Déclaration de Christian Pierret, secrétaire d'Etat à l'industrie, sur les perspectives de l'industrie de l'ameublement notamment l'innovation et l'exportation, Paris le 14 janvier 1999. | vie-publique.fr | Discours publics

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Déclaration de Christian Pierret, secrétaire d'Etat à l'industrie, sur les perspectives de l'industrie de l'ameublement notamment l'innovation et l'exportation, Paris le 14 janvier 1999.

Personnalité, fonction : PIERRET Christian.

FRANCE. SE à l'industrie

Circonstances : Inauguration du Salon du meuble à Paris le 14 janvier 1999

ti : Mesdames et Messieurs,

Je suis très heureux d¿être présent, parmi vous, en ce jour d¿inauguration du Salon du Meuble. Vous y verrez sans doute la marque d¿un atavisme local, le meuble restant un secteur d¿activité privilégié dans le département dont je suis l¿élu. Il est vrai que je suis attaché à ce secteur d¿activité qui, marqué par l¿histoire, la culture et - disons-le -parfois l¿art, a su se tourner vers l¿avenir et préserver ainsi l¿emploi. Mon intervention sera très pragmatique, centrée sur vos réussites et sur les problèmes que vous rencontrez au quotidien : conjoncture, innovation, formation, maîtrise des coûts et exportations. Vos réussites présentes et à venir : tels seront, en effet, mes voeux pour 1999 !

1.La conjoncture

L¿année qui s¿achève a été bonne pour notre pays. Grâce à la croissance retrouvée - nous obtiendrons cette croissance de 3% que nous annoncions dès l¿été 1997 - le chômage a commencé à reculer. Le pouvoir d¿achat a augmenté de plus de 3% en 1998 du fait de la forte progression de l¿emploi. La priorité donnée à la croissance et à l¿emploi depuis dix-huit mois a porté ses fruits, aidée par une conjoncture internationale favorable, au moins jusqu¿au milieu de l¿année dernière.
En 1998, le marché du meuble en France s¿est nettement redressé. Après une baisse de 1,6% en 1997, l¿activité commerciale enregistre une progression de 8% sur les dix premiers mois de l¿année. La production de meubles s¿est élevée à élevée à 37,4 milliards de francs en 1997, dans les entreprises de plus de vingt salariés, soit une hausse de 8,4% - hors literie. Je tiens à saluer les excellents résultats de votre profession. Quelle sera demain la conjoncture économique ? La tourmente financière de l¿automne a obscurci les perspectives à court terme. Il est vrai que le début de l¿année 1999 s¿annonce plus difficile. Le coup de déprime qui a affecté les chefs d¿entreprise industrielle à la rentrée de 1998 pèsera sans doute sur le rythme de la croissance au début de cette année. Le socle de confiance que nous avons su acquérir collectivement devrait cependant nous permettre de surmonter ces difficultés passagères. Les ménages de ce pays, en particulier, continuent de nous accorder leur confiance pour améliorer leur situation. Nous ne devons pas les décevoir. Les perspectives européennes, nées notamment de la création réussie de l¿euro, nous y aideront considérablement. Pour le secteur du meuble, comme pour les autres, voire plus que pour les autres, l¿euro marque la fin des dévaluations compétitives intra-européennes. Il est un facteur de stabilité et de croissance : la compétitivité - au moins intra-européenne - ne dépend plus que de nos propres forces. C¿est-à-dire de votre savoir-faire, de votre faire-valoir et de votre talent !
2.L¿innovation
Le meuble n¿est pas un secteur industriel comme les autres. Il est d¿abord un « art de vivre « , un art, un artisanat, une industrie qui vise le confort, le bien-être, la convivialité de ce qui nous est le plus privé et le plus cher : la vie familiale. Le meuble est d¿abord un « art de vivre « ! Dans la période où nous vivons, les citoyens sont à la recherche d¿un environnement chaleureux, protecteur, qu¿ils trouvent notamment dans l¿ameublement de leur foyer. Ils sont également de plus en plus attachés à l¿originalité, à la singularité de leurs biens, et c¿est vrai des meubles comme ça l¿est des vêtements. Cet attachement de plus en plus prononcé des consommateurs à un « art de vivre « est un élément fondamental de la lecture que je fais de votre profession. Le prix du créateur de l¿année vient d¿être remis à un designer italien, M. MEDA, que je tiens à saluer. M. MEDA, permettez-moi cependant de regretter que les entreprises françaises fassent trop peu appel à vos talents, ainsi que je l¿ai constaté au vu de vos références.
Sans même aller chercher vos talents au-delà des Alpes, les entreprises françaises doivent faire plus et mieux en matière d¿utilisation du design au service de l¿originalité des produits, du confort, de « l¿art de vivre « . Une étude de mon Ministère a montré que les entreprises qui font appel au design sont statistiquement en meilleure santé financière que les autres. Cela veut-il dire que seuls les riches y font appel ? Je ne crois pas. Le design, la créativité, l¿innovation, permettent de sortir sur le marché par le haut, de se dégager de la guerre des prix. Il faut faire des produits de qualité, élégants, beaux tout simplement, qui attirent le consommateur, chez qui il y a une réelle attente. A vous de lui faire préférer « l¿art de vivre « à la française. Outre les structures de votre profession, les services de mon Ministère sont là pour vous encourager et vous appuyer dans l¿utilisation du design industriel. Dans le cadre de l¿appel à propositions « 50 Technologies Clés « , je viens de lancer un Appel à Propositions ciblé sur le thème « Ergonomie et design des produits de consommation « . Il vise à accompagner les entreprises qui font appel à des techniques innovantes pour créer des produits mieux conçus, plus faciles d¿usage, plus confortables pour l¿utilisateur. Aussi je vous invite dès maintement et pendant l¿année 1999 à présenter des dossiers dans le cadre de cette procédure. Une enveloppe de 10 millions de francs est prévue pour soutenir les meilleurs projets.
Au-delà de cet appel à proposition ciblé, mes services se tiennent à votre disposition pour vous accompagner dans votre développement. J¿ai récemment donné aux DRIRE des instructions très précises visant à renforcer leurs missions de développement industriel. Dans chaque région, les PMI peuvent trouver auprès d¿elles assistance et appui aux projets. N¿hésitez pas à faire appel à elles, elles sont à votre service et à celui de vos projets, et disposent d¿une grande palette d¿outils d¿intervention, dans le sens de la créativité et de l¿innovation.
3.La formation
Mais ce n¿est pas tout. Pour vendre des meubles, il ne suffit pas d¿avoir des produits bien conçus et séduisants, il faut aussi avoir du personnel bien formé pour concevoir, pour appréhender les marchés, pour vendre, pour fabriquer. L¿Etat a vis-à-vis de la nation la responsabilité de donner aux jeunes une formation initiale de qualité. Les entreprises ont celle de la formation continue. Adapter les hommes et les femmes de l¿entreprise aux conditions chaque jour mouvantes du marché est une tâche ardue et de longue haleine.
Les pouvoirs publics accompagnent la profession dans cette démarche, notamment par le biais du Fonds Social Européen, à la gestion duquel mes services participent aux côtés de ceux de Martine AUBRY. Ainsi, en 1998, ce sont 70 entreprises qui on t été appuyées dans leur effort de formation, pour un budget de 20 millions de francs, soit le double de celui de 1997.
4.La maîtrise des coûts
En outre, pour vendre de façon profitable, il faut bénéficier de conditions économiques favorables. Votre secteur de main-d¿¿uvre profitera ainsi à plein de la mesure de suppression de la part salariale de la taxe professionnelle décidée par le Gouvernement de Lionel Jospin. C¿est une bonne mesure, qui vous apportera un plus en matière de compétitivité, pour vous battre à armes égales avec vos concurrents de la zone euro. C¿est aussi une bonne mesure pour l¿emploi dans vos entreprises, et l¿élu local des Vosges que je suis ne peut que s¿en féliciter.
5.L¿exportation
A l¿heure de l¿Euro, le développement de votre activité ne peut se concevoir dans un cadre strictement hexagonal. Pour vous développer, vous avez l¿impératif d¿élargir l¿éventail de vos clients. Il faut aujourd¿hui saisir la grande opportunité que représente l¿ouverture des marché auparavant inaccessibles. Je sais que vous n¿êtes pas inertes. Les efforts que vous faites pour conquérir de nouveaux marchés donnent d¿excellents résultats. En deux ans, le chiffre d¿affaires à l¿exportation de la profession a progressé de 20 %. La place de la France, au 5ème rang dans le monde peut encore être améliorée. Le projet des industries de l¿ameublement - doubler les exportations de meuble français en 10 ans ! - , va dans le bon sens. Les moyens que vous mettez en ¿uvre me semblent tout à fait pertinents. Les actions menées à l¿initiative du Groupement des Exportateurs de Meuble (GEM) en liaison avec l¿institut de Promotion et d¿Etude de l¿Ameublement (IPEA) et le VIA (valorisation de l¿innovation dans l¿ameublement) ont permis en 1998 de tripler le nombre d¿entreprises présentes dans des salons étrangers. Il faut que vous assuriez la continuité dans le temps de ces actions, car, vous le savez, aucun résultat tangible ne peut être obtenu sans un investissement commercial persévérant.
Mesdames et Messieurs,
C¿est aussi en y allant collectivement, en mobilisant la profession sur « l¿art de vivre à la française « que vous ferez du meuble français une « référence mondiale « , comme les italiens ont su le faire, ce qui leur a permis de construire leur position de premier exportateur mondial. Ce qu¿ils ont fait, vous pouvez le faire, et déjà vous le faîtes ! Ce qu¿ils ont réussi, vous pouvez le réussir, et déjà vous réussissez ! Je suis heureux d¿être avec vous en ce jour d¿inauguration du Salon du Meuble 1999, sous le signe de l¿optimisme, de l¿ambition et de l¿audace.

(Source http://www.industrie.gouv.fr, le 14 janvier 1999)

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