Déclaration de M. Christian Poncelet, président du Sénat, sur la réunification de l'Allemagne, le choix de Berlin comme capitale et siège du Parlement et sur la nécessité de construire l'Europe, Bonn le 6 septembre 1999. | vie-publique.fr | Discours publics

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Déclaration de M. Christian Poncelet, président du Sénat, sur la réunification de l'Allemagne, le choix de Berlin comme capitale et siège du Parlement et sur la nécessité de construire l'Europe, Bonn le 6 septembre 1999.

Personnalité, fonction : PONCELET Christian.

FRANCE. Sénat, président;FRANCE. RPR

Circonstances : Session plénière de la Conférence des Présidents des Parlements des Etats membres du Conseil de l'Europe et du G8 à Bonn (Allemagne) les 6 et 7 septembre 1999, à l'occasion du transfert du Parlement allemand de Bonn à Berlin

ti : Monsieur le Président du Bundestag,
Monsieur le Président du Bundesrat,
Mesdames et Messieurs les Présidents,
Chers Collègues,

C'est une occasion historique qui nous réunit aujourd'hui. Elle résume à elle seule de nombreux événements douloureux s'étant déroulés en Europe durant le siècle qui s'est achevé avec la chute du mur de Berlin.

En effet, nous sommes rassemblés, pour la première fois, je crois, dans cette configuration regroupant les Etats-membres du Conseil de l'Europe et ceux du G8, pour célébrer le cinquantenaire du Parlement fédéral allemand et accompagner le Bundestag dans son transfert à Berlin.

Durant le demi-siècle écoulé, le Bundestag et le Bundesrat ont été le lieu de la représentation nationale dans le respect des spécificités régionales, l'espace du débat démocratique avec le souci permanent de la recherche du consensus, le cadre de la stabilité gouvernementale n'excluant pas les alternances politiques. La réalisation de ces délicats équilibres justifie que le système institutionnel de la République fédérale ait servi de modèle dans d'autres Etats du monde.


Mes chers collègues,

Notre réunion d'aujourd'hui et de demain est également historique car elle symbolise une victoire sur les grands maux qui ont tant coûté à l'Europe du XXème siècle.

L'installation du Parlement fédéral dans le bâtiment de Berlin, que nous allons découvrir reconstruit et réaménagé, et le retour de la capitale fédérale de Bonn à Berlin représentent le couronnement de la réunification de l'Allemagne dont nul n'aurait imaginé, il y a encore dix ans, qu'elle serait achevée si rapidement. Je voudrais ici rendre solennellement hommage au peuple allemand et à ses dirigeants, de l'Ouest et de l'Est, pour avoir réalisé ce considérable bouleversement de façon démocratique et pacifique. Ma reconnaissance et ma considération vont tout particulièrement à mon ami, l'ancien chancelier Helmut Kohl qui, par son courage, sa vision et sa conviction, a montré qu'il était l'un des plus grands hommes d'Etat de l'Europe de ces dernières années.

Alors que nous célébrons le cinquantenaire du Parlement fédéral, je suis confiant que les principes fondamentaux de la République fédérale de Bonn continueront d'imprégner la vie politique berlinoise de l'Allemagne de demain.

Mesdames et Messieurs les Présidents,

S'agissant de l'intégration européenne et de la coopération internationale, je voudrais simplement observer que notre assemblée d'aujourd'hui doit préfigurer le cadre de travail, de réflexion et d'action de l'Europe de demain.

Nul ne s'étonnera ici que je m'attache à concrétiser un projet qui conçoit l'avenir de notre continent dans la paix, la liberté et la coopération.

Cette Europe, en même temps qu'elle se retrouve, ne doit pas non plus se détourner de son environnement méditerranéen, africain, américain et asiatique. Existent avec les Etats de ces régions des liens anciens et profonds qu'il nous faut développer en même temps que nous réalisons l'unité de notre continent.

Je voudrais souligner le rôle particulier qui est le nôtre dans cette tâche, aussi vaste que noble. En tant que représentants élus de nos concitoyens, il nous appartient à la fois de répondre à leurs aspirations et donc de comprendre leurs appréhensions devant une évolution du monde parfois difficile à maîtriser, mais aussi d'ouvrir la voie de l'avenir avec ambition, espoir et générosité.

Nous avons beaucoup parlé, ce matin, de l'intégration de l'Europe. J'approuve sans réserve cette orientation. Aussi, voudrais-je citer devant vous deux exemples très concrets où l'intégration européenne peut et doit montrer sa réalité :

- l'avenir de la centrale de Tchernobyl, qui touche les besoins de l'Ukraine, mais aussi l'environnement de tout notre continent. Il est impératif de trouver les moyens qui permettront à l'Ukraine de se doter d'une source d'énergie de substitution, afin de pouvoir fermer Tchernobyl en 2000 ;

- nous devons également aider les Etats du Caucase du Sud, l'Arménie, l'Azerbaïdjan et la Georgie, qui ont récemment recouvré leur indépendance, mais aussi connu la guerre et la haine, à réaliser eux aussi leur intégration économique régionale.

Voici deux objectifs très concrets pour la réalisation desquels nous devons manifester notre soutien.

En conclusion, je souhaite donc qu'au service de nos peuples, des générations à venir et de la paix sur notre continent, nous continuions d'agir dans un esprit de rassemblement, de respect mutuel, de coopération et de solidarité.

(source http://www.senat.fr, le 21 septembre 1999)

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