Déclaration de M. Christian Pierret, secrétaire d'Etat à l'industrie, sur les mesures gouvernementales en faveur d'une sensibilisation des entreprises à la démarche qualité, Paris le 18 mai 1998. | vie-publique.fr | Discours publics

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Déclaration de M. Christian Pierret, secrétaire d'Etat à l'industrie, sur les mesures gouvernementales en faveur d'une sensibilisation des entreprises à la démarche qualité, Paris le 18 mai 1998.

Personnalité, fonction : PIERRET Christian.

FRANCE. SE à l'industrie

Circonstances : Prix français de la Qualité, Paris le 18 mai 1998

ti : Mesdames et messieurs les Présidents, Mesdames messieurs, je suis particulièrement heureux de me retrouver aujourd'hui parmi vous, acteurs de la qualité.

Je voudrais bien entendu saluer les lauréats que j'ai pu rencontrer tout à l'heure. Vous comprendrez que je ne le fasse pas nommément, pour ménager un suspense digne du festival de Cannes.

Mais je saluerais nommément les maîtres d'oeuvre du prix:
- Madame Brigitte de Gastines, Présidente du Mouvement Français pour la Qualité,
- Monsieur Philippe Roussel, Président des comités de pilotage et d'évaluation, et Délégué Général Qualité chez PSA, ainsi que l'ensemble des membres du jury pour le temps consacré à la sélection des lauréats,
- Mais aussi les deux directeurs qui coordonnent les actions du Secrétariat d'Etat à l'Industrie en faveur de la qualité: Monsieur Didier Lombard, Directeur Général des Stratégies Industrielles, et Monsieur Jean-Jacques Dumont, Directeur de l'action régionale et des PMI.
Le prix de la qualité est une idée qui nous vient d'ailleurs et que nous avons su adapter.

L'idée de la création d'un prix qualité est japonaise. Elle a émergé en 1951 au Japon avec l'instauration du prix DEMING, du nom de cet américain qui a introduit la qualité dans l'industrie nippone, et contribué ainsi à ses réussites.

Confrontés à la nouvelle concurrence japonaise, les Etats-Unis ont créé en 1987 le prix national MALCOM BALDRIGE.

La France n'a pas été en reste. Elle a même fait preuve d'un esprit d'innovation en créant d'abord les prix régionaux "initiative et qualité" en 1987. Ces concours organisés par les Directions Régionales de l'Industrie et de la Recherche étaient destinés à primer les meilleurs projets d'amélioration de la qualité présentés par des PMI.

Le Prix Français de la Qualité a été créé ensuite en 1992, par le Ministère chargé de l'industrie et le Mouvement Français pour la Qualité. Nous avons donc suivi des initiatives étrangères de récompense de la démarche qualité, en cohérence avec notre histoire industrielle et notre tradition de dialogue social.

Ouvert à toute entité du secteur privé ou public de moins de 500 personnes, ce prix récompense les résultats exemplaires obtenus dans toutes les activités de l'entreprise grâce à l'apport de la qualité.

De toute évidence le Prix Français de la Qualité est un bon outil à en juger par son bilan. De plus en plus connu, il a conquis non seulement de nouveaux secteurs, mais aussi de nouvelles régions. Cette année la Martinique est présente, grâce à la mobilisation forte des partenaires locaux et en particulier de la DRIRE, tandis que plusieurs pays de l'Europe s'intéressent à notre modèle.

Cependant, une étude récente menée à ma demande par le Conseil Général de Mines, montre que nous pouvons améliorer le dispositif. Si de nombreuses entreprises sont conscientes de la nécessité d'aller au-delà de la certification ISO 9000, beaucoup d'entre elles hésitent encore à s'engager dans la voie de la qualité totale en utilisant le Prix Français de la Qualité comme outil de progrès. Elles le jugent trop élitiste, réservé aux meilleurs, et n'osent pas se lancer dans la compétition. Je compte sur le MFQ et sa présidente Madame de Gastines pour faire connaître aux entreprises tout l'intérêt du référentiel du Prix Français de la Qualité.

Je souhaite vous délivrer brièvement trois messages
- les enseignements que je retire de l'expérience des lauréats d'aujourd'hui (1);
- la manière dont je vois la qualité comme condition de notre
" compétitivité globale " (2);
- et enfin, les grands axes d'action du Secrétariat d'Etat à l'Industrie en faveur de la qualité (3).

1. - Ce que nous montrent les lauréats d'aujourd'hui, c'est que le prix de la qualité est au service des entreprises qui anticipent et innovent dans tous les domaines.

En tant que Secrétaire d'Etat à l'Industrie, je tiens à féliciter les lauréats du Prix Français de la Qualité 1998, pour le caractère exemplaire de leur démarche, à chaque fois couronnée de succès économiques et commerciaux.

Ces entreprises, qui vont témoigner tout à l'heure, ont été les premières de leur profession à obtenir une certification de leur système d'assurance de la qualité selon les normes ISO 9000. Elles ont réduit le nombre de niveaux hiérarchiques. Elles utilisent à grande échelle les techniques d'information les plus modernes comme la gestion électronique des documents, INTERNET, les échanges de données informatisés. Elles innovent en écoutant les clients, en les plaçant au coeur de leur activité, pour que chacun dans l'entreprise oeuvre en permanence à leur satisfaction.

Voici pourquoi je pense que nos lauréats peuvent servir d'exemple à l'ensemble des entreprises, des services publics et des administrations : ils démontrent que l'application des principes de la qualité totale permet d'accroître la compétitivité et contribue au développement de l'emploi.

Je tiens aussi à noter que certains des lauréats ont mis en place une démarche de réduction-aménagement du temps de travail, en créant des emplois. Et je tiens à souligner que tous, en trois ou cinq années, ont accru leurs effectifs et ont fait progresser leur chiffre d'affaires de plus de 50%, même en appartenant à des secteurs en crise.


2. - Les enjeux cruciaux de la qualité sont ceux de la " compétitivité globale ".

La qualité constitue, tout d'abord, un enjeu technique, par le souci de proposer un produit ou un service disposant des caractéristiques propres à satisfaire les attentes des clients pour mieux les fidéliser et pour conquérir de nouveaux marchés.

Elle est un enjeu économique. Dans une concurrence exacerbée, l'entreprise doit satisfaire les besoins des clients au moindre coût, et s'organiser pour réduire au minimum les dysfonctionnements. A l'échelle internationale, il est essentiel pour la France de se différencier par la qualité de ses produits et de ses services, par rapport à des pays qui ont bâti leur stratégie économique sur de faibles prix.

Mais la qualité est aussi un enjeu humain. Je souhaite insister là-dessus car la démarche qualité a aussi ses adversaires qui y voient un " néo-taylorisme " dans lequel toutes les contraintes seraient acceptées par les salariés au nom du " client roi ".

J'ai une autre vision des choses. Au-delà de la rigueur dans l'application des méthodes, la qualité a aussi la capacité de mobiliser, d'associer toutes les énergies et les intelligences en écoutant les propositions de l'ensemble des acteurs. Il s'agit de faire appel au sens des responsabilités des personnes, en prenant en compte leurs besoins d'autonomie, en répondant à leur souci de développement personnel, en leur donnant les moyens de bien comprendre la nature de leur contribution à l'entreprise.

Les lauréats de ce soir ont su, dans leur stratégie industrielle ou de services, écouter et prendre en compte les points de vue de l'ensemble des acteurs.


3. - L'action de mon département ministériel, à l'image de ce que nous faisons avec le prix français de la qualité, c'est le soutien actif à la recherche de la qualité totale.

L'objectif du Secrétariat d'Etat à l'Industrie est de convaincre les entreprises à s'engager dans la voie de la qualité totale car, même si les 2/3 des entreprises françaises ont lancé une démarche qualité, celle-ci est trop souvent partielle et des difficultés dans la mise en oeuvre des actions perdurent. Cette année je souhaite mettre l'accent sur 3 grands axes.

Le premier est de faciliter l'accès à la certification et j'ai lancé une opération d'expérimentation des nouvelles normes ISO 9000 avec des entreprises volontaires et l'ensemble des acteurs français : le Mouvement Français pour la Qualité bien sûr mais aussi l'AFNOR, l'AFAQ et l'IRDQ.

Ces normes sont en effet en cours de révision au niveau international, afin de prendre en compte des domaines insuffisamment couverts jusqu'ici comme les services, la production de logiciels ou les processus continus, ainsi que la satisfaction des clients. Par ailleurs, ces travaux s'inscrivent dans la recherche d'une mise en cohérence avec les normes de management environnemental ISO 14000.

Cette révision qui aboutira en l'an 2000 aura des répercussions importantes sur les entreprises déjà certifiées ou en phase de l'être. Aussi, cette opération connue sous le nom d'IRIS (" Impact de la Révision des ISO 9000 ") a-t-elle été conçue pour faire remonter dans les instances compétentes les observations d'entreprises, quel que soit leur niveau en matière de qualité. Inscrite officiellement dans les travaux de l'ISO, cette expérimentation place la France au coeur des débats internationaux. C'est la première expérimentation d'un projet de norme de cette ampleur.

Mon deuxième axe est la promotion de la culture qualité. Toutes les études démontrent que les chefs de petites entreprises, et surtout de très petites, manquent d'informations qui pourrraient les convaincre de mettre en place une démarche qualité. Aussi, ai-je lancé la rédaction d'un guide sur la qualité à l'usage des PME/PMI construit à partir des questions que se posent ces chefs d'entreprises. Il sera prêt avant le fin de 1998.

Enfin, mon troisième axe est la mobilisation des acteurs économiques sur le thème de la qualité. Au delà du Prix Français de la Qualité et du Mois de la Qualité Française, le Ministère en charge de l'industrie apporte depuis 1988 son soutien aux actions collectives de diffusion et de développement de la qualité, de la certification, des essais et des normes. Aussi ai-je décidé de maintenir, tout en le réorientant, l'appel à propositions correspondant en lui donnant le nom d'" AQCEN " (prononcer " accent " comme "mettre l'accent sur"), c'est-à-dire " Accès à la Qualité, la Certification, les Essais, et la Normalisation ". J'ai souhaité que cet appel à propositions soit doté pour 1998 de quelque 30 MF.

Le soutien aux démarches individuelles, au travers des FRAC (Fonds Régionaux d'Aide au Conseil) gérés par les DRIRE, sera également réorienté afin d'inciter les entreprises et les consultants à faire porter leur effort sur le management de la qualité au delà de la nécessaire certification.

Par ailleurs, le rôle de l'Etat n'est pas seulement d'accompagner les entreprises, mais aussi de leur montrer l'exemple. C'est l'un des aspects essentiels de la réforme de l'Etat. La compétitivité des entreprises dépend pour partie de l'efficacité des pouvoirs publics. La démarche qualité doit donc être pour les administrations publiques un objectif et un moyen d'évolution. Il m'est très agréable de vous indiquer que la DRIRE Basse Normandie est certifiée ISO 9002 depuis le 18 mars 1998 et j'espère que d'autres administrations suivront.

Cette année aucune administration ne figure parmi les lauréats nationaux, mais le nombre de candidats au niveau régional en 1997 montre que de plus en plus d'administrations se sont engagées dans la voie de la qualité totale.


Conclusion: du régional au national, pour arriver à l'Europe. On m'a souvent présenté le prix Français de la Qualité sous l'image d'une fusée : un premier étage pour le concours au niveau régional et un second pour le niveau national couronnant parmi les lauréats régionaux les meilleurs que nous célébrons en ce lieu. Mais cette fusée dispose d'un troisième étage: les lauréats nationaux peuvent concourir au Prix Européen des PME. Vainqueurs de cette année, j'espère que vous relèverez le défi pour conquérir ce trophée comme s'y emploient actuellement quatre anciens lauréats du Prix Français de la Qualité: Daramic, Faure Machet, Guilloteau et Vallourec.

Je leur souhaite, ainsi qu'aux lauréats d'aujourd'hui, de porter au plus haut les couleurs de la qualité française. Je ne pourrais assister comme je l'aurais souhaité à l'ensemble de cette cérémonie, étant dans l'obligation d'un départ à 19 h pour Bruxelles.

J'ai d'avance la certitude de la réussite de cette cérémonie qui chaque année est aussi une fête de la qualité. Encore une fois: bravo à nos lauréats.


(Source http://www.industrie.gouv.fr, le 24 septembre 2001)

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