Déclaration de M. Alain Richard, ministre de la défense, sur la réorganisation des forces de gendarmerie départementale dans le Gard, le renforcement des effectifs dans les départements sensibles et la mise en oeuvre d'une police de proximité, Paris le 6 novembre 1999. | vie-publique.fr | Discours publics

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Déclaration de M. Alain Richard, ministre de la défense, sur la réorganisation des forces de gendarmerie départementale dans le Gard, le renforcement des effectifs dans les départements sensibles et la mise en oeuvre d'une police de proximité, Paris le 6 novembre 1999.

Personnalité, fonction : RICHARD Alain.

FRANCE. Ministre de la défense

Circonstances : Inauguration de la Compagnie de gendarmerie départementale de Vauvert (Gard) le 6 novembre 1999

ti : Monsieur le président du Conseil général,
Mesdames et Messieurs les élus,
Mesdames, Messieurs,


C'est pour moi une grande satisfaction d'être aujourd'hui parmi vous pour l'inauguration de la compagnie de gendarmerie départementale de VAUVERT.

La création de cette unité témoigne de la capacité de la gendarmerie à adapter ses structures au contexte évolutif et souvent difficile dans lequel elle remplit sa mission.

Cet aménagement du dispositif local de la gendarmerie s'inscrit, en outre, pleinement dans le cadre de la politique de sécurité du gouvernement définie au sein du Conseil de sécurité intérieure sous l'autorité du Premier ministre.

La création de la compagnie de VAUVERT

Avant de revenir sur les grands axes de cette politique de sécurité, je voudrais souligner combien la création de la compagnie de VAUVERT a répondu à la nécessité de réorganiser l'implantation de la gendarmerie dans le département du Gard.

La compagnie implantée à Nîmes risquait peu à peu, du fait de sa croissance, de perdre sa dimension humaine. Des renforts successifs avaient été régulièrement consentis pour répondre à l'évolution démographique locale, mais aussi à celle des formes de délinquance.
Néanmoins, cette logique purement quantitative a atteint ses limites. Dans une unité surdimensionnée, le contact avec le terrain et la cohérence de l'action menée risquent en effet de ne plus être assurés.

La décision de scinder l'ancienne compagnie de Nîmes en deux nouvelles unités permet à la gendarmerie d'être mieux armée pour remplir sa mission au service du public. Les contacts avec les élus et la population seront facilités, le contrôle des unités et la coordination des moyens seront améliorés.

La création de la compagnie de VAUVERT est exemplaire à plusieurs titres.

Elle illustre, en premier lieu, les capacités d'adaptation et d'anticipation de la gendarmerie. Les incidents qui ont endeuillé la ville en mai dernier sont venus confirmer de manière dramatique le bien fondé d'un projet de réorganisation déjà fort avancé.

En second lieu, elle est le fruit des efforts concertés de la gendarmerie et de ses partenaires locaux.
Je tiens à remercier la municipalité de VAUVERT et l'ensemble des élus locaux qui ont su mener un dialogue constructif avec la gendarmerie. Celle-ci a su, pour sa part, dégager les effectifs nécessaires comme vient de nous le préciser le lieutenant-colonel LAUMONT.


Une réorganisation à replacer dans le contexte de la politique gouvernementale

Le nouveau dispositif de la gendarmerie constitue une réponse aux problèmes posés par les nouvelles formes de délinquance à VAUVERT. Il répond ainsi à la priorité accordée par le gouvernement au renforcement de la sécurité.
Cette politique définie à l'initiative du Premier ministre doit trouver une traduction concrète au plan local.

La gendarmerie est ainsi pleinement concernée par les décisions prises :
- de renforcer les effectifs dans les départements sensibles.
- d'aller vers une police de proximité.
- de prendre en compte la montée de la délinquance juvénile dans une triple optique de prévention, de répression et de réparation.
- d'approfondir enfin la politique du contrat local de sécurité.

La gendarmerie nationale assure aujourd'hui la responsabilité de la sécurité publique dans 121 communes de plus de 10 000 habitants. Mais, en raison de l'extension de l'urbanisation, nombre de ces petites villes se transforment : elles perdent leur caractère de gros bourg encore rural pour prendre des caractéristiques vraiment urbaines. La délinquance y revêt, elle aussi, des formes urbaines.

La gendarmerie nationale doit donc s'adapter quantitativement et qualitativement à ces changements.

Quantitativement, d'abord, car pour mener une politique efficace dans ses différentes facettes il faut des moyens humains suffisants. C'est la raison pour laquelle nous renforçons les brigades, actuellement surchargées, des zones les plus sensibles des départements prioritaires. Conformément à la décision du Premier ministre, 700 gendarmes supplémentaires y seront affectés pendant trois ans et cela dès cette année. Par ailleurs, cinq départements sensibles bénéficient cette année de renforts : le Gard qui en fait partie verra en 1999 ses effectifs augmenter au total de 58 militaires.

La gendarmerie nationale doit, par ailleurs, s'adapter sur le plan qualitatif. Elle doit continuer en prenant appui sur ses points forts.
Le premier d'entre eux concerne bien sûr la sécurité de proximité qui fait partie intégrante de sa " culture opérationnelle ". Or, la connaissance de la population est plus difficile en zone urbaine et elle demande plus de temps. La rendre possible suppose de renforcer les effectifs, j'en ai parlé, d'alléger les tâches administratives, la direction générale de la gendarmerie s'y emploie, et de modifier les modes opératoires.
Un autre point fort de la gendarmerie tient aux outils dont elle s'est dotée pour mener une action de prévention de la délinquance et dont je veille au renforcement.

Le rôle des CLS dans la politique de sécurité

Pour donner une cohérence à l'action locale en faveur de la sécurité, les contrats locaux de sécurité constituent un instrument essentiel et innovant que le gouvernement entend promouvoir. La gendarmerie doit pleinement y prendre part.
Je me félicite des négociations menées dans ce domaine ici, à VAUVERT, et sur le littoral.

La démarche des CLS cherche à s'attaquer en priorité au sentiment d'insécurité ressenti par nos concitoyens. Cela appelle de la part des forces de police et de gendarmerie une grande efficacité opérationnelle, mais aussi une attention portée aux attentes de la population en matière d'accueil et d'information.

Le travail de coordination effectué par les Préfets et les Procureurs de la République est bien entendu essentiel, mais il doit être complété par l'intervention de l'ensemble des acteurs sociaux intéressés par les questions de sécurité : les élus, les enseignants, les travailleurs sociaux.
Dans une démocratie, la sécurité ne se résume pas à la répression. Les forces de sécurité, qui ont un rôle à jouer en matière de prévention, ne peuvent que gagner à se rapprocher de ceux qui mènent, d'une façon ou d'une autre, une action préventive.

La mise en application d'un CLS ne constitue sans doute pas une réponse absolue et définitive à tous les problèmes de délinquance, mais je suis persuadé qu'il n'y a pas de progrès à attendre en la matière en dehors de la mobilisation de l'ensemble des énergies. C'est pourquoi j'ai demandé à la gendarmerie de s'impliquer pleinement dans les CLS. Son expérience de l'action interministérielle et sa nature de service public de proximité la prédisposent à ce type de démarche.


Conclusion

La gendarmerie, aujourd'hui confrontée au défi de la périurbanisation et de l'évolution de la délinquance, a engagé de profondes réformes pour conserver toute son efficacité dans l'exercice de ses missions.
La création de la compagnie de VAUVERT illustre parfaitement son aptitude au changement.
Je ne doute pas que cette nouvelle unité, engagée dans une démarche partenariale, saura répondre aux attentes de la population en matière de sécurité.

Je vous remercie

(source http://www.défense.gouv.fr, le 2 décembre 1999)

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