Déclaration de M. Christian Pierret, secrétaire d'Etat à l'industrie, sur la compétitivité des industries agro-alimentaires, les performances de la filière des industries mécaniques et le soutien accordé au développement des nouvelles technologies dans les PME-PMI, Villepinte le 20 octobre 1998. | vie-publique.fr | Discours publics

[ Publicité ]

Déclaration de M. Christian Pierret, secrétaire d'Etat à l'industrie, sur la compétitivité des industries agro-alimentaires, les performances de la filière des industries mécaniques et le soutien accordé au développement des nouvelles technologies dans les PME-PMI, Villepinte le 20 octobre 1998.

Personnalité, fonction : PIERRET Christian.

FRANCE. SE à l'industrie

Circonstances : Salon international de l'alimentation (SIAL) à Villepinte (Seine-Saint-Denis) du 18 au 23 octobre 1998

ti : Pour la première fois depuis sa création, ce salon est inauguré par le Ministre en charge de l'industrie. Je vous en remercie vivement et je tiens à saluer l'initiative qui, par la tenue conjointe du salon IPA et du SIAL, fait de PARIS, pendant une semaine, la capitale mondiale de la filière agro-alimentaire.

Certains se sont plu à souligner le cloisonnement pouvant exister entre les différents départements ministériels, l'un devant s'occuper uniquement des industries dites lourdes, l'autre ayant en charge les industries ayant pour objectif la transformation des produits d'origine agricole. Cette vision, que l'on pourrait qualifier de manichéenne, du fonctionnement de l'économie est aujourd'hui dépassée et ne correspond en rien aux enjeux et aux nécessités de la construction d'une industrie française performante et dynamique dans le domaine agro-alimentaire.

L'industrie agro-alimentaire française est aujourd'hui parmi les plus performantes du monde, si ce n'est la première, et elle représente un élément essentiel de la balance commerciale de notre pays. Elle le doit bien entendu, avant tout, aux efforts des nombreuses sociétés, grandes comme petites, qui se battent chaque jour pour offrir de nouveaux produits répondant de mieux en mieux aux attentes des consommateurs. Elle le doit aussi à la qualité et à la compétence des hommes et des femmes qui travaillent dans ses entreprises. Elle le doit enfin au travail des agriculteurs qui, dans des conditions parfois difficiles, oeuvrent quotidiennement à l'obtention d'une production de grande qualité. Elu d'un département rural, j'ai eu à connaître, très fréquemment, de ces difficultés.

Mais la performance de l'industrie agro-alimentaire française tient aussi - ne l'oublions pas ! -, à un tissu d'entreprises, principalement des PME, elles-mêmes d'un très bon niveau technologique. Ces entreprises d'équipements savent se mettre au service de leur industrie cliente, travailler en partenariat avec elle, pour développer des procédés toujours plus performants et innovants. C'est par ce partenariat et ce développement de nouveaux procédés que passe l'amélioration de la productivité et donc de la compétitivité de l'ensemble de la filière, mais également l'amélioration de l'hygiène et de la sécurité alimentaire, éléments essentiels dans l'agro-alimentaire.

Face à cette exigence de filière, la réponse des pouvoirs publics ne peut plus être sectorisée, mais doit au contraire s'effectuer avec le maximum de cohérence et de coopération entre les différents départements ministériels. C'est cette démarche que mettent en oeuvre chaque jour davantage les agents de mon ministère, en relation avec leurs homologues des ministères de l'Agriculture et de la Recherche.

Au cours de la visite que j'ai effectuée dans différents stands de ce salon, j'ai pu me rendre compte de la grande qualité des équipements proposés et de l'effort réalisé par les entreprises françaises d'équipements pour se situer à un niveau concurrentiel avec des compétiteurs étrangers disposant de moyens parfois nettement plus importants qu'elles.

Je voudrais ici saluer les représentants d'un secteur industriel qui a réalisé en 1997 un chiffre d'affaires de 12 milliards de francs et qui emploie environ 15.000 personnes. Ceci est loin d'être négligeable, d'autant qu'il s'agit d'un secteur industriel dans lequel plus de 80 % des entreprises ont moins de 200 salariés. Ces simples chiffres montrent bien le dynamisme d'une activité qui, bien qu'elle ait vécu ces dernières années une conjoncture difficile, a su, grâce à un tissu d'entreprises de taille moyenne, préserver l'avenir pour profiter des effets de la croissance qui est durablement la nôtre aujourd'hui.

J'ai souligné tout à l'heure la contribution de l'industrie agro-alimentaire au bon résultat de la balance commerciale de notre pays. Qu'il me soit ici permis de souligner également les bonnes performances des équipementiers français puisque le taux moyen d'exportation du secteur est de 28 % et que certaines entreprises exportent, sur des segments spécifiques, plus de 80 % de leur production. Avec un taux de couverture des exportations sur les importations de 130 %, soit une balance commerciale positive de près de 500 millions de francs, le secteur contribue au bon résultat du commerce extérieur de notre pays, ce dont je veux ici publiquement vous féliciter.

Le poids des PMI dans ce tissu industriel est très important ce qui contribue à votre dynamisme. Vous connaissez, j'en suis sûr, l'attention particulière portée à cette catégorie d'entreprises par mon ministère, notamment au travers de l'action menée au jour le jour, sur le terrain, par les 24 Directions Régionales de l'Industrie, de la Recherche et de l'Environnement. Elles sont quotidiennement à l'écoute des besoins des PMI, de leurs problèmes et de leur volonté de développer de nouvelles potentialités. Je vous encourage à aller à leur rencontre, à discuter avec elles de vos projets de développement, à profiter de leurs suggestions.

Je voudrais élargir le champ de mon analyse et souligner l'appartenance du secteur des équipements et des machines, secteur qui a connu ces dernières années de grandes réussites et voit de nombreuses entreprises françaises, grandes comme petites, se positionner comme des leaders européens voire mondiaux de leur secteur d'activité, à l'ensemble plus important de la mécanique.

La mécanique est un secteur essentiel de notre économie. Quelques chiffres le prouvent : 6.500 entreprises de plus de 20 personnes, chiffre d'affaires cumulé de 450 milliards de francs en 1997, 525.000 personnes employées. Je voudrais ici souligner le caractère structurant d'un tel secteur, tant par sa forte implantation régionale que par son impact sur le bon fonctionnement de nombreuses autres filières. Si la France est aujourd'hui un fabricant d'avions mondialement reconnu, si les TGV français commencent à sillonner l'Europe et bientôt certaines autres régions du monde, si Ariane est une réussite, si nos constructeurs automobiles gagnent des parts de marché, c'est également dû, et peut-être avant tout, à la présence dans le tissu industriel français d'entreprises de la mécanique dynamiques et aux compétences reconnues.

L'image de la mécanique doit être renouvelée. Ceci est d'autant plus vrai que dans une période où le Gouvernement a fait de l'emploi sa priorité et au moment où de nombreux jeunes réfléchissent à leur avenir professionnel et aux orientations qu'ils peuvent lui donner, les entreprises de la mécanique offrent des emplois à fortes qualifications, en général significativement mieux rémunérées que dans la moyenne de l'industrie. Or, malgré cela, et souffrant très certainement d'une image ancienne dans l'opinion, les entreprises de la mécanique éprouvent parfois des difficultés de recrutement, ce qui freine très certainement le développement de nombreuses filières. Il me semble qu'une telle situation paradoxale peut difficilement perdurer et que des efforts doivent être faits pour que des solutions puissent y être apportées. Les services de mon ministère, et notamment la Direction Générale des Stratégies Industrielles, sont à votre écoute afin que vous puissiez leur faire part de vos difficultés dans ce domaine et de toutes les suggestions qui pourraient être faites pour y apporter de manière collective des solutions.

Lors de ma visite, j'ai pu remarquer l'importance de votre évolution technologique. Laissez-moi rappeler le rôle joué par le ministère chargé de l'Industrie dans le développement technologique industriel. Il intervient au travers de ses procédures propres telles que l'appel à propositions Technologies Clés ou la procédure ATOUT, plus particulièrement réservée aux petites et moyennes industries, pour les aider à mieux intégrer de nouvelles technologies telles que des composants électroniques, des matériaux avancés, des logiciels dans leur propre production. Il intervient également par le financement sur son budget d'organismes chargés du développement de l'innovation telles que l'Agence Nationale de Valorisation de la Recherche, services dont un certain nombre d'entre vous ont pu bénéficier, ou bien encore l'Agence de l'Environnement et de la Maîtrise de l'Energie dans le domaine particulier de la maîtrise de l'énergie. Ce domaine du soutien à la recherche et au développement industriels est exemplaire de la démarche de cohérence et de cette coopération interministérielle dont j'ai déjà souligné l'intérêt et la nécessité. Le ministère chargé de l'Industrie travaille en effet en relation forte avec les autres acteurs administratifs, et notamment le ministère chargé de la Recherche afin d'obtenir, chacun dans son domaine de compétences, la meilleure efficacité de l'utilisation des fonds publics et l'effet de levier le plus important au service du développement économique.

La démarche Technologies Clés a réuni, sous l'égide du Ministère de l'Industrie, des groupes d'experts choisis pour leurs compétences propres et non pas sur leur position hiérarchique dans leur structure. Ceux-ci étaient issus tout aussi bien du monde de l'industrie que du monde de la recherche plus institutionnelle. Cette démarche a permis d'identifier 100 technologies clés dont la maîtrise était jugée essentielle pour l'industrie nationale à l'horizon 2000. A partir de ces technologies identifiées et compilées, un appel à propositions, doté de un milliard de francs en 1997 et de un milliard de francs en 1998, a été lancé conjointement par le ministère chargé de l'Industrie et l'ANVAR sur 50 technologies jugées particulièrement prioritaires. La mécanique et le secteur des équipements industriels doivent bien évidemment se sentir concernés par un tel appel à proposition et je sais qu'un grand nombre d'entre vous ont travaillé, en relation étroite avec leur centre technique, à des propositions qui pourraient prendre un caractère collectif, démarche qui ne peut que me réjouir.

L'étude technologies-clés est aujourd'hui en phase de réactualisation et devrait donner lieu en 1999 à la publication d'un nouveau rapport comportant l'identification d'un certain nombre de nouvelles directions stratégiques importantes pour notre tissu industriel. Je ne doute pas que ce nouveau travail, impulsé par mon ministère au service de l'ensemble de l'industrie française connaîtra le même succès que celui précédemment réalisé.

A la demande des organisateurs du salon, je vais maintenant remettre les challenges de l'innovation du salon IPA 98. Je voudrais souligner l'originalité de la démarche qui a présidé à la sélection de ceux-ci. En effet, le jury, sous la Présidence du Professeur Bernard GUERIN, a non seulement sélectionné les candidats, mais les a aussi auditionnés pour juger du réel potentiel industriel de leur nouveau procédé ou de leur nouveau prototype. Je ne peux que me féliciter de cette démarche qui correspond en tout point à ce que nous souhaitons pour les programmes de recherche soutenus par ailleurs par le secrétariat d'Etat à l'Industrie, qu'ils débouchent à court terme sur de nouveaux marchés et sur l'amélioration de la performance économique de nos entreprises.

Tout au long de mon intervention, j'ai également souligné la nécessité du partenariat, partenariat de filière, partenariat au niveau local, partenariat entre les administrations pour une meilleure efficacité au service des entreprises. Le partenariat est aujourd'hui un facteur clé de succès. Une illustration en est encore donnée par les nominations au titre des challenges de l'innovation, puisque dans les deux cas, les réalisations à l'origine des nominations est issue de partenariats.

(source http://www.industrie.gouv.fr, le 26 septembre 2001)

Rechercher