Déclaration de M. Christian Poncelet, président du Sénat, sur le développement de la Bourgogne, la difficulté pour les PME d'exporter et sur le potentiel d'emplois des métiers de la restauration, Dijon le 30 octobre 1998. | vie-publique.fr | Discours publics

[ Publicité ]

Déclaration de M. Christian Poncelet, président du Sénat, sur le développement de la Bourgogne, la difficulté pour les PME d'exporter et sur le potentiel d'emplois des métiers de la restauration, Dijon le 30 octobre 1998.

Personnalité, fonction : PONCELET Christian.

FRANCE. Sénat, président;FRANCE. RPR

Circonstances : Inauguration de la foire internationale et gastronomique de Dijon le 30 octobre 1998

ti : Monsieur le maire,
Monsieur le préfet,
Mesdames et messieurs les parlementaires ,
Monsieur le président de l'Assemblée Nationale de Madagascar,
Mesdames et messieurs les ministres


C'est un grand plaisir pour moi de répondre à l'invitation de mon ami Robert Poujade et d'inaugurer la 68° édition de la Foire internationale et gastronomique de Dijon.

Les orateurs précédents ont suffisamment souligné la réussite de cette manifestation pour que je ne m'étende pas longuement sur ce qui est devenu pour nous tous une évidence à l'issue de la visite trop rapide que nous venons d'effectuer. 800 exposants, 200.000 visiteurs qui font de cette foire la huitième de France et surtout un taux de réinscriptions des exposants de 85 % qui est la meilleure preuve de son utilité. Qu'il me soit seulement permis de féliciter les organisateurs de cette manifestation et tous les exposants qui ont rivalisé d'imagination pour donner à leur présentation le plus d'attrait et à la foire son caractère festif.

Je voudrais saisir l'occasion qui m'est donnée de m'exprimer aujourd'hui devant vous pour tirer, du point de vue du Sénat et pour la politique de la Nation, quelques enseignements de cette réussite.

Vous le savez, le Sénat est le grand conseil des communes de France et la chambre d'écho des collectivités locales. La foire que nous venons de visiter est un exemple frappant de leur importance et de la vitalité des régions française. Une région comme la Bourgogne, d'ancienne tradition, qui misait à la création de cette foire uniquement sur la gastronomie, s'est révélée être aussi une grande région industrielle, pilote dans de nombreux domaines très compétitifs comme l'aviation pour ne citer que cet exemple célèbre en Bourgogne. Si bien qu'aujourd'hui les deux tiers de vos exposants n'appartiennent pas au secteur agro-alimentaire. La Bourgogne a su concilier ses traditions et la modernité.

Ajouterais-je, pour adresser un clin d'oeil complice au tout nouveau sénateur Louis de Broissia que je suis heureux de saluer, que c'est aussi le cas dans la presse puisque le Bien Public, l'un des plus vieux journaux de France, est en train de conduire une modernisation exemplaire.

L'évolution de la Bourgogne est à l'image de la mutation qu'a connue notre pays, qui est devenu en une génération une grande puissance exportatrice, la quatrième du globe. C'est la preuve que nos traditions nationales, nos atouts bien connus, notamment les richesses du patrimoine et de la gastronomie ne nous enferment pas dans ces domaines habituels mais sont des bases pour conquérir des positions dans les secteurs les plus innovants.

Dans cette compétition, les collectivités locales ont leur rôle et cette foire en est encore l'exemple. Les Chefs d'entreprise ont besoin bien sûr que les pouvoirs publics se fassent plus discrets lorsqu'il s'agit d'inventer de nouveaux impôts ou des tracasseries supplémentaires. Pour autant, ils ont besoin que des collectivités et des chambres de commerce, les accompagnent dans leur démarche. Ces foires sont en cela très utiles. Le Bureau international des expositions , qui supervise les grandes expositions internationales comme celles de Séville ou de Lisbonne s'inquiète de ce que les entreprises désertent ces grandes expositions de prestige et préfèrent des foires plus modestes comme la vôtre où se nouent pratiquement les contacts et se traitent les affaires.

Lorsqu'il s'agit d'exportation, cela est encore plus net. De nombreux rapports parlementaires ont souligné les difficultés que rencontrent les patrons de PME à l'international. Ils ont de bons produits mais ne peuvent se permettre de quitter l'entreprise une semaine pour prospecter des marchés lointains. La COFACE ne peut répondre à tous les besoins et ce sont bien souvent les agences de développement local, les régions et les chambres de commerce qui leur facilitent la tâche.

Dans une ville dont un maire a donné son nom à un apéritif, il est tout naturel qu'après avoir parlé du rôle des collectivités locales, je vous parle de gastronomie pour rendre hommage aux producteurs et à toute la profession des métiers de bouche qui est ici à l'honneur. On a amplement dit à quel point elle participait à la civilisation française, souligné sa contribution à l'image de la France, à notre tourisme et au commerce extérieur. Notre collègue le sénateur Raffarin a en particulier beaucoup fait pour que l'on reconnaisse les métiers de bouche et notamment la profession d'artisan-boulanger.

Et pourtant je voudrais dire avec force que ces métiers sont encore insuffisamment considérés dans notre pays où les services sont négligés. L'exemple des Etats-Unis montre le formidable potentiel d'emplois des métiers de la restauration qui n'est pas exploité. Les charges fiscales et sociales pesant sur les emplois de la restauration sont excessives et freinent la création d'emploi car dans ces métiers les machines ne peuvent remplacer l'homme. Il y a mille façons d'exploiter ce gisement d'emplois : il serait temps par exemple que le gouvernement imagine, sur le modèle de ce qui a été fait pour les salariés agricoles occasionnels et que connaît bien mon ami le sénateur Grillot que je salue, des procédures simplifiées de recrutement des extras et des saisonniers. C'est une chose que je souhaitais dire car la mission du Sénat n'est pas seulement d'amender les projets du Gouvernement. C'est aussi de l'alerter et de lui signaler les occasions qu'il pourrait saisir, s'il le veut bien, de favoriser l'emploi qui est notre priorité à tous.

Enfin, je voudrais réserver mes derniers mots pour honorer la République de Madagascar, qui est votre invitée d'honneur et ses hauts représentants : je suis sûr que je me fais ainsi l'interprète de mon ami le sénateur Henri Revol, qui est membre de l'Association internationale des Parlementaires de Langue Française.

Vous avez pu constater le bonheur que la population française éprouve à vous accueillir. Il y a dans ce bonheur naturellement le plaisir de découvrir votre merveilleux pays, son exotisme et de rêver à sa chaleur alors que les vendanges sont faites et que l'hiver approche. Il y a surtout la joie de retrouver un grand pays, riche d'une histoire séculaire, d'une culture dont témoigne le nombre de vos grands écrivains qui tient une place particulière dans le coeur et l'imaginaire des Français. Tananarive, Tamatave, Antsirabé sont des noms qui chantent à nos oreilles et évoquent notre propre histoire.

Votre présence témoigne que la francophonie est une réalité vivante et ce ne sont pas mes collègues sénateurs qui ont souhaité que la francophonie soit inscrite dans la Constitution qui me démentiront.

Cette joie de retrouver Madagascar, nous l'éprouvons aussi parce que votre pays a pris depuis quelque temps une nouvelle orientation économique qui l'amène à se rapprocher davantage de la France, de l'ensemble des pays de l'océan Indien et de la Francophonie. Je crois que les institutions financières internationales apprécient très positivement les efforts que vous faites et les réformes que vous conduisez. Je forme le voeu que Madagascar , avec son immense potentiel touristique, Monsieur le Ministre, mais aussi agricole et industriel, grâce à sa position privilégiée dans l'océan Indien, grâce à son unité linguistique, avec la qualité de sa main d'oeuvre, connaisse un développement rapide et harmonieux.

Je sais à cet égard que votre Président est attaché à la protection de l'environnement. Peut-être ne savez-vous pas que Robert Poujade a été en France le premier ministre de l'environnement et que c'est à lui que l'on doit presque tout ce qui s'est mis en place dans ce domaine. Pour cela et pour son accueil aujourd'hui, je tenais à le remercier.

(source http://www.senat.fr, le 18 février 2002)

Rechercher