Déclaration de M. Hubert Védrine, ministre des affaires étrangères, sur les relations internationales depuis l'effondrement de l'URSS, les équilibres géostratégiques et la sécurité internationale, Paris le 3 novembre 1999. | vie-publique.fr | Discours publics

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Déclaration de M. Hubert Védrine, ministre des affaires étrangères, sur les relations internationales depuis l'effondrement de l'URSS, les équilibres géostratégiques et la sécurité internationale, Paris le 3 novembre 1999.

Personnalité, fonction : , , VEDRINE Hubert.

FRANCE. Ministre des affaires étrangères

Circonstances : Conférence de l'Institut français des relations internationales (IFRI) sur le thême "L'Entrée dans le XXIème siècle", Paris le 3 novembre 1999

ti : Comment analysons-nous le monde dans lequel nous vivons depuis la disparition de l'URSS, fin décembre 1991 ? Quelles leçons tirons nous de ces huit années ? Quels sont maintenant nos objectifs et qu'allons-nous faire pour les atteindre ? Personne ne conteste que l'implosion d'une des deux superpuissances ait marqué la fin de la guerre froide. Mais après ? Personnellement, je n'ai jamais pensé que nous avions atteint alors la " fin de l'histoire " - même sous la forme plus nuancée introduite depuis par Francis Fukuyama - tout simplement parce que je n'assimile pas automatiquement "économie de marché" à "démocratie" et ces deux termes à "fin des conflits". Ni que nous étions alors entrés dans un " nouvel ordre international " fondé sur la suprématie de la loi internationale, garantie s'il le fallait par des guerres pour le droit, contrairement à l'annonce optimiste du président Bush.

J'ai plutôt pensé alors que nous entrions dans un monde plus libre, mais aussi dans une phase de transition turbulente marquée d'abord par la débâcle de l'URSS dont les conséquences à la fois heureuses et déstabilisantes se feraient sentir longtemps. Comme autrefois celle de l'empire ottoman ou d'autres empires, cette débâcle a été plus ou moins maîtrisée. Bien, en Europe centrale en raison de l'attraction de l'Union européenne, plus ou moins bien, en Asie centrale, mal, dans les Balkans et le Caucase. Autre caractéristique de cette transition : la coexistence, plus ou moins cohérente, dans le monde, de plusieurs systèmes de valeurs et de règlements des conflits internationaux et cela malgré l'unité apparente due à la globalisation. Période dans laquelle nous sommes toujours, sans que cela ait le moindre rapport avec le pseudo tournant du siècle, ou pis encore avec celui du millénaire, qui, selon le système décimal, permettez-moi cette petite pique, n'interviendra qu'à la fin de la 2000ème année de l'ère chrétienne, soit le 31 décembre 2000. Je me garderai donc de toute prévision pour le XXIème siècle (qu'ont pu imaginer de sérieux les hommes de 1899-1900 sur le XXème siècle ?). A fortiori pour le IIIème millénaire (qu'ont bien pu penser les hommes des années 999-1000 ? Comment pourrions-nous concevoir l'année 2099, ou 2999 ?). Rappelons-nous la phrase de l'humoriste : " la prévision est un art difficile, surtout quand elle porte sur l'avenir " mais essayons malgré tout de prévoir les tendances d'avenir, de rechercher avec sérieux des solutions aux problèmes du monde d'aujourd'hui qui seront toujours les nôtres en janvier prochain.

*

J'en vois deux principaux : quels types de rapports de puissance et/ou de coopération vont s'établir entre les principaux pôles du monde global qui incarnent la démocratie et l'économie de marché ? Quels rapports entretiendront cet ensemble multipolaire avec ceux qui acceptent ces principes mais sont loin de les respecter en pratique, ou avec les forces qui les contestent, ou avec les pays qui sont imparfaitement intégrés dans ce mouvement ? Les deux sujets sont bien sûr liés.

1 - Le premier problème concerne en premier lieu le rôle et la place des Etats-Unis et leurs relations avec l'Europe. Pour ma part, j'estime que depuis 1992 le terme de " superpuissance " ne suffit plus pour décrire les Etats-Unis. Terme trop connoté "guerre froide", et trop exclusivement militaire, alors que la suprématie américaine d'aujourd'hui s'exerce aussi bien sur l'économie, la monnaie, la technologie, les domaines militaires que sur les modes de vie, la langue et les produits culturels de masse qui submergent le monde, modelant les pensées et fascinant jusqu'aux adversaires des Etats-Unis. C'est pourquoi j'emploie le terme " d'hyperpuissance " que les médias américains jugent agressifs en raison de la connotation pathologique " d'hyper ", alors qu'il n'est que descriptif. La question pour cette hyperpuissance sans précédent est de savoir comment se comporter face à ses adversaires, j'y reviendrai, mais surtout à l'égard de ses alliés et partenaires.

Fidèles à ce que pense l'Amérique d'elle-même et du reste du monde depuis deux siècles, la plupart des grands responsables ou des grands analystes américains ne doutent pas un instant que les Etats-Unis sont la " nation indispensable " et que celle-ci doit, dans l'intérêt de l'humanité, rester prépondérante. Il peut arriver à Henry Kissinger, Zbigniew Bzrezinski, ou Samuel Huntington de s'interroger sur la meilleure manière de préserver ce leadership et de prévenir les réactions contre une hégémonie trop pesante. Mais sur le fond, il n'y a pas de doute chez les Américains et les plus francs d'entre eux n'hésitent pas à rappeler que le monde contemporain est directement issu de la faillite totale de l'Europe dans la conduite de ses propres affaires et de celles du monde durant la première moitié du XXème siècle. A supposer que les Européens veuillent vraiment ensemble devenir une " puissance " - ce à quoi la France s'emploie mais qui suppose que les Européens surmontent la contradiction entre élargissement et renforcement de l'Europe - l'aptitude des Etats-Unis à accepter avec qui que ce soit et notamment avec l'Europe, un partenariat autre que momentané ou partiel, et à passer de l'unilatéralisme au multilatéralisme, reste à démontrer. Nous voulons y croire. Cette interrogation est sous-jacente à toute la question de la Politique étrangère européenne commune et de la défense européenne. Pour la France, elle revêt une importance particulière puisque le monde multipolaire qu'elle appelle de ses voeux ne se conçoit pas sans un pôle européen fort.

2 - L'autre grand problème des prochaines années concerne la question de l'universalité, c'est-à-dire principalement celle des rapports entre " l'Occident " et tous les autres. J'emploie ici le terme " Occident " bien qu'il n'ait théoriquement aucun sens géopolitique, pas plus que le terme " euro-atlantique " d'ailleurs, mais parce qu'il est d'usage courant et qu'il dit bien ce qu'il veut dire, surtout quand il est employé en lieu et place de "monde libre"

Les autres ? C'est d'abord la Russie, partenaire des grands pays occidentaux, membre du Conseil de sécurité et du G8 et la Chine, qui est également au Conseil de sécurité, mais cela concerne des dizaines d'autres pays.

Comment l'Occident d'aujourd'hui se voit-il ? D'abord comme un vainqueur. Vainqueur de l'histoire, - d'où la tentation d'en proclamer la fin - vainqueur de l'URSS après l'avoir été du nazisme et du fascisme, selon une vision linéaire en deux étapes 1945, 1989-91. Ensuite comme expression de l'universel. Celui de l'économie globalisée par les technologies, celui des hommes unifiés par la simultanéité des images, celui des valeurs surtout, en partant des valeurs de base, démocratie et économie de marché, et les déclinant en libertés individuelles, libertés économiques, Etat de droit, élections libres, médias libres, juges indépendants, respect parfait des Droits de l'Homme, etc ... Un tel programme devrait faire l'unanimité. Et pourtant, les contestations sont nombreuses. De nombreux pays y résistent pour des raisons diverses bonnes ou mauvaises. Partout dans le monde, des hommes et des femmes, acquis aux idées démocratiques, ont quand même le sentiment que l'Occident instrumentalise, parfois inconsciemment, des valeurs réellement universelles pour imposer son système et son influence. Il ne faut pas être choqué par cela mais chercher à comprendre.

Pourtant, face à ces contestations, l'Occident réagit le plus souvent avec assurance et la conviction de son bon droit. Il s'agit à ses yeux, soit de retardataires qu'il faut alors inciter amicalement mais vigoureusement à rejoindre sans tarder la démocratie et l'économie de marché, soit de " parias " selon le terme américain, qu'il faut frapper d'ostracisme, on aurait dit dans d'autre temps excommunier. Le désir de voir la démocratie régner dans le monde, les conflits réglés pacifiquement et les Droits de l'Homme respectés partout est louable. C'est à l'évidence notre grand objectif commun. On ne peut cependant manquer de constater que les déclarations, exhortations, incitations, menaces ou sanctions de l'Occident ou des pays les plus riches, ne produisent pas immédiatement les effets escomptés : la controverse sur le couple valeurs occidentales/valeurs universelles, ou sur l'association bon droit de l'Occident/consensus universel, ne cesse de resurgir. Certains y voient même un conflit de civilisations non surmonté, peut être même non surmontable. Ce qui n'est pas mon avis.

Quelques exemples :

- au delà du chapitre VII de la Charte, l'Occident se reconnaît un " droit d'ingérence " ou d'intervention, en cas de drames humanitaires ou de massacres, en contournant le Conseil de sécurité s'il le faut, et proclame caduque ou relative dans ce cas la souveraineté des Etats. Beaucoup d'Etats du sud répliquent que leur souveraineté, durement conquise, est leur dernière protection et demandent : qui s'ingère chez qui et de quel droit ?

- l'Occident exige des autres la démocratie instantanée ; les autres répondent : laissez-nous du temps, comme vous en avez eu vous-mêmes. Les pays émergents ajoutent " ouvrez vos marchés " ; et les autres pays du Sud : " nous avons encore besoin d'aide au développement" ;

- sur le plan de la sécurité, l'Occident interdit aux autres les armes les plus redoutables dont il dispose lui-même et veut limiter et ralentir la diffusion des technologies à double tranchant, dites duales, dont la liste est extensible. L'Occident veut pouvoir dissuader, réprimer, battre et punir mais ne supporte pas d'être simplement menacé invoquant contre les armes de destruction massive le principe de précaution ; les pays du Sud disent qu'ils ont droit eux aussi à la sécurité et que l'Occident qui n'a jamais été aussi puissant, ne peut à tout propos invoquer sa sécurité pour les empêcher de se développer ;

- en matière de justice internationale, il en va de même. Là où nous sommes convaincus qu'il s'agit de progrès du droit, du recul de l'impunité, etc... beaucoup de pays, même signataires du texte créant la Cour pénale internationale, voudraient être sûrs qu'il ne s'agit pas que de la projection au-delà des frontières du pouvoir nouveau des juges occidentaux. Sans parler de ceux qui ne l'ont pas signé, ce qui est bien regrettable, pour des raisons nationales... Parmi ceux-là, des pays importants.

- il en va de même en matière de droit du travail, de protection de l'environnement... Les Occidentaux veulent mettre fin à des situations intolérables, comme le travail dangereux pour les enfants ; les pays en développement pensent que jamais les pays développés n'auraient pu décoller avec de telles contraintes.

Tous les pays ne soulèvent pas toutes ces objections. Mais il n'y en pas qui ne se pose aucune de ces questions.

Le paradoxe de l'attitude actuelle des pays occidentaux, est qu'elle mêle générosité vraie et cynisme éternel. Nous sommes si fiers du niveau de démocratie que nous avons atteint que nous voudrions sans attendre y amener le monde entier de gré ou de force. Mais est-ce qu'en exigeant des pays qui n'en sont pas encore là, de respecter tout de suite des normes démocratiques que nous avons mis nous-mêmes deux ou trois siècles à édifier, en leur refusant les étapes intermédiaires par lesquelles nous avons du passer sans pour autant être en mesure de leur proposer de raccourci assuré, est-ce qu'en réalité nous ne leur maintenons pas la tête sous l'eau ? Cette interrogation peut choquer. Mais on ne peut le balayer d'un revers de main. Les avis sont très partagés, néanmoins nombre des 188 pays de l'ONU le pensent.

En Europe, aujourd'hui, ce débat sur le rythme est presque impossible, parce que confondu avec un autre, tout à fait différent, sur le " relativisme culturel ". L'idée que la démocratie soit bonne pour les Occidentaux et mauvaise ou superflue pour des Chinois ou des Africains, par exemple, est évidemment absurde, choquante et indéfendable. Aussi n'est-ce évidemment pas le sens de mon propos. Mais force est de constater que nous ne connaissons pas les formules magiques qui transformeraient en un instant la Chine en une grande démocratie, les ruines de l'URSS en une économie prospère et normale, l'Afrique des Grands lacs en une zone de paix et de coopération, l'Afghanistan en Maroc, les Balkans en Suisse et ainsi de suite. Alors, il nous faut bien raisonner en termes de processus historique, de consolidation progressive et d'étapes. Trop de gens ont oublié après l'effondrement de l'URSS, et du marxisme dont elle avait abusé, les acquis les plus élémentaires de l'histoire, de la sociologie et de l'économie, et raisonnent en termes quasi religieux comme si on pouvait convertir en une minute des adeptes de la tyrannie en zélotes de la démocratie. Comme Saint-Paul tombant de cheval, terrassé par la révélation. Comme si les recettes de la dérégulation ultralibérale avaient été adaptées à la situation de la Russie de 1992, en plus mauvaise situation pourtant que l'Europe occidentale après la guerre, qui a commencé pour se reconstruire par des décennies de planification, de réglementation et de décisions publiques.

Conversion ou processus ?

Qu'il s'agisse de démocratie ou d'économie, cette question du rythme dans le développement des sociétés est essentielle et nous devons avoir le courage intellectuel et politique de l'affronter, tout en refusant absolument qu'elle soit utilisée comme un prétexte dilatoire par ceux qui ne veulent rien changer, rien réformer qui sont rebelles à toute "bonne gouvernance" et recourent aux pires techniques de répression pour verrouiller le statu quo.

Entre les idéalistes qui voudraient enjamber et court-circuiter l'histoire et ceux qui croient vainement pouvoir l'arrêter, il nous faut définir et mener un engagement continu pour la démocratisation mondiale qui ne soit pas uniquement "plaqué" et imposé par les plus forts sur les plus vulnérables, mais qui soit porté par une dialectique combinée et constante de développement, de modernisation et de démocratisation. Nous avons encore beaucoup à faire, et sans doute autrement, pour que nos valeurs, que nous proclamons universelles, et dans lesquels des hommes et des femmes se reconnaissent dans le monde entier, soient vraiment admises comme telles.

*

J'en viens à ma conclusion :

- Nous ne pouvons accepter ni un monde politiquement unipolaire, ni un monde culturellement uniforme, ni l'unilatéralisme de la seule hyperpuissance. Et c'est pourquoi nous luttons pour un monde multipolaire, diversifié et multilatéral. Nous pensons que le rôle des Etats-Unis, que garantit leur inépuisable et fantastique vitalité créatrice, serait d'autant mieux admis s'ils acceptaient réellement cet objectif. A l'unilatéralisme - celui du Sénat américain actuel par exemple - nous opposons un multilatéralisme respectueux de tous les membres de la communauté internationale, dont l'ONU est la gardienne. Une ONU confortée et réformée, notamment son Conseil de sécurité dont le monde a plus que jamais besoin, mais qui doit être élargi pour représenter le monde actuel, tout en restant efficace.

- à l'unilatéralisme, nous opposons la définition de la règle du jeu par la négociation entre les parties, et les procédures multilatérales de règlement des différends.

A l'uniformité nous opposons le droit à la diversité, et même sa nécessité. La culture est une identité. Nous défendons ce principe au sein de l'Union européenne, comme au sein de l'OMC, dans les négociations commerciales multilatérales.

- Mais un monde multipolaire ne répondra pas non plus automatiquement à toutes ces interrogations. Le monde multipolaire que nous voulons ne se conçoit :

. que si l'Union européenne constitue un de ces pôles ; une Union européenne ayant atteint son point d'équilibre institutionnel et ses limites géographiques, après avoir maîtrisé son élargissement, et ayant noué avec les autres grands ensembles mondiaux des relations de partenariat stratégique. Une Union européenne pôle exemplaire du monde multipolaire.

. que si ces pôles coopèrent et ne s'affrontent pas, (au delà des rapports euro-américains on mesure l'ampleur du défi pour les relations Russie/Chine/Japon/Inde) ;

. que si ces pôles respectent eux-mêmes les droits de tous les Etats membres du système multilatéral ; et ne privent pas le Conseil de sécurité de son rôle essentiel. Il serait très éclairant de savoir comment les autres pôles potentiels de ce monde multipolaire le conçoivent.

Ces principes doivent aussi nous guider dans le traitement des enjeux globaux, résultats du décloisonnement du monde. La coopération internationale est tout simplement indispensable pour préserver l'environnement, les bases d'un développement durable et les chances de l'espèce humaine. Il en va de même de la lutte contre la grande criminalité qui s'est engouffrée dans toutes les failles ouvertes par le recul ou l'implosion des Etats .

Sur ces points, nous avons besoin tout à la fois d'un monde multipolaire équilibré et d'un système multilatéral efficace et équitable.

- Quant aux valeurs humanistes et démocratiques, parce que nous croyons profondément à leur universalité, nous devons nous interroger sans les stigmatiser sur les résistances que nous rencontrons dans leur généralisation et donc sur la bonne façon de procéder avec les pays qui ne les respectent pas encore. J'appelle à cette réflexion. Et je propose ici quelques pistes : moins d'arrogance, et plus de dialogue ; moins de sanctions ou des sanctions mieux ajustées et plus de transfert "d'ingénierie démocratique" ; moins de dogmatisme libéral et plus d'attention au développement économique et social sur lequel depuis quelques années on a trop fait l'impasse ; moins d'impatience comminatoire et plus de ténacité dans l'engagement.

- A ces conditions, nous pourrions redéfinir ensemble ce qui doit être maintenu, et préservé, (voire renforcé ou rétabli) dans la souveraineté des Etats et les limites qui doivent lui être opposées contre ses abus et dans quels cas ; nous pourrions bâtir une justice vraiment internationale pour pallier les défaillances des justices nationales; nous pourrions définir des conditions légitimes d'intervention internationale humanitaires ou de rétablissement de la paix et reprendre le débat sur la sécurité internationale, sujet qui continuera de nous préoccuper longtemps.

Mesdames et Messieurs pour que notre monde soit demain plus juste, moins cruel, plus équitable et plus humain , nous devons travailler inlassablement pour des raisons d'efficacité, d'équité et d'éthique à un consensus vraiment universel. Nous devons le faire pour donner naissance à une vraie "communauté internationale". La France s'y emploie de toutes ses forces. L'Europe pourrait en être le catalyseur./.

(source http://www.diplomatie.gouv.fr, le 10 novembre 1999)

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