Déclaration de M. Christian Pierret, secrétaire d'Etat à l'Industrie, sur l'industrie et le salon du prêt-à-porter, Paris le 7 septembre 1998. | vie-publique.fr | Discours publics

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Déclaration de M. Christian Pierret, secrétaire d'Etat à l'Industrie, sur l'industrie et le salon du prêt-à-porter, Paris le 7 septembre 1998.

Personnalité, fonction : PIERRET Christian.

FRANCE. SE à l'industrie

Circonstances : Salon du prêt-à-porter féminin à Paris, début septembre 1998

ti : C'est avec un grand plaisir que j'ai répondu à l'invitation de la profession du prêt à porter féminin et que j'ai visité ce salon du prêt-à-porter féminin, qui, deux fois par an, attire à Paris tous les professionnels de la mode français et étrangers.

Je tiens à remercier pour cette invitation M. David Pisanti, Président de la fédération française du prêt-à-porter féminin. Je salue aussi la présence de M. Philippe Adec, Président de l'Union française des industries de l'habillement, et en même temps exposant fidèle de ce salon.

Au cours de cette visite - trop brève malheureusement - j'ai pu me rendre compte du dynamisme et de la diversité de vos professions, ayant rencontré aussi bien des marques prestigieuses au renom bien établi, que des jeunes maisons très créatives, mais qui ont encore besoin d'être confortées.

J'ai pu admirer les audaces des coupes et des matières des collections printemps - été 1999. Les collections du dernier été du siècle le clôturent avec éclat.

Comme vous le savez, puisque nombreux d'entre vous y ont participé, j'ai réuni l'ensemble des professions, du textile, de l'habillement et du cuir-chaussure le 8 juillet dernier pour avoir avec leurs représentants un dialogue franc et constructif.

Je crois que l'objectif a été atteint. Je ne vais pas répéter aujourd'hui le discours que j'ai prononcé ce jour-là, mais je voudrais néanmoins revenir sur certains points qui vous concernent tout particulièrement.

Tout d'abord, la reprise de la consommation en France se confirme. Les consommateurs reprennent confiance et retrouvent le chemin des boutiques. Pour les produits qui vous concernent (textile et habillement), selon les derniers chiffres disponibles, la consommation a d'ores et déjà augmenté de 2,8 % en valeur sur les 6 premiers mois de l'année 98 par rapport à 97.

Après des années de recul et de stagnation, voilà une évolution qui ne peut que nous réjouir et j'espère que la période de la rentrée scolaire en cours permettra de conforter cette bonne tendance. A cet égard, la décision prise par le gouvernement en matière d'allocation de rentrée scolaire est une mesure juste et efficace.

Sur le plan européen, le passage prochain à l'Euro est une garantie de stabilité, alors que nos échanges avec nos voisins restent prépondérants. Reste l'inconnue de l'évolution économique en Asie : à l'effondrement des économies de pays "émergents" qui sont des clients en forte croissance, mais au poids encore faible dans nos échanges, s'ajoutent, et c'est plus inquiétant, les difficultés du Japon qui est un de nos principaux débouchés en dehors de l'Union Européenne.

Le gouvernement français suit de très près l'évolution économique dans cette zone et appuie les efforts des organisations internationales pour y rétablir la stabilité, condition nécessaire pour une reprise ultérieure de la croissance.

Les difficultés que vous rencontrez en Asie ne doivent pas par pour autant vous détourner de poursuivre les efforts entrepris pour trouver de nouveaux débouchés hors de nos frontières. Nos positions restent encore trop faibles sur un marché aussi important que celui des Etats-Unis, et une étude récente financée par mes services a mis en lumière certains problèmes de notre offre aux Etats-Unis que l'on retrouve sur d'autres marchés. Il ne faut pas craindre de voir dévoilées ces faiblesses, car c'est le seul moyen d'en prendre conscience et de s'employer à les surmonter.

Pour vous aider dans cette conquête de nouveaux marchés, vous disposez d'un instrument qui vous appartient, puisqu'il est financé par les contributions de toutes les entreprises du secteur, je veux parler du DEFI. Celui-ci va se donner à la rentrée un nouveau plan stratégique, dans lequel les actions de promotion à l'étranger devront être davantage ciblées que par le passé. Il s'agira certes de continuer à aider les entreprises à participer aux grands salons internationaux spécialisés, mais aussi de susciter chaque année une ou deux grandes manifestations destinées à mettre en valeur l'ensemble de l'offre française dans le domaine de la mode, soutenues par des "événements" culturels pour assurer un maximum de retentissement médiatique.

Votre profession d'industriel fabriquant - ou faisant fabriquer - des vêtements s'insère dans une filière qui va de l'amont, l'industrie textile, à l'aval, la distribution des produits aux consommateurs. Depuis les Etats Généraux du textile-habillement-distribution, organisés conjointement par toutes les organisations professionnelles concernés, cette notion de filière vous est devenue familière. Elle implique qu'un dialogue s'instaure entre tous ses maillons dans le but commun de satisfaire, dans des délais de plus en plus courts, les goûts versatiles des consommateurs. Si ceux-ci ont, à une époque récente, parfois perdu le goût d'acheter, c'est aussi qu'ils se sont trouvés face à une offre "appauvrie" dans tous les sens du terme, par une simple logique de prix toujours plus bas. C'est pourquoi je soutiens totalement la démarche lancée par l'Union française des industries de l'habillement pour la promotion de la notion de qualité dans la filière ; je sais que le travail de réflexion est en cours et j'attends avec intérêt vos propositions.

Je suis convaincu, dans le même ordre d'idées, que la survie et la bonne santé de vos entreprises dépendent étroitement du développement rapide de l'échange de données informatisées (EDI) entre vous et vos fournisseurs d'un côté, entre vous et les distributeurs de l'autre.

Il me semble notamment que la survie d'un réseau de détaillants spécialisés, connaissant bien les produits et capables d'apporter une information de qualité aux consommateurs, est un enjeu important pour vous. Aussi je salue le travail entrepris par votre fédération du prêt-à-porter féminin dans le cadre du projet "Edimag" avec le soutien de mes services.

Nous sommes encore, dans ce domaine de l'échange de données informatisées, très en retard par rapport à ce qui se fait ailleurs, notamment aux Etats-Unis, et nous devons donc fournir très rapidement un effort considérable de rattrapage.

Comme je l'ai rappelé le 8 juillet dernier, des fonds existent au Ministère chargé de l'Industrie pour soutenir les projets d'EDI que vous me soumettrez et je vous invite à en présenter beaucoup et de bonne qualité.

J'ai été frappé par la qualité et la diversité des produits présentés ici, symbole de la vitalité de la création française dans le domaine de la mode. Toutefois je n'ignore pas les difficultés qu'éprouvent les entreprises, créées par des jeunes pleins d'idées et de talent, à trouver les capitaux nécessaires à leur développement. Mes services ont, par deux fois, sélectionné quelques unes de ces jeunes entreprises et leur ont attribué une aide pour renforcer leur assise financière. Au-delà de cette opération que j'envisage de renouveler en 1999, j'ai annoncé le 8 juillet dernier que les sociétés de capital risque intervenant pour soutenir les entreprises de création du secteur textile-habillement seraient éligibles au fonds de 600 millions de francs que le gouvernement est en train de mettre en place afin de conforter ces sociétés.

A différentes reprises au cours de ces brefs propos, j'ai eu l'occasion d'insister sur l'importance du dialogue entre vos entreprises et leurs partenaires ; il va sans dire que ce dialogue est également essentiel entre vos différentes organisations. Votre action de concert est cruciale pour que Paris reste, malgré le dynamisme de ses concurrents, la capitale mondiale de la création et de la mode.

Je terminerais en félicitant les exposants pour leur créativité et - c'est ce qui frappe dans les discussions que l'on peut avoir aux différents stands - pour leur réactivité face aux fortes exigences des acheteurs, français et internationaux. Permettez-moi de reprendre le slogan de votre salon il y a exactement un an: " Que serait la mode sans Paris ?"


(source http://www.industrie.gouv.fr, le 27 septembre 2001)

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