Déclaration de M. Lionel Jospin, Premier ministre, sur le plan de paix entre Israël et l'Autorité Palestinienne, les préoccupations des juifs français concernant la question des spoliations de leurs biens pendant la deuxième guerre mondiale et l'ouverture du musée d'art et d'histoire du judaïsme, Paris le 28 novembre 1998. | vie-publique.fr | Discours publics

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Déclaration de M. Lionel Jospin, Premier ministre, sur le plan de paix entre Israël et l'Autorité Palestinienne, les préoccupations des juifs français concernant la question des spoliations de leurs biens pendant la deuxième guerre mondiale et l'ouverture du musée d'art et d'histoire du judaïsme, Paris le 28 novembre 1998.

Personnalité, fonction : JOSPIN Lionel.

FRANCE. Premier ministre

Circonstances : Diner du Conseil représentatif des institutions juives de France à Paris le 28 novembre 1998

ti : Monsieur le Président,
Monsieur le Président de la Knesset,
Monsieur le Président du Sénat,
Mesdames et Messieurs les ministres,
Mesdames et Messieurs les ambassadeurs,
Mesdames, Messieurs,


Voilà un an presque jour pour jour, je vous disais mon plaisir de participer - pour la première fois en tant que Premier ministre - au dîner du Conseil Représentatif des Institutions juives de France et de m'inscrire ainsi dans la continuité des chefs de Gouvernement conviés depuis 1985 à cette tribune.

Ce n'est pas à ceux, très nombreux ici, qui sont pétris de tradition et de culture juives que j'apprendrai la valeur des rites. Si nous savons conserver vivant leur sens, ceux-ci sont des repères précieux. La République elle-même -bien que laïque- est construite sur nombre de rituels. Cette rencontre en est un et c'est dans cette perspective à la fois républicaine et amicale que j'inscris ma présence ce soir parmi vous. La vigueur et la clarté de vos propos, Monsieur le Président, montrent que vous vous situez sans ambiguïté dans cette perspective.

Je veux vous répondre avec la même netteté et vous indiquer comment mon gouvernement conçoit les sujets que vous venez d'exposer.


I - La France espère aujourd'hui avec les peuples du Proche-Orient.

Ensemble, l'an passé, nous célébrions le cinquantième anniversaire de la création de l'État d'Israël. J'avais dit combien la France, qui avait soutenu l'État d'Israël dès sa naissance à l'ONU, et qui s'était toujours tenue à ses côtés dans les moments d'épreuve, était désireuse de voir reprendre le processus de paix, chemin de la réconciliation. J'avais indiqué le soutien sans réserve que nous avions accordé aux accords d'Oslo, et formé le voeu que le processus alors engagé se poursuive. J'avais fait part de mon inquiétude.

Depuis lors sont intervenus, le 23 octobre dernier, les accords de Wye River. La France les a immédiatement salués et je les salue de nouveau aujourd'hui. Tous les amis de la paix peuvent être reconnaissants aux médiateurs - au premier rang desquels le Président Bill Clinton et aussi le Roi Hussein de Jordanie - de leur détermination. Nous devons tous rendre hommage au courage de Yasser Arafat et de Benjamin Netanyahou, qui ont su résister aux pressions des extrémistes de tout bord pour conclure cet accord tant attendu.

Les autorités françaises, vous le savez, ont parfois marqué leur désaccord avec certains éléments de la politique suivie par le gouvernement israélien. Nous continuons ainsi de penser que la poursuite des colonisations est une erreur qui risque d'être lourde de conséquences. C'est donc avec d'autant plus de conviction que je veux souligner ce soir le sens des responsabilités dont a fait preuve M. Netanyahou en signant les accords de Wye River. Dans le monde entier, tous les hommes de paix attendent que cet accord soit pleinement et rapidement mis en oeuvre.

Les négociations portant sur le statut final des territoires palestiniens vont s'engager. Elles seront difficiles et peut être longues tant les enjeux qu'elles recouvrent -enjeux qui ont pour noms frontières, souveraineté, ressources en eau, réfugiés, statut de Jérusalem- sont importants. Les accords d'Oslo ne joueront plus un rôle de recours ou de référence. En abordant ces négociations, les deux parties entreprennent une traversée qu'elles savent délicate. Il y aura sans doute des grains, peut-être même des tempêtes. Mais il ne s'offre pas d'autre choix à elles que cette traversée : la réconciliation, la paix, la vraie sécurité et le développement économique sont sur l'autre rive.

Parce qu'elle sait, comme le soulignait notre ami Yitzhak RABIN dans ses Mémoires, combien " les risques de la paix sont, de très loin, préférables aux sombres certitudes qui attendent chaque nation en temps de guerre ", la France choisit le camp de la paix. Elle continuera, par sa propre intervention comme au sein de l'Union européenne -dont l'envoyé spécial M. Moratinos accomplit un travail remarquable-, de travailler à la paix. Elle réaffirme son lien profond avec Israël. Dans le même temps, avec ses partenaires, elle aidera les Palestiniens à construire une entité politiquement et économiquement viable, qu'il faudra bien un jour désigner de son nom -celui d'Etat.

Elle le fera en poursuivant ses contacts avec chacun, pour dissiper les malentendus, rapprocher les points de vue et soutenir les démarches constructives. Ainsi, il y a trois jours, j'ai reçu le Président de l'Autorité palestienne, M. Yasser Arafat. Il y a deux jours, je me suis entretenu avec le Président de la Knesset, M. Dan Tikhon, que je salue à nouveau très cordialement, invité en France par le Président de l'Assemblée nationale, M. Laurent Fabius. Le ministre des Affaires étrangères, M. Hubert Védrine, qui l'a reçu également, vient d'inviter son homologue israélien, M. Ariel Sharon, à venir en France. Nous avons beaucoup de choses à nous dire. Israël, vous le savez bien, est au coeur du peuple français. Mais nous avons parfois le sentiment qu'Israël n'est pas assez conscient de ce qui l'unit à l'Europe et de ce que celle-ci peut lui apporter. Mon gouvernement veut contribuer à la constance, à la franchise et à la richesse du dialogue historique entre nous.

Nous devons en particulier travailler ensemble au succès du partenariat euro-méditerranéen issu du processus de Barcelone. Nous allons avoir l'an prochain une échéance importante avec la Conférence de Stuttgart. Nous avons commencé d'y réfléchir avec nos partenaires allemands qui vont exercer, à partir de janvier prochain, la présidence de l'Union européenne. Je crois que, là aussi, nous tenons le bon cap. Pour la France, pour Israël, pour tous nos partenaires, c'est un autre beau défi à relever.

Long est encore le chemin vers la réconciliation au Proche-Orient. N'oublions pas que la paix reste à construire entre Israël et le Liban, et avec la Syrie. Nous ne savons pas quand la négociation se nouera. Mais la France est disponible pour jouer un rôle utile. La paix entre tous est l'intérêt de tous.

Je voudrais maintenant faire écho, Monsieur le Président, aux préoccupations que vous avez formulées à l'instant et qui viennent d'une Histoire douloureuse.


II - Parce qu'elle veut regarder sa propre histoire en face, la France en explore aussi les zones d'ombre.

Vous l'avez rappelé, Monsieur le Président, l'année 1998 est riche de commémorations : abolition de l'esclavage, armistice de 1918, déclaration universelle des droits de l'homme - que nous fêterons dans quelques jours. De ce passé, les Juifs de France sont partie intégrante. Des Juifs ont illustré l'histoire de France et je suis particulièrement sensible à votre évocation de René Cassin, de Daniel Mayer et de Pierre Mendès France. La philosophie et la culture du judaïsme vivent dans notre histoire collective. Peu savent que l'un des plus grands commentateurs de la Thora, Rachi, était un vigneron champenois et que les grammairiens spécialistes de l'ancien français trouvent dans ses gloses nombre de mots qui leur permettent d'alimenter leurs études.

On s'étonne parfois de la propension française à la commémoration. Elle est peut être excessive dans son ampleur. Je la crois néanmoins essentielle dans son esprit. Cette mémoire du passé est l'occasion pour notre peuple de saisir dans sa propre histoire les éléments qui l'aident à regarder l'avenir avec confiance. Elle permet de confronter, parfois avec des difficultés, nos mythes historiques avec l'histoire réelle. L'épreuve de la vérité est toujours délicate. Elle reste néanmoins indispensable. Une nation gagne toujours à regarder avec lucidité son passé, y compris ses pages sombres. C'est pourquoi, après avoir approuvé sans réserves les déclarations du Président de la République sur les crimes antisémites du régime de Vichy, je me suis moi-même exprimé en ce sens.

Vous avez évoqué avec une insistance légitime les préoccupations des Juifs français concernant la question des spoliations. Ces attentes sont fondées. Il est normal que ceux qui ont été les victimes de cette tragédie sans précédent - la Shoah - revendiquent des droits qui sont effectivement les leurs. Face à un tel événement, nous savons que toute réparation ne sera jamais véritable : car c'est l'irréparable qui fut alors commis. Pour autant, il est juste que ceux qui ont été spoliés -ou leurs descendants- obtiennent une forme de réparation.

C'est pourquoi la France entend rendre compte des actions entreprises et des mesures à venir. Une délégation de haut niveau se rendra à cet effet à la conférence de Washington qui s'ouvrira lundi. Ainsi, au titre du devoir de solidarité, la France vient d'annoncer à Londres qu'elle consacrerait 20 MF aux activités du Fonds international d'aide aux victimes des persécutions nazies. Cette aide est plus spécifiquement destinée aux Juifs d'Europe de l'Est, qui furent souvent victimes à la fois du nazisme et du totalitarisme communiste qui lui a succédé, et qui furent empêchés de bénéficier des indemnisations versées après la guerre.

Cette décision n'éteint pas notre devoir de justice et de solidarité. En particulier, je veux dissiper les craintes dont vous vous êtes fait l'écho à propos du groupe de travail sur la spoliation des biens des Juifs de France. La mission Mattéoli remplit, avec une énergie et une détermination que je veux souligner, les objectifs qui lui ont été assignés. Je veille à ce qu'elle en ait la capacité. Dès mon arrivée à l'Hôtel de Matignon, j'ai naturellement confirmé la mission dans son fonctionnement. Surtout, j'en ai accru les moyens. En liaison avec le Président Mattéoli, j'ai donné mon accord à la constitution de sous-commissions, notamment dans le domaine de la banque et des assurances. La discrétion -voulue, et assumée- de ses travaux ne doit pas masquer l'importance et la qualité des résultats déjà obtenus grâce au concours actif -je veux vous le dire en réponse, M. le Président- des administrations concernées, comme d'autres ministres, Dominique Strauss-Kahn présent ici, y a veillé pour son administration. En décembre, la Commission aura achevé ses travaux sur deux points : les spoliations du camp de Drancy et le devenir de " l'amende du milliard " imposée aux Juifs de France. Je voudrais dire ma reconnaissance à tous les membres de la Commission, qui accomplissent un travail d'analyse remarquable, à son président bien sûr et également à son vice-président, le professeur Ady Steg -dont je sais avec quel sens des responsabilités il aborde ces questions-, et qui sera dès lundi à Washington au sein de la délégation française.

Jean Mattéoli m'avait indiqué son désir de voir aboutir la plupart des autres recherches avant décembre 1999. J'ai donc décidé de renforcer encore les moyens de la mission. Après avoir procédé à la nomination d'un directeur, M. André Larquié, j'ai demandé aux ministres concernés de permettre à la mission de recruter une vingtaine de chercheurs supplémentaires. En outre, j'ai souhaité que figure en 1999 au budget des services généraux du Premier ministre, une somme de dix millions de francs afin que la mission, disposant pour la première fois d'un budget propre, puisse recruter les personnes dont elle a besoin. Nous espérons ainsi pouvoir disposer dès la fin de l'année prochaine des éléments nous permettant de mener à bien l'examen de cette partie de notre histoire.

Lorsque le gouvernement précédent avait installé la mission Mattéoli, il avait indiqué qu'il reviendrait à celle-ci de lui faire, à l'issue de ses travaux, des propositions sur la nature et les modalités des réparations nécessaires. Je partage votre sentiment : il convient d'accélérer les choses. L'impatience légitime des victimes, la pression internationale et le souci de justice qui nous anime : tout se conjugue pour nous y conduire. Il s'agit pour la France de tirer des leçons de sa propre histoire et de réparer ce qui doit l'être. Il faut donc agir vite, sans se départir pour autant de la précaution nécessaire. Dans certains domaines, chacun s'accorde en effet à penser qu'il faut attendre que les historiens aient achevé leurs recherches.

C'est pourquoi je crois que pour prendre une décision quant au sort des oeuvres d'art dites MNR -c'est-à-dire récupérées par les musées nationaux après-guerre- un inventaire exhaustif de ces oeuvres et de leurs parcours est nécessaire. Certes, nul n'ignore qu'en tout état de cause ces oeuvres, quelle que soit leur origine, ont suivi les itinéraires exceptionnels qui ont marqué les collections d'art durant cette période, mouvements qui s'expliquent presque exclusivement par le projet nazi de s'accaparer les collections appartenant à des juifs. Dans le prêt fait par le Centre Georges Pompidou au Musée d'art et d'histoire du judaïsme, je vois un symbole du refus des musées, maintes fois réitéré depuis la guerre, de conserver définitivement ces tableaux tant que leur origine n'est pas établie. Je souhaite que, sur ce point, toutes les recherches possibles soient faites. Il nous appartiendra, au terme de ce travail déjà très largement engagé, de décider du sort de celles de ces oeuvres dont l'origine sera restée incertaine.

Enfin, je pense qu'il faut répondre aux demandes individuelles qui sont adressées soit à la puissance publique, soit aux entreprises -vous mentionnez les secteurs de la banque et des assurances- qui ont participé, à un titre ou à un autre, aux spoliations de la guerre. Le président Mattéoli m'a récemment proposé que la Commission étudie la possibilité de créer une instance chargée d'examiner les demandes individuelles formulées par des victimes des lois antisémites ou par leurs ayants droit. Je viens de lui faire part de mon plein accord. Par sa composition et ses procédures, cette instance devra revêtir une autorité incontestable. Le président Mattéoli pourra donc dans les prochains jours, et en liaison avec les ministres concernés, instituer un groupe de travail chargé de faire des propositions concrètes. Dès que j'aurai reçu ces propositions, je veillerai à la mise en place d'une telle instance.

Comme vous l'avez dit, Monsieur le Président, " il ne s'agit pas d'être tourné vers le passé ". Si elles sont ancrées dans la reconnaissance du passé, toutes les mesures que nous allons prendre regardent vers l'avenir.


III - Par des gestes forts, la France entend construire sur la mémoire, afin que les tragédies de ce siècle ne se reproduisent plus.

Dans ses Errata, George Steiner pose une question qui interpelle chacun d'entre nous : "Comment saisir psychologiquement, socialement, la capacité d'êtres humains à jouer Bach et Schubert le soir, et à torturer d'autres êtres humains le lendemain matin ?" Je ne suis pas sûr que cette question puisse trouver sa réponse. Mais je suis convaincu que seuls le travail de la mémoire, l'oeuvre de l'éducateur, la conscience des citoyens, et aussi la responsabilité des hommes politiques peuvent contribuer à ce qu'elle ne se pose pas demain à nouveau. Nous devons combattre sans faiblesse les idées et les méthodes de l'extrême-droite dans notre pays.

Nous devons plus largement faire comprendre à tous nos concitoyens que les valeurs de la République doivent être, par eux, défendues, chaque jour, sans relâche. Je l'ai rappelé l'an dernier devant vous : la réponse à l'intolérance, au racisme et à la xénophobie, est d'abord politique, mais elle peut et doit s'appuyer sur la mémoire.

Pour cela, la France mettra en place un fonds destiné à financer des opérations spécifiques. Conformément à nos engagements, nous devrons attendre les propositions de la Commission pour établir l'usage de l'ensemble des sommes qui seront versées sur ce fonds comme de ses modalités de fonctionnement. Mais j'ai d'ores et déjà décidé, en accord avec la ministre de la Culture et de la Communication, que l'État consacrerait 50 MF au projet d'agrandissement du Mémorial du martyr juif inconnu, projet qui comporte la restructuration des espaces d'archives, de bibliothèque et de documentation, l'intégration dans de meilleures conditions de ce qu'on appelait le " fichier juif ", la mise en place d'un mur de la mémoire comportant 76.000 noms de déportés Juifs de France et la création d'un musée de la Shoah. J'ai demandé aux représentants de l'État qui suivent ce dossier, en liaison avec l'équipe en charge du Mémorial et son président, Éric de Rothschild, de veiller à ce que ce projet ait une vocation pédagogique affirmée, qu'il s'ouvre à tous les publics, scolaires en particulier, et qu'il soit -selon les paroles de son président- " un véritable outil de lutte contre la xénophobie, le retour de la haine et le mépris de l'homme ".

J'ai entendu, Monsieur le Président, votre demande de voir créer une institution en mémoire de la Shoah. Peut-être le mémorial pourrait-il servir de point de départ à un tel projet ? Je souhaite que nous y réfléchissions ensemble.

Enfin, je me réjouis tout particulièrement de l'ouverture du Musée d'art et d'histoire du judaïsme qui sera inauguré lundi par le Président de la République en présence de Catherine Trautmann. J'aurai l'occasion de le visiter très prochainement. Dû à une initiative rassemblant, en 1986, le maire de Paris, Jacques Chirac, et le ministre de la Culture, Jack Lang, soutenu à parité depuis par la Ville et l'Etat, ce musée me parait être un beau témoignage de reconnaissance par la France de ce qu'elle doit à une culture qui est aux fondements de notre civilisation et qui n'a cessé depuis de l'inspirer.

Le combat que nous menons pour les valeurs de liberté, d'égalité et de fraternité qui nous rassemblent est un combat politique. A la place où je suis, avec les moyens qui sont les miens, je le mène avec détermination. Cette action concerne, au premier chef, la culture -comme vous l'avez souligné. La culture est l'âme de la Démocratie. Il est particulièrement significatif que là où s'installe -nationalement ou localement- un pouvoir autoritaire, la culture est toujours prise comme cible, qu'on cherche à la bâillonner, à l'asservir à une doctrine. La culture est légitime jusque dans sa contestation du pouvoir, car elle n'existe et n'a de valeur que dans la liberté. La culture n'est riche que parce qu'elle est libre. Elle ne doit pas servir. Mon gouvernement entend par conséquent protéger, en tout point du territoire républicain, la liberté des créateurs et de leurs publics.

Il entend, surtout, s'attaquer aux racines du mal. Ceux qui prônent l'intolérance et la haine de l'Autre exploitent des réalités -la misère, le chômage, l'insécurité physique et sociale- que nous nous combattons, et manipulent des représentations -je pense à la figure de l'étranger. Historiquement, l'extrême-droite a toujours procédé ainsi. En donnant la priorité à la croissance et à une politique volontariste de création d'emplois, en s'attaquant aux injustices sociales, en luttant contre l'insécurité, en conduisant une politique de l'immigration qui, pour renouer avec ce qui est au coeur de la République -l'intégration et la citoyenneté-, se donne les moyens de maîtriser durablement l'immigration, le gouvernement répond aux attentes des Français et prend ses responsabilités dans le combat contre une extrême-droite qu'il entend réduire.


Monsieur le Président, Mesdames et Messieurs,

Achevant mon propos, je voudrais former des voeux chaleureux pour les institutions que vous représentez : par leur diversité -religieuses ou laïques, parisiennes ou de province, politiques ou culturelles-, elles attestent la vitalité du judaïsme français et sa parfaite insertion dans notre pays. Chacune contribue, avec sa sensibilité propre, au débat public. Toutes ont en commun un idéal de paix et de justice. Puissent la mémoire et l'Histoire que nous avons longuement évoquées ce soir nous permettre de rendre chaque jour cet idéal vivant.

(source http://www.premier-ministre.gouv.fr, le 29 mai 2001)

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