Message de M. Lionel Jospin, Premier ministre, à l'occasion de la campagne de la sécurité routière "Refuser l'intolérable", Paris le 28 juin 1999. | vie-publique.fr | Discours publics

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Message de M. Lionel Jospin, Premier ministre, à l'occasion de la campagne de la sécurité routière "Refuser l'intolérable", Paris le 28 juin 1999.

Personnalité, fonction : JOSPIN Lionel.

FRANCE. Premier ministre

ti : En 1998, 8 437 morts. Chaque année, 170 000 blessés, dont beaucoup conserveront - pour le reste de leur vie - un handicap. Chaque jour, 23 morts, dont 6 jeunes de moins de 25 ans. Ces chiffres intolérables sont ceux de l'insécurité routière en France. Ils font de notre pays la lanterne rouge de l'Europe.
Derrière ces statistiques - terribles -, il n'y a pas seulement un coût immense pour la collectivité. Il y a surtout un drame humain chaque jour répété : familles brisées, vies détruites, destins mutilés.
Je refuse de considérer cet effroyable gâchis comme une fatalité. Après la décrue des accidents constatée depuis quelques années, je ne crois pas qu'un seuil incompressible ait été atteint. Car ailleurs en Europe, d'autres pays ont réussi à faire beaucoup mieux.
En France, nous n'avons pas su, jusqu'à présent, adopter une conduite maîtrisée. Chacun doit bien conduire ; et pourtant beaucoup d'entre nous n'observent que de façon approximative la réglementation, au risque de mettre en cause leur propre sécurité et celle des autres. Certains jugent l'Etat coupable - les uns d'en faire trop, les autres de ne pas en faire pas assez.
Afin que la mort s'éloigne des routes, j'ai voulu que la sécurité routière constitue une priorité de mon gouvernement. La loi sur la sécurité routière vient d'être votée : elle renforce les sanctions pour les infractions les plus graves et assure un meilleur encadrement des auto-écoles. De plus, j'ai souhaité que la sécurité routière soit une "grande cause nationale" pour l'an 2000. Aujourd'hui, à la veille des départs en vacances, une campagne de communication d'un ton nouveau - plus direct, plus franc presque brutal - va interpeller chacun d'entre nous.
Je voudrais qu'elle marque le début d'une mobilisation nationale.
Celle de l'Etat, tout d'abord. Education nationale et Santé, police et gendarmerie, Industrie et Equipement, et bien sûr la Justice : tous les secteurs de l'Etat qui peuvent agir directement ou indirectement sur les risques routiers, et à tous les échelons, seront les relais d'une même volonté - assurer la sécurité de tous sur les routes. L'Etat se montrera exemplaire.
Mais, au-delà des pouvoirs publics, c'est la Nation tout entière qui doit se sentir concernée. Les parents et les enseignants, en particulier, mais aussi les médecins et les chefs d'entreprise, les responsables d'association et les élus locaux, les constructeurs automobiles et les urbanistes : chacun d'entre nous doit prendre ses responsabilités.
Car nous savons tous que la réponse au problème se trouve, en réalité, entre nos mains.
Alors, décidons, ensemble, en changeant notre comportement quotidien au volant, que sur la route c'est désormais la vie qui doit gagner.

(http://www.premier-ministre .gouv.fr, le 7 juillet 1999)

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