Déclaration de Mme Catherine Trautmann, ministre de la culture et de la communication, sur les premiers romans, à Chambéry le 14 mai 1998 | vie-publique.fr | Discours publics

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Déclaration de Mme Catherine Trautmann, ministre de la culture et de la communication, sur les premiers romans, à Chambéry le 14 mai 1998

Personnalité, fonction : TRAUTMANN Catherine.

FRANCE. Ministre de la culture et de la communication

Circonstances : 11ème Festival du premier roman, à Chambéry, du 14 au 16 mai 1998

ti : J'aurais vivement souhaité être des vôtres aujourd'hui pour ouvrir le onzième festival du premier roman de Chambéry. Mon emploi du temps ne me l'a pas permis. Croyez bien que je le regrette vivement.

Je tiens à vous dire tout le prix que j'attache à cette manifestation, qui s'est affirmée au fil du temps pour devenir un rendez-vous littéraire essentiel. Vous avez su, à Chambéry, nouer des liens particuliers entre deux univers qui sont indispensables l'un à l'autre et, parfois même, interchangeables: l'univers des auteurs et celui des lecteurs.

Ecrire un premier roman, c'est prendre le plus beau des risques, parce que c'est le plus grand. C'est, au fond, oser se mesurer à toute la littérature. C'est ouvrir son sillon dans une immensité.

On ne se dérobe pas au désir du premier roman parce qu'il répond à une urgence, disent les écrivains. Et les lecteurs, qui savent bien qu'il n'y a pas lieu de confondre la réalité et la fiction, tant cette dernière peut être la plus forte, connaissent aussi cette impatience particulière au moment d'ouvrir un livre nouveau, de découvrir une écriture, d'embarquer pour un imaginaire, pour un monde.

Nous entrons dans la société de l'information, des écrans, du réseau. C'est bien pour cette raison que nous avons plus que jamais besoin de la création littéraire.

Parce qu'elle prend sa source à toutes les sources, parce qu'elle est plus forte que tous les murs et toutes les frontières, parce qu'elle offre, à chaque fois, une vision renouvelée de la vie, parce qu'elle parle de l'autre, de l'étranger, celui du pays voisin ou lointain, celui qui est en nous aussi.

Vous avez pris le parti, au festival du premier roman de Chambéry, non seulement de soutenir l'écrit, mais de vous enthousiasmer pour l'écrit. Vous avez eu raison, parce que l'écrit est l'avenir. Parce qu'il est, sur tous ses supports, la clé d'accès à la connaissance, à la réflexion, à la tolérance, mais aussi à l'évasion et à la distraction.

Vous avez aussi, en associant étroitement les jeunes à votre initiative, par des actions dans le milieu scolaire, dans la lecture publique et dans la librairie, choisi de renouveler les regards critiques et de créer des attentes.

Pour la onzième fois à Chambéry, ville du livre, se jouer une aventure collective et singulière. C'est ainsi que vous faites vivre le mot exact de Julien Gracq: lire et écrire, c'est le même acte.

Je vous adresse, Monsieur le Maire, Monsieur le Directeur du Festival, Mesdames, Mesdemoiselles, Messieurs les auteurs et les lecteurs, tous mes voeux de pleine réussite pour cette onzième édition du festival du premier roman.

(Source http://www.culture.gouv.fr, le 2 octobre 2001)

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