Déclaration de Mme Catherine Trautmann, ministre de la culture et de la communication, sur la prochaine nomination de Christoph Eschenbach au poste de directeur musical de l'Orchestre de Paris, et sur les conclusions du rapport d'André Larquié, président de la Cité de la Musique, sur la réalisation d'un auditorium symphonique et sa probable construction sur le site de La Villette, Paris le 23 février 1999. | vie-publique.fr | Discours publics

[ Publicité ]

Déclaration de Mme Catherine Trautmann, ministre de la culture et de la communication, sur la prochaine nomination de Christoph Eschenbach au poste de directeur musical de l'Orchestre de Paris, et sur les conclusions du rapport d'André Larquié, président de la Cité de la Musique, sur la réalisation d'un auditorium symphonique et sa probable construction sur le site de La Villette, Paris le 23 février 1999.

Personnalité, fonction : TRAUTMANN Catherine.

FRANCE. Ministre de la culture et de la communication

ti : Je voudrais dire à tous le plaisir qui est le mien d¿accueillir ici Christoph Eschenbach qui prendra bientôt en main, au côté de George-François Hirsh, les destinées de l¿Orchestre de Paris.
Je suis heureuse que nous ayons pu le convaincre d¿associer sa carrière à celle d¿une de nos plus prestigieuses formations symphoniques. J¿en suis heureuse non pas seulement parce qu¿il est un grand artiste, mais parce qu¿il a été et demeure un grand musicien avant que d¿être un grand chef.
A quelques exceptions près, les grands chefs d¿orchestre français ont été eux-mêmes des musiciens, des interprètes, avant de monter au pupitre - à la différence de l¿Allemagne, par exemple, où le métier de Kapellmeister s¿apprend plutôt dans les maisons d¿opéra. C¿est pourquoi Christoph Eschenbach n¿est pas pour nous un chef comme les autres. Il est proche de notre sensibilité, il est proche déjà, je le sais, de celle des musiciens de l¿Orchestre de Paris.
J¿en oublierais presque de lui souhaiter la bienvenue, tant il est déjà ici chez lui.
Christoph Eschenbach est né en 1940 à Breslau. Il n¿a pas connu sa mère (morte à sa naissance) et a perdu tôt son père, musicologue de renom (opposant au régime nazi, mort au front pendant la guerre).
Christoph Eschenbach débute sa carrière musicale en 1963, comme pianiste et remporte en 1965 le premier prix au concours Clara Haskil de Lucerne. Parallèlement à une brillante carrière de soliste - il fut l¿un des pianistes favoris de Herbert von Karajan et Georges Zsell - Christoph Eschenbach poursuit des études de direction d¿orchestre. Il prend en 1978 la direction de l¿Orchestre de Ludwigshafen après avoir fait ses début américains en 1975 au pupitre de l¿Orchestre symphonique de San Francisco.
Il travaille ensuite avec la plupart des grands orchestres américains (New York Philarmonic, Los Angeles Philarmonix, Cleveland Orchestra, orchestres symphoniques de Chicago, Philadelphie, Boston...) et européens (Philarmonia et London Philarmonic, Staatskapelle de Dresde, orchestres philharmoniques de Berlin et Munich, Orchestre de Paris). Il est l¿invité régulier des festivals internationaux tels que Ravinia, Tanglexood, Hollywood Bowl, Schleswig-Holstein.
Dans le domaine de l¿Opéra, il a dirigé, avec un immense succès, les Noces de Figaro, Don Giovanni, Cosi fan tutte, Le Chevalier à la Rose, Lohengrin, Parsifal (mise en scène de Robert Wilson), Salomé et Elektra. Depuis 1988, Christoph Eschenbach est directeur musical du Houston Symphony Orchestra. Il a été nommé en 1995 directeur du Festival de Ravinia, le siège d¿été du Chicago Symphony Orchestra. Il est également depuis le début de la saison 1998/1998, nouveau directeur musical de l¿Orchestre symphonique de la radio de Hambourg, et également directeur artistique du Schleswig Holstein Musik Festival.
Outre son importante discographie de pianiste, au pupitre de l¿Orchestre symphonique de Houston, Chrisoph Eschenbach a enregistré des oeuvres de Tchaïckovsky et de Dvorak, suivies des symphonies de Mahler et de Brahms. Il vient de terminer pour BGM un cycle de symphonies de Schumann avec l¿Orchestre de la radio de Hambourg.
En 1990, le président allemand Richard von Weisäcker lui décerne le « Bundesverdienstkreuz ». La même année, il reçoit le « Prix Leonard Berstein ».
Christoph Eschenbach quittera la direction musicale de l¿Orchestre symphonique de Houston à l¿été 1999, avant de prendre celle de L¿Orchestre de Paris et résidera en Europe. il consacrera l¿essentiel de son temps à l¿Orchestre de Paris, aussi bien pour sa saison parisienne que pour ses tournées et enregistrements.
En tant que directeur musical, Christoph Eschenbach aura pour mission de conduire la politique artistique de L¿Orchestre de Paris. Il en élargira le répertoire, accentuera son ouverture à la création et renforcera la place du répertoire français : à ce titre, il sera porteur du projet Berlioz 2003.
Christoph Eschenbach construira le projet artistique de l¿Orchestre de Paris en s¿inspirant des orientations stratégiques adoptées par le Conseil d¿administration dans la perspective d¿une mission rénovée de l¿Orchestre : ouverture à de nouveaux publics, et notamment à la jeunesse ; partenariat avec les grandes institutions de formation supérieure de musiciens ; avec de grandes formations étrangères ; politique audiovisuelle ambitieuse et novatrice utilisant tous les supports actuels et futurs (CD, DVD, Radio, Télévision, Internet...) dans le cadre du nouveau Protocole audiovisuel établi avec les musiciens de l¿Orchestre.
Beaucoup d¿entre vous, je le sais, s¿interrogent sur le devenir de la relation qui lie étroitement aujourd¿hui l¿Orchestre de Paris et la salle Pleyel, interrogation fondée depuis le rachat de celle-ci, par le choix de son propriétaire d¿y développer son propre projet artistique.
Quoiqu¿il en soit, je saisis l¿occasion qui m¿est donnée pour porter à votre connaissance qu¿André Larquié, tout nouveau président de la Cité de la musique, m¿a remis son rapport concernant la réalisation de l¿auditorium symphonique qui fait défaut à Paris, et qui aurait pour vocation de recevoir les formations nationales et internationales de grande notoriété pour un très large public.
André Larquié, associé à Daniel Barroy, a envisagé beaucoup d¿hypothèses situées au c¿ur de Paris. Il plaide finalement pour la construction de ce grand auditorium sur le site de la Villette.
J¿inviterai prochainement le maire de Paris et le président du Conseil Régional d¿Ile de France à une concertation sur ce sujet.
Nul doute que si ce projet aboutissait, ce que je souhaite vivement, l¿Orchestre de Paris disposerait alors de l¿outil qui lui est nécessaire pour développer sa mission.

(Source http://www.culture.gouv.fr)

Rechercher