Rapport au comité national du PCF, présenté par Mme Sylviane Ainardi, membre du bureau national du PCF, sur la guerre au Kosovo, la situation en France et la préparation des élections européennes, Paris le 16 avril 1999. | vie-publique.fr | Discours publics

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Rapport au comité national du PCF, présenté par Mme Sylviane Ainardi, membre du bureau national du PCF, sur la guerre au Kosovo, la situation en France et la préparation des élections européennes, Paris le 16 avril 1999.

Personnalité, fonction : AINARDI Sylviane.

FRANCE. PCF, membre du comité national

Circonstances : Comité national du PCF le 16 avril 1999

ti : Notre Conseil national du 14 mars dernier affirmait une double volonté: un engagement Euro-constructif porté par une liste d'hommes et de femmes représentatifs du mouvement social et citoyen de notre pays. Cette volonté recouvre de grandes ambitions que rappelait Robert Hue à ce même Conseil National.
Les communistes veulent agir pour une "Europe de progrès social, humain, démocratique. Une Europe de la sécurité, de la paix, de l'entente entre les peuples. Une Europe de l'ouverture aux autres pour une mondialisation de la solidarité prenant le pas sur l'actuelle mondialisation de la guerre économique. Une Europe contribuant à un développement harmonieux, humain, durable, léguant aux générations futures une planète où elles auront plaisir à vivre, et dont elles pourront maîtriser l'avenir. Une Europe forte qui affirme face aux États-Unis un modèle social moderne, rompant avec les dogmes de l'ultralibéralisme".
Ces ambitions ne sont pas moindre aujourd'hui, elles prennent même une tonalité d'exigence, de perspective indispensable au regard de l'actualité politique telle qu'elle s'est développée ces dernières semaines.
Chacun comprendra que je commence cette introduction par le Kosovo.
La guerre, les bombardements, le déplacement de milliers de personnes, les dangers immenses créés par cette situation touchent chacun d'entre nous au plus profond de son identité de communiste. (Notre parti est né du rejet de la guerre) et aussi dans la dimension humaine personnelle de son engagement.

1ère partie, Évolution de la situation : Guerre au Kosovo et la situation en France

Comment ne pas être profondément remués devant ces images de populations déplacées, de familles dispersées, d'enfants blessés, traumatisés à jamais. La situation dramatique que vivent ces personnes appelle toute notre solidarité. Le Parti communiste s'associe au formidable élan de solidarité des français et, avec ses élus, prend les initiatives indispensables pour apporter l'aide matérielle et d'urgence pour l'accueil des réfugiés. Le journal l'Humanité lui s'est engagé aux côtés du Secours Populaire pour financer l'opération 100 camions pour les Balkans.
Si notre condamnation de Milosevic est nette et totale, face à la catastrophe humanitaire à laquelle nous assistons, notre position de départ exprimée par la voix de Robert Hue "ce n'est pas en ajoutant la guerre à la guerre qu'on crée les conditions de la paix" garde toute sa portée.
Si la décision des frappes a été prise au nom de la réponse nécessaire à la gravité de la situation et l'inacceptable déplacement forcé des populations on ne peut que constater que l'épuration s'est accèlérée, l'exil des populations et la répression amplifiés.
300 000 albanais avaient quitté le Kosovo avant les bombardements et 400 000 l'ont fait lors des 15 jours suivant le début des frappes. Ces derniers jours encore, que ce soit en Serbie avec un train de voyageurs où au Kosovo à propos, avec une colonne de refugiés, ce sont les civils qui sont frappés. La guerre propre, ça n'existe pas.
L'espace d'intervention des forces démocratiques antinationalistes et pacifiques du côté serbe ou albanais s'est réduit, Milosevic n'a pas été affaibli. Au contraire, une sorte d'unité patriotique s'est développée autour de lui. Le désastre s'est étendu aux pays alentours, l'Albanie, la Macédoine, le Monténégro avec le nationalisme exacerbé par une telle situation et les difficultés qu'elle génère.
200 000 réfugiés en Albanie, c'est 10% de la population du pays.
Il semble bien que tout n'ait pas été mesuré avant l'engagement.
Après 24 jours de frappe, on est dans l'impasse. Beaucoup de monde le reconnaît même les Etats unis implicitement.
Depuis le début, des opinions diverses se sont exprimées dans toutes les formations politiques, dans tous les électorats.
Si l'électorat communiste a désapprouvé massivement les frappes dès le départ, une partie a approuvé ou les a condisérées comme inévitables.
Les images des colonnes de réfugiés soulevant l'indignation ont fait basculer l'opinion dans un soutien plus fort pour les frappes avec une évolution très nette notamment chez les jeunes 18-24ans.
Aujourd'hui l'opinion française penche dans le sens d'une intervention considérée comme inévitable, voire légitime, mais avec un fort doute qui subsiste, des craintes, beaucoup de questions.
Personne ne peut être insensible à cette déportation de femmes, d'enfants, de personnes âgées. Chacun a en mémoire une histoire, une référence familiale. Il est moral, humain, compréhensible qu'une majorité de français estime qu'il fallait arrêter çà.
Le sondage IPSOS-JDD du 11 avril indique que 72% des personnes interrogées approuvent l'intervention et la participation militaire française. Approbation à 65% aussi pour l'intervention terrestre avec une évolution des sympathisants communistes dans le même sens -(50%) parce que les électeurs communistes ne sont pas hors de la société française- On assiste à un mouvement fort de l'opinion française. Parmi celles et ceux qui estiment nécessaire aujourd'hui d'aller au bout, face au spectacle terrible de la souffrance infligée à un peuple, beaucoup estimaient il y a quelques jours qu'il ne fallait pas bombarder. Tout le monde ne met pas une charge identique dans le mot intervention, beaucoup continuent d'ailleurs à s'interroger sur comment on en est arrivé là, le rôle de l'OTAN et des américains, sur celui de l'Europe et sur l'avenir.
C'est pourquoi, aussi personne ne peut, ne doit tenter de récupérer l'émotion et la générosité des français pour en tirer une quelconque couverture politique.
Je parlais des questions qui cohabitent avec cette évolution du positionnement de l'opinion. L'une d'entre elles porte sur le rôle des États Unis. Beaucoup de gens ressentent la tutelle de l'OTAN, des États Unis comme insupportable.
Il ne s'agit pas de faire de l'anti américanisme.
Mais sans rien amoindrir des drames du Kosovo, ni de l'écrasante responsabilité de Milosévic, la décision de frappe de l'OTAN sans que le Conseil de Sécurité de l'ONU ne se soit prononcé, la décision de frappe sur un pays souverain ne menaçant pas un pays membre de l'OTAN ouvre une situation inédite, constitue un précédent pour l'avenir. Imagine-t-on ce type de règlement dans tous les cas identique?
Aujourd'hui, l'OTAN entend piloter les actions humanitaires, décision qui interroge toutes les associations qui expliquent, à juste raison, que leur indépendance vis à vis des belligérants est un gage d'efficacité. L'OTAN est une organisation militaire engagée dans le conflit.
Mais ce que les français attendent surtout aujourd'hui ce sont des propositions, des perspectives pour sortir de cette crise, de l'engrenage de la guerre, pour que les réfugiés puissent retourner au Kosovo et la paix revenir dans les Balkans.
Nous pensons que l'heure est à l'engagement de tous pour une issue politique et humanitaire. Et nous nous félicitons d'une évolution sensible de la situation pour la recherche de solutions.
Nous ne sommes pas seuls à estimer qu'il est indispensable d'ouvrir une telle perspective.
Depuis le début le Pape et l'Église, des forces diverses s'expriment et travaillent pour le recours à une voie diplomatique. Des démarches diplomatiques se sont engagées depuis le début de la semaine sous le pilotage des Nations Unies, avec la coopération de la Russie.
Notre parti par la voix de Robert Hue n'a cessé d'appeler de ses voeux à une grande initiative politique de la France.
Tout en réaffirmant la poursuite des frappes le Président de la République a confirmé la recherche d'un règlement politique sous l'égide de l'ONU, Lionel Jospin a réaffirmé la nécessité que l'ONU définisse le cadre général d'un réglement politique. Nous nous félicitons que se réouvre la porte diplomatique.
Si nous ne prétendons pas avoir le monopole des propositions, nous ne pouvons que nous réjouir aussi, de la prise en compte d'une série d'entre elles aujourd'hui: ainsi la nécessité de travailler à une solution portée par l' Europe sous l'égide de l'OSCE et l'ONU en y associant la Russie. Une solution qui allie le respect des droits humains, des droits des peuples de la région, par un règlement démocratique de la vie en commun. Il faut se sortir du piège de la partition pour encourager la stabilité territoriale et la restauration de l'autonomie du Kosovo.
Cette solution implique l'arrêt des bombardements, une zone démilitarisée avec l'arrêt de la répression et des combats au Kosovo, le retrait des troupes serbes, la présence d'une force d'interposition internationale pour assurer la protection des réfugiés, garantir leurs droits. Si l'heure n'est pas à la prospective mais à l'urgence, ayons en tête la nécessité de reprendre les négociations dans le cadre d'une conférence sur les Balkans examinant les problèmes de reconstruction avec un fort engagement de l'Union Européenne.
Devant une telle tragédie au coeur de l'Europe, alors que s'amorce l'espoir d'une solution qui nous sorte de la guerre et de l'engrenage de la violence, toute cette situation renvoie à l'exigence d'une Europe qui soit un espace de solidarité, une véritable communauté de nations et de peuples construisant ensemble à égalité de solutions aux problèmes communs.
Il est indispensable que les forces sociales et politiques diverses travaillent à une organisation du continent capable de prévenir les conflits, de garantir durablement la paix et la sécurité.
Cette perspective peut paraître utopique aujourd'hui, mais nous nous devons d'avoir une grande ambition pour l'Europe.

L'actualité internationale c'est aussi
Les élections en Algérie.

En Algérie, le retrait, au nom de la fraude, de 6 candidats sur les 7 qui restaient en lice pour l'élection présidentielle, constitue un rebondissement important de la crise politique vécue par l'Algérie. Il est trop tôt pour en mesurer toutes les conséquences. Nous sommes en train d'écouter les analyses et les propositions éventuelles de nos interlocuteurs républicains.
Les précédents scrutins algériens avaient montré que la fraude n'était pas exceptionnelle et qu'elle est rejetée massivement comme une pratique d'un autre âge par le peuple algérien et nombre de forces politiques et sociales.
Les communistes français, dans ces moments cruciaux, sont évidemment très attentifs à ce qui se passe en Algérie et en particulier à ce que disent et font les démocrates, les progressistes et les républicains algériens, toutes celles et tous ceux qui, dans leur diversité, se battent contre l'intégrisme et son terrorisme, pour une véritable démocratie et un état de droit en Algérie.

Notons aussi, la décision du ministre de l'Intérieur de Grande Bretagne autorisant l'extradition de Pinochet vers l'Espagne

La situation en France

Si la guerre est une préoccupation majeure, pour autant, elle n'évacue pas les problèmes concrets et quotidiens auxquels les gens sont confrontés.
Une récente enquête de la SOFRES montre que les doutes et les inquiétudes ont grandi.
16% des français estiment que la lutte du gouvernement contre le chômage est efficace.
17% seulement que la situation va en s'améliorant.
En même temps, une majorité se déclare satisfaite de la politique économique et mécontente de la politique sociale.
On trouve dans la réalité économique et sociale les fondements de telles appréciations.
Alors qu'il n'y a pas d'argent pour augmenter les salaires et diminuer le temps de travail, les gens ont vu des milliards de francs passer dans les restructurations bancaires et industrielles à l'échelon des pays européens et du monde.
3 100 milliards depuis le début de l'année sont partis dans ces opérations, alors qu'au nom du pacte de stabilité des restrictions sont demandées pour la santé, pour les retraites. Dominque Straus Kahn reconnaît qu'il faut revoir à la baisse les prévisions de croissance. Le chômage a augmenté en février.
Toutes les grandes questions sociales demeurent. Ainsi pas un jour ne passe sans l'annonce de licenciements par des grands groupes qui font des profits considérables. Un moratoire sur tous les licenciements organisés par les groupes qui font des profits monstrueux et jouent contre l'emploi est une exigence salutaire la proposition de la loi des députés communistes est de pleint actualité.

Des dossiers décisifs sont à l'ordre du jour :

Ainsi le dossier des retraites avec une campagne catastrophiste consistant à présenter comme inévitable l'augmentation des cotisations ou le recul de l'âge de la retraite.
Aucune hypothèse n'est avancée pour une contribution des revenus financiers pour financer la protection sociale et la retraite, ni non plus l'objectif d'un haut niveau de croissance et de création d'emplois.
Une directive européenne propose la mise en place de fonds de pension et ouvre la question du niveau de protection sociale dans l'Union européenne.
La question de l'école est aussi à l'ordre du jour, quelle école pour un accès à un enseignement de qualité pour tous, avec quels moyens dans le cadre budgétaire carcan du pacte de stabilité?
Des luttes se développent un peu partout, des initiatives citoyennes se prennent comme "Stop la violence".
Je ne fais pas une liste exhaustive mais on mesure mieux dans cette situation l'utilité de ministres, de députés, d'élus et de militants communistes porteurs des problèmes que rencontrent les salariés, les familles, l'utilité d'hommes et de femmes qui interviennent partout pour que ça bouge.
Dans cette même période la démission de la commission européenne aura été le révélateur de la crise de la construction européenne sur le modèle ultralibéral, elle met en cause la conception même des institutions européennes et de leur rôle.
Elle a ouvert un débat nouveau sur l'exigence d'une Europe démocratique construite par et pour les citoyens.
Dans cette même période aussi Agenda 2000 a été adopté. Dans ce mauvais compromis, des décisions ont été prises qui auront des conséquences néfastes pour les agriculteurs en particulier, mais pas seulement. C'est encore toute une conception de l'Europe qui est en jeu, qui va à contrario d'une Europe solidaire, avec le développement des inégalités dans l'union européenne même.
Bouger l'Europe c'est vraiment bouger sur les questions sociales, les licenciements, les retraites, les échanges, la solidarité.
Rien n'est simple, beaucoup de questions sont posées, aux militants, aux individus que nous sommes, dans cette période où nous avons repensé les conditions de la transformation sociale et engagé une nouvelle manière de faire de la politique.
Nous participons au gouvernement de la gauche plurielle, nous nous investissons de façon nouvelle dans l'Europe pour la faire bouger, et la liste conduite par Robert Hue pour les européennes n'est pas une liste communiste ouverte à d'autres mais une liste conduite avec des personnalités du mouvement social.
Le moins qu'on puisse dire c'est que jamais dans notre histoire d'individus communistes nous n'aurons vécu autant de choses fondamentales en mouvement.

2ème partie: Dans cette réalité complexe et contradictoire qui pose des questions fondamentales il n'est pas inutile de revenir sur notre ambition et nos choix stratégiques.

De la crise financière et ses conséquences aux problèmes économiques et sociaux jusqu'au drame du Kosovo, il y a une interpellation très forte sur le sens des évolutions en cours, leur portée et sur la nécessité de changements dans l'économie, la politique, la société, les rapports internationaux.
D'un côté:
- Un gouvernement qui met en oeuvre une politique contrastée avec un certain nombre d'avancées mais sans engagement dans une rupture avec les dogmes libéraux, sans un engagement dans des réformes de structures indispensables pour répondre aux attentes, aux problèmes.
- Engagement idéologique et concret des forces du capital pour contester toute avancée sociale (35h) , pour imposer des reculs sociaux (retraites, santé).
- Après les régionales, la poursuite et la mise en oeuvre de rapprochement politique droite/extrême droite (Aubagne).
- A l'échelon européen la pression des forces sociales libérales pour un alignement de la France sur leurs critères .
- L'engagement européen sous la bannière de l'OTAN pour régler un conflit en Europe
- La crise de la politique.
D'un autre côté:
- Des aspirations fortes, des attentes énormes à l'égard du gouvernement de la gauche plurielle.
- Un vécu négatif de l'Europe mais aussi une volonté d'intervenir, des aspirations sociales et démocratiques fortes des peuples d'Europe.
- Un accord avec les frappes, à partir de l'idée qu'il fallait bien faire quelque chose face à la catastrophe mais aussi l'inquiétude sur le rôle hégémonique des Etats unis, la recherche de repères et d'une issue.
- De très fortes aspirations à la démocratie, à la citoyenneté.
Ces contradictions, les communistes les perçoivent, les vivent dans leur rapport au travail, à la société en général.
Ces contradictions se développent dans un moment où nous conduisons une politique inédite, avec une façon de faire inédite aussi et qui bouscule.
Nous sommes communistes parce que nous voulons changer ce monde d'inégalités et de misère, de dominations, de guerre mais aussi de formidables potentiels de développement de d'humanité à l'aube du 21 ème siècle.
Notre novation nous a conduit à faire de l'intervention citoyenne le moteur de la transformation sociale.
Nous avons bougé dans notre conception de la politique, dans notre rapport à la société, et dans notre pratique. La fonction communiste nouvelle est tout à la fois porteuse de protestations, d'attentes et d'engagements à tous les niveaux dans la construction de réponses transformatrices.
Ces lignes de fond on les retrouve dans notre choix de participation au gouvernement et notre façon de faire, dans la façon nouvelle d'appréhender les questions européennes avec l'ambition de sa réorientation progressiste, dans la conception de la liste et dans la campagne des européennes.

1 - Ainsi concernant notre participation au gouvernement de la gauche plurielle
Nous assumons nos responsabilités dans l'expérience ouverte depuis juin 97, avec l'ambition de surmonter les obstacles en appui sur le mouvement social, ses aspirations, en étant force de proposition et d'initiative.
Il est bien de prendre la mesure de ce que nous avons permis de faire bouger dans les limites de la politique actuelle, de voir combien chaque inflexion positive est un point d'appui pour porter plus loin le débat et l'action .
Le dernier exemple en date de ce qui a été obtenu concerne le dossier des caisses d'épargne.
En appui sur l'impact de tout ce qu'on a porté concernant l'argent, la nécessité de pôle public a été affirmée.
Aussi, à partir de directive négative d'ouverture à la concurrence EDF, notre intervention dans le débat sur la transposition a permis des infléchissements non négligeables.
Mais il faut être clair, tout ce qu'on infléchit, tout ce qui se gagne reste aujourd'hui dans le cadre d'une politique de réformes sous pression libérale.
Si nous sommes amenés régulièrement à débattre sur les votes du groupe à l'Assemblée nationale il est nécessaire de pousser le débat sur la nature des réformes à engager pour répondre aux attentes.
L'affrontement avec les forces du capital est en cours sur chaque question clé, sur tous les grands dossiers, 35h, école, retraites, politique de développement, services publics.
C'est l'évolution de ce débat avec la possibilité qu'il soit porté dans le sens de transformation en profondeur par le mouvement populaire, qui reste déterminant.
Les réformes de structures sont indispensables. On ne peut pas seulement les souhaiter, nous devons aider à créer les conditions de leur engagement, avec des propositions et des initiatives pour lever les obstacles, pour avancer vers le changement.
Les Forums qui ce sont tenus, les initiatives, de janvier à aujourd'hui, confirment cette nécessité, de l'utilité PCF pour faire bouger - y compris dans le cadre de la guerre et des frappes de l'OTAN.
Il y a satisfaction de notre voix au gouvernement et dans le pays. Malgré la campagne de la droite, à partir de notre prise de position contre les frappes, c'est notre utilité qui est confortée. (65% de la population ne veut pas que les communistes quittent le gouvernement).
L'idée de la possibilité d'un travail au gouvernement en étant critique, en disant ce qu'il faut dire, s'en trouve renforcée.
Sans en rajouter, on peut estimer que la présence communiste au gouvernement est un facteur indispensable pour que soit pris en compte, aujourd'hui, l'exigence d'autres rapports internationaux notamment cette question de l'enjeu d'une Europe qui décide et détermine elle même comment affronter les conflits sur le continent.

2. - Concernant notre choix d'être euroconstructif
Nous mesurons combien tous les défis posés à la société française sont traversés des choix européens. Il y a un lien étroit que ressentent, confirment ou subissent (à l'image du panel des intervenants à Saint-Ouen) les citoyens avec leur situation, leurs difficultés et cette construction européenne du grand marché unique où la concurrence est libre avec priorité à la rentabilité financière.
Alors que nous ambitionnons de contribuer à transformer la société dans un sens plus humain, nous avons besoin d'appréhender l'Europe comme espace de codéveloppement, de projets ambitieux, de solidarités, pour affronter les défis du siècle prochain.
Investir tous les champs possibles pour que s'affirment les aspirations populaires, pour que prévalent des solutions transformatrices, c'est investir le champ de la construction européenne pour sa réorientation progressiste. Et les forces existent pour cela en France et en Europe.
Décider cela, c'est décider de contester concrètement la domination des marchés financiers sur un des terrains décisifs où elle s'exerce, c'est dépasser le pour ou le contre
L'Europe en intervenant dans le champ européen y compris institutionnel avec le mouvement social.
Face aux pressions libérales il y a un double enjeu, celui de l'existence d'une majorité plurielle en France avec les communistes et aussi celui d'un clivage gauche/droite à porter au Parlement Européen pour des orientations neuves, dégagées du libéralisme.
La situation depuis les frappes de l'OTAN fait surgir des questions fortes sur lesquelles nous devons pousser notre réflexion.
Avec la guerre c'est toute la question de la sécurité en Europe qui est mise sur le devant de la scène.
Quelle sécurité, quelle conception?
Quelle conception de l'organisation du continent européen?
Dans le rapport au Conseil national, Francis Wurtz rappelait la nécessité d'une organisation du continent européen dans une démarche de solidarité et de coopération, avec notamment la proposition de la tenue d'un forum de toutes les nations du continent pour examiner d'égal à égal, les problèmes qui appellent des solutions à construire ensemble dont la prévention des crises, les problèmes de sécurité avec la proposition de rétablir l'OSCE face à l'OTAN dont l'existence ne se justifie plus du fait de la fin de la guerre froide.
Nous considérons que la situation actuelle est un échec politique de l'Europe, parce que l'Europe n'a pas été capable d'apporter des réponses aux problèmes posés par la situation au Kosovo, indépendamment de l'engagement des américains et de l'OTAN. Dans quel sens cette affirmation? Il y a bien une contradiction entre toute la campagne publicitaire sur l'Euro présenté comme l'adversaire monétaire du dollar et la décision de se mettre sous protection militaire de l'OTAN. Il faut dépasser cette conception de l'Europe étriquée, corsetée par la concurrence et les orientations hégémoniques des Etats Unis pour construire l'Europe des peuples, celle d'une civilisation sociale, humaniste et de paix.
La question de la défense en Europe est posée. Nous pensons qu'elle ne passe pas par une armée européenne. l'Europe n'est pas un État et nous ne voulons pas d'une Europe État supranational, niant les diversités des Etats et des peuples. Mais on ne peut pas faire totalement abstraction de la question des moyens militaires nécessaires à un moment donné pour maîtriser une crise pour le maintien de la paix.
Alors n'est-il pas possible d'imaginer une coordination des défenses européennes sans aller sur le terrain d'une armée européenne, réfléchir aux conditions d'une coordination des politiques de défense et de sécurité, en appui sur les souverainetés nationales? Cela implique effectivement une politique qui intègre dans une même démarche défense et sécurité collective en Europe.

3.- Concernant la recherche de réponse à la crise de la politique
Face au fossé creusé entre la société et ses attentes, ses espoir et l'offre et les pratique politiques, nous avons réfléchi aux réponses à apporter, à la nécessité de prendre des initiatives pour retisser les liens rompus entre les citoyens et la politique, pour faire de la politique autrement. C'est la raison d'être des espaces citoyens. Avec eux, c'est un travail concret dans la durée qui s'est engagé dans ce sens. Dans cette période riche et complexe, ils poursuivent leur activité.
La dernière réunion du collectif national à Nantes a permis de souligner l'extrême gravité de la crise de la politique, a montré comment chemine en même temps une nouvelle énergie citoyenne, comment tant de forces travaillent à une manière de revalorisation de la politique. C'est le cas tout récemment de la Commission sociale de l'Épiscopat qui a adopté une déclaration intitulée "Réhabiliter la politique". Oui il y a urgence pour un parti politique comme le nôtre à faire de la politique autrement.
Dans la période actuelle, les questions de l'Europe viennent naturellement à l'ordre du jour des espaces, d'autant qu'il y a une extrême similitude de démarche entre ces espaces et la liste "Bouge l'Europe", dont un des objectifs est de réconcilier mouvement social et politique. Les questions de la guerre et de la paix y font également irruption avec l'envie de débattre, de comprendre, d'y voir clair sur cet enjeu.
Avec notre liste de double parité, c'est une étape qualitative nouvelle.
La proposition est faite à des citoyens à l'occasion d'une échéance électorale, de s'engager et de s'exprimer en politique directement et à partir de ce qu'ils sont.
Beaucoup d'efforts ont été engagés pour dévaloriser la signification de cette initiative.
Cette liste est un pari.
C'est le pari de l'engagement lucide d'hommes et de femmes différents et déterminés à se retrouver ensemble sur des objectifs ambitieux et clairs pour une Europe correspondant aux attentes sociales et humaines.
Bien évidemment des questions ont été posées à propos de positions diverses sur les frappes de l'OTAN, avec des interrogations sur la cohérence de la liste. La première rencontre-rassemblement de la campagne, mercredi 7 avril à Saint-Ouen a fonctionné comme une véritable leçon de choses. Ce rassemblement a en effet fait la démonstration (apprécié comme tel par beaucoup de communistes présents, notamment par ceux qui étaient un peu sceptiques au départ), que les différences d'analyses, les prises de positions parfois contradictoires, la diversité des approches n'affectaient pas la cohérence de la liste, son caractère profondément progressiste et antilibéral. La valorisation de la démarche politique qu'a initié le Parti communiste français avec la liste, par les intervention de celles et ceux qui ne sont pas issus du PCF, a marqué les esprits. Les participantes et participants de Saint-Ouen ont sans contexte mieux mesuré le caractère non formel de l'association de communistes et personnalités du monde social et culturel, les potentialités que recèle l'innovation politique de cette liste.
Oui il y a débat dans la liste, comme il y a débat dans le Parti Communiste, dans l'électorat communiste, dans toutes les formations politiques et dans la société française.
Comment en serait-il autrement? Comment pourrions nous imaginer, ou penser qu'une démarche plurielle et citoyenne conduirait à des positions unanimes?
En fondant une telle liste nous n'avons pas décidé que sur chaque point, même celui là, il faudrait un ralliement de tous sur l'opinion du PCF. Nous n'avons pas décidé non plus de fonder un nouveau parti.
Nous avons décidé que le Parti Communiste serait lui-même avec ses positions (fait et de bonne façon sur les frappes de l'OTAN) et décidé que les 87 candidats se mettraient d'accord sur des ambitions et des objectifs qui sont exprimés dans le Manifeste des 87. Permettez moi d'en citer quelques paragraphes:
"...La France, le monde ont aujourd'hui besoind'Europe. Pas d'une Europe-jungle, où tout commence par des rapports de force pour finir par des rapports d'argent.
Mais d'une vraie communauté de peuples et de nations où l'on ait envie d'être et de construire ensemble et à égalité. Et d'une puissance pacifique sachant tenir tête à l'empire américain en "mondialisant" un tout autre message: Celui de la prospérité partagée, de la solidarité et du droit....
... Nous affirmons que c'est à partir des exigences du mouvement civique et social -en France et dans les autres pays européens- qu'il faut réorienter la construction européenne. Priorité à l'emploi, au progrès humain, à l'égalité, au bonheur des personnes et à l'épanouissement des peuples, plutôt que priorité aux marchés financiers.
Tels sont nos choix...
.... Loin de tout calcul et dosage politiciens, elle réunit des acteurs de la vie sociale aux engagements et aux parcours divers. Elle est ainsi ouverte aux projets, aux débats, à la citoyenneté active. Elle proclame une autre façon de faire de la politique. Le manifeste de la liste est en phase avec les préoccupations quotidiennes, il montre le lien entre elles et le type de construction européenne à l'oeuvre."
Démarche plurielle et ambition commune ne sont pas antinomiques.
Loin d'une unanimité de façade le débat qui existe dans notre liste est vivifiant. La cohésion qui s'en dégage n'en a que plus de force puisqu'elle est issue de la confrontation d'idées et du respect du point de vue des uns et des autres.
Alors tout cela nous bouscule. Oui, reconnaissons le, discutons-en, et surtout mesurons ensemble combien la transparence et la différence, loin d'être un handicap peuvent être un point d'appui pour que se développe cette volonté commune qui s'exprime dans l'affirmation d'un message progressiste basé sur le respect des droits humains, le refus de la force et la valorisation de la solidarité et de la coopération des peuples.

3ème partie : Le débat chez les communistes leur engagement
Les échos qui nous parviennent des fédérations sur l'état d'esprit des communistes recueilli dans les différentes réunions très diverses, de contacts individuels, indiquent qu'il y a une très large approbation des prises de position du Parti. Tant concernant notre opposition aux bombardements de l'OTAN, la condamnation de l'épuration ethnique de Milosévic, que dans les propositions formulées pour sortir de la logique de guerre et trouver une issue politique dans les Balkans. Les dernières interventions de Francis Wurtz et Robert Hue ont été appréciées car elles prennent en compte l'évolution d'une situation complexe et les questions nouvelles qu'elles posent.
Satisfaction également qu'au côté des militantes et militants communistes qui font part de leur opinion, écoutent, et échangent sur une question aussi sensible, les ministres communistes aient apporté leur contribution dans ce débat.
Dès le début de l'intervention de l'OTAN, les communistes se sont sentis très concernés par la situation en Yougoslavie. Beaucoup d'inquiétudes sur l'issue de la guerre s'expriment.
Nombre d'initiatives ont été prises -manifestations, expression diversifiée- l'organisation de la solidarité avec les réfugiés du Kosovo, notamment avec la vente de l'Humanité du 13 avril.
La distribution du journal, 4 pages, édité par le Comité national a connu un réel temps fort le week-end dernier.
L'engagement de la campagne électorale s'est trouvé compliqué par la situation en Yougoslavie.
Mais il ne faut pas négliger les efforts déployés par les fédérations pour réunir les communistes, les informer et échanger avec eux. C'est ainsi plus de 450 réunions de militants tant au niveau des fédérations que des sections (sans parler des réunions et initiatives de cellules) qui se sont tenues depuis le conseil national des 13 et 14 mars.
Ces dernières semaines aussi l'activité militante s'est déployée autour de l'Humanité et de l'Humanité Hebdo pour le succès de leur lancement. De nombreuses initiatives ont été prises pour la présentation du nouveau journal.
On peut dire que le lancement de la nouvelle Humanité est réussi. Pour l'instant, la progression moyenne en kiosque est d'environ 28%. Les lecteurs sont en général satisfaits du nouveau journal. La diversité des sujets traités, la qualité de la présentation sont appréciées avec le sentiment d'avoir un vrai journal. Un certain nombre d'articles publiés dans le conflit du Kosovo ont été bien reçus.
En même temps, il ne faut pas occulter des aspects préoccupants. Ils concernent notamment l'acheminement convenable aux abonnés et aux diffuseurs dans certaines régions.
Sur le contenu il faut continuer d'écouter et prendre en compte l'avis, les propositions d'un certain nombre de lecteurs avec des attentes qui portent notamment sur le traitement de la politique du Parti communiste et de ses initiatives. Il est important de chercher à mieux associer les lecteurs et les communistes à la réflexion sur la conception et le contenu du nouveau journal. Cela reste une condition de sa réussite dans la durée. La vente de l'Humanité est un élément indispensable de la mobilisation de notre électorat et du dialogue. Il nous faut penser dès maintenant aux mesures à prendre pour faire un très grand succès de la vente exceptionnelle des 5 et 6 juin. Un numéro spécial de La Terre à 300 000 exemplaires est prévu le 26 mai.

Beaucoup d'efforts sont encore à faire pour que chaque communiste ait le maximun d'éléments sur le Conseil national, ainsi que sur les questions d'actualité, alors qu'un tiers des adhérents n'est pas en possession de la carte 99.
Modifier sensiblement cette situation, implique dans toutes les fédérations, des dispositions exceptionnelles pour y remédier, avec l'ambition d'atteindre les 100% de cartes placées début juin.
Les communistes sans carte représentent des individus, femmes et hommes qui sont un lien, une relation avec d'autres personnes, une capacité de prendre position, une force d'expression. La relation à établir avec eux, l'invitation à participer à telle ou telle initiative peut leur permettre de s'engager dans la campagne. Il est important de combiner la préparation de chaque initiative avec la remise de la carte à tous.
On note aussi dans plusieurs endroits des réadhésions. Ne convient-il pas de donner de l'élan à ce courant en allant rencontrer dans chaque fédération d'anciens membres du Parti communiste, leur proposer de reprendre place dans notre parti à partir de ce qu'ils sont, de leurs idées, de leur volonté?
Plus largement, parmi toutes celles et ceux qui portent un regard plus positif sur le parti et mesurent les actes politiques neufs que nous faisons, beaucoup pourraient venir pour contribuer à faire de la politique autrement s'ils mesuraient mieux la possibilité réelle d'être au Parti communiste comme, ils le souhaitent.
3 723 adhésions ont été réalisées depuis le début de l'année. On peut poursuivre la campagne d'adhésion entamée dans l'esprit de l'affiche "Parti ouvert cherche esprit libre pour construire avenir".
Apporter des réponses à la crise de la politique et de la citoyenneté demande la venue de plus de femmes et d'hommes nouveaux, de jeunes dans ce parti pour qu'il soit encore plus ouvert sur la société.

4 ème partie : Quelle campagne?
Tout le monde reconnaît que la guerre à encore éloigné le scrutin des préoccupations nationales. On s'en est inquièté dans les cercles dirigeants européens puisqu'il a même été question d'envisager, mais la rumeur a été démentie, un report des élections de juin.
Le conflit du Kosovo a suscité des remous dans toutes les listes avec une certaine difficulté à mobiliser.
Le FN divisé s'est discrédité encore plus avec son soutien total à Milosevic et aux tueurs nationalistes.
Charles Millon a renoncé à présenter sa liste. Seguin "mène campagne malgrè tout ".
Le Mouvement des citoyens a fini par se fondre dans la liste du PS ce qui n'est pas sans provoquer de débats dans cette formation.
Pasqua et De Villiers font cause commune.
Cohen Bendit parti très tôt dans la campagne semble avoir perdu de son crédit de départ et de son soutien médiatique. Ses positions posent problèmes à de nombreux militants.
A l'extrême gauche, si la façade est commune les dissensions restent vives.
Après avoir reporté premières initiatives publiques de sa liste, François Hollande estime inconvenant de ne pas mener campagne au moment où se posent des questions sur l'Europe.
Dans les conditions actuelles particulières, il est utile, important que notre liste s'exprime, tienne les rencontres prévues. Aussi, de Saint-Ouen à Talange, ou encore Paris, à partir du moment où les initiatives partent des préoccupations, tout indique que même dans cette période particulière, nous pouvons aider à un échange et à une rencontre fructueuse sur la situation politique et les enjeux des élections.
Ainsi, au-delà des positions des forces politiques et dans le débat qui traverse notre pays à propos du Kosovo et de la guerre, l'intervention massive des français dans la réponse humanitaire n'est-elle pas indicatrice d'une demande de sens concernant l'Europe, de l'exigence d'une Europe porteuse de civilisation, de valeurs?
Notre liste avec son manifeste porte des valeurs fortes. Notre Conseil National a réfléchi à toute une série de pistes à porter dans le débat ouvert sur les enjeux du 13 juin.
Dans son intervention au Conseil national Robert Hue avait appelé à ce que se mène une "campagne tonique qui bouscule les rituels convenus, les cadres soigneusement délimités, les codes pour initiés".
Aller dans ce sens c'est prendre la mesure du potentiel qui existe avec notre liste et celles et ceux qui s'engagent à ses côtés, c'est de les déployer en bénéficiant de l'apport créatif de chaque candidate et candidat, de celles et ceux qui vont constituer le comité national d'animation et les comités régionaux et départementaux, de chaque militant de la liste et notamment les militants communistes.
L'ambition de faire que ce potentiel soit le plus large, le plus efficace possible c'est aussi une nouvelle manière de faire de la politique.
Aller dans le sens de cet appel c'est s'engager dans une campagne citoyenne, une campagne originale dans l'esprit de la liste permettant de tisser des liens nouveaux entre les citoyens et la politique.
Il est indispensable, dans la campagne, de donner à voir cette démarche. D'ailleurs c'est dans cette réalité que s'éclaire un certain nombre de réticences qu'on peut rencontrer. Si les gens voient que ce que nous faisons correspond à ce que nous disons, ils peuvent retrouver un attrait pour la politique et notamment les jeunes.
Les premières initiatives de la liste vont dans ce sens.
Le nom même de la liste, "Bouge l'Europe", exprime cette volonté d'intervention citoyenne, de volonté de changer, de bouger l'Europe dans le sens social de la démocratie de la paix. C'est une manière de dire que l'Europe ne bougera pas dans le bon sens que si les citoyens s'en mêlent.
Il s'agit donc d'une campagne axée sur l'écoute des citoyens, sur l'échange entre eux et les candidates et candidats.
Le premier grand rendez-vous des Européennes du 7 avril dernier en Seine-Saint-Denis portait cette tonalité. De l'avis des participants du public comme de la presse cette manière nouvelle de dialoguer, cette irruption de la société telle qu'elle est dans la politique à propos d'une échéance électorale est inédite et c'est un signe visible, lisible comme on le dit maintenant, de la volonté de cette liste.
C'est dans cette démarche qui affronte directement la crise de la politique et de la citoyenneté que nous ambitionnons de développer la campagne et notamment l'activité militante communiste.
Nous voulons une campagne d'envergure
Nous avons l'ambition de faire passer le souffle citoyen de la liste. Cela a donc des conséquences concrètes sur la façon de concevoir les initiatives, de les préparer, de nous adresser aux gens.
Ainsi l'esprit de la double parité doit se voir dans toutes les initiatives publiques et leur préparation. Plus de 600 demandes pour les candidats ont été enregistrés cette semaine au local de la liste, c'est significatif de l'intérêt et des possibilités.
Durant les semaines qui viennent, on peut tisser des liens nouveaux avec l'ensemble des électrices et électeurs mais aussi avec les réseaux, tous les mouvements qui peuvent être intéressés par la démarche nouvelle dont la liste est porteuse.
Cette démarche audacieuse, conquérante, les communistes peuvent la porter.
Le succès de la liste "bouge l'Europe" va se jouer sur l'activité du Parti communiste, va reposer sur ses militants.
Parmi toutes les forces qui vont agir en faveur de la liste les militants communistes bénéficient d'une grande expérience des campagnes électorales.
Et la pratique neuve dont nous sommes porteurs avec cette liste ne portera ses fruits, à mon sens, que si les communistes comme tels, avec leur singularité, s'engagent, s'expriment parmi tous les autres.
Il est absolument indispensable à l'étape où nous sommes, en appui sur ce qui a déjà commencé à se faire, d'aider comme direction à l'élaboration de plan de travail précis pour toute une série d'initiative de proximité. L'engagement des membres du CN pour cela, est indispensable.
Le résultat du 13 juin va effectivement se gagner par une immense activité au plus près des citoyens. Si une série d'initiatives, d'éclats vont être prises, elles n'ont pas d'autre objectif que de faciliter, de donner de l'envergure à l'activité au plus profond du pays, aux milliers d'initiatives de proximité, de porte à porte, de points de rencontres que vont animer les communistes.
Un certain nombre de rencontres publiques se sont d'ores et déjà tenues, rassemblant plusieurs dizaines de milliers de participants, il importe d'en tenir beaucoup plus de fixer dès maintenant sans attendre des dates et des lieux.
Il y a urgence à aller sur le terrain, dans les quartiers, au porte à porte, devant les entreprises, sur les marchés. Urgence à multiplier les rencontres.
Avec une attention particulière à porter, aux lieux de travail. A l'entreprise toutes les préoccupations se retrouvent des dossiers en cours dont je parlais, tout à l'heure, aux questions liées à la guerre. Des points de rencontres réguliers devant toute une série d'entreprises avec l'Huma et l'appel, peuvent être les piliers d'une rencontre continue d'ici le 13 juin.
Il faut débattre, bien sûr, échanger, donner tous les éléments indispensables à la réflexion et il faut aussi mettre les communistes en situation de vérifier les apports de la liste, de faire avec tout le potentiel qui existe partout.
Dans toutes les initiatives à tenir, la vente du muguet du 1er mai est à inscrire comme un élément important de rencontres et de dialogues. Mais sans attendre il convient aussi de mettre en place les points de rencontres réguliers avec l'Humanité, avec le matériel de communication et notamment un appel qui va être édité qui sera un outil important du militantisme dans cette campagne avec l'ambition de le faire signer par des centaines de milliers de nos concitoyens.
Engageons et animons une campagne de souscription d'ampleur pour le financement des besoins et des activités électorales. Le prochain rendez-vous a lieu le 23 avril . avec l'ambition d'atteindre 20% de l'objectif global de versements des fédérations.
Lors de précédentes réunions plusieurs camarades avaient fait référence à cette élection marquée par un fort taux d'abstention en général et de l'électorat communiste en particulier, puisqu'on estime à 1 million le nombre d'électeurs communistes qui ne se déplacent pas à cette occasion.
Cette réalité n'est pas une fatalité. On peut même estimer que tout ce qui se passe dans cette période fait monter, sinon l'intérêt, du moins un énorme questionnement sur l'Europe et peut valider notre appel à s'en occuper, à y intervenir.
Cet appel pour être entendu, a besoin d'être porté au plus près de celles et ceux qui ont considéré jusqu'ici que cette élection ne les concernait pas . Prenons toutes les dispositions pour les rencontrer dès maintenant.
Au fond, en mettant bout à bout toutes les initiatives de proximité qui peuvent s'engager dès maintenant et les rencontres de plus grandes envergure, en reliant dans une même démarche l'intervention des militants et des candidats de la liste, comme de ceux et celles qui constituent les comités d'animation, c'est bien une chaîne du vote en faveur de la liste Robert Hue qui peut prendre naissance et se développer
Ainsi on pourrait proposer à tous celles et ceux qui auront appelé à soutenir et à voter pour la liste, de devenir des électeurs acteurs qui à leur tour peuvent dialoguer, argumenter et rassembler pour le vote.
Tout indique qu'une campagne inédite, intégrant les données nouvelles de la situation, peut prendre de l'ampleur et de la force.

Conclusion
Après avoir créé la surprise du début de campagne, la liste "Bouge l'Europe" peut devenir le ciment et la référence de celles et ceux qui veulent bâtir l'Europe de l'espoir, l'Europe sociale, l'Europe démocratique et solidaire, de tous celles et ceux qui veulent faire de la politique autrement.

(Source http://www.pcf.fr, le 13 janvier 2003)

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