Déclaration de M. Laurent Fabius, président de l'Assemblée nationale, sur l'importance de l'installation d'une antenne de l'INSEE à l'Assemblée pour accroître l'information économique et sociale des députés, Paris le 15 juin 1999. | vie-publique.fr | Discours publics

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Déclaration de M. Laurent Fabius, président de l'Assemblée nationale, sur l'importance de l'installation d'une antenne de l'INSEE à l'Assemblée pour accroître l'information économique et sociale des députés, Paris le 15 juin 1999.

Personnalité, fonction : FABIUS Laurent.

FRANCE. Assemblée nationale, président;FRANCE. PS

Circonstances : Inauguration d'une antenne de l'INSEE au Palais Bourbon et signature d'un protocole d'accord avec le ministre de l'économie, des finances et de l'industrie, à Paris le 15 juin 1999

ti : Messieurs les Ministres,
Mes chers collègues,
Mesdames, Messieurs,

Derrière l'aspect plutôt anodin de cette innovation administrative, l'installation d'une antenne de l'INSEE au Palais Bourbon, se dissimule une première dans la vie de nos institutions. Chacun sait l'importance de la maîtrise de l'information. A l'époque où il présidait la commission des finances, Dominique Strauss-Kahn se désolait du déficit d'information dont pâtissait le législatif et il lui arrivait de s'en ouvrir à moi. Devenu ministre, il n'a pas oublié sa complainte d'alors et quand je lui ai proposé d'engager un partenariat approfondi entre l'Assemblée nationale et le Ministère de l'Economie, des Finances et de l'Industrie, il a spontanément accédé à ma demande. Je l'en remercie chaleureusement.

Le protocole d'accord que nous allons signer dans quelques instants, et qui sera, dans quelques jours, suivi d'une convention d'application que Messieurs les Questeurs signeront avec le directeur de l'INSEE, a pour objectif de parvenir à un meilleur partage de l'information économique et sociale, afin d'éclairer le débat public, d'enrichir les discussions qui préparent les choix de la représentation nationale et de l'aider à en contrôler la mise en ¿uvre. L'Assemblée nationale attend de ce partenariat qu'il contribue à améliorer l'information des députés, et donc indirectement celle des citoyens, à faciliter les initiatives parlementaires et à compléter notre capacité d'expertise. J'ai cru comprendre que vos attentes, Monsieur le Ministre, n'étaient pas moindres : renforcer la transparence des informations préalables au débat budgétaire, engager avec la représentation nationale un dialogue reposant sur des données statistiques incontestables, aider les députés à répondre aux interrogations de leurs concitoyens. Entre le Palais Bourbon et Bercy, il aurait été dommage que les liaisons se limitent au sillage d'une vedette fluviale.

La création d'une mission INSEE ne devrait être, dans mon esprit, qu'une première étape de ce partenariat. J'espère que Monsieur le directeur de l'INSEE fera des émules auprès de ses collègues de Bercy et, pourquoi pas, auprès d'autres ministères.

Ce protocole d'accord s'inscrit en effet dans le cadre plus général de la revalorisation du Parlement, de la rénovation de l'Etat et de la modernisation de notre système démocratique auxquelles nous sommes attachés. La récente mise en place, au sein de la commission des finances, d'une mission d'évaluation et de contrôle (MEC), montre qu'il est possible à la fois de renforcer les pouvoirs financiers du Parlement, d'élargir les droits de l'opposition, d'engager une collaboration approfondie avec notre haute juridiction financière et de permettre à la presse de rendre largement compte de travaux qui intéressent, au premier chef, les citoyens et les contribuables.

C'est dans cette voie qu'il faut poursuivre. Je suis persuadé que nous trouverons ensemble les moyens de faire de nouveaux progrès, qu'il s'agisse de rendre le débat budgétaire plus efficace et plus vivant ou de moderniser des textes, régissant les lois de finances, qui méritent pour le moins, un sérieux toilettage. Dans un monde où la compétitivité économique dépend, en grande partie, de la qualité et de l'efficacité des services publics, il faut que nous maîtrisions le vaste chantier de la dépense publique et, pour cela, que nous nous donnions les moyens. Je sais que, dans cette vaste entreprise, je peux compter sur votre concours actif.

(source http://www.assemblee-nationale.fr, le 16 juin 1999)

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