Déclaration de Mme Catherine Trautmann, ministre de la culture et de la communication, sur les différentes actions de modernisation et de soutien aux entreprises de presse et à la presse écrite, Paris le 12 février 1999. | vie-publique.fr | Discours publics

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Déclaration de Mme Catherine Trautmann, ministre de la culture et de la communication, sur les différentes actions de modernisation et de soutien aux entreprises de presse et à la presse écrite, Paris le 12 février 1999.

Personnalité, fonction : TRAUTMANN Catherine.

FRANCE. Ministre de la culture et de la communication

Circonstances : Réunion d'installation du Comité d'Orientation du Fonds de modernisation de la presse quotidienne et assimilée et agences de presse, à Paris, le 12 février 1999

ti : Monsieur le Président (du Comité , Bruno LASSERRE)
Messieurs les Présidents (des syndicats d¿éditeurs représentés)
Monsieur le directeur (du SJTIC, Francis BRUN BUISSON)
Mesdames et Messieurs les directeurs (des syndicats d¿éditeurs)
Mesdames et Messieurs,

En tout premier lieu, je voudrais vous dire le plaisir que j¿ai à vous retrouver toutes et tous et, si vous le permettez Monsieur le Président, j¿aimerais adresser un salut particulier à tout ceux qui ont apporté leur pierre à la mise en place du Fonds de modernisation dont l¿installation nous réunit aujourd¿hui.
Je pense d¿abord aux Parlementaires, et particulièrement à Jean Marie Le GUEN, dont la proposition a fait écho au souhait que j¿avais formulé à l¿été 1997, à HOURTIN, d¿une initiative forte permettant d¿accélérer la modernisation de la presse écrite.
Je pense aux représentants de la presse, dont la participation active aux groupes de travail qui se sont réunis pendant le premier semestre 1998 a très utilement contribué à préciser le champ d¿intervention du fonds. Cette réflexion, si elle a retardé la mise en ¿uvre de ce dernier, nourrira la doctrine du Comité d¿Orientation et devrait permettre d¿accélérer son entrée en activité.
Je pense au SJTIC, et notamment à son directeur Francis BRUN BUISSON, pour l¿énergie dont il a fait preuve dans l¿animation de ces travaux et pour le soin qu¿il a pris au bon avancement du décret et de l¿arrêté qui en règlent le fonctionnement.
Je pense encore aux représentants des ministères de l¿Economie, des Finances et de l¿Industrie qui ont collaboré de manière constructive à la rédaction de ces derniers.
Je voudrais très sincèrement vous en remercier. En mon nom propre, bien sur, au nom du gouvernement, mais aussi au nom de la presse quotidienne, de la presse hebdomadaire régionale et des agences dans leur ensemble pour la modernisation de laquelle ce fonds interviendra demain, j¿en suis persuadée, comme un faciliteur, comme un catalyseur, et comme un auxiliaire puissant.
Après ces remerciements, je vous adresse mes encouragements pour la tâche importante qui vous attend. Acte de naissance du Comité d¿Orientation, cette journée, en quelque sorte, le passage de témoin pour la mise en ¿uvre du Fonds de modernisation, mais aussi l¿occasion d¿un coup d¿¿il en arrière sur l¿action menée depuis dix huit mois en faveur de la presse écrite.
Si j¿ai souhaité inscrire sans ambiguïté mon action dans l¿héritage deux fois centenaire de soutien à la presse, les défis auxquels elle est confrontée m¿ont amené à en repenser de manière substantielle les voies et moyens.
Dans sa dimension industrielle, le développement de l¿informatique et des télécommunications conduisent la presse à repenser l¿ensemble de la chaîne de production, en même temps qu¿ils permettent de diminuer les coûts et les délais de fabrication. En terme de service rendu au lecteur, l¿accélération des rythmes de fabrication doit permettre à la presse d¿être plus performante dans ses délais de traitement de l¿information, et ainsi de lutter plus efficacement contre la concurrence des médias audiovisuels. Mais cette adaptation, pour être perceptible du public, doit s¿accompagner d¿une plus grande efficacité des circuits de distribution, par exemple à travers le développement du portage.
Le développement du multimédia peut représenter une menace, avec l¿apparition d¿une concurrence nouvelle, en particulier celle de nouveaux entrants qui ne supportent pas les coûts liés à la fabrication et à la distribution de la presse ; ce développement constitue aussi une double opportunité : la possibilité de moderniser les conditions de travail des rédactions, d¿une part. La possibilité pour la presse, à travers la mise en ¿uvre de ses propres services électroniques de valoriser le travail de numérisation et d¿organisation de ses fonds en base de données, de l¿autre. Dans un contexte de convergence, mais aussi de concurrence accrue pour la captation de la manne publicitaire, il me semble enfin que le soutien de la presse est porteur d¿une défense plus large de la place de l¿écrit, et par là même de sa capacité à exposer et analyser les questions complexes qui sont la marque de notre société. J¿observe d¿ailleurs que la presse reste, de très loin le média privilégié par les Français pour "expliquer une nouvelle importante" d¿après une enquête publiée il y a quelques semaines.
En même temps que se poursuivait la gestation du Fonds de modernisation de la presse quotidienne, je me suis donc attachée dès mon entrée en fonctions à l¿adaptation du dispositif traditionnel d¿aides budgétaires à la presse :
Le développement des moyens du Fonds multimédia presse lui a déjà permis d¿aider à la mise en ¿uvre de 52 projets, pour un apport de 36 millions de francs, et ses modalités d¿intervention ont été adaptées afin de lui permettre de contribuer au mieux à dynamiser encore la présence de la presse française sur Internet. L¿aide au portage a vu sa dotation passer de 15 millions de francs en 1997 à près de 50 millions de francs en 1999.
Les Fonds spécifiques destinés à soutenir la presse quotidienne nationale à faibles ressources publicitaires, les quotidiens régionaux à faibles ressources de petites annonces et les titres de la Presse Hebdomadaire Régionale ont vu leurs moyens augmenter de 20% en deux ans, traduisant en termes concrets la volonté du gouvernement de mieux prendre en compte les contraintes économiques spécifiques que subit la presse d¿information politique et générale, et la contribution particulière qu¿elle apporte au débat démocratique..
Au total, en liaison approfondie avec vos représentants, les efforts d¿adaptation ont pu porter sur les deux tiers des chapitres relevant des aides directes à la presse.
Mais parce que cette journée vise à esquisser des lignes d¿action pour la modernisation de la presse, bien plus qu¿à dresser un bilan, je me contenterai d¿ajouter à ce rapide survol la réforme de la Commission Paritaire, qui devrait rapidement déboucher sur une définition nouvelle de la vente effective, permettant d¿engager le réexamen général des titres, la solution durable apportée aux questions touchant à la fiscalité des journalistes, les réflexions entreprises concernant les droits d¿auteurs des journalistes en cas de développement de service électronique ou encore l¿adaptation de la convention ente l¿Etat et la SNCF pour le transport de la presse.
S¿agissant maintenant de l¿action que vous aurez à conduire dans le cadre du Comité d¿orientation, je voudrais d¿abord souligner que le gouvernement n¿a pas souhaité faire du fonds une instance de soutien à l¿innovation, laquelle fait l¿objet d¿intervention spécifiques, par exemple dans le cadre de l¿ANVAR, mais bien de modernisation des entreprises de presse dans l¿ensemble de leurs composantes.
S¿il n¿est pas du rôle du fonds de contribuer au financement d¿opérations relevant de la gestion courante, je n¿ai pas souhaité non plus qu¿une définition purement comptable de la notion d¿investissement limite de manière trop stricte le périmètre des projets éligibles.
Au final, le fonds aura donc la possibilité d¿intervenir en soutien à des projets de nature industrielle, rédactionnelle ou commerciale, destinés à accroître la productivité des entreprises mais visant également à favoriser l¿amélioration de leur contenu rédactionnel, à accélérer leur diversification vers de nouveaux supports, ou encore à aider à développer de nouveaux modes de distribution de la presse.
Ce souci d¿appréhender dans sa globalité la question de la modernisation des entreprises de presse se retrouve dans le dispositif prévu pour l¿examen des dossiers. Ainsi, l¿instruction confiée au SJTIC pourra-t-elle être complétée par l¿intervention d¿experts et par les travaux de commissions permettant d¿affiner l¿étude de certains aspects techniques, économiques ou financiers, autant que de prendre en compte les spécificités de chacune des formes de presse concernées.
Enfin, s¿agissant des propositions que vous aurez à émettre concernant les subventions et avances remboursables à allouer aux dossiers qui vous seront soumis, j¿ai souhaité qu¿elles se situent à un niveau suffisamment significatif pour pouvoir générer un réel effet de levier en faveur de la modernisation des entreprises de presse, mais aussi que les projets collectifs puissent bénéficier d¿un coup de pouce supplémentaire, afin de favoriser la collaboration entre éditeurs, et les synergies dont de tels rassemblement sont porteurs.
J¿ai noté, au cours des dernières semaines l¿annonce d¿un certain nombre de projets qui traduisent une telle mobilisation collective. Je pense par exemple aux produits de couplage publicitaire, pour lesquels chacune des formes de presse a aujourd¿hui suivi l¿exemple déjà ancien de la presse quotidienne régionale ou encore aux volontés annoncées de mutualisation de services de petites annonces sur Internet.
J¿y vois la suite de la longue tradition de coopération, profondément ancrée dans l¿histoire de la presse française, et je me réjouis de savoir que le Fonds de modernisation sera en mesure de contribuer, dès les semaines à venir, au bon avancement de tels projets
J¿y vois aussi une sensibilisation croissante des éditeurs aux transformations profondes du secteur de la communication.
J¿y vois enfin la marque de leur détermination à relever, individuellement et collectivement, les défis majeurs qui conditionnent l¿équilibre économique de la presse et le maintien de son rayonnement.

Monsieur et Messieurs les Présidents,
Mesdames et Messieurs les Directeurs,
Mesdames et Messieurs
Par ma présence aujourd¿hui parmi vous, j¿ai voulu témoigner du rôle essentiel qui doit être demain celui de ce Fonds et de son Comité d¿Orientation dans la modernisation de la presse écrite.
Les moyens mis en ¿uvre, 200 millions de francs de recettes prévus pour 1999 auxquels s¿ajouteront les 139 millions non dépensés en 1998, représentent un montant très significatif ; je sais que vous aurez à c¿ur de le répartir de la façon la plus appropriée.
Dans un instant, je laisserai le soin à Bruno LASSERRE de tracer les grands axes qu¿il entend proposer pour le travail de votre comité.
Mais je voudrais dans un dernier mot insister sur l¿atout majeur dont dispose la presse écrite, et particulièrement la presse quotidienne : un capital d¿image et de confiance qui semble se renforcer. Ainsi, l¿enquête publiée mi janvier sur le niveau de confiance que les Français accordent aux différents médias témoigne d¿une progression constante du score de la presse écrite au cours de ces dernières années.
C¿est dire que nos concitoyens ont conscience de l¿irremplaçable valeur de l¿écrit. C¿est dire aussi que la modernisation de la presse dépasse de loin le seul enjeu industriel, les règles de fonctionnement retenues pour le Fonds de modernisation en ont tiré les conséquences, comme nous avons pu le noter précédemment.
Mais je voudrais également profiter de notre réunion pour vous confirmer l¿information parue ce matin, et qui marque ma volonté de contribuer à conforter les relations de confiance entre la presse et ses lecteurs : à l¿occasion de ma communication au Conseil des Ministres du 23 septembre dernier sur la modernisation de la presse écrite, j¿avais exprimé mon souhait qu¿une réflexion partagée permette aux éditeurs et aux journalistes de rechercher les bases d¿une référence déontologique commune.
En conséquence, j¿ai confié à Jean Marie CHARON une mission d¿exploration et de réflexion visant à préciser le cadre dans lequel pourrait s¿inscrire cette concertation, et à en préciser l¿objectif.
J¿attends les conclusions de cette mission avant la mi avril. Nous déciderons alors, ensemble, des suites à donner à ce premier travail de méthode.
Il me reste à remercier Bruno LASSERRE et son suppléant Jean Ludovic SILICANI, d¿avoir accepté de prendre en charge l¿animation de votre Comité. Je passe maintenant la parole à Bruno LASSERRE.

(Source http://www.culture.gouv.fr)

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