mer est indispensable pour que les citoyens d'aujourd'hui et de demain comprennent, admettent, leurs responsabilités. Les richesses marines ne sont pas inépuisables. L'émotion ressentie à leur contact et la complexité de cet univers sont, peut-être, une clef nécessaire pour ouvrir sur plus de compréhension, et donc de respect.

En venant à Océanopolis, j'ai l'impression d'entrer un peu dans le futur parc national marin de l'Iroise dont je souhaite dire quelques mots. Grâce à la Bretagne, nous allons bientôt disposer d'un second parc marin, faisant le pendant, en quelque sorte, du parc national marin qui se met en place en Corse.

Ce projet me tient particulièrement à c¿ur puisqu'il s'agit, dans le cadre du développement des côtes du Finistère, de préserver un patrimoine naturel tout à fait remarquable, constitué par l'exceptionnelle diversité des espaces et des espèces.

L'idée de créer un parc national en Mer d'Iroise est née, en 1988, de la réalisation d'une réserve de biosphère à Ouessant et à Molène. Idée qui a ensuite été développée et soutenue par le Parc naturel régional d'Armorique. En 1996, une mission a été mise en place, ici à Brest, pour assurer l'animation du Comité de pilotage qui fonctionne déjà depuis 1991, sous la co-présidence du Préfet du Finistère et du Préfet maritime de l'Atlantique.

Depuis la création de la réserve de biosphère, les travaux menés avec les scientifiques, les élus et les professionnels finistériens ont conduit à étendre en mer la zone d'études. Il s'agissait alors de prendre en compte une entité pertinente, tant du point de vue du patrimoine naturel que de celui du fonctionnement de l'écosystème et de sa protection.

Car c'est bien de la mer dont il s'agit ici. Un parc national marin doit avoir pour première ambition de connaître et de conserver le milieu, au bénéfice de ceux qui y vivent. Je pense notamment aux Ouessantins, aux Molénais et aux Sénans, à ceux qui en tirent leur subsistance, ou qui la fréquentent pour leur seul plaisir. C'est un objectif ambitieux, j'en ai conscience, une première dans l'espace atlantique sous juridiction française.
Aussi est-il essentiel que nous définissions, ensemble, quelles doivent être les missions de ce parc marin que vous mettez en place, dans la concertation, depuis 1991.


Connaître le milieu marin
Il s'agit d'abord d'approfondir les connaissances sur le patrimoine naturel marin de l'Iroise et sur son fonctionnement complexe. Il y a là un champ d'expériences très large car le fonctionnement d'un écosystème marin n'est pas chose facile à découvrir ou à modéliser. Les efforts que vous ferez en Iroise auront, j'en suis sûre, valeur d'exemple sur toute la façade atlantique.

Pérenniser la ressource
Le deuxième objectif est de promouvoir une utilisation durable des ressources naturelles de la mer d'Iroise. A ce sujet, je tiens à saluer l'attitude responsable des pêcheurs et des goémoniers du Finistère et de leurs organisations professionnelles. Vous avez déjà jeté les bases, avec la Mission de mise en place du parc national, l'Université de Bretagne Occidentale et l'IFREMER, d'un programme de recherche et d'actions qui va dans ce sens. Le maintien, à long terme, d'activités économiques comme la pêche ou la récolte d'algues dépend de la manière dont seront gérées les ressources. Le Parc marin de Corse est là pour le montrer : la protection du milieu et l'exploitation des ressources marines ne sont pas deux objectifs incompatibles.

Assurer un développement durable
La mise en place du parc national marin devra également favoriser un développement " durable " des îles d'OUESSANT, de MOLENE et de SEIN. L'appui du Parc naturel régional d'Armorique sera ici indispensable. C'est pourquoi, je souhaite que son rôle dans la conception et la réalisation du programme d'actions de la zone périphérique dans les îles soit reconnu et institutionnalisé.

Je souhaite également que soient soutenues les possibilités de développement local liées à la découverte du milieu marin, tant dans les îles que sur le littoral. A cet égard, les relations qui devront exister entre le futur parc national et Océanopolis me semblent prometteuses pour les deux institutions et devront être étudiées sans délai. Le comité de pilotage du parc devra être adopté en ce sens tout en garantissant aux îliens la place centrale qu'est la leur dans la conduite du projet.

Protéger l'environnement
Enfin, je voudrais que le futur parc national marin puisse s'associer aux démarches des collectivités locales, dans le domaine de la qualité des eaux rejetées à la mer comme dans celui des déchets. Le Contrat de baie de la rade de Brest, que nous signerons tout-à-l'heure, en est un exemple ; la charte d'environnement dont veut se doter le Pays d'Iroise en est un autre.
Voici quels sont, à mon sens, les objectifs que doit viser le futur parc national marin d'Iroise. Ils sont forcément ambitieux puisqu'ils se réfèrent à la fois à un milieu exceptionnel - la mer d'Iroise - et à un instrument prestigieux de protection de la nature, un parc national.

Je n'ignore pas qu'ils seront difficiles à atteindre. Il faudra tenir compte de la difficulté d'étudier le milieu marin, des règles juridiques qui régissent son utilisation, notamment en matière de circulation maritime, des usages insulaires et de l'intérêt des communautés littorales. Mon ministère, qui a la charge de la mise en place des parcs nationaux, sait qu'il peut compter dans le Finistère sur des partenaires dynamiques et sur une concertation de qualité. Aussi ai-je décidé d'apporter, concrètement, mon appui à votre projet. Je peux d'ores et déjà vous confirmer que j'ai prévu la création de trois postes budgétaires en 1998 pour conforter la Mission.

Quelques précisions encore concernant le calendrier de ce projet.

J'ai chargé Benoît LE GOAZIOU de préparer pour cet été un document d'intention sur la base duquel sera organisée la consultation pour avis des communes concernées et du Conseil général. Au vu de ces avis qui, je l'espère, seront favorables, le Premier ministre prendra un arrêté qui permettra la mise à l'enquête publique du projet. Je souhaite que cette procédure se déroule d'ici l'an 2000, non pas seulement pour le symbole que représente une date, mais afin de permettre la prise en compte, dans le nouveau contrat de plan "Etat/région", du maximum d'actions propres à atteindre les objectifs que j'ai fixés au futur parc national de la mer d'Iroise.

Faisons un v¿u. Travaillons à ce que la grande fête de la mer " Brest 2000 " soit l'occasion du lancement du parc national marin d'Iroise, et qu'Océanopolis, transformé et préparé par les visiteurs du 21ème siècle, en soit la vitrine pour les foules, nombreuses, qui n'auront pas toutes la chance de voguer sur la Mer d'Iroise.
Je vous remercie.
Monsieur le Préfet,
Mesdames et Messieurs les Elus,
Mesdames et Messieurs,

C'est avec plaisir que je participe aujourd'hui à la signature officielle du contrat de baie de la rade de Brest. Cette signature vient couronner un partenariat exemplaire pour la défense et la reconquête d'un milieu exceptionnel.

La rade de Brest et son bassin-versant recèlent de nombreuses richesses naturelles. Mais l'état des lieux que vous avez dressé a mis en évidence les problèmes majeurs dont souffrent la rade et les terrains environnants : augmentation des nitrates, phosphates, et pesticides, et de divers micro-polluants industriels tels que le TBT (tributyétain) ; contamination des eaux et des coquillages par les bactéries et les métaux lourds ; régression des zones humides et du bocage ; et dégradation du lit et des berges des cours d'eau...

Le tableau n'est pas idyllique. Mais, tous ensemble, vous avez décidé de retrousser vos manches et de lancer un ambitieux programme de reconquête : je vous en félicite. Le comité national d'agrément des contrats de baie et contrats de rivières a reconnu l'excellence de votre projet en lui donnant un avis très favorable, le 30 septembre dernier.

Le contrat de baie
D'un montant prévisionnel de 840 MF, ce contrat est en effet particulièrement complet. Je trouve particulièrement judicieux d'avoir accordé une telle importance aux moyens de suivi et d'évaluation, tant il est clair qu'on ne s'occupe bien que de ce que l'on connaît bien. Et j'apprécie, à leur juste valeur, les efforts de sensibilisation et d'information du public. En effet, il est essentiel que chacun s'approprie les efforts faits pour la reconquête des rivières et du milieu marin. Près de 10 MF sont ainsi consacrés à la sensibilisation du grand public, des scolaires, des élus et des professionnels. Je suis convaincue qu'il s'agit là d'un investissement primordial.

Ce contrat ne traite évidemment pas seulement de l'évaluation et de la sensibilisation. Pour l'essentiel, il est consacré à la lutte contre les pollutions de l'eau. Il ne s'agit pas de faire des recherches en paternité pour établir des responsabilités mais bien d'apporter des remèdes à une situation très préoccupante. J'ai déjà eu l'occasion de le dire en septembre dernier, lors de la signature du contrat de rivière de l'Odet, les agriculteurs sont loin d'être les seuls à polluer : les agglomérations et les industries constituent des facteurs de pollution non négligeables.

Décidés à ne négliger aucune source de pollution, vous avez décidé d'affecter 429 MF à l'assainissement des agglomérations. C'est un effort considérable qui permettra, en particulier, de limiter les rejets de phosphate, cause d'eutrophisation, et de donner toute sa place aux techniques d'assainissement non collectif. En milieu rural, ces techniques sont souvent plus adaptées et moins coûteuses que l'assainissement collectif classique.

Vous avez aussi porté votre attention sur la question particulière des peintures antisalissures marines qui sont à l'origine des rejets de TBT dont on connaît les effets désastreux sur les poissons.

La pollution agricole
Plus de 260 MF sont consacrés dans le contrat de baie à la réduction des pollutions d'origine agricole. Ce sujet est aujourd'hui au c¿ur de l'actualité de votre région. En effet, la Bretagne, en particulier cette partie du Finistère, subit les conséquences d'un développement agricole mal maîtrisé dont le coût sur l'environnement est exorbitant.
La situation est aujourd'hui dramatique : 71 cantons, dont 8 sont concernés par le contrat de baie, sont ainsi en excédent structurel d'azote. Ce qui signifie qu'on y épand plus d'effluents d'élevage que les terres ne peuvent agronomiquement en absorber. Faut-il rappeler qu'il y a 117 000 tonnes d'excédent d'azote pour l'ensemble de la région ? Les quantités d'azote rejetées par les animaux continuent de croître : quelque 8 000 tonnes de plus sur les trois dernières années !

Conséquence de cette dérive : une progression continue des teneurs en nitrates dans les cours d'eau qui sont passées de 5 mg/l, en moyenne au début des années 1970, à 35 mg/l aujourd'hui, avec des pics spectaculaires de 100 mg/l dans certains secteurs. Je ne cherche pas à vous assommer de chiffres mais les faits sont là. Et lorsque l'on sait que 21 % des captages d'eau de la région ont des teneurs moyennes supérieures à 50mg/l, on ne peut rester les bras ballants. Pas plus qu'il est possible de rester insensible à l'eutrophisation du littoral où s'accumulent, chaque année, entre 100 000 et 200 000 tonnes d'algues vertes.

Vers une agriculture durable

Vous le savez, nous avons décidé, avec Louis LE PENSEC, de prendre à bras le corps ce problème. La circulaire, que nous avons signée le 21 janvier dernier, concilie les préoccupations environnementales et le souci d'un développement maîtrisé de l'agriculture.

- du point de vue environnemental, le traitement des effluents est rendu obligatoire pour les élevages importants, dont toute extension demeure par ailleurs interdite, pour accélérer la résorption.

- Du point de vue agricole, je lance un appel à la profession pour qu'elle fasse preuve de solidarité. En effet, priorité sera désormais donnée aux jeunes - et donc aux petites structures - qui peuvent continuer à se développer, et qui pourront d'autant plus le faire que les efforts de résorption de chacun seront plus importants.

Je crois que la grande majorité des Bretons l'ont compris : notre but, à Louis LE PENSEC et à moi-même, n'est pas de casser la filière agro-alimentaire que cette région a su développer avec son dynamisme proverbial. Il est de rendre ce développement compatible avec la préservation de l'environnement, la qualité de vie, et les autres activités que l'agriculture intensive mal maîtrisée met en péril : le tourisme cohabite mal avec l'odeur des lisiers et la conchyliculture s'accommode mal des marées d'algues vertes.

Plus de 600 personnes se sont réunies, à Rennes, le mois dernier, pour assister au colloque "l'eau et l'agriculture durable". Dans un climat très constructif, les participants ont réfléchi à une stratégie de développement durable de la Bretagne, qui puisse tirer pleinement profit de l'excellente image de cette région, de la qualité de ses milieux naturels et de ses paysages, de la force de sa culture, et de la volonté sans failles de ses habitants. Je suis convaincue que le contrat de baie que nous signons aujourd'hui est un pas significatif fait dans cette direction.

Vers la protection des milieux marins

Au delà de la rade de Brest, c'est tout le milieu marin qu'il s'agit de protéger. Brest est la ville océane par excellence, et tout ici ramène à la mer. Sa richesse est aussi sa vulnérabilité : il y a 20 ans, une catastrophe se produisait, à quelque vingt kilomètres d'ici, avec le naufrage de l'Amoco-Cadiz. Ce désastre écologique, dont les habitants - comme les écosystèmes - ne commencent qu'à peine à se remettre, avait provoqué une forte sensibilisation en France à la préservation de l'environnement marin. En vain. Car depuis plusieurs années, ce pan essentiel de la politique environnementale a été laissé en friche par mes prédécesseurs.

Une opportunité s'offre à nous : l'année 1998 a été labellisée, par l'ONU, " Année internationale des océans ". Je vous propose de saisir cette occasion pour relancer la politique de préservation de l'environnement marin. La mobilisation autour de la protection des écosystèmes marins en constitue le premier volet. Le projet de création du parc national de l'Iroise s'inscrit parfaitement dans ce cadre. J'ai eu l'occasion de l'évoquer à Océanopolis, qui a vocation à devenir une des vitrines de ce parc, c'est en effet ici que doit se créer le deuxième parc national marin de France, après celui de Corse. Je vous propose que soit créé pour l'an 2 000, de façon à être dans les contrats de plan à venir, un outil d'aménagement durable du territoire et du symbole de l'attachement des Bretons à leur patrimoine maritime.

Objectifs de ce parc : connaître et conserver la mer, au bénéfice de ceux qui y vivent, les îliens d'Ouessant, de Molène ou de Sein, de ceux qui en tirent leur subsistance, et de tous ceux qui la fréquentent pour le plaisir, dont les amateurs de grands fonds dont je suis.

Le parc national est l'outil qu'il nous faut : il permettra de lancer des études approfondies sur le fonctionnement des écosystèmes de l'Iroise, de promouvoir une utilisation durable des ressources naturelles marines, en étroit partenariat avec les pêcheurs et les goémoniers du Finistère, et de favoriser un développement harmonieux et complémentaire des îles et du littoral. Un soin particulier sera donné à cette concertation, notamment en ce qui concerne les modes de gestion.

La protection des écosystèmes marins ne se limite pas à la Mer d'iroise. C'est pourquoi, j'ai décidé de lancer un programme opérationnel concernant l'invasion des côtes méditerranéennes françaises par la Caulerpa taxifolia (parfois surnommée, avec quelque exagération sans doute, "l'algue tueuse"), et le lancement d'une initiative française pour les récifs coralliens.

La prévention des risques

Toutes ces initiatives en faveur de l'environnement marin, que j'ai évoquées, seraient vaines si, parallèlement, nous ne nous préoccupions pas de la prévention des risques et des pollutions accidentelles. Je tiens, à cet égard, à saluer tout particulièrement le CEDRE (Centre d'Etude, de documentation et de recherche sur les pollutions accidentelles). Basé à Brest, cet organisme, dont Pierre MAILLE vient de prendre la présidence, bénéficie d'une notoriété internationale même s'il est encore trop peu connu en France. Le CEDRE est au premier rang de ceux qui luttent pour qu'une catastrophe telle que celle de l'Amoco-Cadiz ne se reproduise pas. Nul doute qu'avec son nouveau plateau technique et son "polludrome" installés près du port grâce au soutien de la communauté urbaine de Brest et de mon ministère, il n'en sera que plus efficace !

Plus généralement, cette lutte contre les pollutions marines passe par un plus grand volontarisme de la France dans les négociations internationales. Au titre des conventions d'Oslo et Paris (OSPAR), j'ai ainsi obtenu que la France renonce officiellement aux immersions de déchets radioactifs, qu'elle s'associe au souhait majoritaire d'interdire celles de plates-formes de forage off-shore, et s'engage à faire tendre vers zéro ses rejets d'effluents radioactifs.

De même, dans le cadre de la convention MARPOL, nous nous efforçons d'obtenir la désignation de la mer du Nord comme une zone pilote dans laquelle les navires devraient réduire leurs émissions de soufre. Le changement des techniques de ballast, pour éviter le transport à longue distance d'espèces invasives, est également à l'ordre du jour. Bref, dans un domaine aussi international que la politique maritime, la France doit cesser d'avoir une position trop systématiquement défensive, pour ne pas dire laxiste. Elle doit, au contraire, donner l'exemple d'une politique volontariste conciliant les activités humaines et la protection de l'environnement.
Vous l'avez compris, le contrat de baie de la rade de Brest tombe à point nommé puisqu'il est à la rencontre de plusieurs des priorités de mon ministère : il croise les questions de dépollution urbaine et industrielle, la promotion d'une agriculture viable et la protection du milieu marin avec un même objectif de développement durable.

Je n'en retarderai donc pas plus longtemps la signature !

Je vous remercie.


(Source http://www.environnement.gouv.fr, le 11 octobre 2001)

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