Déclaration de M. Christian Pierret, secrétaire d'Etat à l'industrie, sur le projet "IGCC" (unité de gazéification adjointe à la raffinerie de Normandie et intégrée à un cycle combiné) mené par Total et EDF, Le Havre le 28 août 1998. | vie-publique.fr | Discours publics

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Déclaration de M. Christian Pierret, secrétaire d'Etat à l'industrie, sur le projet "IGCC" (unité de gazéification adjointe à la raffinerie de Normandie et intégrée à un cycle combiné) mené par Total et EDF, Le Havre le 28 août 1998.

Personnalité, fonction : PIERRET Christian.

FRANCE. SE à l'industrie

ti : Messieurs les Présidents, Mesdames, Messieurs,

C'est un plaisir que d'être réunis ici pour porter sur les fonds baptismaux le projet "IGCC".

Ce projet d'adjoindre à la raffinerie de Normandie, la première de France, une unité de gazéification intégrée à un cycle combiné, réunit deux des plus belles entreprises françaises Total et EDF.

Ce projet qui va vous être détaillé représente UN ENJEU INDUSTRIEL DE PREMIER PLAN : près de 4 milliards d'investissement, un chantier qui occupera entre mille et deux mille personnes pendant 3 à 4 ans et qui générera à terme plusieurs centaines d'emplois directs ou indirects.

L'investissement que Total va réaliser va surtout permettre de pérenniser la plate-forme pétrochimique du Havre et de la Basse-Seine.

En effet, l'industrie européenne du raffinage distribution opère sur un marché mature. Son rythme de croissance est faible et un sous investissement généralisé est constaté depuis 4 ans.

Par ailleurs les décisions récentes de la communauté européenne ont fixé la qualité des carburants pour 2000 et 2005. L'industrie du raffinage est à la croisée des chemins ; elle devra investir massivement notamment pour passer l'étape 2005.

Aujourd'hui, le raffinage a des résultats positifs mais cette amélioration est plus conjoncturelle que structurelle. Aussi, la clé du succès se trouve dans la capacité du raffineur à abaisser continuellement ses coûts, à innover, à passer des alliances avec des partenaires et à disposer de parts de marché significatives dans la distribution.

C'est pourquoi l'initiative prise par TOTAL et EDF, de construire l'IGCC dans la principale raffinerie française est particulièrement intéressante et doit être soulignée, car elle permettra d'assurer dans un contexte qui demeure fragile pour plus de 20 ans la pérennité de la raffinerie de Gonfreville et de conforter la plate-forme industrielle du Havre.

L'IGCC aura en effet un effet d'entraînement et devrait générer une véritable dynamique industrielle : la production de nouvelles matières premières (hydrogène, monoxyde de carbone, vapeur) permise par le projet entraînera de nouveaux investissements dans le secteur chimique.

Un grand chimiste européen y étudie actuellement un projet d'unité d'acide acétique selon une technologie nouvelle qui représenterait un investissement de près d'un milliard de francs. Par ailleurs, une nouvelle unité de production d'oxygène pourrait y être construite. Enfin, la disponibilité en hydrogène permet d'envisager notamment, dans une seconde phase, une amélioration de la conversion des résidus lourds de la raffinerie TOTAL et peut être plus généralement des raffineries de Seine Maritime.

Des investissements de cette nature permettraient d'accroître la flexibilité de production des produits de raffinage et par voie de conséquence d'offrir des voies de développement aux industries chimiques et pétrochimiques installées à proximité.

Ce dont le port du Havre devrait largement bénéficier, les produits pétroliers représentant actuellement 60 % du trafic global.

SUR LE PLAN ENERGETIQUE, le projet IGCC s'inscrit dans la perspective d'une plus grande diversification de nos choix énergétiques pour la production d'électricité.

Le cycle combiné de cette unité qui produira 350 MW à partir de 2004, permettra d'assurer la maîtrise d'une technologie innovante en Europe de valorisation de combustibles à haute viscosité provenant des raffineries. L'IGCC sera au raffinage, ce que le LFC est au Charbon.

A ce titre, la présence d'EDF au côté de Total est totalement justifiée.

Ceci d'autant plus que ce projet est également intéressant AU PLAN ENVIRONNEMENTAL. Il permet à Total de poursuivre la réduction de ses rejets de SO2 au cours des dix prochaines années et de produire du carburant à très basse teneur en soufre à l'horizon 2005-10.

L'installation traitera en effet jusqu'à 1 million de tonnes de résidus soufrés par an, dont 500 à 600 Kt en provenance de la raffinerie de Normandie, qui sont actuellement brûlés directement ou indirectement. Il en résultera une réduction notable des émissions de SO2 dans la zone de la Basse-Seine.

Enfin, le rendement énergétique très élevé de cette installation, près de 65 %, contribuera à la modération des émissions de gaz à effet de serre.

Dans un contexte où l'agglomération du Havre connaît des difficultés économiques, notamment dans certains secteurs traditionnels, je me félicite que le partenariat qui a pu se mettre en place entre les industriels, les collectivités locales et l'Etat, puisse conduire à la naissance d'un projet aussi structurant.

Il va conforter le pôle pétrochimique de la Basse-Seine, comme en témoigne déjà la montée en puissance ces dernières années de la raffinerie de Normandie, et donc dynamiser le rôle du Havre comme grand port industriel européen.

Je ne doute pas que la mobilisation, qui a su faire naître l'IGCC, permette l'émergence de nouveaux projets. L'an 2000, symbole du renouveau du port du Havre, doit également être le rendez-vous de la diversification de son économie.

(source http://www.industrie.gouv.fr, le 27 septembre 2001)

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