Déclaration de M. Christian Pierret, secrétaire d'Etat à l'industrie, sur les mesures en faveur du développement des services à l'industrie et aux entreprises, Paris le 23 novembre 1999. | vie-publique.fr | Discours publics

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Déclaration de M. Christian Pierret, secrétaire d'Etat à l'industrie, sur les mesures en faveur du développement des services à l'industrie et aux entreprises, Paris le 23 novembre 1999.

Personnalité, fonction : PIERRET Christian.

FRANCE. SE à l'industrie

ti : Mesdames et Messieurs,

En un mot : défions-nous d'un discours faux, celui qui opposerait des services en croissance et créateurs d'emplois à une industrie qui serait en déclin ! Vos débats ont montré que ces deux activités étaient intimement liées. Les services à l'industrie, c'est aussi une affaire d'industriels !

Certes, en plein essor, ce secteur n'a pas encore trouvé toutes ses marques. Il appartient donc aux pouvoirs publics de créer un environnement, qui lui permette de se structurer et de se développer, dans les conditions les meilleures pour l'industrie tout entière. M'appuyant sur vos échanges, je souhaite vous faire connaître les trois orientations que mon administration va suivre à cette fin, en concertation avec les services de ma collègue Madame Marylise LEBRANCHU.

I/ Première orientation : améliorer la connaissance de l'ensemble "services et industrie".

Il est difficile aujourd'hui d'identifier les rôles respectifs de l'industrie et de certains secteurs des services. C'est pourtant nécessaire, pour aider les acteurs économiques à définir leurs stratégies, comme pour permettre aux pouvoirs publics d'éclairer leur prise de décisions.


Améliorer notre connaissance statistique des services à l'industrie, mieux appréhender les échanges entre ce secteur et celui de l'industrie : c'est un objectif que je fixe à la D.I.G.I.T.I.P. Afin de mieux connaître la consommation de services par l'industrie et surtout d'anticiper les besoins, le S.E.S.S.I. mènera une enquête approfondie, dès 2000, pour connaître précisément quels sont les services consommés par l'industrie, ainsi que pour mesurer les flux d'externalisation d'activités.

Poursuivant le même objectif, mes services préparent le lancement de deux études en 2000 : la première sur les "enjeux de la logistique industrielle", qui permettra de mieux prévoir les mutations en cours dans l'industrie, mais aussi dans les autres secteurs directement concernés ; la seconde sur les enjeux et les évolutions en matière de relations interindustrielles, liées au développement d'Internet "business to business", B to B, comme disent les anglo-saxons.

Cette préoccupation n'est ni théorique, ni purement hexagonale. L'Union européenne travaille sur la performance des services pour le développement industriel et celui de l'emploi. Les services seront abordés dans le prochain round de l'O.M.C. Notre position sur les services à l'industrie sera mieux défendue, si nous connaissons mieux les caractéristiques de l'industrie française des services.

II/ Deuxième orientation : soutenir le développement des entreprises de services à l'industrie et encourager la consommation " intelligente " de services par les entreprises.

J'en viens naturellement à ce qu'on appelle l'externalisation, dont vous avez débattu ce matin avec passion et - j'ajouterais - avec prudence... Pour tout dire, je n'aime pas beaucoup ce mot, qui est souvent utilisé à tort et à travers. En toute rigueur, il doit se référer aux seules situations - au risque de la tautologie - , où ce qui, dans une entreprise, d'interne devient externe.

L'entreprise extériorise une activité lorsqu'elle estime pouvoir en tirer un gain d'efficacité. J'ai la conviction que ce gain n'est assuré que si la dimension sociale est pleinement intégrée, au-delà - c'est bien le moins ! - de la seule application des textes réglementaires. Des actions de formation, de nouvelles modalités d'organisation dans l'entreprise : voilà - entre autres - ce qui peut rendre l'externalisation économiquement utile et socialement acceptable. Et positif pour les salariés eux-mêmes !

Mais la relation entre les services et l'industrie ne se limite pas à l'externalisation. Une entreprise, dans le secteur industriel, peut faire appel à une autre, dans celui des services, pour satisfaire quelque besoin nouveau : un besoin, qu'elle n'a pas les ressources, ou les compétences, de pouvoir satisfaire en interne. Dans cette hypothèse, il nous faut encourager, par une saine concurrence, le développement de nouvelles prestations, plus adaptées aux besoins nouveaux des entreprises. Notre compétitivité se bâtira demain autant sur la création d'une richesse interne, autour du métier principal de l'entreprise, que sur le recours à des prestations de services adaptées, innovantes, et de qualité. Ainsi devons-nous travailler à la fois sur l'offre de services et sur leur demande par les P.M.I.

A - En matière d'offre, quatre actions seront mises en ¿uvre :

·* les entreprises de services à l'industrie seront éligibles, à compter du 1er janvier 2000, aux aides du Secrétariat d'Etat à l'Industrie instruites par les D.R.I.R.E. ; une circulaire précisera dans les prochains jours les nouvelles conditions d'éligibilité ;

·* dans le cadre des négociations des contrats de plan Etat-Région, je proposerai aux conseils régionaux de mentionner explicitement ces entreprises de service parmi les entreprises éligibles aux aides ;

·* de même, la D.I.G.I.T.I.P. veillera à ce que les services à l'industrie bénéficient pleinement des aides allouées au niveau national, notamment ceux pour lesquels la R et D est, à l'instar des secteurs industriels, une composante déterminante dans l'innovation ;

·* enfin, afin de clarifier pour les entreprises de services les procédures ouvertes, un portail spécifique a été réalisé sur le site du ministère de l'Industrie, www.industrie.gouv.fr, permettant à toutes les entreprises intéressées d'accéder plus facilement aux mesures qui les concernent ; je vous enjoins donc à y avoir recours, sans modération !

B - Quant aux actions sur la demande de services, j'en préconise trois :

·* dans le cadre des contrats de plans Etat-Région, le ministère proposera aux Conseils régionaux d'engager des actions destinées à sensibiliser les entreprises à l'importance du recours à des prestataires de service spécialisés ;

·* mes services établiront un cahier des charges de référence sur ce que doit être une intervention de conseil auprès d'une P.M.I., pour permettre aux protagonistes de préciser leur stratégie et de déterminer les prestations de service spécialisées essentielles pour la compétitivité ; une telle intervention pourra être financée par les F.R.A.C., les Fonds régionaux d'aide au conseil ;

·* en parallèle, j'ai demandé à l'A.D.E.P.A., l'Agence nationale pour le développement de la productique appliquée à l'industrie - dont vous savez que je soutiens les actions au profit des P.M.I. -, de définir, en étroite relation avec les D.R.I.R.E., les actions susceptibles d'encourager une bonne dynamique entre les services et l'industrie. Avec des outils adaptés aux P.M.I. !...Dès 2000, une part significative de la subvention attribuée à cette agence sera affectée à cet objectif.

III/ Troisième orientation : développer des référentiels pour structurer les prestations de services à destination des industriels.

Il est nécessaire, en effet, que des outils viennent éclairer le monde de l'offre et celui de la relation client-prestataire. C'est une question de confiance. Nous devons veiller à la cohérence de cette démarche collective, tout en respectant les spécificités de chaque secteur. Les outils créés pourront être défendus au niveau européen, mais aussi dans les autres instances internationales.

Je vous propose donc, à vous, les professionnels, la création d'un lieu de rencontre avec l'administration pour répondre à ces préoccupations. Ce regroupement de partenaires pourrait se prononcer sur les axes de certification de qualification et de développements normatifs utiles pour les services aux entreprises dans une optique de cohérence globale.

Vous l'avez évoqué ce matin, et j'y reviens un instant : les entreprises de la propreté ont fait récemment cet effort. Il s'est concrétisé par la publication d'un guide ayant vocation à éclairer la relation entre les prestataires de services et leurs clients.

D'autres professions de services ont fait également des efforts importants : par exemple, la formation professionnelle, les professions de sécurité et de gardiennage, et bien d'autres encore, je ne peux pas toutes les citer ici. Certaines professions ont actuellement la volonté d'accélérer leurs travaux normatifs : c'est le cas en particulier des professions de services impliquées directement dans la performance industrielle, comme la maintenance ou certaines professions de la logistique. Pour répondre à ces besoins, nous avons décidé d'accompagner leurs efforts en doublant la dotation spécifique de l'AFNOR, consacrée aux services.

Mesdames et Messieurs,

L'action de l'Etat peut être résumée d'un mot : la régulation. Ne pas se substituer au marché, mais pallier ses insuffisances : c'est bien ce dont nous venons de traiter...

Le développement d'un environnement de services favorable à la compétitivité de toute notre industrie : c'est une préoccupation des pouvoirs publics, tant au niveau local qu'au niveau national. La proximité de centres de recherche, de ressources en termes de conseil ou même de financement est très importante pour les investisseurs.

Aussi, la politique - essentiellement régulatrice -, qui vise à attirer sur notre territoire des investissements géographiquement mobiles inclut notamment les activités de service. C'est pourquoi le gouvernement a décidé d'élargir à toutes les activités de service à l'industrie l'attribution de la prime d'aménagement du territoire : la P.A.T. Car la régulation a un but : la création d'emplois, dans tous les secteurs, sur tout le territoire national.


(source http://www.industrie.gouv.fr, le 25 novembre 1999)

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