Déclaration de M. Lionel Jospin, Premier ministre, en réponse à une question sur la démission de Dominique Strauss-Kahn, mis en cause dans une procédure judiciaire et sur la nomination de Christian Sautter comme ministre de l'économie, des finances et de l'industrie, à l'Assemblée nationale le 2 novembre 1999. | vie-publique.fr | Discours publics

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Déclaration de M. Lionel Jospin, Premier ministre, en réponse à une question sur la démission de Dominique Strauss-Kahn, mis en cause dans une procédure judiciaire et sur la nomination de Christian Sautter comme ministre de l'économie, des finances et de l'industrie, à l'Assemblée nationale le 2 novembre 1999.

Personnalité, fonction : JOSPIN Lionel.

FRANCE. Premier ministre

Circonstances : Démission de M. Strauss-Kahn, ministre de l'économie, des finances et de l'industrie le 2 novembre 1999

ti : Monsieur le président,
Mesdames et Messieurs les députés,
Monsieur le député,

Le ministre D. Strauss-Kahn vient de démissionner. Mis en cause dans une procédure judiciaire par sa mention dans un réquisitoire supplétif, il a estimé que cette situation n'était pas compatible avec l'exercice de sa fonction de ministre de l'Economie, des Finances et de l'Industrie.

Nous avons naturellement parlé ensemble de cette question depuis deux jours. Je voudrais vous dire clairement quelle était mon approche. Elle reposait sur trois préoccupations : laisser la justice agir librement ; m'inspirer du principe de respect de la présomption d'innocence ; ne pas tirer des conséquences automatiques d'une situation incertaine en fonction d'une pratique antérieure qui a vu des personnalités contraintes à démissionner, n'être pas ensuite condamnées.

D. Strauss-Kahn a choisi de prendre la décision que vous connaissez. Je salue son acte qui témoigne d'une haute conception de ses devoirs d'Etat. Je rends hommage à l'exceptionnelle qualité du travail qu'il a accompli depuis deux ans et demi pour notre pays. Il a conduit avec intelligence une politique économique et industrielle bien conçue et efficace. Il est respecté, estimé et écouté par ses pairs sur la scène internationale. Je lui exprime devant vous ma sympathie et mon amitié fidèle. J'espère qu'il reviendra vite parmi nous.

J'ai demandé au Président de la République, qui l'a accepté, de bien vouloir nommer monsieur C. Sautter ministre de l'Economie, des Finances et de l'Industrie.

Le reste relève de spéculations ou de polémiques politiques auxquelles je ne participe pas. Le reste est de la responsabilité de la justice et je m'interdis de parler sur les affaires judiciaires et respecte totalement sa liberté.

(source http://www.premier-ministre.gouv.fr, le 3 novembre 1999)

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