Conférence de presse de Mme Catherine Trautmann, ministre de la culture et de la communication, sur les réformes engagées pour une démocratisation de la culture, Paris le 26 février 1998. | vie-publique.fr | Discours publics

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Conférence de presse de Mme Catherine Trautmann, ministre de la culture et de la communication, sur les réformes engagées pour une démocratisation de la culture, Paris le 26 février 1998.

Personnalité, fonction : TRAUTMANN Catherine.

FRANCE. Ministre de la culture et de la communication

ti : Mesdames, Messieurs,

Je vous remercie d'avoir bien voulu répondre à mon invitation.

Je souhaite faire régulièrement avec vous le point sur les orientations et les réformes que j'ai engagées depuis neuf mois.

J'ai souhaité aujourd'hui évoquer un axe majeur de mon action politique : la démocratisation de la culture. Le terme de démocratisation peut apparaître usé à force d'être employé. Et pourtant, il n'est pas dépassé.

Cet objectif n'épuise pas tout le champ de mon action. Il mobilise plus précisément les diffuseurs que les créateurs.

Je veux favoriser les conditions d'un rapport fécond de chaque individu à l'art, du respect par tous de l'acte de création. Car il n'y a de culture que parce qu'il y a des créateurs.

Le temps de la création et le temps de la diffusion culturelle sont des temps différents. Le ministère de la culture doit les prendre l'un et l'autre en compte ; il respecte et doit faire respecter le temps qu'il faut pour que la création, et particulièrement celle qui rompt le plus avec les conventions, trouve son public.

Je veux démocratiser les pratiques artistiques et culturelles, c'est-à-dire la fréquentation des oeuvres de création ou du patrimoine, mais aussi les activités en amateur de toutes les disciplines artistiques.

Au moment où la France, une nouvelle fois, est amenée à défendre dans une négociation à l'échelle mondiale le principe de l'exception culturelle, mon action vise également à légitimer l'intervention de la collectivité publique en faveur de la création et de la diffusion culturelle.

Dans une société où les repères éclatent sous la pression du chômage, et quand la relégation économique et sociale s'accompagne presque mécaniquement d'une relégation culturelle, la quête de sens, de représentation collective, de liens sociaux s'impose encore plus fortement. Elle pose l'exigence démocratique d'accès à la culture avec une nouvelle acuité.

Je rappelle que le principe d'un " égal accès de l'enfant et de l'adulte à la culture " est inscrit dans notre constitution.

La démocratisation de l'accès aux pratiques artistiques et culturelles reste donc un enjeu essentiel, il est clairement un objectif prioritaire.

J'observe combien les gens aspirent au savoir et à la connaissance dans une société où une nouvelle organisation du travail va libérer beaucoup de temps pour les pratiques culturelles.

Dans ce nouveau contexte historique, je veux être en mesure de stimuler ces attentes et d'y répondre.

Pour mener à bien cette politique, je veux redonner au ministère toute sa crédibilité, sérieusement entamée par quatre années de désengagement budgétaire et d'absence de message fédérateur.

La priorité budgétaire clairement réaffirmée, la restructuration de l'administration, la poursuite maîtrisée de la déconcentration, le rééquilibrage Paris/Régions sont autant d'orientations qui vont permettre au ministère de redevenir un interlocuteur fiable, conséquent, respecté.

Mais au-delà, rien ne sera possible si l'ensemble des acteurs, y compris l'Etat, ne partagent pas une même exigence de service public, s'ils ne l'intègrent pas dans leur activité, au quotidien.

Ces trois grandes orientations - la démocratisation comme objectif prioritaire, la reconstruction du ministère comme moyen, le service public comme exigence permanente - structurent mon action. Elles lui donnent son sens et sa cohérence.

1 - La démocratisation : un objectif prioritaire.

Les premiers résultats de la dernière enquête sur " les pratiques culturelles des français " que je présenterai sous peu confirment les tendances déjà observées :

- L'audiovisuel occupe une place croissante dans le budget et l'emploi du temps libre des français. Ce temps consacré aux consommations audiovisuelles est désormais supérieur au temps de travail (44 h en moyenne par semaine et par personne). Les musiques actuelles ont pris une place importante dans ces consommations.

- Les aspirations pour les activités culturelles sont fortes : s'ils bénéficiaient de plus de temps libre, plus d'un quart des Français choisiraient de se cultiver ou de pratiquer des activités artistiques.

- La fréquentation des équipements culturels reste marquée par de profondes disparités à la fois sociales et géographiques, à l'exception notable d'une augmentation et d'une démocratisation sensible de la fréquentation des bibliothèques.

Les nouvelles médiathèques connaissent une adhésion populaire tout à fait exceptionnelle : Blois, Bordeaux, Aix-en-Provence, Saint-Denis de la Réunion, Issy-les-Moulineaux, Orléans, Le Blanc-Mesnil... Dès qu'un nouvel équipement remplace un ancien, le nombre d'inscrits double ou triple.

- La progression des activités artistiques en amateur se confirme et concerne quatre Français sur dix.

Ce constat commande de ma part des décisions et des mesures qui dépassent le stade de la simple incantation.

L'éducation, la formation, la médiation.

La démocratisation des pratiques artistiques et culturelles ne se fera pas sans un effort important d'éducation et de formation.

L'éducation artistique est nécessairement le fondement d'une politique de développement culturel. Elle est un passage obligé d'une politique de démocratisation et de réduction des inégalités d'accès à la culture.

Elle passe par les enseignements spécialisés relevant du ministère de la culture et des collectivités locales, et par les enseignements dépendant de l'éducation nationale.

Le système éducatif français sépare les disciplines dites " fondamentales " et les autres, dont les disciplines artistiques, qui par conséquent seraient moins " fondamentales ".

Cette vision est tout à fait paradoxale dans notre pays où l'Etat est investi à ce point en faveur de la culture.

Avec le ministère de l'éducation nationale, avec le ministère de la jeunesse et des sports je m'oriente vers des actions conjointes plus structurées et plus complémentaires.

Je travaille avec Claude Allègre à la mise en place d'une nouvelle commission interministérielle, éducation/culture, avec ses équivalents dans chaque région ayant pour vocation de conduire l'ensemble des actions communes entre nos deux ministères, de manière plus opérationnelle.

Avec lui, j'ai proposé la contribution des professionnels de la culture pour renforcer la formation artistique des personnels enseignants dans le cadre des IUFM ou des programmes des missions académiques de formation.

Enfin, nous entamons ensemble une expérience extrêmement novatrice : l'introduction du 1er cycle des écoles de musique dans les écoles primaires.

Dans un premier temps, l'organisation d'une heure d'apprentissage musical dans chaque classe en partenariat avec l'école ou le conservatoire de musique est la démarche la plus réaliste.

Deux expériences sont en cours : à Rouen et à Clermont-Ferrand, afin d'évaluer avec précision les coûts et les obstacles rencontrés.

Je veux établir des liens durables avec le secteur de l'éducation populaire en soutenant plus fermement les actions culturelles les plus qualifiées mises en ¿uvre par les réseaux professionnels de ce secteur.

Au niveau national, comme au niveau local, des conventions d'objectifs entre les principaux acteurs de ce secteur et le ministère seront établies dans le respect mutuel des méthodes et des identités de chaque partenaire.

Je demande à tous les réseaux qui structurent l'offre artistique et culturelle d'amplifier leur collaboration avec les établissements scolaires, universitaires, et les structures relevant de l'éducation populaire.

J'engage ainsi une forme de rupture qui concerne les méthodes d'approche des publics.

La rencontre sans médiation avec l'¿uvre d'art ou le patrimoine culturel est souvent une illusion dont témoignent les limites du seul développement des structures de diffusion.

Il faut aller vers la médiation, l'accompagnement éducatif à partir des pratiques artistiques et culturelles des publics.

Sans cet effort d'éducation et de médiation, le discours sur la démocratisation n'est que théorie.

Nombre d'institutions sont déjà engagées dans un travail d'éducation et de sensibilisation tout à fait remarquable. Pour n'en citer que quelques unes :

- le centre dramatique d'Angers, dirigé par Claude Yersin

- la scène nationale " La Coupole " à Melun-Sénart, animée par Georges Buisson et Alain Grasset.

- le centre d'art de Vassivière en Limousin.

- le centre national chorégraphique de Montpellier dirigé par Mathilde Monnier.

Le droit à la culture : combattre l'exclusion.

J'ai souhaité que le droit à la culture figure parmi les droits fondamentaux inscrits dans la prochaine loi de prévention et de lutte contre les exclusions.

Je mobiliserai les structures de diffusion de l'art et de la culture dans le programme d'action gouvernemental.

L'action culturelle a souvent été sollicitée dans les tentatives de reconstruction du lien social, mais la culture n'est pas un substitut, les artistes ne sont pas les médecins du social que l'on envoie en dernier recours comme alibi de notre propre impuissance.

Les actions ponctuelles à grand renfort d'effet d'annonce ne correspondent pas à l'idée que je défends du rôle et de la fonction de la culture dans notre société.

Je leur préfère des programmes d'action durables et efficaces.

Ces programmes seront négociés avec les collectivités locales et le cas échéant les associations de solidarité.

Je pense en particulier aux actions remarquables portées par ATD Quart Monde ou le réseau national " Droit de Cité ".

Ils comporteront les actions suivantes :

- L'éducation et les apprentissages culturels en liaison avec les établissements scolaires.

- L'apprentissage de la lecture et de l'écriture en collaboration avec les bibliothèques municipales et les bibliothèques - centres - documentaires.

Les conventions ville-lecture que je développe avec les collectivités locales s'intègrent également dans ce dispositif.

- L'accès aux structures de diffusion, de création ou de formation artistique et culturelle.

- La participation des habitants aux projets de requalification architecturale des espaces publics.

- La valorisation et le soutien des pratiques en amateur en lien avec les professionnels de la culture.

A cet égard, je sais bien que, confrontés aux difficultés d'une ville qui exclut et qui a perdu ses repères intelligibles, les habitants - et surtout les jeunes - tentent de créer les référents culturels de leur identité. C'est cela qu'il faut prendre en compte, et accompagner s'il le faut, et non plaquer des modèles sur un milieu qui n'est pas forcément prêt à les recevoir.

La langue, inventée et inventive, la musique - où la parole a retrouvé le ton de la révolte - la danse, l'expression graphique, la vidéo et le théâtre s'emplissent de la rue et d'une aspiration à la reconnaissance.

Je veux répondre à cet appel de reconnaissance.

Ces programmes pourront faire l'objet de contrats d'objectifs, dont la mise en ¿uvre associera le plus large partenariat possible : collectivités locales, associations de solidarité, structures sociales et de prévention, établissements éducatifs et culturels.

Ils s'établiront sur la base d'une analyse précise des situations locales, des populations concernées et des offres culturelles mobilisables, dans le souci constant de la plus grande qualité.

D'ores et déjà les nouveaux services culturels représentent 10 % des projets de création d'emplois-jeunes.

C'est le développement des fonctions de médiation et l'usage des nouvelles technologies dans les structures culturelles qui motivent ces créations d'emplois.

Les activités artistiques pratiquées en amateur.

Les pratiques artistiques en amateur, constituent un phénomène de masse.

Près de la moitié des Français de plus de 15 ans ont pratiqué le théâtre, la musique, la danse, les arts plastiques ou une activité d'écriture pendant leurs loisirs. Si beaucoup d'entre eux ont abandonné ces pratiques, près de 25% de la population est investie de manière durable dans ces activités artistiques.

Ce phénomène n'a jamais été pris sérieusement en compte dans les politiques culturelles de l'Etat, à l'exception notable de la pratique musicale ou chorale.

Je veux réexaminer les politiques conduites en faveur des pratiques amateur pour trois raisons majeures :

- Le développement de ces activités accompagne le rôle décroissant du travail comme facteur d'identité sociale.

- Les activités artistiques pratiquées en amateur sont à la fois source d'épanouissement personnel et d'intégration sociale.

- Enfin, la reconnaissance de ces pratiques permet de construire des liens entre la population et la création artistique portée par les professionnels.

Dans tous les cas, les pratiques en amateur constituent l'un des modes privilégiés d'appropriation de l'art. Les plus grands professionnels ont souvent débuté par une activité artistique d'amateur.

Avec le ministère de la jeunesse et des sports, je veux une politique plus volontaire et plus lisible en faveur de ces pratiques.

Tout d'abord les institutions artistiques et culturelles animées par des professionnels doivent prêter une plus grande attention à ces pratiques par un rôle de conseil, d'assistance, de formation, mais également par l'accueil de certaines réalisations d'amateurs.
Je cite, par exemple, le travail remarquable qui est mené par Philippe Delaigue au centre dramatique de Valence.

Mais cela ne suffit pas. Les amateurs doivent pouvoir pratiquer leurs activités dans de meilleures conditions.
Cela suppose de leur offrir l'accès à de véritablescentres de ressources où ils puissent trouver à la fois des documentations, des informations ou des répertoires, et les moyens de présentation de leurs réalisations, où professionnels et amateurs puissent échanger, se confronter, et se former.

Je n'exclus pas que cette fonction de centre de ressources puisse être tenu par certaines institutions artistiques et culturelles (ici une école de musique, là un théâtre), mais il est aujourd'hui nécessaire de favoriser l'éclosion de véritables " maisons des pratiques amateur ".

Je vais identifier les structures existantes qui pourraient évoluer et se transformer pour devenir ces lieux dont les premiers seront promus et soutenus dès 1999.

La question des tarifs

L'accès aux structures de diffusion de l'art vivant et du patrimoine culturel suppose un travail d'éducation et de sensibilisation, mais l'obstacle financier est toujours réel.

Toutes les structures culturelles, y compris les grands établissements publics, ont fait des efforts significatifs de baisse tarifaire, souvent pour les jeunes ou les personnes en difficulté sociale.

J'observe avec beaucoup d'attention les initiatives tarifaires qui sont prises et singulièrement l'expérience menée par Stanislas Nordey à Saint-Denis.

Il m'est difficile de décréter ou d'imposer, mais je demande à chaque structure des grands réseaux de diffusion du spectacle vivant de proposer les modalités de mise en place d'un système analogue à celui qui est en vigueur pour le cinéma : un jour par semaine, un tarif le plus bas possible, accessible au plus grand nombre.

Je demande à Dominique Wallon - directeur du théâtre et des spectacles et, depuis hier, directeur de la musique et de la danse - de superviser la mise en ¿uvre de cette orientation.

Je compte ainsi déclencher un nouvel engouement pour la sortie au spectacle qui ne soit pas freinée par un obstacle financier.

Les possibilités offertes par la carte-jeunes au niveau national, s'étendront aux musées nationaux (Louvre et Versailles compris) selon le principe suivant : un titulaire de la carte-jeunes pourra inviter gratuitement une autre personne de moins de 26 ans à visiter le musée choisi, après s'être acquitté lui-même d'un droit d'entrée normal.
Pour les jeunes, je crois aussi à l'efficacité des cartes-culture sur des territoires géographiques plus restreints, par exemple au niveau d'une agglomération, et je veux développer ces systèmes. L'efficacité des mesures de baisse tarifaire est liée en effet à la proximité des structures culturelles. Sinon, le coût des moyens de transport et parfois d'hébergement doit être intégré dans nos réflexions concernant les obstacles financiers.

J'ai entamé un travail visant à offrir à un plus grand nombre de jeunes, la possibilité de se transporter et de s'héberger à moindre coût sur les lieux d'une vingtaine de grands festivals de toutes disciplines artistiques, pendant la période de juin à octobre.

Des fédérations d'éducation populaire réalisent déjà ce travail avec beaucoup d'efficacité, mais je souhaite, avec elles, et avec d'autres partenaires, étendre notre capacité d'action.

2 - Un ministère reconstruit et des missions de service public clairement définies.

J'ai voulu procéder au rapprochement de l'architecture et du patrimoine, et à celui de la musique, du théâtre et de la danse pour donner à ce ministère une plus grande cohérence et une plus grande efficacité dans l'action.

J'ai décidé de créer un outil d'animation et de mise en cohérence de la politique culturelle en matière de développement et d'action territoriale, afin d'agir avec plus d'ampleur en faveur de la diffusion de l'art et de la culture.
Une nouvelle délégation au développement et à l'action territoriale sera créée.

Elle prendra en charge la coordination des actions nationales et territoriales pour un développement culturel qui appelle aujourd'hui des programmes ciblés sur les préoccupations réelles des collectivités et de leur population.

L'heure n'est plus aux vastes programmes qui ont donné à notre pays ces grands réseaux de diffusion de l'art et de la culture. Il est d'autant plus nécessaire d'innover dans la manière d'offrir des services au public ou encore de rassembler les volontés politiques pour continuer à équiper - en milieu rural par exemple -, ou pour coopérer plus efficacement à partir des équipements existants - dans les agglomérations par exemple.

Telle sera la tâche de cette nouvelle délégation.

J'institue également auprès de moi un comité stratégique dont je confie le secrétariat à cette nouvelle délégation au développement.

Composé des directeurs de l'administration centrale et de plusieurs directeurs régionaux des affaires culturelles, ce comité stratégique aura pour mission, de faire un point régulier sur l'harmonisation des actions du ministère afin de sortir d'une trop grande segmentation par discipline et sur la démocratisation des pratiques artistiques et culturelles.

J'ai décidé d'amplifier le mouvement de déconcentration des décisions et des crédits.

Comment préconiser une véritable proximité des services publics de la culture et vouloir un meilleur accès de tous aux pratiques artistiques, en conservant l'essentiel des compétences de ce ministère dans les administrations centrales à Paris.

Beaucoup de contresens ou de réactions confuses ont été exprimés au sujet de la déconcentration.

- Certaines décisions, et non des moindres, continueront de relever directement du ministre :

* la nomination ou l'agrément préalable à la nomination des responsables des structures artistiques

* l'approbation des conventions ou des contrats liant l'Etat à la majorité de ces structures.

- Par ailleurs, la déconcentration s'accompagne d'un cadrage et d'une définition sans précédent de la politique nationale de ce ministère.

J'en donne deux exemples :

- Une circulaire concernant la politique chorégraphique a été adressée aux préfets, une seconde circulaire leur parviendra dans quelques jours, qui traitera de la politique nationale du théâtre.

- Et je présente aujourd'hui la charte des missions de service public que je propose pour le spectacle vivant.

Ce texte, à partir duquel je procéderai à une large consultation, est un document politique fondamental qui, pour la première fois, définit les principes généraux guidant l'action de l'Etat dans ce secteur encore fragile et dépendant de la volonté publique. Ce texte rappelle et définit :

- les fondements légaux de l'intervention publique en matière culturelle,

- la répartition des responsabilités en matière de spectacle vivant,

- les champs d'application de la responsabilité publique déléguée,

- les principales règles relatives à la direction et à la gestion des structures et équipes artistiques chargées de missions de service public,

- les obligations que se donne l'Etat dans ses rapports aux collectivités et aux équipes artistiques avec lesquelles il passe contrat.

Cette charte constituera un texte de référence. D'elle, découleront tous les contrats que le ministère passera avec les institutions du spectacle vivant.

J'ai souhaité vous présenter cette charte aujourd'hui, en traitant le thème de la démocratisation des pratiques, car je considère que ce ministère ne doit pas dissocier les deux principaux fondements de son existence :

- l'intervention en faveur de la création, de la recherche ou de la préservation des patrimoines culturels

- l'impératif de la diffusion de l'art et du patrimoine culturel

A partir du moment où des structures se voient confier des fonds publics, elles sont concernées d'une manière ou d'une autre par une responsabilité artistique et professionnelle, mais également par une responsabilité territoriale et sociale qui donne précisément un sens à leur mission de service public.

Mesdames, Messieurs,

La culture doit être un élément moteur du mouvement de la société, au c¿ur de la cité, au plus près du quotidien.

Le développement de la société de l'information transforme les pratiques culturelles. L'accès à l'information, les nouvelles possibilités de création, d'expression et d'échanges, vont transformer les usages et les représentations.

La culture est forte. Elle est pourtant menacée.

Sa meilleure protection c'est de l'ouvrir à tous.

(Source http://sig.premier-ministre.gouv.fr, le 17 septembre 2001)

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