Déclaration de Lionel Jospin, Premier ministre, sur l'évolution du socialisme démocratique au cours du XXe siècle et sur sa modernité à l'ère de la mondialisation, La Défense, Paris le 8 novembre 1999. | vie-publique.fr | Discours publics

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Déclaration de Lionel Jospin, Premier ministre, sur l'évolution du socialisme démocratique au cours du XXe siècle et sur sa modernité à l'ère de la mondialisation, La Défense, Paris le 8 novembre 1999.

Personnalité, fonction : JOSPIN Lionel.

FRANCE. Premier ministre

Circonstances : XXIème Congrès de l'Internationale socialiste au centre des Congrès de La Défense (près de Paris) du 8 au 10 novembre 1999

ti : Cher(e)s Camarades,
Cher(e)s Ami(e)s,

Je suis très heureux de me joindre aux délégués, si nombreux, venus du monde entier pour ce Congrès de l'Internationale Socialiste. Je voudrais en particulier dire ma fierté de voir l'Internationale Socialiste accueillir dans ses rangs ici, à Paris, l'ANC, dont la lutte, emmenée par Nelson MANDELA, a vu triompher le respect de la personne humaine et s'instaurer la démocratie en Afrique du Sud. Je remercie les organisateurs comme tous les membres du Présidium de l'Internationale Socialiste, et notamment mes amis Pierre MAUROY et François HOLLANDE, qui dirige le parti qui est notre hôte.

Le Congrès qui nous réunit est le dernier du siècle. Certes, ni le mouvement des idées ni le combat politique ne se règlent sur les césures propres au calendrier. Mais il y a là un passage symbolique qui nous invite à mesurer le chemin parcouru.

Si l'on veut porter un regard juste sur notre mouvement de pensée, il faut en embrasser toute la profondeur historique. Notre Internationale, née en 1889, en une fin de siècle façonnée - comme la nôtre - par de profonds bouleversements technologiques et sociaux, s'apprête à entrer dans le XXIème siècle, consciente de son histoire et tournée vers l'avenir.

I - Le socialisme démocratique a marqué le XXème siècle.

On a parfois dit que ce siècle s'était ouvert en 1914 avec la première guerre mondiale, avant de se clore en 1989 sur la chute du Mur de Berlin. Ce "court XXème siècle" fut bien
- comme le désigne le grand historien Eric HOBSBAWM - "l'âge des extrêmes".

Ce fut en effet un siècle d'immenses tragédies et de gigantesques progrès.

1. Le XXème siècle fut "le plus violent de toute l'histoire humaine", selon le mot du Prix Nobel de littérature William GOLDING.

Deux guerres mondiales ont meurtri le siècle. En 1914, le nationalisme a puisé dans les possibilités nouvelles de la production industrielle pour faire de la guerre une tuerie de masse. Le racisme et l'antisémitisme, nés du nazisme, ont plongé l'Europe dans la nuit des fascismes et, en 1939, provoqué une seconde guerre, totale. La Shoah, cette "catastrophe" - c'est là le sens même du mot hébreu - d'une gravité unique, a renvoyé l'humanité à sa condition et à une interrogation fondamentale sur sa capacité à faire le Mal.

Issu de la confiscation et du dévoiement de la révolution de 1917, le totalitarisme communiste a broyé des millions d'individus et figé dans son glacis des nations entières. L'Europe en a été coupée en deux.

La grande crise des années trente - dont nous de devons pas oublier les leçons - a plongé l'économie mondiale dans un long et profond marasme. Des dizaines de millions d'êtres humains se sont retrouvés brutalement dans la misère. Grâce au volontarisme politique et au rôle de l'État, elle a pu être surmontée.

2. Mais le XXème siècle fut aussi un temps d'émancipation et de progrès.

La décolonisation s'est imposée. Des peuples entiers ont conquis leur souveraineté, sinon leur libération.

Les dictatures militaires ont été stigmatisées. Une à une, beaucoup se sont effondrées. En Europe, nos camarades espagnols, portugais et grecs peuvent en témoigner. En Amérique latine, les socialistes ont été les premières victimes des dictatures militaires - j'ai une pensée pour Salvador ALLENDE. Ils accèdent aujourd'hui démocratiquement au pouvoir. Et je suis heureux que tant de camarades aient fait le déplacement depuis l'Amérique du Sud : je salue la victoire de Fernando DE LA RUA en Argentine, le succès de Tabaré VASQUEZ lors du premier tour des élections en Uruguay, et j'envoie tous mes encouragements à Ricardo LAGOS pour les élections du 12 décembre prochain au Chili.

Il y a dix ans, presque jour pour jour, le mur de Berlin s'est effondré, annonçant le démembrement de l'Union soviétique, la réunification de l'Allemagne et la réconciliation de l'Europe avec elle-même. Là aussi, de nouveaux partis socialistes se sont formés et nous ont rejoints.

Le XXème siècle a aussi vu s'engager l'émancipation des femmes. Elles ont conquis des droits civils et politiques. Elles se sont vu reconnaître les mêmes droits sociaux que les hommes. Le droit à la maîtrise de leur corps s'est peu à peu imposé.

Une conscience internationale est née. Des principes universels ont été proclamés. Sur le long chemin qui mène à leur respect, plusieurs étapes décisives ont été franchies. Un droit d'ingérence humanitaire est apparu, pour que la souveraineté nationale ne puisse plus servir d'alibi aux violations des droits de l'Homme. Une justice internationale est en train de naître, grâce aux Tribunaux pénaux, puis à la Cour pénale internationale, pour que les crimes les plus graves ne restent plus impunis.

La démocratie a progressé. Elle n'a pas de modèle général qui puisse lui être opposé. Là où elle était déjà présente, elle s'est approfondie. Là où elle restait l'horizon d'un combat politique, elle a souvent fini par l'emporter. Elle est devenue la référence.

La baisse de la mortalité et l'allongement de la vie - même si leurs conséquences démographiques peuvent être redoutables et appellent notre action pour les prochaines décennies - sont une autre avancée de ce siècle.

Les progrès des sciences et de la technique se sont accélérés, facilitant la vie des êtres humains, ouvrant de nouvelles perspectives économiques, tout en appelant à une réflexion éthique.

La croissance économique et le plein-emploi ont pu s'imposer pendant plusieurs décennies. La maîtrise du capitalisme a permis la naissance d'un modèle de performance économique et de progrès social. Pendant trente ans, après 1945, ce modèle a favorisé un taux de croissance, d'accumulation et d'emploi sans précédent dans notre histoire, et pas seulement dans les pays développés. Nous devons réfléchir aux raisons pour lesquelles nous avons laissé revenir les temps de stagnation et de chômage massif.


3. Le socialisme démocratique a contribué à façonner ce siècle.

Au lendemain de la deuxième guerre mondiale, les socialistes ont travaillé, avec d'autres, pour que du champ de ruines naisse un nouveau monde, fondé sur l'union des Nations, l'affirmation de principes universels, la stabilité du système international économique et financier.

En Europe, ils ont jeté les fondations d'un projet de paix, d'unité politique et d'expansion économique. Cette inspiration continue aujourd'hui de nous guider. La paix est assurée. Le marché et la monnaie ont été unifiés. Des solidarités entre les nations et entre les hommes ont été organisées. L'Europe doit désormais s'affirmer comme puissance, afin de contribuer à l'équilibre du monde multipolaire que nous appelons de nos voeux.

Nous avons construit, avec le "welfare", un modèle social ambitieux, inséparable de la réussite économique européenne. Nous avons conquis de nouveaux droits. Droit à l'éducation, droit à la retraite, droit au repos, droit à la santé.


Mes Cher(e)s Camarades,

Le socialisme démocratique a survécu à la guerre, cependant que s'effondraient les fascismes, que se défaisait le totalitarisme soviétique, que disparaissaient bien des dictatures. En de nombreux points du globe, il continue son combat. Si ses ailes sont quelque peu froissées, le socialisme démocratique, après avoir traversé ce siècle, poursuit son vol.

II - Le socialisme démocratique reste une idée féconde pour le monde nouveau qui est le nôtre.

À l'orée du XXIème siècle, en dépit mais peut-être aussi en raison des interrogations qui la traversent, la social-démocratie retient l'attention par la force de ses valeurs, par l'actualité des questions qu'elle pose et des réponses qu'elle propose face aux problèmes du monde. C'est sa modernité.

S'il n'est plus un système, le socialisme est un ensemble de valeurs, une vision de l'Histoire, une culture.

Le XXème siècle fut celui des systèmes et des idéologies. Certains portaient en eux-mêmes la négation de la dignité humaine. D'autres ont représenté un dévoiement meurtrier d'une pensée sincère, et ont abouti à un système totalitaire. Ces systèmes ont écrasé les valeurs. Leurs idéologies ont étouffé les idées. Ce temps-là est achevé. Je ne le regrette pas. Je n'y vois ni "la fin de l'Histoire", ni la fin du politique. J'y vois la possibilité d'un renouveau des idées, de la régénération du combat politique.

Comme système, certes, le socialisme n'existe plus. Et d'abord comme système de production. Pour ce qui concerne la création de richesses et l'allocation des ressources, la supériorité du marché sur la planification s'est montrée incontestable. Mais nous ne faisons pas pour autant du marché une valeur. Le marché est un instrument - efficace et précieux. Mais il n'est qu'un instrument. Il doit être régulé. Il doit rester au service de la société. Par lui-même, le marché ne produit ni sens, ni direction, ni projet.

Pour nous, le marché - même régulé, même contrôlé - n'efface pas les exigences du contrat social. C'est la société des citoyens qui, par la délibération, par la politique, s'institue et choisit ses valeurs, son chemin. Nous refusons la marchandisation des sociétés. La santé n'est pas une marchandise. Les oeuvres de l'esprit ne sont pas des marchandises. Le travail des hommes n'est pas une marchandise. L'environnement naturel n'est pas une marchandise, un stock dans lequel on pourrait puiser sans limites. La responsabilité face aux générations futures ne se marchande pas ; elle s'assume.

De même, le socialisme n'est plus un système doctrinal. La prétention à être une explication scientifique du monde a été affirmée par le marxisme, avant de disparaître. Mais le socialisme a précédé le marxisme. Il reste, pour des millions de femmes et d'hommes, un horizon politique et moral. Nous devons dans le même temps redécouvrir la méthode du marxisme dans ce qu'elle a d'utile : l'analyse critique des réalités sociales et donc du capitalisme. Nous devons continuer de penser le capitalisme, pour le contester, le maîtriser et le réformer. C'est à cet effort et à cette ambition que nous devons rester fidèles.

Mais le socialisme démocratique cherche les réponses aux aspirations les plus essentielles des femmes et des hommes. Aspiration à la justice sociale, à l'épanouissement individuel au sein de sociétés solidaires, à la maîtrise collective de leur destinée, à un régime de croissance économique plus respectueux des hommes et de l'environnement.

Nous sommes les mieux à même de répondre aux enjeux du monde nouveau.


Le monde a changé et continue de changer. Mais ce sont les hommes qui le changent. Et nous pouvons tout à fait continuer à le comprendre, et à le maîtriser, si nous le voulons. Les changements actuels ne sont pas tels que nous devrions en être intimidés et désarmés. Certes, nous vivons un temps de révolutions technologiques. Mais ce n'est pas la première fois. L'électricité, le téléphone, l'avion : chacune de ces inventions a provoqué un bouleversement majeur. Dans la vie de millions d'êtres humains. Il n'en va pas autrement aujourd'hui, même si les changements changent...


Reste que ce monde a ses caractéristiques propres. Plus ouvert, il est aussi plus instable. La mondialisation des échanges de toute nature accélère la production de richesses ; elle creuse aussi les inégalités, entre les économies comme au sein de chacune d'entre elles. Elle accroît les possibilités offertes aux individus ; elle les expose aussi à des risques nouveaux. L'individu s'émancipe, mais le besoin d'appartenance à des communautés se fait plus pressant. L'efficacité est vénérée, mais elle n'éteint pas le besoin de rêve et d'utopie.


Ces changements nous conduisent à nous interroger sur notre identité.

C'est normal. Le socialisme a toujours été un questionnement. Le socialisme s'interroge sur la société, ses mécanismes, son injustice, son mouvement même. Etre socialiste, c'est refuser d'accepter les choses telles qu'elles sont, figées dans leur prétendu caractère "naturel".

Quant aux débats qui nous animent, ils sont non seulement légitimes mais nécessaires. Le socialisme débat depuis qu'il existe. Le socialisme est débat. Ce congrès en témoigne encore. Tant mieux. J'y vois le signe de la vitalité de notre réflexion, la marque de la fraternité qui nous anime.

Chacun de nos mouvements recherche la modernité. Il le fait à sa façon. Avec ses références. Avec son histoire. Avec sa culture politique. Et c'est très bien ainsi.

Je voudrais vous faire partager ma conviction que le socialisme démocratique est moderne parce que les valeurs qu'il porte sont adaptées aux questions qui sont posées par le monde moderne.

La mondialisation ? Comment y répondre mieux qu'en étant internationalistes et en défendant des principes universels. L'individualisme contemporain ? Notre approche humaniste, attentive à l'épanouissement de la personne, le prend en compte. L'attachement à la communauté ? Il peut prendre appui sur notre souhait de préserver les identités collectives et d'approfondir la citoyenneté. Le souci d'efficacité ? Il rencontre notre volonté d'organisation et de régulation. Le besoin de rêve ? Il est au coeur de notre désir de progrès, éclairé par nos références à l'utopie.

Toutes ces valeurs, qui sont des facettes de la modernité, sont constitutives de notre identité politique.

Etre socialiste, c'est réfléchir et agir à l'échelle du monde. Etre socialiste, c'est être internationaliste. C'est s'appuyer sur les forces et les richesses des nations, et aussi sur les organisations internationales, pour maîtriser les problèmes du monde. Réunis en une Internationale, partageant les mêmes valeurs, nous avons appris à nous situer à ce niveau, sans perdre de vue l'histoire de chacun de nos peuples. Ainsi, l'Internationale est cette enceinte capable de compter en son sein Ehud BARAK et Yasser ARAFAT, que je salue chaleureusement.

La force de l'Internationale Socialiste est de savoir conjuguer l'unité et la diversité.
La diversité, mais sans diluer notre identité commune : nous sommes tous des socialistes démocratiques. L'unité, mais sans nous figer dans un dogmatisme : puisant aux expériences des uns et des autres, nous vivons en phase avec notre temps.

Etre socialiste, c'est se sentir en permanence interpellé par les problèmes du monde. C'est pourquoi nous nous sommes engagés, y compris par la force devenue nécessaire, au service du droit, de la paix, de la dignité humaine, comme au Kosovo et au Timor oriental. C'est pourquoi, dans les instances internationales, mon Gouvernement défend une vision exigeante de la société internationale.

Etre socialiste, c'est travailler à plus d'organisation et de régulation.

Pour nous, la mondialisation ne peut se résumer au libre-échange de marchandises. Pour nous, la mondialisation est la prise de conscience d'une communauté de destin pour l'Humanité. Elle est la recherche d'une solidarité entre les acteurs d'un monde unifié. La mondialisation suppose la prise en compte et la protection de la diversité culturelle, des exigences sociales garantissant que travailler permet de vivre dignement, de normes environnementales soucieuses des générations futures. C'est tout cela que le Gouvernement français entend, avec ses partenaires européens, défendre dans les prochaines négociations de l'OMC. La mondialisation doit aller de pair avec l'affirmation de principes universels : la démocratie et le respect de la personne humaine. La mondialisation ne doit pas être fondée sur l'unilatéralisme. Elle doit au contraire favoriser l'émergence d'un monde équilibré et multipolaire. Le monde a besoin de règles. Je l'ai dit devant l'Assemblée générale des Nations-Unies : à problèmes globaux, solutions globales.

Les crises financières internationales de l'année dernière ont rappelé cet enseignement de l'Histoire : le capitalisme doit sans cesse être maîtrisé et régulé. C'est pourquoi nous devons renforcer le rôle et la légitimité politique du FMI ; combattre le trafic de drogue et la criminalité financière internationale et créer un espace judiciaire commun.

Etre socialiste, c'est être volontariste. C'est se fixer des objectifs et se donner les moyens de les atteindre. Et le premier objectif, aujourd'hui, pour nous socialistes, c'est vouloir le plein-emploi.

Trois décennies durant, au lendemain de la deuxième guerre mondiale, le plein emploi a été la norme des sociétés européennes. Il doit le redevenir. Il peut le redevenir, si nous le voulons. Nous avons vaincu l'inflation parce que nous l'avons voulu. Ce que nous avons réussi contre l'inflation, nous devons le refaire contre le chômage.

Je refuse l'alternative supposée qui voudrait que l'on ait soit plus d'emplois et plus d'inégalités, soit moins d'inégalités mais moins d'emplois. Les socialistes doivent rechercher le plein emploi dans la cohésion sociale et la réduction des inégalités.

Etre socialiste, c'est être humaniste.

Le socialisme est un humanisme. Il a pour fin dernière "la libération intégrale de la personne humaine", comme l'écrivait Léon BLUM.

Le socialisme comprend que cet épanouissement individuel passe aussi par la pleine égalité de la femme, par l'intégration des femmes et des hommes au sein d'une société solidaire.

Etre socialiste, c'est vouloir l'égalité.

Nous connaissons la vieille tension entre l'égalité et la liberté. Elle est fondatrice de notre combat politique. L'une des leçons du siècle, c'est que le socialisme sans la liberté n'existe pas. Mais le socialisme sans l'égalité n'a plus de sens.

Nous voulons l'égalité, mais dans la diversité. Nous recherchons "l'égalité dans la différence".


Cher(e)s Camarades,

Cher(e)s Ami(e)s,

Je suis frappé par la vitalité et la jeunesse de notre organisation. En 1992, lorsque mon ami Pierre MAUROY est arrivé à la tête de l'Internationale, celle-ci réunissait une petite centaine de membres. Sept ans plus tard, elle rassemble 143 partis ou organisations provenant d'une centaine de pays. Je tiens à saluer le président sortant pour ce beau résultat. Des mouvements politiques du monde entier se rassemblent autour des mêmes valeurs. Ils regardent, ensemble, l'avenir du monde. Ils ont conscience du choix qui s'offre à nous.

Soit nous laissons le mouvement du monde à lui-même, c'est-à-dire aux mécanismes aveugles du capitalisme, aux forces froides des intérêts privés - et alors nous subirons, impuissants, un monde brutal. On en trouve l'ébauche dans l'explosion des inégalités, la réapparition de maladies que l'on croyait éradiquées, la destruction des forêts tropicales par les multinationales, la vente aux enchères d'organes humains sur des sites Internet.

Soit, fidèles à toute notre histoire, nous joignons nos influences pour maîtriser le cours des choses - et l'espoir est permis. L'espoir d'un monde plus juste. L'espoir d'un monde plus humain.

Ce choix est entre nos mains. Hors l'action des gouvernements et des institutions internationales, je ne vois qu'une seule force politique mondiale qui puisse l'assumer : l'Internationale Socialiste.


Mes Cher(e)s Camarades,

N'oublions jamais d'où viennent notre légitimité aux yeux des peuples, notre crédit auprès des citoyens de nos pays, la confiance qu'ils nous témoignent.

Pas seulement de notre capacité à gouverner. Pas seulement de notre capacité à bien gouverner.

Pas même seulement de notre capacité à transformer la société d'aujourd'hui. Mais aussi de notre capacité à penser et à imaginer, avec et pour la jeunesse, la société de demain.

Le socialisme n'est pas seulement une gestion - même habile, même efficace, même moderne.

Si changer de société n'est plus à l'ordre du jour, changer la société doit le demeurer.


(Source http://www.premier-ministre.gouv.fr, le 9 novembre 1999)

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