Texte de la Charte nationale du RPF, soumise au vote des adhérents, sur les valeurs et les objectifs du RPF, Paris les 20 et 21 novembre 1999. | vie-publique.fr | Discours publics

[ Publicité ]

Texte de la Charte nationale du RPF, soumise au vote des adhérents, sur les valeurs et les objectifs du RPF, Paris les 20 et 21 novembre 1999.

Circonstances : Congrès fondateur du RPF à Paris les 20 et 21 novembre 1999

ti : Les adhérents du RPF, réunis lors du Congrès Fondateur des 20 et 21 novembre 1999 à Paris, décident d'adopter la présente Charte, qui constituera le préambule des statuts du Rassemblement.

Ils s'engagent à agir aussi longtemps qu'il sera nécessaire, pour les principes qui y sont contenus, convaincus de défendre ainsi la souveraineté de la nation française, sa liberté et la démocratie qui s'y attachent.

Ils déclarent que cette Charte ne pourra être modifiée que par les adhérents du Rassemblement, réunis en Congrès ou par référendum, tel que le prévoient les statuts.

Le Rassemblement pour la France et l'Indépendance de l'Europe est une formation politique à vocation majoritaire qui a pour objectif de réunir les Français sur les principes qui découlent de la Souveraineté nationale et qui sont contenus dans sa Charte et de mettre ceux-ci en pratique. Fondé au lendemain des élections européennes après le succès obtenu par la liste conduite par Charles PASQUA et Philippe de VILLIERS qui en a fait la première force d'opposition au gouvernement socialiste et la force d'alternance au système engendré par la pensée unique, le RPF est ouvert à tous les Français qui croient à la France et à son destin, qui aiment leur Patrie.

L'HISTOIRE EN MARCHE

Le trait dominant de notre époque est sans doute la confusion. Confusion du monde, confusion des idées, confusion des esprits, confusion de la politique. La confusion découle de la " pensée unique ", cette idéologie dominante dont la principale caractéristique est de prétendre avoir découvert, cette fois-ci pour de bon, le sens de l'Histoire. Pour nos idéologues contemporains, l'avenir est tout tracé et va se dérouler, c'est sûr, selon les quatre volets de la " mondialisation ", du " monde multipolaire ", du fédéralisme européen et du triomphe du libre-échange et des marchés financiers. En soi, cette affirmation est déjà inquiétante. Car l'Histoire universelle, à toutes les époques et dans toutes les civilisations, n'est que la longue description de l'inhumanité et de la vanité des projets politiques ayant prétendu connaître la loi de l'avenir du monde, en niant à cette fin l'irréductible spécificité des peuples, des langues et des nations.

La pensée unique procède, et c'est sa deuxième caractéristique essentielle, à un véritable lavage de cerveau, qui est la source de la confusion générale des esprits contemporains. Cette escroquerie intellectuelle consiste à renverser systématiquement les relations de cause à effet, pour présenter les grands événements que nous vivons comme des faits s'imposant à nous, alors qu'ils ne sont rien d'autre que des choix opérés à l'insu des peuples.

La philosophie politique fondamentale du RPF consiste précisément à démasquer cette imposture capitale de notre temps, qui embrouille les esprits et asservit la liberté des peuples :

· la " mondialisation " n'est pas ce souffle épique tombé du ciel que l'on nous présente comme l'aboutissement inéluctable du progrès de l'humanité pour nous obliger, entre autres, à démanteler en urgence ce qui reste de contrôles aux échanges ; c'est au contraire parce que l'on a décidé en catimini de déréglementer à outrance les échanges de marchandises, de services et de capitaux que se développent des phénomènes nouveaux, que l'on a baptisés " mondialisation ";

· le " monde multipolaire " n'est pas une irrésistible loi de l'Histoire que l'on aurait découverte dans le marc de café et qui nous obligerait à " construire l'Europe " ; c'est au contraire parce que l'on a décidé, en 1992, de construire une Europe fédérale, que l'on croit déceler maintenant un nouveau " pôle " dans le moindre regroupement régional, afin de se rassurer sur le bien-fondé historique des Traités de Maastricht et Amsterdam ;

· la construction fédérale européenne ne correspond pas à un souhait mythique des peuples d'Europe comme on nous l'affirme continûment ; c'est au contraire parce que les peuples y sont de plus en plus indifférents ou rétifs que l'on accélère l'allure de l'intégration, tout en refusant, comme ce fut le cas en France, de soumettre à référendum les nouveaux transferts de souveraineté, de peur d'essuyer un rejet ;

· le monde n'était pas cette jungle commerciale que l'on nous décrit maintenant pour justifier qu'on lance des négociations commerciales multilatérales, qu'on institue l'OMC et qu'on prône l'ultralibéralisme économique afin d'établir un ordre international ; c'est au contraire parce que l'on démantèle avec frénésie toutes les réglementations du GATT au nom d'une idéologie ultralibérale, dont on se garde d'ailleurs d'étudier les résultats, que le monde est en train de devenir une jungle, avec une montée continue du désordre, des contentieux commerciaux, des écarts de revenu et de la violence.

Dans tous les cas, ces tours de passe-passe idéologiques poursuivent le même objectif : instiller l'idée d'une fatalité, faire croire qu'il existe une pesanteur économique et technologique indépendante de toute volonté humaine, qui disqualifierait le pouvoir des peuples, jugés trop inconstants et trop incompétents, au profit du pouvoir des experts auto-proclamés, parés des vertus supposées de la technique. Cette évolution revient à retirer sa souveraineté au peuple, à vider de sens la notion même de démocratie, à transformer les responsables politiques en marionnettes interchangeables et dérisoires n'ayant plus la faculté de modifier le scénario.

Rien n'illustre mieux cette spoliation de la démocratie que la multiplication, dans tous les domaines, des autorités dites " indépendantes ". Mais de qui ces " autorités " sont-elles donc " indépendantes " si ce n'est du suffrage universel ? Et comment est-on sûr que les experts qui les composent sont " indépendants " des intérêts catégoriels les plus actifs, du poids des marchés financiers, de l'influence de quelques grands groupes industriels ou de services, ou tout bonnement de la pression diffuse des idées à la mode ?

Rien n'illustre mieux aussi cette dépossession du pouvoir du peuple que la substitution croissante de la notion de " transparence " à celle de " démocratie " dans le discours officiel contemporain. L'OMC, la Commission de Bruxelles ou les " autorités indépendantes " se dédouanent désormais de la prise de décisions irrégulières ou contraires à la volonté majoritaire, c'est-à-dire contraires aux principes démocratiques, en les assortissant de promesses enflammées sur leur volonté d'améliorer la " transparence " des processus. La " transparence " signifie exactement que le peuple souverain n'a plus le droit de décider, mais seulement celui de recevoir quelques informations bien choisies sur les décisions d'une oligarchie, prises en son nom et prétendument pour son bien mais sans son accord.

Confronté à ce véritable naufrage des principes constitutifs de la République, dont les observateurs lucides sentent bien qu'il est porteur de soubresauts politiques et sociaux de grande ampleur, le projet politique du RPF est le plus actuel, le plus porteur d'avenir et le plus élevé qui soit : redonner vie à la démocratie, en réaffirmant hautement que celle-ci n'a de sens que si elle s'incarne dans la souveraineté du peuple, dans la solidarité de la Nation, dans l'¿uvre accomplie par la République.

NE NOUS LAISSONS PAS ABUSER PAR LA THEORIE DE LA " MONDIALISATION "

Pour la pensée unique, la mondialisation est un " fait " qui s'impose, au nom d'une raison simple : " Internet ". Cette messagerie électronique bénéficie d'une incessante promotion médiatique tendant à faire croire qu'il s'agit d'un changement de civilisation tel qu'il rend à la fois impossibles techniquement, ridicules intellectuellement, et suspects moralement toute volonté d'indépendance et tout contrôle de quelque nature que ce soit. Véritable divinité tutélaire de la pensée unique, Internet est tour à tour invoqué pour tempêter contre les avantages acquis, pour vitupérer la sous-productivité de nos services publics, pour stigmatiser l'anachronisme de nos régimes sociaux, pour ridiculiser la volonté de préserver des productions culturelles ou audiovisuelles nationales, pour refuser la taxation des mouvements financiers internationaux, pour tourner en dérision ceux qui pensent que le cadre de la Nation et de la République demeure d'une actualité irremplaçable, pour qualifier de " ringards " ou de " nostalgiques " tous les Français qui gardent la tête froide et flairent la supercherie.

Car nous sommes en pleine mystification : autrement plus révolutionnaires qu'Internet, les inventions du téléphone, de l'automobile, de l'avion, de la radio, de la télévision, des ordinateurs, des satellites et des fusées interplanétaires n'ont jamais empêché les Etats-nations de protéger - s'ils le voulaient - leur indépendance, leurs spécificités culturelles et leurs régimes sociaux. Internet est certes un bel outil de communication mais 91% de ses utilisateurs sont situés dans les quelques pays riches de l'OCDE et 80% des sites sont exclusivement en anglo-américain, ce qui en dit long sur ce qui se cache derrière la prétendue " mondialisation ". Surtout, ce n'est pas Internet qui a changé les rapports de force mondiaux, c'est l'effondrement de l'URSS. Cette heureuse victoire sur le totalitarisme a malheureusement rendu les Etats-Unis ivres de puissance, tandis que l'esprit d'abandon s'emparait de nouveau d'une partie des élites françaises, par un mélange de mimétisme moutonnier, de mépris de soi et de croyance dans une idéologie venue d'ailleurs - triste mélange qui a toujours marqué les périodes les plus noires de notre histoire.

Replaçons donc les théories de la " mondialisation " à leur juste place, en remarquant qu'il n'y a guère qu'en Europe, et singulièrement en France, que l'on trouve des prophètes de la fin des nations. Partout sur la planète on assiste au contraire au triomphe de l'idée de nation, comme en témoigne l'augmentation continue du nombre d'Etats à l'ONU, passé de 51 en 1945 à 185 de nos jours, suivant un rythme d'accroissement qui ne s'est pas démenti au cours du demi-siècle. Soulignons aussi que s'il est bien un pays qui défend bec et ongle ses intérêts nationaux, où l'idée de nation et le patriotisme font l'objet d'ardentes déclarations de la part des plus hauts responsables comme de l'homme de la rue, c'est bien les Etats-Unis d'Amérique que nos bons apôtres du dépassement des nations, en Europe, prennent pourtant comme modèle permanent. Ne nous laissons donc pas intimider.

LE " MONDE MULTIPOLAIRE " EST UNE IDEE FAUSSE

Autre idée reçue de la pensée unique, le " monde multipolaire " n'est pourtant rien d'autre qu'une idée fausse, démentie quotidiennement. Le monde n'est pas " multipolaire ", il est " inter-national " et les liens tissés par les Etats nations s'organisent selon une multitude d'affinités et de périmètres variables et disjoints.

La France, par exemple, ne limite heureusement pas son action diplomatique au seul périmètre de l'Union européenne. Elle conserve un rang de grande puissance par son appartenance au club très fermé des membres permanents du Conseil de Sécurité des Nations Unies, dont sont exclus 13 des 15 Etats membres de l'Union. Malgré toutes les déclarations sur le " monde multipolaire ", aucun gouvernement français n'envisage bien sûr de céder notre siège à la Commission de Bruxelles, ce qui prouve que nous nageons en pleine hypocrisie.

La France se flatte par ailleurs d'appartenir au G7 dont 11 des 15 pays de l'Union européenne ne sont pas membres ; la France maintient des relations privilégiées avec les pays africains, ou avec les Etats membres de la francophonie, dont sont exclus nos partenaires européens. Notre pays appartient à bien d'autres instances internationales dont le périmètre diffère de celui de l'Union européenne, comme l'OCDE, le FMI, la BERD, l'Union de l'Europe occidentale, l'ONU et toutes ses agences, la Commission du Pacifique sud, la Commission de l'Océan indien, le Traité de l'Antarctique, etc., etc. A cet enchevêtrement s'ajoute la multitude d'accords bilatéraux de coopération politique, économique, culturelle, scientifique, technique, militaire, de conventions fiscales ou d'extradition, qui lient notre pays aux 187 autres Etats du monde. Et s'y ajoutent encore le réseau des organisations non gouvernementales et celui des entreprises internationales, qui investissent en fonction de l'intérêt des marchés, sans tenir compte des prophéties sur les prétendus " pôles " du monde.

Cette énumération, non exhaustive, montre bien qu'il n'y a pas de " pôles " mais une intrication foisonnante d'intérêts selon des périmètres variés. Elle met aussi en lumière toute la sottise du procès d'intention fait au RPF par les tenants de la pensée unique qui prétendent que nous ne comprendrions rien au monde contemporain et que nous serions favorables à un renfermement nostalgique et irréaliste sur nous-mêmes. Défendre la souveraineté nationale, s'opposer aux dérives de l'OMC, à la dictature du libre-échange radical et au fédéralisme européen, ce n'est pas militer pour le repli sur soi mais tout au contraire vouloir redonner vigueur à cette multitude de coopérations inter-nationales qui permettent aux nations souveraines des cinq continents de traiter sur un pied d'égalité, dans le respect de la liberté et de la souveraineté de chacune. Ce sont ceux-là mêmes qui prétendent ligoter les intérêts de la France dans une structure qui s'arrête à Gibraltar et à Thessalonique qui sont les partisans nostalgiques d'un repli sur l'époque révolue d'une Europe centre du monde.

Les coopérations internationales que nous appelons de nos v¿ux trouvent leurs meilleurs exemples avec Airbus et Arianespace, que les partisans du fédéralisme européen invoquent si mensongèrement à l'appui de leur thèse alors qu'ils en constituent la négation même : ces deux succès industriels, auxquels participent d'ailleurs des Etats non-membres de l'Union, ne doivent rien à la Commission de Bruxelles ou à une intégration politique chimérique, mais tout à la volonté de plusieurs Etats ou industries privées de travailler en commun : telle est précisément l'approche que préconise le RPF, dans tous les domaines.


La théorie du " monde multipolaire " ne doit donc pas plus nous impressionner que celle de la " mondialisation " car son objet est seulement de faire croire au peuple français que la construction européenne obéit à une loi de l'Histoire. Il n'est pas bon signe que nos gouvernants usent de cet argument pseudo-scientifique pour tenter de justifier la poursuite d'une construction qui ne suscite plus, au bout de quarante ans, que l'ennui, le désintérêt ou une sourde hostilité.

LA CONSTRUCTION EUROPEENNE, AUXILIAIRE DE LA DOMINATION AMERICAINE

S'il existe un sens de l'Histoire, il n'est pas à rechercher dans les sempiternelles déclarations, d'un enthousiasme de commande, sur l'irréversibilité de l'Union européenne et ses lendemains qui chantent. Il faut bien plutôt le voir dans la montée, inexorable depuis vingt ans, de l'abstention des électeurs lors des scrutins européens, que ce soit en France ou dans les autres Etats membres. Lorsque, la même année 1999, est créé l'euro - qui suscite un spectaculaire désintérêt de la population - et que, quelques mois après, près de 6 Français sur 10 ne se prononcent pas aux élections au Parlement européen tandis que la moitié des autres votent pour des listes hostiles au processus en cours, c'est que quelque chose ne tourne plus rond.

Cette désaffection croissante de nos concitoyens à l'égard de la construction européenne suscite beaucoup d'embarras chez nos responsables politiques, et un étrange silence dans la plupart des medias. Les uns et les autres refusent de voir que si les Français se détournent de l'Union européenne, ce n'est nullement par " ringardise " mais par lucidité : parce qu'un nombre croissant de nos compatriotes réalisent que c'est une construction factice, et que, loin d'être un " pôle de résistance " à la domination américaine, elle en apparaît au contraire, et de plus en plus clairement, comme le meilleur auxiliaire.

Certes, à chaque élection, les Français pro-européens proclament que " l'union fait la force " et expliquent savamment que l'Union européenne, plus peuplée et aussi puissante économiquement que les Etats-Unis, va imposer ses vues à Washington. Mais les décennies écoulées ont montré la fausseté de ce raisonnement, qui additionne les choux et les carottes. Non seulement parce que nos partenaires allemand, britannique, néerlandais ou scandinaves n'entendent pas du tout donner à la Commission le rôle anti-américain que l'on fait miroiter aux Français pour extorquer leur approbation. Mais pour une raison encore plus simple : comme l'amour, une communauté d'intérêts ne se décrète pas, elle se constate.

Or les Etats membres de l'Union européenne ont évidemment des intérêts nationaux variés, et fréquemment opposés. Lorsque la Commission de Bruxelles entame des négociations commerciales ou diplomatiques, elle doit tenter de défendre les laborieuses motions chèvre-chou concoctées fiévreusement par les Quinze face à des Etats qui savent, eux, où sont très précisément leurs intérêts puisqu'ils sont regroupés par intérêt et non par voisinage géographique.

Dans le cas, fréquent, où les intérêts nationaux de certains Etats membres sont plus proches de ceux des Etats-Unis que de la position officielle de la Commission, la " construction européenne " fait alors, presque à coup sûr, le jeu de ces derniers. Voilà la raison fondamentale pour laquelle les Etats-Unis d'Amérique sont si bienveillants à l'égard de cette construction européenne dont ils soufflèrent l'idée à Jean Monnet et qu'ils n'eurent de cesse d'encourager.

LE LIBRE-ECHANGE RADICAL ET LA DEREGLEMENTATION DES MARCHES FINANCIERS

Le démantèlement des obstacles aux échanges, la déréglementation des marchés financiers et l'adoption consécutive de programmes économiques ultra-libéraux sont des décisions d'apparence technique, difficiles à comprendre et à expliquer. Leur complexité rebutante permet justement d'empêcher le public - et souvent même les responsables politiques - de prendre l'exacte mesure des conséquences politiques que recèlent ces décisions.

C'est pourquoi l'histoire mondiale des dernières années est assimilable à une série de coups d'Etat, invisibles parce que camouflés par la technique, opérés sous la pression des Etats-Unis au profit de la sphère des activités commerciales et financières, et présentés sous des dénominations délibérément sympathiques pour arracher le consentement des populations inconscientes des enjeux : le " libre "-échange et la " libéralisation " des marchés financiers.

Aucun bilan n'a été dressé des conséquences économiques, sociales et culturelles des négociations commerciales multilatérales conclues en 1994 à Marrakech mais la lecture des derniers rapports du PNUD et de la CNUCED laisse penser que ce bilan est sombre : crises financières à répétition, concentration des richesses dans les mains des plus riches, paupérisation des plus pauvres, ouverture accélérée de l'éventail social dans tous les pays, notamment en France, explosion des activités criminelles transnationales et du recyclage d'argent sale, déferlement de l'américanisation du monde, dépossession sournoise des souverainetés nationales.

La déréglementation des marchés financiers, quant à elle, a eu deux conséquences majeures, dont le monde ne fait que commencer à mesurer les effets : l'apparition de taux d'intérêt réels positifs, dont les conséquences sont incalculables, en termes sociaux comme en termes d'équilibre planétaire ; et le pouvoir considérable donné aux gérants de fonds de placement, qui exigent d'accroître continûment la rentabilité des entreprises dans lesquelles ils ont investi, réclamant souvent des licenciements massifs, même si l'entreprise dégage une bonne rentabilité.

Qui ne voit que ces évolutions ne seront pas longtemps supportables ?

Mondialisation, monde multipolaire, fédéralisme européen et libre-échange radical ne sont pas les quatre volets d'une irréversible modernité mais les quatre facteurs d'asservissement progressif de notre pays, de notre peuple, de sa souveraineté et de sa liberté.

Comme à toutes les périodes de l'Histoire où la France s'est abandonnée, une aspiration populaire massive est en train de monter des profondeurs du pays pour imposer l'idée du sursaut national et amorcer l'¿uvre de redressement. Comme l'avait déjà fait le Général de Gaulle en 1940 puis en 1958, cette ¿uvre passe par l'affirmation de trois principes fondateurs sans lesquels elle serait vouée à l'échec.

Le premier principe consiste à défendre sans compromis notre indépendance nationale.

Loin de correspondre à un repli sur nous, cette affirmation d'une indépendance nationale intransigeante permettra au contraire à la France de retrouver sa dimension universelle, en proclamant dans le même mouvement l'indépendance de l'ensemble des peuples et des nations. De très nombreux pays situés sur les cinq continents se reconnaissent d'ailleurs dans cette affirmation et regrettent que la France ait failli à son message au moment où l'effondrement du camp socialiste et l'avènement d'une seule superpuissance mondiale le rendait pourtant plus que jamais nécessaire. Comme le disait admirablement le Général de Gaulle, il existe un " pacte vingt fois séculaire entre la grandeur de la France et la liberté du monde ". Car la grandeur de l'Histoire de notre pays a été de prouver aux yeux de l'univers que rien, même l'Empire le plus puissant, ne peut tenir contre la volonté de dignité et de souveraineté des peuples.

Le deuxième principe est celui du maintien d'institutions solides.

La Constitution que nous avait léguée le Général de Gaulle avait tant de vertus que la Vème République est d'ores et déjà devenue le plus long régime institutionnel que la France ait connu depuis la Révolution de 1789, à l'exception de la IIIème République. Pourtant, par une suite de concessions à l'air du temps et sous les coups de boutoir de la construction d'une Europe fédérale, la Loi suprême de notre République a fait l'objet d'une série d'altérations qui sont venues mettre en cause la solidité même de l'édifice. Le retour à des institutions solides nous permettra de redonner à la France le pouvoir souverain dont elle a besoin pour faire entendre son message universel et pour assurer le rayonnement de sa civilisation.

Le troisième principe, enfin, est celui de l'indispensable solidarité nationale.

Il n'y a de solidarité réelle qu'entre les citoyens d'une même Nation, cette entité indépassable qui, pour reprendre l'expression d'Ernest Renan, n'est rien d'autre qu'un plébiscite quotidien sur la volonté d'un peuple de vivre ensemble. Les " marathons budgétaires " de l'Union européenne et les calculs d'apothicaires sur les " taux de retour " des contributions de chaque Etat-membre montrent bien, là encore, ce qu'a d'artificiel la prétendue solidarité européenne, toujours prompte à voler en éclats dès que des intérêts financiers nationaux sérieux sont en cause. La solidarité ne peut donc bien être que nationale et l'action de redressement du RPF veillera scrupuleusement à la pérennité de ce principe, en luttant notamment contre les effets pernicieux de la mondialisation quant à l'ouverture de l'éventail social, l'individualisme outrancier des agents économiques et le cloisonnement des comportements.

C'est à partir de ces principes que se déterminent les ambitions que nous avons pour la France.

TROIS AMBITIONS POUR LA FRANCE

Depuis trop longtemps, les dirigeants de notre pays ont renoncé à " une certaine idée de la France " sans laquelle il n'y a ni ambition ni espoir collectifs pour notre peuple.

Seule une politique fondée sur les principes de la souveraineté nationale et destinée à assurer l'indépendance de l'Europe peut réconcilier les Français avec la France.

Notre ambition est d'incarner l'espoir de changement politique de ce pays, de rupture avec le système des partis, de renouveau de l'idée nationale. Notre devoir est de proposer une politique qui, enfin, unisse la liberté des initiatives, la récompense des efforts et des mérites et la protection des plus faibles ; une politique qui, refonde la République en un régime d'ordre, de sécurité et de générosité ; une politique qui, enfin, rende à la voix de la France en Europe et dans le monde l'écho qu'elle a perdu de renoncement en renoncement.

La France trouvera dans ce nouvel équilibre entre la liberté économique et la responsabilité sociale l'occasion unique de sortir de l'impasse dans laquelle l'engage le régime de l'assistance et du laisser-aller, régime d'impuissance que symbolise la cohabitation.

Première ambition du RPF : la République rénovée et retrouvée dans une France indépendante et souveraine.

La République rénovée et retrouvée

Les institutions de la Vème République ont subi une mutation profonde et néfaste qui leur ont fait perdre ce qui faisait leur force : la cohérence, la stabilité, la clarté.

La Vème République est déstabilisée par la multiplication des révisions de sa Constitution, par une cohabitation qui paralyse la volonté nationale et atrophie le débat démocratique, enfin, par l'affaiblissement chronique de l'autorité de l'Etat soumis aux abandons de souveraineté et aux jugements arbitraires d'autorités dites indépendantes dont la caractéristique principale est l'absence de contrôle démocratique.
Une constitution bafouée dans ses principes, une cohabitation paralysante, une souveraineté en lambeaux, une autorité sous contrôle jurisprudentiel : l'Etat se délite et, avec lui, la Nation. Fracture sociale et fracture civique ne sont que les conséquences de l'esprit de renoncement de nos élites politiques.

Face au retour du régime des partis, dont la coalition de gauche actuelle est une parfaite illustration, le RPF souhaite une refondation de la Vème République. Pour retrouver une légitimité perdue, quatre voies seront tracées :

Rendre sa dimension à la présidence de la République en maintenant le septennat et en s'engageant à refuser la cohabitation.

Rendre la parole au peuple souverain par un recours plus large au référendum qui est, à nos yeux, une obligation en cas de réforme ou de traité touchant à la souveraineté nationale.

Rétablir un Parlement respecté et étendre ses prérogatives en matière de contrôle des projets d'actes communautaires.

Limiter les pouvoirs des autorités politiquement irresponsables, réformer le Conseil Constitutionnel, distinguer la nécessaire indépendance de l'autorité judiciaire et la désastreuse dérive du pouvoir judiciaire qui est, pour tout vrai républicain, illégitime.

Ces réformes ne prendront sens que par un retour de nos dirigeants à un principe oublié : ils sont responsables de l'avenir du pays qui ne doit être soumis qu'au pouvoir politique démocratiquement élu et ne pas subir la dictature inavouée des technocrates, des médias et des financiers communiant dans la pensée unique et le politiquement correct. Le RPF propose ainsi aux Français de rompre avec le renoncement qui a commencé avec l'abandon de l'idée nationale, trahie par de pseudo-élites, de gauche ou de droite, décidées à abandonner les principes d'unité et d'indépendance de la Nation, sans crainte de vider de toute signification la citoyenneté des Français.

Il n'y a pas de citoyenneté sans participation à l'expression de la souveraineté, il n'y a pas de citoyenneté sans enracinement dans la Nation et dans la Patrie.

Une France indépendante et souveraine

L'indépendance de la patrie conditionne et garantit toutes les autres libertés. Pour nous, c'est en fonction de la France et des Français que l'on doit considérer l'Europe et non l'inverse. L'Europe est un moyen nécessaire au service de nos intérêts nationaux, ni plus ni moins.

Le RPF veut, par son combat et ceux de ses alliés européens, sortir l'Europe de l'impasse fédéraliste dans laquelle les nations vont se dissoudre. Il combat l'Europe technocratique et non démocratique qui prive les Etats de leur souveraineté et les peuples de leurs droits les plus fondamentaux jusque dans leur vie quotidienne.

Le RPF souhaite une Europe des Etats et des Nations dont la décision à l'unanimité sur les questions touchant à leurs intérêts vitaux est la clef de voûte.

Aucun empire, aucune fédération n'a survécu au fait national. L'Europe de Maastricht et d'Amsterdam n'est qu'un colosse aux pieds d'argile, fragilisé par ses élargissements successifs et par l'indifférence croissante des peuples. On ne fera pas l'Europe en oubliant que les peuples sont plus et mieux que des agrégats de consommateurs, on ne fera pas l'Europe en négligeant le fait que c'est dans les nations que le droit et la puissance trouvent leur source.

Nous ne sommes pas pour la France seule. Nous sommes pour la coopération des Etats, qui leur offre de mettre en commun, volontairement et souverainement, ce qu'ils ont de meilleur.

Nous sommes pour une construction européenne qui cesse de déposséder les Etats de leurs compétences. Nous n'acceptons pas la prééminence du droit européen sur notre droit national.

Nous sommes attachés à l'Etat-Nation. Mais la décentralisation est une nécessité démocratique, économique et civique, elle doit servir les intérêts de la France et non pas promouvoir une Europe des régions. A ce titre, nous refusons la politique de démantèlement du territoire qui consiste à nier l'unité et la cohésion nationales au profit de grandes régions artificielles et économiquement spécialisées.

Nous sommes pour une France libre dans une Europe indépendante alors que les fédéralistes nous préparent une France soumise dans une Europe vassalisée.

Renouer avec le rayonnement de la France dans le monde

La France a besoin du vaste monde qui attend d'elle une voix forte et différente.

Notre présence outre-mer doit être défendue, par une évolution audacieuse et moderne de nos départements et territoires, et des liens culturels, économiques et sociaux renforcés avec la métropole. Nos Dom-Tom font rayonner la France sur les cinq continents. Les négliger revient à se désintéresser du rôle et de la présence de la France dans le monde.

La France est également présente dans l'ensemble des Etats grâce à l'audace et aux initiatives des Français qui ont fait le choix de s'installer à l'étranger. Au travers de leurs activités économiques, culturelles et sociales, il portent l'esprit de la France aux confins du monde. Ils doivent pouvoir s'appuyer sur l'Etat qui redonnera des moyens dignes de ce nom à notre réseau de représentation, de formation et de diffusion culturelle.

Notre défense militaire doit être indépendante, libre et nationale. Nous refusons l'appartenance de la France à des structures militaires intégrées et nous veillerons à l'indépendance de notre défense nucléaire et de nos industries d'armement.

Nous dénonçons les risques d'une politique de défense commune mais prônons une défense en commun au sein d'une alliance placée aux côtés des Etats membres de l'Union européenne et régie par des décisions à l'unanimité.

Notre politique étrangère doit répondre à la vocation exceptionnelle de la France dans le monde, qui fait d'elle le porte-parole des Nations opposées aux impérialismes culturels, politiques et économiques. Elle doit donc défendre et illustrer la francophonie, qui autour de notre langue a érigé les grandes valeurs humanistes et spirituelles héritées de notre Histoire en instruments de liberté et d'indépendance des peuples.

Et, au delà de nos amis francophones, la France doit être le fidèle soutien de la liberté des Etats contre les ingérences de la puissance impériale qui utilise une idéologie sélective et partisane des Droits de l'Homme pour étendre son hégémonie.
La politique étrangère de la France ne doit pas être celle d'un membre quelconque du Conseil européen mais celle d'un membre permanent du Conseil de Sécurité de l'O.N.U.

A la trilogie du renoncement - intégration, américanisation, mondialisation - nous opposons celle de la volonté : nation, coopération, indépendance européenne.

Deuxième ambition du RPF : retrouver une croissance tournée vers l'emploi et rétablir la cohésion sociale.

La France doit changer de politique économique et sociale et réussir le mariage de la liberté économique et de la cohésion sociale.

Malgré l'autosatisfaction des gouvernements successifs, les Français font quatre constats lucides :

Ils subissent une fiscalité décourageante qui se traduit par une fuite des richesses et des cerveaux et une grogne sociale dangereuse. Or, ces charges si lourdes se concrétisent par des services publics de moins en moins efficaces, dans l'insécurité généralisée et la montée de la misère de rue. Ces dérives illégitimes sont aujourd'hui insupportables pour nos compatriotes.

Ils subissent des inégalités inacceptables : entre les citoyens, devant le chômage, les retraites, la santé et l'école et entre les territoires, de banlieues asphyxiées en ruralité abandonnée.

Ils subissent un étouffement général de l'initiative et de la responsabilité individuelles. Nous entrons dans une société bureaucratique et socialiste où l'individu a le choix entre l'assistance, l'économie parallèle ou la fuite à l'étranger. Cette société à rebours du modèle républicain est particulièrement dure pour les plus démunis et n'offre plus qu'une mobilité sociale très réduite.

Le social-libéralisme, doctrine commune à la fausse gauche et à la fausse droite qui se succèdent au pouvoir, va à contresens des exigences d'un monde moderne plus ouvert, plus mobile et plus compétitif avec des citoyens plus exigeants et plus entreprenants. La classe politique subit la mondialisation au lieu d'y répondre, elle laisse faire le déclin de notre industrie et l'asphyxie de notre agriculture, elle a avalisé un triple renoncement de l'Etat :

L'Etat n'est plus le garant de la croissance, il s'adonne à des politiques monétaires et fiscales malthusiennes, qui privilégient une économie de rente contre une économie d'initiative et d'investissement, l'intérêt des marchés financiers contre celui de l'homme.

L'Etat n'est plus le garant du social, il engouffre des sommes de plus en plus importantes prélevées sur des actifs appauvris pour des résultats de plus en plus dégradés.

L'Etat n'est plus impartial, il pénalise les jeunes actifs et les familles et plus encore les jeunes sans qualification. Il va droit au rationnement des soins et à une crise majeure sur les retraites.

Il faut rompre avec ces mauvaises politiques de change, de la monnaie et du crédit, de la fiscalité et il nous faut rompre avec un excès incontrôlé de bureaucratisation. Il faut garantir aux Français une politique de retraites et de santé digne de notre pays. Cela implique que la monnaie unique devienne monnaie commune, la France conservant alors sa monnaie nationale, le franc, non comme un simple symbole, mais comme un véritable instrument de sa souveraineté. En tout état de cause, le RPF demande à ce que le peuple français soit consulté par référendum avant l'échéance de 2002.

Réorienter un service public déboussolé, restaurer l'efficacité de l'Etat en recentrant son activité, mettre un terme aux gaspillages, redonner aux Français leurs chances à un bon et vrai emploi, à une progression du niveau de vie, à l'initiative créatrice, à utiliser plus librement leurs revenus, à une amélioration des services sociaux : la tâche est immense mais elle peut être engagée autour de quelques actions prioritaires.

Favoriser l'initiative et la croissance

Le RPF propose une politique économique qui cesse de jouer contre la croissance, avec un taux de change flexible et des taux d'intérêt nominaux proches de l'inflation, c'est à dire de zéro, avec un allégement sur 5 ans des prélèvements obligatoires et une fiscalité résolument allégée en direction des jeunes ménages.

Le pays a besoin de réformes de structures. Le secteur public n'a de sens que s'il sert l'intérêt national mieux que le marché. L'Etat doit donc rendre au secteur privé l'essentiel des tâches de production, sauf les biens que le secteur privé est incapable de produire et qui appartiennent au domaine régalien de l'Etat et sont l'expression ou l'instrument de sa souveraineté (armement, énergie notamment).

En revanche, il doit concentrer ses efforts sur une politique industrielle et sur une politique de participation. Notre but est de développer les vrais emplois, donc de permettre aux Français de créer des entreprises ou d'y participer dans le cadre d'un actionnariat des salariés.

La participation est une idée novatrice que nous voulons promouvoir. Reposant sur le principe de l'association des salariés au capital des entreprises, elle permet de rénover les modes de rémunération des salariés et les motive par une implication nouvelle dans le développement de leur entreprise. L'évolution des structures économiques et financières de l'entreprise nécessite une nouvelle forme de partage du capital qui lie les intérêts des salariés à ceux des actionnaires par un développement de l'actionnariat salarié. Nous voulons dépasser la simple association du capital et du travail pour atteindre à un partage des profits mieux équilibré entre les différents acteurs économiques.

La création d'entreprises doit devenir dans notre pays un acte simple. Sans tissu actif de PME-PMI, il n'y a pas de dynamisme de l'emploi et de l'innovation.

Il nous faut relever le défi des fonds de pension anglo-saxons en ayant le double souci de la solidarité nationale et du renforcement de nos entreprises.

Simplification des formalités administratives, allégement des réglementations, suppression progressive des charges sociales sur les salaires grâce à une TVA sociale : il faut aider les entrepreneurs par tous les moyens au lieu de les décourager et de les culpabiliser.

La France retrouvera l'esprit d'initiative en reconnaissant ses entrepreneurs et en diffusant la propriété du capital aux salariés pour promouvoir le capitalisme populaire que nous souhaitons.

Redonner sa place à l'agriculture.

La France, autosuffisante en produits agricoles, doit rendre sa dignité aux agriculteurs qui la nourrissent et font vivre la terre. Face au déclin social, économique, moral et qualitatif de l'agriculture soumise aux réglementations de Bruxelles nous voulons que nos agriculteurs vivent de leur travail, non de subventions, qu'ils assurent notre indépendance alimentaire et puissent garantir la qualité de notre alimentation.

Nous affirmons qu'il n'y a pas de modèle agricole unique et que tout abandon de souveraineté en matière sanitaire est intolérable.

Les agriculteurs jouent un rôle essentiel dans l'équilibre et l'entretien de notre territoire. Ils sont appelés à participer directement aux politiques de défense et de promotion de notre environnement. La défense de nos campagnes et la préservation du cadre naturel exceptionnel de la France appellent la volonté de conduire une politique d'aménagement du territoire soucieuse des intérêts des populations et des traditions locales, sources de notre richesse culturelle nationale, garantie de l'égalité des hommes et des territoires. Il n'y a pas d'écologie véritable sans défense de la ruralité.

Il n'y a pas de véritable politique d'aménagement du territoire sans conviction nationale et républicaine, il n'y a pas d'aménagement du territoire qui ne soit pas un jeu à sommes nulles sans développement local, sans créations d'entreprises, sans croissance endogène. Cela suppose que l'Etat investisse, qu'il soutienne les entrepreneurs qui créent de vrais emplois pour notre jeunesse. Il y a aménagement du territoire quand on croit dans la croissance et dans l'Etat-Nation.

Approfondir notre solidarité.

La solidarité nationale recèle les forces profondes de l'unité des Français : il ne peut y avoir de nation sans solidarité. C'est elle qui tisse les liens indéfectibles d'un peuple avec sa Nation et des générations entre elles. C'est elle qui aujourd'hui anime le plus explicitement le sentiment d'appartenance des Français à leur Nation. Elle s'exprime dans notre système de protection sociale. Défaire la protection sociale, porter atteinte à ce mode d'organisation de la solidarité nationale dans lequel s'exprime une part de notre souveraineté, ce serait défaire notre Nation.

Les Français tiennent à leurs retraites et leur santé, ils ont raison d'être inquiets. L'immobilisme conduit à la ruine de notre système social.

Notre système de retraites par répartition est un système socialement juste que nous ne pouvons laisser remettre en cause en le livrant intégralement au marché. Enfin, ce n'est pas l'allongement de la vie qui compromet l'avenir de nos retraites mais le chômage et notre incapacité actuelle à fabriquer de l'activité.

Nous avons la volonté de garantir l'accès aux soins et prenons l'engagement d'améliorer les transferts en faveur des moins aisés tout en permettant la diversité des choix individuels en rendant à tous les salariés la part de cotisations actuelles qui ne constitue pas un transfert de revenus mais un simple achat d'assurance.
Les Français attendent beaucoup du service public auquel ils sont attachés et qui participe directement à notre compétitivité mondiale. Ils perçoivent la dégradation de la fonction publique que déplorent également ses agents. Le renouveau de la fonction publique suppose une gestion des personnels enfin efficace, c'est à dire décloisonnée afin de répondre aux besoins réels des Français avant de satisfaire aux exigences ponctuelles des statuts.

Nous souhaitons enfin renforcer l'égalité sur le marché du travail, notamment en faveur des femmes. Il faut compenser le manque à gagner dont elles pâtissent en matière de formation, d'embauche et de salaires du fait de leurs maternités. Elles sont significativement les victimes d'une politique malthusienne, qui est celle du déclin, celle que nous combattons.

Troisième ambition du RPF : le renouveau de l'idée et des valeurs nationales.

Il faut sortir la France de ses impasses politiques, institutionnelles, économiques et sociales mais il faut également rompre avec le renoncement aux valeurs qui promeut une société dite libertaire, qui est celle d'un laxisme généralisé, en fait dur pour les plus faibles et les plus démunis.

La priorité démographique, une politique de la vie et de la famille.

Plus lentement que ses voisins européens, mais avec la même inconscience, la France se suicide en laissant chuter sa fécondité. La puissance du royaume de France comme la force des armées de la République et de l'Empire reposaient sur la richesse en hommes de notre pays que l'étendue de notre empire colonial sut compenser aux XIXème et dans la première partie du XXème siècles.

Profondément convaincue de cette indispensable équation entre poids démographique et poids politique, la Vème République avait placé la politique familiale au c¿ur de sa politique sociale. Depuis le renoncement l'a emporté jusqu'à promouvoir, du plafonnement du quotient familial au PACS, une politique tournée contre les familles.

Le RPF fera, à nouveau, de la croissance démographique un impératif. Cela passe par une politique familiale résolue, qui ne se limite pas aux avantages fiscaux et sociaux. Il faut que les familles puissent, grâce à des emplois et des gardes adaptés, grâce à une politique immobilière avantageuse pour elles, grâce à des garanties professionnelles solides pour les femmes qui ont interrompu leur travail, avoir tous les enfants qu'elles souhaitent avoir, sans pénaliser l'emploi féminin et l'égalité des sexes.

Il faut bien comprendre que le déclin démographique est un déterminant majeur de la décadence de notre civilisation et du malthusianisme de nos politiques économiques, la première des valeurs qu'il nous faut défendre est celle de la vie, d'elle procèdent toutes les autres.

Sur l'ensemble des questions d'éthique, le pouvoir politique a renoncé à se prononcer autrement qu'au travers d'experts ou d'autorités morales. Nous avons l'ambition de répondre à ces questions, certes complexes, et d'assurer une politique humaniste qui domine l'évolution scientifique au lieu de la subir.

Pour nous, la Nation est ce rassemblement de personnes liées entre elles à travers les siècles par une communauté de destin et d'appartenance, débitrices à l'égard de leurs aînés, détentrices de droits parce que responsables. Elle doit placer au premier rang le devoir de mémoire et de reconnaissance à l'égard de nos Anciens Combattants ; sans leur courage notre liberté n'existerait pas.

Elle n'est pas la cohabitation irresponsable d'individus conduits par les intérêts particuliers et le souci de soi.

Seule cette vision exigeante de la Nation et de la personne nous permettra d'éviter la montée des corporatismes, des tribalismes qui est toujours escortée par les conflits, les intolérances et les violences comme cette guerre civile larvée que connaissent nos banlieues.

Rendre aux Français leur première liberté : la sécurité.

Il n'y a pas de liberté sans sécurité. Ce principe républicain de base a été oublié par une démagogie qui a refusé de différencier les honnêtes gens et les délinquants, qui a rejeté la responsabilité des actes individuels sur la société tout entière, qui a transformé les délits en " incivilités ".

Aujourd'hui le bilan est accablant, les forces de l'ordre sont démoralisées et paralysées dans leurs actions, les Françaises et les Français ont peur et beaucoup d'entre eux, parmi les plus démunis, vivent un enfer quotidien à cause de l'impunité d'une minorité arrogante qui place des quartiers entiers en dehors de la loi républicaine.

La République n'est pas un régime laxiste, elle met la protection de la loi au service de tous, elle doit être impitoyable à l'encontre de ceux qui, par la violence, l'intimidation, les délits et les crimes piétinent les règles démocratiques de la vie en commun.

Nous nous prononçons, sans ambiguïté, pour une politique de grande fermeté à l'encontre de la délinquance. Pour nous, elle ne saurait être " petite " ou " moyenne ", elle ne saurait être une simple incivilité, il y a des crimes et des délits et la tolérance n'est qu'une complaisance.

La " tolérance zéro " que nous préconisons trouvera notamment une application forte dans l'éloignement des délinquants multirécidivistes mineurs qui seront rééduqués dans des structures fermées spécialement conçues pour eux et qui éviteront l'alternative actuelle, inadaptée, entre la prison et la liberté.

Cette " tolérance zéro " s'appliquera bien évidemment à l'encontre du trafic et de l'usage des drogues qui prolifèrent d'autant plus que l'on banalise et dédramatise leur usage aux conséquences pourtant tragiques.

Seule la Nation peut offrir le cadre légitime, juridique et approprié à la restauration du principe de sécurité pour tous. Les délégations de compétence consenties en matière de sécurité éloignent les gouvernements responsables du terrain de l'action. Le peuple souverain n'a pas délégué ses pouvoirs à ses représentants légitimes pour que ces derniers les abandonnent à des organisations lointaines de fonctionnaires nommés.

La coopération européenne, indispensable à l'heure des grandes mutations économiques et technologiques, exige, pour être efficace, un engagement clairement identifié des Etats membres dans un partenariat où chacun prend sa part du " fardeau ", mais aussi de l'action à l'aide de ses moyens propres, adaptés à sa propre situation.
La logique d'une intégration européenne progressive des systèmes de sécurités nationaux conduit à la dilution des responsabilités : la confusion instaurée dans un système triangulaire où Parlement européen et Commission seront objectivement alliés contre le Conseil de l'Union, conduirait à l'ingérence et à l'impuissance simultanées, en attendant la réaction des opinions publiques.

La responsabilité de la justice comme celle de l'ordre public ne se partagent pas, sauf à admettre que la Nation n'est plus la référence naturelle du peuple et de son Etat.

Réserver la nationalité française à ceux qui veulent devenir des citoyens.

L'insécurité trouve dans l'immigration clandestine et dans ses misères un vivier de délinquants et de victimes. Cette immigration sera contrôlée par des quotas négociés avec les pays d'origine, toute ambiguïté avec la délinquance sera levée par l'expulsion immédiate et l'interdiction de résider sur notre sol, et a fortiori d'acquérir la nationalité française, pour tout étranger auteur d'un délit ou d'un crime.

Le RPF est un mouvement politique qui a la fierté de la France au c¿ur, une France ouverte et généreuse n'est pas une France offerte à ceux qui la méprisent et qui bafouent ses lois. Il n'y a pas de Nation sans adhésion, aussi l'accès à la nationalité française doit-il être un acte conscient et réfléchi et une libre acceptation des droits et devoirs de la citoyenneté. Une cérémonie civique symbolisera cette assimilation à la communauté nationale, c'est un acte individuel et solennel qui marque que l'on devient Français par choix, droit reconnu à toutes les races et toutes les religions, mais ni par inadvertance ni à contre-coeur.

C'est le modèle de l'assimilation qui permet en effet à la Nation française d'être ce creuset de diversité des origines liées dans un même destin. L'assimilation procède d'un mouvement partagé entre la capacité d'accueil de la France et la volonté des étrangers d'adopter nos m¿urs et de respecter nos lois.

Restaurer l'excellence de l'Education nationale.

L'école est le lieu privilégié d'apprentissage de la vie en société et d'assimilation de notre jeunesse. Elle doit inculquer, en même temps que les règles de la citoyenneté, la fierté d'être Français. Après la disparition du Service national - dont on sait le rôle qu'il jouait dans la prise de conscience par les jeunes générations de leur appartenance à une même nation et aux valeurs contenues dans les plis du drapeau tricolore - l'école doit redevenir cet authentique creuset identitaire.

Nous voulons retisser le lien de confiance entre la Nation et son école. Pour cela, nous réaffirmons les grands principes républicains qui fondent et animent le système de l'Education nationale : l'autorité du maître, l'avancement par le seul mérite, le goût de l'effort et de la discipline, la neutralité politique correspondant à la véritable laïcité.

Nous voulons une école qui assure une véritable égalité des chances. C'est pourquoi nous voulons que l'école renoue avec ses missions premières : l'apprentissage de l'écriture, de la lecture, du calcul, de l'histoire nationale et de la géographie. Une école qui produit de plus en plus d'illettrés trahit la Nation qui lui confie l'avenir de ses enfants. Nous voulons rompre avec des méthodes d'enseignement qui ont prouvé leur inefficacité et avec un pédagogisme qui confond actualité journalistique et enseignement, imprégnation des dérives du monde et préparation au monde. Nous refusons la massification de l'enseignement qui ne tient compte ni des différences de capacité des élèves, ni des besoins réels du marché de l'emploi.

Nous réaffirmons la liberté de l'enseignement comme principe constitutionnel. Les familles ont le droit de choisir l'école qu'elles souhaitent pour leurs enfants. Là encore, la liberté des initiatives tant dans le secondaire que dans le supérieur est un précieux ferment pour la compétitivité de notre pays.

Enfin, la République ne peut tolérer que son école soit le lieu des intimidations, des violences physiques ou verbales qui devront connaître des sanctions exemplaires. L'école doit être un lieu où la Justice passe et où la paix sociale règne. Lorsqu'un Etat n'est plus capable d'assurer la sécurité de ses propres fonctionnaires, lorsque des bandes font la loi dans des écoles ou des hôpitaux, c'est que la décadence est en marche.

Nous proposons à la majorité des Français de dire avec nous qu'ils choisissent la civilisation.

L'ambition exprimée par le RPF dans sa charte constitutive est immense : rendre à la France sa souveraineté et rendre aux Français leur fierté nationale.

Rétablir la liberté en revitalisant la démocratie et en assurant la sécurité des personnes et des biens, rétablir l'égalité des hommes et des territoires en redynamisant l'économie et la société, rétablir la fraternité en préservant le lien social fondé sur la responsabilité des personnes, suppose une politique de rupture. C'est celle que nous proposons aux Français et que nous défendrons partout lors des prochaines échéances électorales.

Permettre à chaque Français d'assumer son destin, ne pas l'enfermer dans sa condition sociale ou son origine, lui offrir un plein accès à l'idéal national et à la civilisation française ouverte sur l'universel, c'est renouer avec un pacte civique abandonné par tous ceux qui ont renoncé à la Nation, qui ne croient plus dans les vertus de notre peuple.

Retrouver les couleurs et les valeurs de la nation aujourd'hui abaissées, c'est relever le défi du redressement politique et social de notre pays.

Le monde change plus rapidement qu'il ne l'a jamais fait dans l'Histoire. Cette accélération du temps ne laisse aucune chance ni à la nostalgie passéiste, ni à l'illusion moderniste. Nous proposons aux Français de réussir leur entrée dans le nouveau millénaire, qui sera celui des Nations, en retrouvant le cadre de leur destin, en faisant de la France enfin libérée de ses contraintes leur meilleur atout.

Ensemble, avec tous les patriotes, nous allons rendre à la France le goût des grandes ambitions, nous allons rendre aux Français la Nation, seule échelle qui soit à la fois à la taille de l'homme et à la dimension du monde.

Avec calme et modération, lucidité et détermination, le Rassemblement pour la France invite les Français à reconquérir l'inaliénable souveraineté de notre pays et à refuser les man¿uvres de dénigrement, de calomnie ou d'intimidation des tenants de la pensée unique que cette volonté indispose. Le RPF convie les Français à comprendre les enjeux fondamentaux de notre temps et les appelle à rejoindre son action de redressement.

Au-delà des clivages politiques traditionnels, le choix qui est à faire est celui qui traverse l'histoire millénaire de notre pays : c'est comme toujours le choix entre ceux qui croient en la France et ceux qui n'y croient pas. Et, comme toujours, l'Histoire donnera raison à ceux qui auront cru dans la grandeur de la France.

(Source http://www.rpfie.org, le 28 novembre 2002)

Rechercher