Déclaration de Mme Catherine Trautmann, ministre de la culture et de la communication, sur la modernisation des équipements des bibliothèques et l'installation en leur sein d'ordinateurs multimédias reliés à internet, Paris le 3 juin 1998. | vie-publique.fr | Discours publics

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Déclaration de Mme Catherine Trautmann, ministre de la culture et de la communication, sur la modernisation des équipements des bibliothèques et l'installation en leur sein d'ordinateurs multimédias reliés à internet, Paris le 3 juin 1998.

Personnalité, fonction : TRAUTMANN Catherine.

FRANCE. Ministre de la culture et de la communication

Circonstances : Appel à projets "Bibliothèques et nouvelles technologies de l'information et de la communication", du ministère de la culture et de la communication et du ministère de l'aménagement du territoire et de l'environnement, à Paris, le 3 juin 1998

ti : L'appel à projets que les deux ministères lancent aujourd'hui s'inscrit dans le cadre du programme d'action gouvernemental pour préparer l'entrée de la France dans la société de l'information.

Il prolonge et amplifie un effort de longue haleine mené par le ministère de la culture et de la communication pour la modernisation des services offerts par les bibliothèques publiques.

Démocratiser l'accès aux technologies de l'information

Le souci du gouvernement est de favoriser l'appropriation par le public le plus large de ce que l'on appelle les nouvelles technologies de l'information et de la communication, c'est à dire les supports optiques multimédias et les réseaux d'information comme internet.

Le gouvernement souhaite que le plus grand nombre de nos concitoyens puissent avoir près de chez eux, à leur travail ou à leur domicile la possibilité d'utiliser ces deux types d'outils.

Cette politique ne vise pas seulement à améliorer notre position dans la compétition économique, mais aussi, fondamentalement, à garantir une nouvelle liberté d'expression et de communication pour nos concitoyens, à leur permettre d'accéder à des contenus culturels, à améliorer leurs relations avec les services publics.

Il est donc particulièrement important de veiller à ce que ne se crée pas un fossé entre une population moderne, connectée, vivant dans une sorte de monde parallèle, et une population qui constituerait une nouvelle catégorie d'exclus, les exclus de la société de l'information. Au temps des pionniers de l'internet, que nous admirons - et j'ai récemment souhaité signifier cette reconnaissance en décorant dans l'ordre des arts et lettres des techniciens, des inventeurs de l'internet - ne doit pas succéder le temps d'un nouvel élitisme technologique, d'une nouvelle exclusion, mais bien celui de la démocratisation des technologies de l'information.

Parmi ces inégalités que nous devons éviter, il en est une qui est particulièrement inacceptable, c'est l'inégalité géographique. Elle est inacceptable parce qu'elle met en cause les fondements même de notre citoyenneté ; mais elle est inacceptable aussi à cause de son absurdité, puisqu'une des caractéristique de l'internet c'est de permettre à tous, avec des investissements relativement légers, d'avoir accès aux mêmes programmes, aux mêmes services.

C'est le rôle de l'état de veiller à cette dimension du développement technologique, et singulièrement au ministère de l'aménagement du territoire et de l'environnement.

Je me félicite donc de la qualité de la coopération entre les deux ministères, aussi bien dans le cadre de l'élaboration du programme d'action gouvernemental, qu'entre les services et la DATAR et la Direction du livre et de la lecture.

L'appel à projets " Bibliothèques et nouvelles technologies de l'information et de la communication " vient concrétiser cette coopération.

L'appel à projets " Bibliothèques et nouvelles technologies de l'information et de la communication "

Loin d'être exclusivement consacrées à l'imprimé, les bibliothèques ont su s'adapter à l'émergence de nouveaux médias et les intégrer au fur et à mesure dans leurs collections. Je l'ai constaté par moi-même dans toutes les bibliothèques et médiathèques que j'ai visitées ou inaugurées ces derniers mois depuis Taverny ou Roanne jusqu'à La Rochelle il y a trois semaines.

Les bibliothèques sont un lieu propice pour la mise à disposition des supports optiques comme les cédéroms ou les DVD aussi bien que des informations en réseau. Ces deux outils tout à fait complémentaires représentent une extension naturelle de leur offre de services.

Les bibliothèques sont en outre des établissements culturels plébiscités par nos concitoyens puisque le nombre d'inscrits en 1996, d'après les données fournies par les bibliothèques municipales, atteignait presque 6 millions et demi de personnes. L'enquête de 1997 sur les pratiques culturelles des Français, dont les résultats seront publiés en mai prochain, fait apparaître qu'en 8 ans la proportion des inscrits est passée de 17 à 21 % de la population. A la lecture de ces chiffres et si l'on considère que les bibliothèques sont aussi de mieux en mieux réparties sur le territoire national, on comprendra qu'elles représentent un atout non négligeable dans la volonté de démocratisation des nouvelles technologies.

Cet appel à projets est donc destiné à des bibliothèques de communes ou groupements de communes de moins de 5000 habitants, aujourd'hui les moins pourvues en documents électroniques, et aux " relais livre en campagne ". D'autres critères plus techniques comme les heures d'ouverture ou la surface entrent aussi en jeu.

L'objectif de cet appel est de permettre aux bibliothèques d'acquérir et d'installer des ordinateurs multimédias équipés de modems et de lecteurs de cédéroms, ainsi que les logiciels nécessaires à la consultation en finançant l'investissement jusqu'à hauteur de 50 % du coût grâce aux crédits du Fond national d'aménagement et de développement du territoire (FNADT).

Cette opération d'équipement doit bien sûr s'accompagner d'un projet de sensibilisation des publics de la bibliothèque.

L'appel se terminera le 30 juin. Le texte de l'appel et les dossiers de réponse seront disponibles auprès des directions régionales des affaires culturelles et pourront être consultés sur les sites web de la DATAR et du ministère de la culture et de la communication. Les projets seront examinés par les Conseillers pour le livre et la lecture des DRAC et un comité national constitué de représentants désignés par les deux ministères rendra publics après délibération les dossiers retenus.

Le lancement de l'internet culturel

Pour mesurer la portée de cet appel à projets, il faut le replacer dans le cadre plus large du développement de l'internet culturel.

Qu'est-ce que l'internet culturel ? Ce n'est pas un réseau particulier, c'est le développement de la dimension culturelle du réseau des réseaux. Après le monde universitaire, le monde des entreprises, c'est le monde de la culture qui s'empare de l'internet.

Ce mouvement s'illustre de mille manières : édition en ligne, utilisation du réseau par les entreprises culturelles innovantes, par les internautes qui veulent s'exprimer et créer ; connexion des établissements culturels, formation du public à ces technologies de l'information qui sont des technologies culturelles, et enfin développement des contenus.

Les bibliothèques qui grâce à cet appel d'offres seront connectées au réseau, accéderont à un internet en profond renouvellement. Elles pourront consulter les nombreux sites culturels déjà constitués ; je vous encourage, à cet égard, à parcourir le " guide de l'internet culturel " disponible sur le serveur du ministère. Elles pourront avoir accès aux bases de données muséo-graphiques, aux fonds patrimoniaux numérisés de l'inventaire, au catalogue collectif de France, aux textes numérisés par la Bibliothèque Nationale de France.

Certaines de ces bibliothèques qui souhaiteront développer un projet particulier sur internet pourront bénéficier du dispositif des espaces culture-multimédia. Une centaine de ces espaces seront créés en 1998. J'ai inauguré le premier, situé à la Friche de la Belle de Mai à Marseille, lors de la fête de l'internet ; et 30 espaces sont en cours de constitution. Les espaces culture multimédia seront typiquement des lieux de formation à l'internet culturel, c'est à dire des lieux d'accès au contenu, et d'apprentissage culturel des technologies de l'information.

Certes, en cette période de débat autour de la convergence, nous devons nous garder d'un optimisme trop naïf. Mais le meilleur moyen de garantir les exigences légitimes de la création, du pluralisme d'expression, c'est bien, ici, de favoriser le développement de l'internet culturel.

Et j'aimerais en conclusion vous faire partager cette conviction que 1998 sera non seulement l'an 01 de l'internet grand public en France, mais aussi l'année de lancement de l'internet culturel.


(Source http://www.culture.gouv.fr, le 10 septembre 2001)

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